Martyr de la Séparation du Futur et du passé

Quand tu fuis ton passé et le Futur vient à ta rencontre tu le prends comme un Présent dont tu tire ton unique Plaisir de Vie et de Bien Aimé sous la Fatiha du Divin face au Silence d’Autrui devant nos difficultés.

Les Sè Nés Gars Laids, ont pris une indépendance spirituelle vis à vis du Royaume des cieux en Pharaons Sorciers assumés. Le Premier fut Cheikh Baye Niass sans être Pharaon.

 

Rappel: Dieu a repris sa Main au Soccer. Diego M.

Le Titre de Pharaon a été de Retour au Sénégalais après leur Victoire â la CAF devant l’Égypte.

 

Il y a eu une Révolte Ausarienne de type Bolchévitch selon l’Auteur Kolplavitch car les classes populaire ce sont procurés les écrits des Pharaons, Homme-dieux.

 

Dans le contemporain aussi Pouvoir et Pourvoi communautaire ont fuit leur Sources par Divulgation de Secrets initiatiques de Rois et Princes.

 

Un Simple Bien Guidé doit Incarner son Livre de Vie Révélé (Gabriel), l’Interpréter (Israfil), et Composer (Mikaël), avec la Réalité pour Glorifier (Saïda Myriam, L’Étoile du Matin, Vivir la Veedah) son Seigneur (Vie, Un, Temps, Plaisir (Aya) y (Ayi) ). N.B: Le Plaisir de vivre n’est pas les Plaisirs de Vie. L’Ostentoire n’est pas l’Ostensible. Le Soleil est tel un Globule Rouge. Son Anémie Falciforme serait une Anomalie. Drépanocytose = “D. Rê pas né Ô SI Ose”.

Le Titre de Mohamed s’applique au Fils Spirituel.

 

Cessez d’Adorer les Veau d’Or parmi eux une Fois sorti de la Mort planifié dans les deux voire 2 Royaumes du Kongo (Misraël, GAB QBC), et Ethiopie (Israël, BEN SEN), mais choisie l’Expatriation Urbaine des Resort dans Réalms (CAN SON) pour ECO Sè. ECO Sè à part. Les Dons sont à Vie si Affinité avec maintenues.

 

Le Phoenix est Double (Aigle Royal Noir Bleu Blanc Impérial Rouge) Sain(t).

Le Gryphon Triple (Serpent Lion Aigles Paires) est So(u)rcié.

 

7 Ausar (MèTchéWè)

1 SuperNova Double (Co-Recteur)

Le Pulsar (King Lion Chien Roi)

 

Femme est l’Enveloppe de Lumière, Matrice, Voile, Sein, 3

 

Un Ciel Entier (Cieux et Terres) est un Système Stellaire.

Ministère des affaires  Ministère de l’Intérieur

Ministère des affaires Ministère de l’Intérieur

La Calebasse interdite dans l’Eden de l’Ouest est celle contenant les Noix d’Acajou, dont le travail est risqué pour le feu acide qui brûle sans fumée la peau des femmes qui y travaillent sans en consommer car indique pour l’immoralité de dureté donc de durée du rapport de l’apport de reproduction. L’iboga est l’aphrodisiaque des origines dans la Forêt des Abbayes. Puis ce fut un match entre les pommes et les figues, les formes de dattes, les Kola, les alcools, le Jean etc.puis un passage aux moustiques et mousquetaires pour mériter les meilleures femmes des deux Eden l’un continent et l’autre incontinent dont les Élus apprécientmutuellement l’Exotisme et contribuent au partage et à l’échange de Génome (« J’ai nommé »).

Il est dur de cacher la Vérité de la transgression de l’Interdit quand on a une diahrrée (verbale) ou la trique (de l’intelligence) qui tue. Le pire aussi est quand la Douleur de la larme del’œil d’Horus ne manque pas de Coup leurre pas ou qu’on a le Courage d’affirmer trois fois la Couleur de son innocence en Douceur. À chaque Famille sa PASSion pour le Mensonge sur le Message.

Taloche, Giffle, Coup de Boule, et Bâts, quatre Eve Angile (Petit Ange) contre la Tâche, le Tâcle, la Tache et les Tactiques des Serpents.
Pour les 100 Carats que vous devez à l’Afrique et leur Messie Saint Thomas.

Dangbo Tchaki et Dèh Ma No Tchi Zo

Déni de la Réalité

Kevazingo (Est), Baobab (Centre), Iroko (Sud), Sapin (. Iboga est l’Arbre au fruit défendu tout comme le Kolatier.Autres Arbres : Arbre de la Conscience, Cèdre (Majesté) du nord, dont le fruit est la Confiance par le Lâcher-prise (Pourvoi), Arbre du Livre, Olivier (Sainteté et Noblesse) du Maghreb au centre et du Moyen Orient à l’est, dont le fruit est la Connaissance par les deux montants de l’Amour dont le fruit est la foi par le Courage (Paie) et de la Vérité dont le fruit est la loi par la Patience (Paie), et l’Arbre de la Pensée ou Parole, Pommier (Génie) d’Europe ou Figuier (Commerce) d’Asie, Eurasie à l’ouest, dont le fruit est la Mort par la Préservation (Pureté). L’Arbre du Temps est une plante grimpante ou liane, Calebassier d’Afrique au sud, dont le fruit est l’Acceptation par le Silence (Paradis).

Lumière, Religion, Identité, Travail, Santé, Argent puis Amour
Qu’il en soit ainsi.
Amin. Ata
Ba (Chronos)

À PROPOS: Mouvement Social et Responsable et d’une Conscience Universelle

Fédération des foyers souverains et libres des Peuples du Sud, de la Diaspora de l’Ouest, et de la Communauté du Centre.

The Black Kingdom, le Royaume Noir, est le nom symbolique du projet de Vie et de la Mission du Consultant Manager et Auteur Arnaud Segla, de son double ASSOUKA, et des Co-Recteurs Amaru (en Mahdi Collectif) combattant sur la Voie du Mahdi. Ce projet est encore connu sous l’appellation de Monde ECO Libre.

L’utilité in fine est de se doter d’un outil performant et adapté pour combattre la précarité et la pauvreté et ses corollaires de stress d’Image et d’Argent qui sévissent dans notre ère. Ce, dans le sillage d’une Prophétie économique et sociale dans laquelle le rôle du Sauveur, le Mahdi, est plus qu’attendu.

Nous vous invitons à découvrir et contribuer à cette formidable aventure où le management informel tient une grande place et souhaite acquérir ses lettres de noblesse pour “Faire de l’Économie informelle une alternative de Qualité au Système libéral” parce que “Chaque Homme est important aux Yeux de Dieu”…

The Black Kingdom, Le Royaume Noir est le projet de construction d’un ensemble de foyers souverains socioéconomiquement relié de façon virtuelle après une Révolution Silencieuse sur la base de la reproduction d’une souche Source par Observation et Observance. Les membres de cette communauté virtuelle et rituelle sont invités à la souveraineté à travers :

L’Indépendance financière par la Paie ou Sécurité (Courage) c’est-à-dire pour la Suffisance de revenu fait d’un patrimoine transmissible issu de l’Épargne. Ils exercent le Métier de Consultant polyvalent en opérant et corrigeant (Entrepreneur, Profession libérale, Commerçant et Gens d’affaires) par projets et budgets pour être e-Nomade (economique). Peuple de l’âme-erre aux Mâkham mobiles.

L’Identité ethnique par la Paix ou Sakina (Confiance) c’est-à-dire par la Satisfaction du Cœur faite d’un équilibre émotionnel issu de la Hargne. Ils exorcisent le Mal de Complaisants oppressés en reconnaissant et corrigeant (Simplicité, Silence, Séclusion, Seigneurité) leur statut de Malade-s (social) par médiocrité et mendicité. Peuple de l’a-guère à la Morale de débiles.

La Valeur centrale de ce groupe ethnique et non tribal est celle de la Transparence (Haqq et Honnêteté) dans l’Attitude dont la Correction mène idéalement à posséder la disposition intérieure d’un Champion et le comportement d’un Roi Lion dans la compétition d’instauration et de renforcement de l’Économie de Communauté (Ethnique, Informelle, Sociale et Numérique). Cette Transparence dissout l’ego de Stress du Temps chronos et des Plaisirs de Vie d’excitation tout deux buts illusoires à poursuivre.

L’Avènement de ce Royaume dont la manifestation est l’Économie comme Religion et l’Écologie comme spiritualité autour desquels gravitent des philosophies personnelles permet au Nouvel Homme Attitude, à l’Uniforme psychique, d’être et de Vivre libre du point de vue du Plaisir mais de demeurer soumis à DIEU, le tout divinité, Omniréalité.

Cette promesse du Créateur passe initialement par une phase de Schisme vis-à-vis des Voies de la Mystique monothéiste et des Connaissances traditionnelles dont l’alternative est une gnose dite de la Voie Noire portant et apportant la Vision d’ASSOUKA le Vicaire du Maître du Temps en Mahdi combattant sur la Voie du Mahdi.

Cette Vision est celle de l’Acceptation par les Vicaires de leur destin par l’exercice du Lâcher-prise total appelé Lean Intention en Effort ou prière de Charisme personnel et de Promotion du projet divin contenu dans son Livre ou destin. Elle se résume en quatre volets du Livre composé de la Méthode Ka :

L’Erreur d’une Renaissance Africaine pour le Panafricanisme serait de souhaiter une Union de Nations éthiques au lieu d’une Fédération de Foyers ethniques par le Courage de l’Effort Calme de Souveraineté socioéconomique.

ARNAUD SEGLA θ Au nom de l’a-guère «le jour du réveil» θ Nouvelles

ARNAUD SEGLA θ Au nom de l’a-guère «le jour du réveil» θ Nouvelles

 

ARNAUD SEGLA

Au nom de l’a-guère
«le jour du réveil»
Nouvelles

 

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives
nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Segla, Arnaud, 1978-a
Au nom de l’a-guère, le jour du réveil
Comprend du texte en anglais.
ISBN KDP:9781790635061

I. Wisemen Council. II. Titre.

Dépôt légal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017
Bibliothèque et Archives Canada, 2017

Maquette et mise en page : ASSOUKA
Révision: Little Kay (@fiverr.com)
Photo de la couverture: Roi Béhanzin (1895) – Wikipedia
Photos et infographie: YANOS ART
Explications: HODONOU M. Didier

Textes de référence cités dans cet ouvrage sont disponibles sur Internet:
Discours de Thomas Sankara à l’ONU le 4 octobre 1984
Nelson Mandela’s address to rally in Cape Town on his release from Prison.
11 February 1990

Adaptation “I Have a Deal” à partir de “Martin Luther King, Jr. I Have a
Dream delivered 28 August 1963, at the Lincoln Memorial, Washington D.C.”

admin@thewisemencouncil.com
www.thewisemencouncil.com

 

 

 

 

 

© THE WISEMEN COUNCIL, 2017

Chaque Homme est important
aux yeux de Dieu

Sommaire

Sommaire 5
Introduction 9
AUBE 12
La bataille de l’eau 13
La faim du Monde 17
Envoûtement électronique 22
La femme Buffle 26
Amour et des raisons 31
Consultation de contrôle 36
Alliances et sphères d’efficience 41
MILIEU DU JOUR 48
Corruption, vol clanique 49
Gouvernement d’entreprises 52
Liberté d’oppression, Faible Effort 61
Âmes et munitions 67
Jardin, dédain 71
Brouillon de culture 74
De vague à lame 85
MIDI 90
Stratégie dynamique 91
Possession et Partage 102
Myriam 106
La Correction 112
Enrayer le Système 118
100 carats, the para gone! 127
The blood of the Warrior 172
CRÉPUSCULE 180
La Richesse simple 181
Mandez la 190
e-spirit 204
Le Sabre 212
L’Union 221
L’heureux tour aux sources 228
Les lettres restées mortes 234
LA NUIT 244
Les Guerriers de l’Heure 245
La rencontre 250
Le retour de l’aigle 258
Tarîqa du renouveau 263
De l’a-guère à la paix 272
Le Peuple 275
Nkosi Sikelel’ iAfrika 277
SURÉROGATOIRE 292
Exhortation et mémoire 293
Bas relief Assouka 298

Aux Rois, juges, sages et dieux.

Aux économistes de la rue
et hommes d’affaires informels.

Aux spirituels et traditionalistes
en cours d’accomplissement.

À la Correction, la Simplicité et la Modération.

À nous le combat, à Dieu la Victoire.

Introduction

La paix est de retour mais l’a-guère continue de plus belle son combat, pour vivre dans un quotidien chaque jour plus précaire. Il semblait important pour que l’a-guère finisse, que l’on garantisse une paie suffisante et durable pour eux tous. Sans qu’aucun répit ne leur soit accordé, le choix de la lutte menait nécessairement à la confrontation des classes.

L’a-guère avait commencé un peu plus tôt dans les faubourgs du monde et le dénuement des quartiers populaires. Les maisons enchevêtrées ça et là dans des parcelles de terrain où la municipalité n’osait clamer ni son dû, ni son organisation. On vivait les uns sur les autres dans des habitations de fortune, seul moment où ce mot coexistait avec cette réalité. La lutte pour la vie y servait déjà d’entrainement pour subir le poids d’un monde cruel.

L’a-guère aspirait à mieux et rêvait de s’établir au plus haut de l’échelle de la réussite sociale. Prêt à batailler dans cette « guère il y a » des temps modernes, il se devait de s’armer de munitions pour commencer sa quête de paie. Déjà, l’éducation et le savoir formaient la logistique de base pour l’a-guère. On se devait de bâtir sa stratégie et de tâter le terrain de la lutte dans les salles de classes sales, où les inégalités prenaient naissance le plus souvent par héritage et se perpétuaient dans un système taillé sur mesure.

Dès ses premiers pas dans ce monde, l’a-guère était déclaré. La quête de paie qui l’attendait était une longue initiation pour l’accomplissement d’une vie que mènent plusieurs communautés dans un environ-nement économique miné ou traversé par des crises en rafales, où l’éthique d’un individu pesait sur les balances quotidiennes du revenu de milliers d’autres.

En attendant cette paix, la dette s’étendait sur tous les foyers de « n’a guère ». Elle asservissait des générations entières à des créances nécessaires pour les bases de la vie, bien loin du confort de la consommation effrénée de produits menant au rêve illusoire du pouvoir d’achat satisfaisant.

Mais au moins, à présent, l’a-guère était en marche…

« Conserver les possessions des ennemis est ce que vous devez faire en premier lieu, comme ce qu’il y a de plus parfait; les détruire doit être l’effet de la nécessité. Si un général agit ainsi, sa conduite ne différera pas de celle des plus vertueux personnages; elle s’accordera avec le Ciel et la Terre, dont les opérations tendent à la production et à la conservation des choses plutôt qu’à leur destruction. »

SUN TZU, L’art de la guerre

AUBE
La bataille de l’eau

Le chant du coq sonnait la victoire de la pâleur matinale sur la longue nuit moite passée au son de bestioles en tous genres. Le foyer s’animait peu à peu dans ce camp de fortune des déplacés de la réalité économique, formant la souillure dans un système qui se voulait bien huilé.

L’a-guère se levait chaque jour avec son rêve de paix durable en tête. Une quête qui commençait devant ce robinet insultant dévisageant insolemment les familles armées de jarres et de bidons aux mille couleurs, et qui avaient parcouru des milles et une nuit pour venir s’approvisionner.

L’état de la Cité appliquait un délestage systématique dans les zones populaires pendant que les palais déversaient leur surplus dans des caniveaux rutilants. La Nation était prospère, mais l’a-guère s’étendait de plus en plus. L’eau était essentielle à l’hygiène et à la santé du combattant. Plus tard, il aurait à se confronter à son éducation; mais pour le moment, l’eau restait l’élément de base pour la troupe en marche.

L’a-guère résigné attendait son tour. Loin des soulèvements sanglants occasionnant du trouble dans la Cité, la frustration s’accumulait à mesure que les palais de l’a-guère s’asséchaient.

Un bruit réveilla la foule, puis un gargouillis. L’eau arriva. De couleur jaune rougeâtre dans un premier temps, elle donnait la mesure des canalisations rouillées par le manque d’entretien et la vétusté. On ne se questionnait même plus sur les tronçons de canalisation en plomb. Dieu était pour servir de sécurité sociale et de couverture maladie unis vert selles. L’envie de crier se faisait sentir, à la fois pour la joie d’avoir de l’eau et l’exaspération d’une situation qui perdurait et se dégradait continuellement. Il fallait que l’a-guère gravisse l’échelle sociale pour changer les réalités. Certains se laisseraient sans doute corrompre par le confort acquis, mais d’autres agiraient pour le bien de la communauté. Plus le nombre de candidats était important au départ, plus les chances d’avoir des défenseurs étaient importantes. La fécondité de l’a-guère assurait des générations de soldats prêts à s’investir pour cette cause.

La soif de jours meilleurs se remplissait à présent dans des récipients devenus précieux. Demain, tout irait mieux et l’a-guère se vivrait mieux. L’onde de cette pensée se diffusait à mesure que les pas quittaient la fontaine publique pour les foyers célébrant l’arrivée de la vie par rasade.

« L’approvisionnement minimal en eau est un droit essentiel du peuple afin qu’il offre en retour les fruits de son labeur. »

GANYE-HESSOU aurait dû être roi en 1620, mais ne fut que conseiller de la maison royale: chef supérieur chargé de la famille royale, il est représenté par l’oiseau et le tam-tam (signification: il doit se faire entendre comme l’oiseau qui chante; comme le tam-tam qui bat, il est les «conseils» que l’on doit écouter).

La faim du Monde

Le cataclysme avait fait des ravages dans l’espèce humaine. La Terre présentait le visage accablant d’un fragile agonisant. Une prolifération de bactéries tueuses semait la désolation dans les espèces. La quasi-totalité des ressources vivrières avait disparue, de même que la majorité des hommes en état de procréer. On avait faim et la soif de vivre poussait l’instinct de conservation à son extrême. Les scientifiques avaient tôt fait de trouver des méthodes pour recycler les aliments, en plus d’en créer par recom-binaison génétique et culture accélérée en laboratoire. Les rescapés regroupés en ilots de fortunes luttaient pour survivre en attendant les mesures des gouvernants unis face à l’ampleur de la tâche.

Le mâle se faisait bien rare dans les camps de rescapés. L’homme de Dieu, dernier spécimen de Cheikh, attirait la convoitise de celles restées des mois sans la moindre attention complice. Il déclinait les offres à mesure que la rumeur de sa présence se répandait. Son seul objectif était de retrouver l’Intrus qui s’était frayé un chemin sur Terre à la faveur du Chaos qui régnait à présent. L’Intrus savait que l’homme de Dieu était dans ce camp et se préparait à l’affronter au détour d’un couloir ou d’une salle commune. Noyé dans ses pensées et sa conversation avec le monde des anges, il sombra progressivement dans une légère torpeur, puis dans un sommeil profond.

La vieille dame avait fait son apparition à côté de lui. Les responsables du camp en zone décontaminée avaient ajouté un lit pour accueillir la nouvelle. Il la reconnut à son allure bien que sa forme ne fût pas habituelle. Sa voix interne lui parvint avec une grande clarté. L’antique Mégère était de retour pour une autre lutte avec le champion du moment. Un combat séculier entre deux réalités qui faisaient l’équilibre de ce monde, mais dont l’issue ne faisait aucun doute: la Lumière venait toujours à bout des espaces resté dans l’ombre. Les artifices et les intrigues des éternels mauvais perdants ne résistaient pas longtemps face au feu de la Vérité et aux enseignements du noble Chemin.

Certains anges et démons, ayant pris l’aspect de préposés du camp, se succédaient dans la salle. On communiquait selon un Code vieux comme le Monde, connu des seuls initiés et Élus du Royaume. L’affrontement aurait lieux cette nuit. Le repas fut servi tôt. Les aliments étaient de synthèse et sans goût. Seul le sel permettait d’avaler sans dégoût. La télévision diffusait les nouvelles du monde pendant la digestion des malheureux survivants. Les préposés passèrent dans les salles communes pour inviter les rescapés à regagner les dortoirs. Minuit vint comme un voile sur le camp. Un épais silence régnait et la lourdeur de l’atmosphère pesait sur les cœurs.

L’antique Mégère leva discrètement les mains et les dirigea vers l’Élu étendu sur le dos dans le lit à côté d’elle. Une onde de chaleur envahit alors son corps. Ne pouvant quitter sa couche il se mit à égrener son chapelet, entrant dans un état second proche de la transe. La Mégère se mit à suffoquer et transpirer dans l’effort qu’elle fournissait pour diffuser son poison imma-tériel. Les heures défilaient, et les deux belligérants devaient à présent composer avec le sommeil comme adversaire supplémentaire commun. La Mégère fut la première à abandonner dans un relâchement de fèces aux relents persistants. L’Élu s’endormit à son tour, laissant le soin à une armée d’anges de veiller sur les portes du Royaume et conclure ce travail d’équipe.

La nouvelle passait en boucle depuis le matin sur les écrans de télévision et à la radio. On avait trouvé un antidote pour éradiquer les bactéries tueuses. Les équipes de scientifiques se relayaient pour assurer la distribution du précieux produit et décontaminer l’environnement. Les aliments seraient à nouveau comestibles et savoureux. On ne vît plus l’antique Mégère. Elle avait disparu au petit jour. L’Élu rendit grâce pour cette victoire et se prépara à renouer avec sa vie civile, avant qu’une nouvelle fracture dans le Temps ne l’oblige à reprendre le glaive spirituel. Le relais de duel entre Élus et Intrus se poursuivait jusqu’à l’arrêt final de l’Arbitre, seul juge pour accorder la Victoire.

« La dualité est un défi de la Création, par le devoir qu’elle comporte de lever le voile sur sa part d’illusion pour laisser apparaitre son rayon de la Vérité unique et éternelle. »

Envoûtement électronique

L’appartement était dans la pénombre, et Alexis invita Koua à prendre place pendant qu’il allumait la lampe du salon. Une sensation de chaleur se dégagea du luminaire éclairant par la même occasion un salon à l’ordre sujet à caution. Une pierre de jade, un masque africain et un sabre bon marché donnaient à l’ensemble une richesse hétéroclite.

Koua s’assit pendant que son hôte mettait en route la console de jeu pour laquelle ils s’étaient retrouvés. Comme bon nombre de jeunes professionnels qui sacrifiaient le temps des rencontres à l’extérieur à une passion vieille de l’époque de leur jeunesse, Koua avait obtenu de sa compagne le droit de s’effacer du foyer le temps d’une soirée dans le mois.

Un plateau d’amuse-gueules et de boissons en pack emplissait maintenant la table basse qui se défendait tant bien que mal sous les assauts des pieds. Les bras armés de manettes d’une grande technologie, les deux partenaires de jeu s’essayaient et se mesuraient dans la plus grande amitié. À chaque jeu, l’usage des manettes changeait, procurant aux deux lutteurs des sensations différentes. Le tout dans une répétition envoûtante qui suspendait le temps et la raison.

Koua profita de l’appel de son corps à libérer les vesses et la vessie pour se retirer un peu de l’ambiance, pendant qu’Alexis s’attaquait au cerveau électronique qui mettait sa dextérité au défi. La salle de bain était à l’image du salon, mais dans un style plus contemplatif. Le but n’était pas d’y habiter l’instant ni de voir son avenir à travers la lunette du trône Vespasien. De retour dans le salon, Koua prit un temps pour observer son ami se battre contre la « machine ». Une sensation de ridicule se dégageait des postures et des mimiques qu’engendrait la tension pour le jeu. Alexis, absorbé par son aventure, ne voyait pas Koua l’observer depuis un bon moment. En bon expert des arts martiaux, Koua ne comprenait pas toujours la cohérence des mouvements à réaliser avec les manettes pour un résultat assez surprenant. Alexis levait frénétiquement la main comme pour boire un coup à chaque fois qu’il devait lancer un panier dans son match de basket virtuel. Un geste qu’il répétait peu après de l’autre main en se saisissant des boissons disposées devant lui. Chaque jeu avait sa règle d’utilisation, dont la logique ne se comprenait pas toujours ou dont l’ergonomie était mystérieuse. Pensif, Koua s’imaginait encore mieux ce dressage qu’il devait subir inconsciemment à reproduire des gestes dictés par une logique logicielle. Une sorte d’envoûtement opéré par des « machines » et leur concepteur. Il était loin le temps des manettes de jeu qui n’engageaient que les doigts, au point de donner des tremblements ou des courbatures à force de se tortiller sous l’effet de l’excitation. Dorénavant le corps entier jouait à tisser de nouvelles relations avec le cerveau.

Alexis s’arrêta enfin et proposa une application d’arts martiaux. Koua était réfractaire à l’idée d’enseigner de tels mouvements par le biais d’une console de jeu. On perdait selon lui l’Essence de l’art du combat et le plaisir de pratiquer, de souffrir et de se voir évoluer au sein d’un collège de pratiquants tous pris du rêve de réalisation personnelle. Koua déclina l’offre et demanda à partir.

« La mission d’éduquer le corps est une lourde tâche que le monde virtuel ne peut s’approprier sans nuire à l’Essence de la vie humaine. »

La femme Buffle

Ça faisait longtemps déjà que la femme Buffle et le roi Lion se dévisageaient. Le Lion impatient rêvait du moment où il planterait ses crocs avides dans le cou offert de la femme Buffle. Celle-ci ignorait la menace et faisait confiance à la puissance de ses cornes pour repousser toute attaque. Le roi se décida enfin à lui donner la chasse, quitte à y perdre la vie. Il confectionna un bouquet de fleurs avec beaucoup de cœur et se rendit sur son lieu de travail. Elle ne le vit pas arriver, trop prise par la tâche du jour et le stress occasionné par les clients exigeants et impatients. Leurs regards se croisèrent enfin et il lui sourit. Malgré le pincement qu’il ressentait au cœur et qui se reflétait dans ses traits tirés, il lui offrit le bouquet et l’invita à prendre un café quand elle aurait du temps. Elle était assez surprise de le voir. Elle le remercia pour le bouquet mais déclina l’invitation. Le danger se flairait à plein nez. La nuit approchait. Il allait bientôt prendre l’état de son double et rejoindre les terres où il était le roi Lion et elle, la femme Buffle tant désirée. Il prit congé en souhaitant qu’ils se voient bientôt.

La savane recelait de nombreux pièges pour les animaux sans repères. Le roi Lion savait que le point d’eau était un passage obligé pour le troupeau de buffles et beaucoup d’autres mammifères. À la faveur des hautes herbes et du vent, il trouva un tertre bien à l’abri pour attendre la venue de sa proie.

L’aube se risquait déjà à percer l’obscurité de la pâleur de son bleu. Le troupeau de buffles ne mit pas longtemps à apparaitre près de l’étang. La femme Buffle portait dans son museau le bouquet offert quelques heures plus tôt. Elle le déposa distraitement à côté d’elle et se mit à boire. Le roi Lion se mit à ramper pour se rapprocher d’elle. La brise s’était faite légère et retenait son souffle. Un instant de silence où le temps veillait les secondes qui succombaient. Une bande de moineaux s’envola bruyamment. La femme Buffle releva la tête. Le Lion bondit.

La femme Buffle vit la masse énorme s’abattre sur elle. Elle s’écarta rapidement et donna un coup de corne dans un mouvement réflexe qui lui sauva la vie. Le flanc du félin atterrit sur la corne gauche et du sang se mit à couler aussitôt. Le lion se ramassa et rugit. Les herbes frémirent et s’inclinèrent au son de ce puissant cri. Il bondit à nouveau et d’une patte ferme et vive, lacéra le visage de la femme Buffle. Elle tituba et s’assit sur ses pattes arrière encore sous le choc d’un coup si violent. Elle vit la masse jaune arriver comme un éclair et donna un coup de corne en se redressant. Le Lion atterrit dans l’eau de l’étang, et bien que la crinière trempée, caracola pour quitter la berge. Il s’ébroua et montra les crocs. Les yeux rougis par la haine et l’effort, les deux lutteurs se jaugeaient. La femme Buffle piétina le sol férocement et renifla dans un grand bruit. Le Lion rugit et s’élança vers la femme Buffle, qui lui arrivait dessus corne en avant telle une tornade. Le roi Lion inclina sa course pour éviter l’attaque et lui saisit le cou de ses pattes antérieures et plongeant ses crocs dans la gorge.

La femme buffle chuta lourdement sur le sol. À mesure que son sang remplissait la bouche du Lion, ses yeux prirent un aspect vitreux. Les instants de cette lutte lui parurent refléter sur cet ultime miroir. Le roi Lion gouttait au bonheur de la victoire dans cette étreinte mortelle. Il ne voulait pas se résoudre à lâcher la gorge tant sa haine et l’impression de réalisation faisaient vibrer son corps en entier. Le royaume retrouvait la paix.

Ils restèrent longtemps dans cette position. Il l’avait embrassée avec une fougue et en même temps une tendresse qu’elle ne lui connaissait pas. Leurs corps enlacés dégageaient une chaleur douce et suave. Le soleil curieux hasardait ses rayons dans les moindres fissures de leur refuge. Il se redressa et lui sourit. « Alors, on le prend ce café? ». Elle rigola et l’embrassa.

« La quête du prédateur vers sa proie est l’accomplissement de son destin sur la Voie des noces éternelles. »

Amour et des raisons

Le baume pour les blessures du cœur s’administrait à grand renfort d’oubli et d’espoir. Spora avait choisi de ne plus voir Fanta pendant un certain temps, puis de se limiter à des échanges courtois. Il ne lui en voulait pas mais tenait à se préserver de toute émotion pouvant amoindrir son fonctionnement au quotidien. Le destin était riche en surprises et en rebondissements. Spora s’ouvrait à la fois à la nouveauté d’une autre rencontre et à l’espoir d’un dénouement heureux avec Fanta. Spora’ttitude!

Le temps était l’ami mortel de ceux qui avaient pris conscience de leur destinée et qui y cheminaient inexorablement. Le temps sert les rencontres et permet à leurs fruits de mûrir.

Myriam vivait seule depuis son arrivée à la Cité. Elle ne comptait pas les quelques relations sans avenir qu’elle avait nouée au plus fort de sa solitude. Des prédateurs qui avaient su profiter de sa détresse pour assouvir leurs désirs. Avec l’âge, elle aspirait à mieux. Pour elle, ce qui comptait était de fonder un foyer avec un homme intègre. Pas besoin de viser l’ostentation dans la richesse ni la reconnaissance sociale. Un homme. Seulement ça.

Lorsque Asi avait fait les présentations, Spora n’avait de prime abord rien ressenti. Myriam n’était qu’une de plus dans cette soirée pour célibataires organisée par la communauté. Le « dating » était mis au goût du jour par une diaspora aux prises avec la solitude et la précarité de ses membres. Des réalités de la Cité auxquelles peu de membres voulaient se résigner.

Myriam souriait pendant que Spora lui parlait de son parcours et de ses projets. Elle avait connu des situations similaires. Il lui offrit un verre. Les deux s’assirent près du buffet.

«Alors, côté sentimental, où en es-tu? » se hasarda Spora.

La question était lancée. Myriam ne voulait pas perdre de temps à masquer ses attentes, ni à se prêter à un jeu de séduction qui ne cadrait pas avec l’urgence de sa situation. Elle se livra sans peur ni pudeur. Spora reçut son récit sans la juger et lui parla de son expérience avec Fanta. Il voulait passer à autre chose. Leurs yeux restèrent plongés dans l’immensité d’un questionnement fait d’audace. « Si on essayait » pensaient-ils.

Spora s’étonnait à s’engager vers quelqu’un pour qui il n’éprouvait pas une passion fantastique, mais bien une somme d’attrait qui au final justifiait son amour. C’était ça, le changement. La raison. Ce qu’il avait toujours craint.

Le bal s’ouvrit dans l’intimité et la timidité des couples en pleine découverte. Spora prit la main de Myriam. Dans ce domaine, il était plus à l’aise. Il espérait apprivoiser le cœur de sa future compagne pour une communion hors du temps.

Myriam fondit progressivement avec les danses. Spora savait y faire. Elle n’opposa aucune résistance quand ses lèvres se posèrent sur les siennes. Une onde de chaleur emplit son corps abandonné. Elle se sentait bien pour la première fois depuis longtemps.

« Le jeu de séduction est une richesse qui se refuse à ceux pris dans l’urgence d’une dette sentimentale et émotionnelle. »

DAKO-DONOU (1625-1645) est représenté par «da» (fer forgé): au cours d’une guerre, il a renversé une jarre qui contenait de l’indigo (motif situé en-dessous), ce qui lui a valu le surnom de «DAKO-DONOU».

« DAKO hou Donoubô aho zen bligbo ».

Consultation de contrôle

Le monde du service conseil en gestion était une jungle où beaucoup s’enlisaient par mauvais positionnement stratégique, ou par manque d’avantage concurrentiel probant. Les berges de cet espace luxuriant étaient accessibles à plusieurs aventuriers, qui osaient pénétrer les couches denses d’une végétation étouffante à défaut de rafraichir. L’entreprenariat englobait cet îlot irréductible en faisant cohabiter des idées innovatrices avec la tradition des marchés de consommation établis. L’âge moyen de ces preneurs d’initiatives baissait avec le temps. Une génération rebelle s’affranchissait du model professionnel classique, où le parcours de carrière sans vie aboutissait à une retraite de moins en moins sûre. Le risque encouru était de revenir à un emploi salarié après s’être pris une correction de la part du marché. La famille et la vie de couple renvoyaient à présent à des choix d’autonomie et d’accomplissement personnel dans les défis quotidiens, et non plus à la consécration d’années de fidèle labeur. La prise de risque et l’instabilité de l’investissement d’une vie étaient le lot du nouvel homo animus, remplaçant l’homo oeconomicus dont le prototype était passé de date.

Depuis sa création, l’entreprise peinait à capter sa clientèle cible. Quelques contrats de-ci de-là permettaient d’honorer les frais de fonctionnement. Elle était passée par toutes les étapes de la création en bénéficiant tout particulièrement d’un accompagnement soutenu pour le modèle et le plan d’affaires. En bon apprentis, Spora et Koua s’étaient inscrits dans une pépinière d’entrepreneurs. Ils bénéficiaient du mentorat de ceux qui affichaient déjà plusieurs heures de vol et savaient, avec le recul, faire jouer le leadership pour inspirer.

Dans une logique verticale, le métier était transmis par les plus anciens selon leurs acquis. Spora ne s’en satisfaisait pas. Il envisageait aussi une autre dynamique avec ses partenaires débutants afin d’échanger les idées et de se soutenir. Rien à voir avec le faste des réunions de réseau où le court échange entre professionnels n’était que le motif de glisser son emblème en carton entre les mains de l’interlocuteur. Et un de plus!

Koua réussit à contacter un petit nombre parmi eux. Spora pris note de la date et fit de l’espace chez lui. Il voulait cela le plus simple possible et le plus fructueux. Par humour, il dénommait la réunion naissante les « Entrepreneurs anonymes » pour un soutien par les pairs en difficulté. « Bonjour, mon nom est Spora, je suis entrepreneur débutant et je suis content d’être là. » Spora éclata de rire. Leur cas n’était pas encore désespéré pour reprendre des modèles sociaux. Ils recherchaient de la créativité et de l’initiative. Comité de soutien. Tout simplement. Le terme venait de lui venir à l’esprit. Une consultation de contrôle périodique qui permettait de voir les projets avancer et de se donner le courage de vivre jusqu’à la prochaine réunion. Leur comité de soutien était né dans le sillage des arbres à palabres des villages de ses souvenirs. Une autre idée à faire valoir…

« La solidarité entre compagnons entrecroise ses fils de trames aux fils de chaînes de la transmission du métier, pour le tissage d’une armure à l’épreuve de vents de crise. »

HOUEGBADJA (1645-1685) est représenté par le poisson qui refuse la nasse. Il est véritable fondateur du royaume d’Abomey.

« Houégbadja, ma i adja »

Alliances et sphères d’efficience

L’économiste avait été clair dans son exposé. Des «Ka» interreliés: c’était l’un des modèles les plus propices pour mener la lutte qui s’était engagée. Selon lui, un Ka était un regroupement solidaire d’entrepreneurs fédérés autour d’une idée ou d’un projet. C’était une forme de sphère d’efficience dans le sillage des clusters et des coopératives occidentales. L’histoire et la culture du peuple recélaient d’assez d’exemples sur lesquels se baser pour créer des structures économiques, tout en évitant d’en importer d’autres dont les subtilités de fonctionnement échapperaient aux réalités de l’utilisateur. Le Ka était un nom inspiré de l’Égyptien antique*, qui était pour la plupart des dialectes du continent ce que le latin était au français. La vision était qu’une entreprise, double de l’entrepreneur, devait rechercher l’accomplissement économique multidimensionnel au même titre que l’humain dont la vocation était de vivre la pleine réalisation de sa destinée. Le Ka, appelé calebasse dans certaines cultures, recueillait aussi le fruit de la production du paysan pour être partagé. Les entrepreneurs pouvaient ainsi, en s’associant, créer une synergie commerciale peu sensible aux crises financières dans le but d’un partage de richesses.

L’a-guère s’étendait sur deux fronts: dans les Cités par l’entremise des micro-entreprises en survie, et dans les nations mères prises dans un combat de suprématie qui luttaient à présent non pas pour se libérer, mais pour dominer. Les entrepreneurs, en bons officiers, dirigeaient leurs microstructures en visant une croissance suffisante pour pouvoir employer des actifs œuvrant initialement dans le secteur informel. Ces derniers avaient ainsi une chance de sortir de la guère-il-y-a urbaine dans laquelle ils s’enlisaient chaque jour un peu plus.

La conférence sur les outils, méthodes de gestion et stratégies de développement des microstructures économiques et la lutte contre la précarité s’achevait à présent. Spora avait suivi la suite de la présentation sur une approche de management pour les alliances internationales de micro initiatives regroupées en Ka avec beaucoup d’intérêt. Il songeait depuis un bon moment à implanter un Ka via son réseau d’amis à la tête d’une micro-entreprise. Le secteur des services était très concurrentiel, et associer des microstructures dans le commerce ou la fabrication permettait d’équilibrer le portefeuille et d’absorber les remous du marché. Un Ka en gestion de projets dans l’innovation lui semblait assez large pour inclure l’activité d’une partie de son réseau. Pour ce qui était des alliances outremer les possibilités ne manquaient pas malgré, parfois, le manque de visibilité sur les acteurs et leurs produits. Il sortit son téléphone et appela en premier Koua, son associé. Ils tombèrent d’accord pour une téléconférence dans la semaine. Spora leur expliquera sa vision du Ka qu’il voulait créer.

« L’union fait la force ». Les canons plantés au milieu du drapeau captivaient l’attention de Asi. Elle attendait son tour pour commander un plat. Elle s’était affranchie de sa corvée de cuisine pour le seul soir où elle allait à sa salle de gym. Son téléphone sonna; c’était Spora. Elle écouta attentivement son propos. L’idée semblait intéressante. Tout le monde avait à y gagner: on pouvait faire affaire avec des personnes avec qui l’affinité était forte, tout en gardant son indépendance de décision. « Je vais en parler à Soh et Dia. On se doit de créer des ponts. » Son excitation était perceptible. « Je dois te laisser, je passe dans une minute ». Elle raccrocha et commanda son repas. Elle poursuivait toute seule le raisonnement. Pourquoi ne pas inclure des professionnels? Bien que salariés et dédiés à leurs employeurs, leur désir de contribuer à l’essor du peuple était fort. Le spectre de Fanta planait. Spora avait tourné la page, mais il serait mal à l’aise dans un Ka qui comporterait une telle charge affective. L’idée était à mûrir. Elle regarda encore le drapeau et murmura, comme pour conclure, « L’union fait la force ».

« La calebasse recueille la richesse du paysan pour le partage à l’abri des intempéries et l’entrepreneur peut œuvrer dans son Ka pour un double objectif relié à l’Âme du monde « Richesse et Partage ». »

 

_________
* Le ka est habituellement traduit, dans la mythologie égyptienne, par «double»: il représente le double d’une personne. C’est ce que nous appellerions un esprit ou une âme. Le ka a été créé dans le même temps que le corps physique. On croyait que la tête de bélier dieu Khnoum conçut le ka sur son tour de potier à l’époque de la naissance des personnes. Le ka d’une personne vivrait sur le corps après la mort. On pensait que quand quelqu’un mourait, il «atteignait son ka». Le ka existait dans le monde physique et résidait dans la tombe (Maison du Ka). Il avait les mêmes besoins que la personne avait dans la vie, c’est-à-dire de manger, boire, etc. Les Égyptiens laissaient offrandes de biens alimentaires, des boissons et mondaines dans les tombes pour l’utilisation du Ka.

Traduction issue du glossaire de www.egyptartsite.com.

Plus récemment, le Ka (Gwo-Ka) est également devenu l’emblème d’une autre lutte, celle des indépendantistes Guadeloupéens. La mairie de Pointe à Pitre a tenté de faire interdire le tambour au centre-ville, par le biais d’un arrêté municipal, sous prétexte que ce dernier échauffait les esprits de certains; peine perdue, au final elle a du renoncer (cela a eu lieu en 1995).

http://www.percussions.org.

Le symbole de Ka tire aussi son origine du sens de ce mot dans la tradition des peuples du Bénin, où il signifie calebasse. C’est un fruit qui prend de l’essor jusqu’à mûrir et qui donne un récipient qui, dans certaines cultures, sert à recueillir les produits de la production pour être partagé.
MILIEU DU JOUR
Corruption, vol clanique

L’administration avait toujours attiré une bonne partie des actifs du pays. La séduction se faisait principalement sur la base de critères aussi reluisants que la sécurité du revenu, des horaires réguliers et les avantages sociaux. Hélas, pour certains, le maintien du niveau de vie était source d’insatisfaction et de gouffre à initiatives enrichissantes. À défaut d’avoir un commerce informel en marge de son activité, on le développait sur son lieu de travail. L’offre de service était détaillée et souple et s’ajoutait aux frais requis par l’organisation: taxe de rapidité de traitement, taxe de restauration pour traitement du dossier, taxe de pharmacie pour enfant malade… Un impôt sur le rêve nu ou la forte en «thune».

Les pas de Soh se faisaient rapides dans la cage d’escalier. Il savait l’heure de la pause proche et voulait absolument légaliser son contrat. Son regard embrassa la moue de lassitude de l’agent siégeant sur un bureau aux documents épars. Le mois était bien avancé et la paie précédente venait à épuisement. L’agent écouta passivement Soh et prit le document dans ses mains. Il scruta la moindre erreur à facturer ou pouvant justifier un report sine die. Rien à faire. « Ce n’était pas un sot », se dit-il.

Les adversaires se jaugèrent encore quelques minutes, puis l’agent annonça le tarif de la légalisation: le double du prix pratiqué. Soh s’en étonna et hésita à en demander la raison. Il avait reconnu l’éternelle tactique pernicieuse qui sévissait dans tout le pays. Il était las de toujours s’y buter en tant que professionnel. Il sourit et déclara qu’il n’avait pas assez sur lui. Il négocia suffisamment pour se rapprocher du prix de l’administration. Il aurait le document le lendemain si le dieu de l’administration le voulait. Il remercia et prit congé.

La lave de ce volcan néfaste dévalait les pentes de tous les secteurs économiques. Elle brulait la végétation, recouvrait les terres en friches et ralentissait la vie alentour. De tels volcans étaient en activité depuis longtemps et leur cheminée profondément ancrée dans la terre. Sans être vraiment un phénomène naturel contre lequel se résigner, la corruption pouvait être épuisée et s’éteindre. Plusieurs mesures avaient déjà fait leurs preuves, mais il semblait essentiel de s’attaquer au cœur brûlant de l’activité: un magma de besoins et une culture de la succion illégitime.

« L’illégalité du besoin satisfait aux dépens des autres nait souvent de la faiblesse d’un niveau de vie honnête. »

Gouvernement d’entreprises

Face à l’immuabilité et à l’inertie des systèmes politiques, le secteur économique par son dynamisme et son influence prenait le contrôle de l’essor des pays et de la vie des citoyens, offrant une alternative au gouvernement du pays jusque-là idéologique. Les entrepreneurs étaient à présent les acteurs du développement et des décisions qui changeaient le paysage humain. La démocratie avait fini par se faire imposer comme modèle prophylactique et comme panacée en lieu et place des modèles locaux et traditionnels adaptés, mais peu vendeurs. Et Bien que la lignée clanique soit implicitement acceptée, le jeu de l’opposition politique, dans le cadre d’une adaptation du modèle de la Cité, était plus de maintenir le dirigeant sur le qui-vive que de prendre effectivement le pouvoir. Le pouvoir dans les terres traditionnelles reliées aux peuples croyants était attribué à l’élu légitime ou non, selon le mérite karmique du Peuple par l’effet des lois cosmiques et de la Volonté divine. Une alternance des cycles de pouvoir naturelle. Une vision à laquelle d’autres cultures profanes ne communiaient pas. Il n’était plus question de juger de clivage droite/gauche: le débat était à présent économique. L’efficacité des équipes au pouvoir se jugeait aux fruits produits et non à la famille de l’arbre. La question était de taille: quels outils utiliser pour se prémunir des crises et de leur impact sur les sociétés?

L’élite émergente et les satellites convergents constituaient la force active du Mouvement social, responsable, et d’une Conscience universelle. Le Peuple, quant à lui, était à la fois le terroir des changements économiques tant dans les semailles d’initiatives incitatives et la gestion du potentiel informel, que dans la récolte des produits de richesse issus des efforts de tous les acteurs.

Le pouvoir politique habitué à la complaisance face aux créanciers du développement était montré du doigt, car il détonnait avec le désir d’affirmation des nouveaux leaders. Il était inconcevable de toujours voir les dirigeants des pays plier l’échine pour recevoir de l’aide de ceux qui se taillaient déjà la part du lion dans l’exploitation des ressources naturelles sans en partager le revenu. Cela renforçait le sentiment de traitrise aux yeux des leaders d’entreprise, qui se voulaient indépendants et libres d’avoir accès à la considération des pairs de la Cité. Pourtant, les responsables à la tête de l’état étaient souvent les plus à blâmer: ils étaient pris, d’une part, dans l’impuissance à décider sur l’échiquier mondial et à apporter des solutions courageuses aux problèmes d’émergence; d’autre part, à faire changer l’attitude des peuples pour obtenir d’eux la contribution à une vision de développement qui n’existait pas, ou qui venait des mêmes pays dont on réclamait la reconnaissance d’une souveraineté économique. Face à cette double limitation, et en l’absence de tout engagement idéologique de la personne au péril le plus souvent de la vie, la seule alternative était l’enrichissement personnel et la corruption-vol clanique. La solution: créer des groupes de pression altruistes avec l’élite et les satellites les plus en vue, en prenant en charge l’influence positive des décisions pour le bien du Peuple et l’obtention de changements décisifs. Le poids de ce groupe de pression serait mesurable à sa capacité de financement de l’état et de la vie publique en lieu et place des anciens bailleurs de fonds. Une auto-aide au développement, faite du patrimoine économique des fils et filles du continent ayant produit suffisamment de richesse et conscient des nouveaux défis.

Un autre épineux problème était la dette des pays; karma dur à laver. Elle avait servi à financer des erreurs de gestion et de vision dans les premiers jours d’une émancipation falsifiée, frauduleuse et illusoire. Les maîtres d’antan n’avaient fait que desserrer l’étau et alléger le joug sur le moment. L’ignorance de la liberté avait conduit à privilégier la jouissance au travail pour établir des bases saines pour le futur. L’attitude traditionnelle de ces peuples à se référer à leur passé avait sans doute dû jouer des tours. En effet, le passé proche était fait d’une longue période de souffrance et le futur d’inconnu. La joie du présent que constituait l’émancipation était aussi les murs de prison d’une dette et d’un nouvel avilissement dans l’asservissement économique. La trace du passé glorieux de la civilisation qui aurait pu donner l’impulsion du retour vers la prospérité passée avait été soigneusement effacée de l’histoire, et enlevée d’une mémoire collective au support intangible. Une simple falsification culturelle et souvent cultuelle par déplacement de repères ethniques, qui laissait à présent place à la menace hégémonique d’un peuple “frère” venu s’abreuver à l’éternelle source.

Hormis l’imposante corruption généralisée qui minait l’exercice des fonctions économiques, la liberté de commercer et de produire des richesses n’était pas garantie. La mainmise arbitraire de l’état sur les revenus des initiatives les plus prolifiques en richesse produite décourageait les plus besogneux.

La loi et la justice des pays ne devaient plus être un accessoire d’apparat démocratique, mais être un réel support et un recours digne de ce nom. L’objectif n’était plus seulement d’attirer des investissements étrangers, mais de favoriser la croissance des produits intérieurs bruts et produits nationaux bruts. L’amélioration des autres indices en découlerait naturellement si l’orientation de réforme, de changement puis de conciliation continue restait cohérente et adaptée aux réalités vécues par le Peuple.

L’écart de crédibilité entre dirigeant d’entreprise et dirigeant de pays était aussi appelé à disparaître. L’image du Peuple en marche se devait d’être harmonisée et refléter l’état de combativité et de résilience globale dans l’effort d’affirmation commun.

Il était temps de changer, et de penser à la fois aux générations du futur et au réel passé glorieux pour rebâtir l’estime et l’identité de ceux qui ont le défi de reconstruire dans le présent. L’effort persévérant était à consentir et l’accompagnement constant de Dieu à appesantir. Une nouvelle ère commençait. L’honnêteté simple de correction dans le plaisir, la confiance et la richesse selon les principes de l’équilibre économique du nouveau courant pensée issu du Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle, offrait la guidée pour cette traversée du désert vers la terre promise d’une félicité retrouvée.

« La forme de gouvernement s’adapte au Cœur du Peuple à guider à travers les défis de l’environnement de sa destinée. »

AKABA (1685-1708) est représenté par un sabre et un porc: il se servait de son sabre pour assujettir ses ennemis représentés ici par le porc, (animal qui ne peut regarder le soleil au zénith). AKABA en fait est l’adverbe qui signifie lentement. Sur les totems pieux fichés en terre avec un signe placé dessus, Akaba est représenté par un caméléon: le caméléon en allant lentement finit par atteindre son but.

« dèdèkabakabawèaganman non lia hun »

Liberté d’oppression, Faible Effort

« Vous avez été créé avec une propension naturelle à la foi. Elle vous habite et vous en vivez. Elle ne doit avoir que Dieu comme unique Destinataire. Mais dans quoi investissez-vous ce don? Pour quel culte, pour quelles idoles en faites-vous usage? »

Spora écoutait le petit prophète du Sud. Il avait connu ce transfuge de l’économie dans son cercle d’entrepreneurs. Beaucoup croyaient en lui. Ses prises de position dérangeaient car elles sortaient du confort des normes établies, mais il fallait reconnaitre qu’il y avait un bien fondé dans ces propos. Ce que Spora appréciait le plus, c’était qu’il offrait une alternative unique au continent et à sa diaspora; un espoir de le voir un jour délivré du joug des grandes puissances économiques et leurs dictats institutionnels. La foi et l’informel étaient les atouts majeurs du continent, mais il fallait se discipliner pour en faire un bon usage, tirer profit de leur potentiel. C’était précisément s’affirmer avec des caractéristiques intrinsèques sur l’échiquier mondial.

« Ne le trouves-tu pas formidable? » chuchota Asi.

« Absolument! » répondit Spora.

La conférence avait commencé depuis un quart d’heure et déjà l’assistance était captivée par les propos du petit prophète du sud.

« Ce type est une épine pour les sciences économiques et le management » dit Koua qui venait de les rejoindre.

« Chut ! » fit-on derrière eux.

« Nous nous devons de transcender nos us et coutumes, nos cultes et nos rites traditionnels, et de les mettre au service de l’économie. Nous passons le clair de notre temps à prier pour la prospérité dans nos vies et la protection divine. Nous oublions trop souvent d’y associer des efforts francs et persévérants pour obtenir ce que l’on veut. La prière de notre ère est l’effort au quotidien pour dominer dans nos secteurs d’activité. Dieu a besoin de fidèles et performants serviteurs pour relayer l’action de Sa Main omnipotente en intermédiaires soumis. Le miracle et le hasard ne pourraient être un mode de construction viable pour une civilisation au sang et à la peau noire. Celle des opprimés économiques qui veulent à nouveau être maitres de leur destinée dans l’harmonie avec les lois naturelles, cosmiques et la Volonté divine. »

« Bassié ! C’est vrai ! » répliqua tout bas Koua. Les trois amis ricanèrent.

« Chut ! Respectez-vous ! » fit une fois de plus la voix derrière eux.

« L’usage de la science animiste est trop souvent dirigé vers l’idolâtrie, vers de fausses entités qui donnent un bonheur éphémère et des conditions toujours assorties d’une contrepartie insatiable et instable. Ceux qui vouent ce culte doivent aller plus loin que les simples pratiques magiques néfastes pour la communauté. La pensée animiste est riche et profonde. Elle doit nous permettre de nous relever et de travailler pour notre essor. Le seul culte qui vaille la peine est celui adressé au Dieu unique dans une soumission sincère. La pensée animiste et la pratique des traditions se doivent d’être transmutées vers un référentiel profane pour aider la multitude et laisser le contexte ésotérique aux seuls initiés volontaires. Nous avons une mine de connaissance naturelle en nous et à travers notre culture. Celle-ci a souvent été condamnée car mal comprise. Il est temps de lui donner une dernière chance, de prouver au monde sa capacité à générer de la richesse de façon profane, et ce sans maléfices et pratiques obscures. » Le petit prophète du sud se tut, regarda sa montre et continua:

« Le principe de base est simple: Dans une analogie entre économie et animisme, la prière de l’acteur économique Croyant, représenté par ses efforts, accompagne le sacrifice rituel de son offrande, c’est-à-dire le projet réussi. Il cherche à obtenir du dieu secondaire ou du génie, que constitue le client qu’on lie par contrat, la libération en retour de la force vitale utile à l’acteur économique Croyant, symbolisée par la valeur monétaire, et maintenir ainsi l’équilibre cosmique, que représentent ici les échanges libéralisés. Il est important de faire des efforts en communauté, comme une prière d’un rite économique. »

« Nous marquons une courte pause » le maitre de cérémonie invita l’assistance à se rapprocher des tables où des bouchées succulentes attendaient d’être introduites dans les palais réjouis.

« C’est tout de même fascinant » lança Spora. « Faire un usage profane de nos sciences occultes pour notre essor économique. Cela nous permet d’avoir non seulement la connaissance de nos théories avec l’avantage de la proximité conceptuelle, mais aussi d’avoir l’opportunité de pouvoir sortir le continent et la diaspora de son marasme par nos propres efforts en tant que prières. C’est fascinant ! » Les trois amis jubilaient.

« J’attends d’entendre la suite » insista Asi.

« Transcender les sciences occultes traditionnelles est la dernière chance pour le continent de faire son allégeance, et de montrer sa soumission au Dieu unique sans intermédiaires rebelles. »

Âmes et munitions

La beauté d’ébène parfois gorgée de lait arborait ses visages du sud aux ondulations fertiles à chaque mouvement de hanches. Un régal pour les yeux qui n’en finissaient pas de s’en repaitre, mais toujours à la dérobée. Cette pudeur du regard ne limitait cependant pas le réel respect de la femme et de ce qu’elle représentait dans le foyer. Un pilier. Un pouvoir pour l’homme.

Le Peuple commençait à se retrouver. Il acceptait de combattre à présent pour sa félicité. La graine d’espoir semée par les chantres, serviteurs et prophètes d’une autre réalité prenait le chemin vers les cieux. Bientôt l’arbre du Royaume abriterait les niches de Salut.

« Nous venons de l’Arbre et nous retournons à l’Arbre». Longtemps les ancêtres avaient averti Spora, mais celui-ci avait choisi de sauter l’abîme qui le séparait de sa tradition vers une autre plus universellement reconnu. Ce n’était pas une apostasie. Il voulait créer un pont entre deux mondes qui s’étaient tourné le dos par incompréhension des plus nobles envers ceux qui avaient dévié par ignorance.

La téléconférence réunissait enfin les amis. Dia et Soh sur le continent, Koua, Asi et Spora dans les quartiers de la Cité. L’esprit de Fanta planait dans les cœurs. La venue de Myriam montrait que rien ne pouvait dépasser le divin. Malgré tous les blocages, une voie se traçait toujours vers l’accomplissement des destinées pour ceux qui le voulaient vraiment. Myriam était occupée à la cuisine. Spora écoutait les nouvelles de ses collaborateurs.

Le gouvernement acceptait enfin d’investir dans la Santé et l’éducation. Il n’était plus suffisant d’attendre que les mannes économiques, issues des droits douaniers prélevés sur le commerce des biens et de l’imposition du secteur de service, soient réinvesties après que les feux des secteurs urgents ne soient eux-mêmes éteints. Le ministre faisait des contingences sur l’avenir. Cela tranchait avec le passé. L’organisation de l’état évoluait. Il fallait du courage pour investir à long terme lorsque le court terme était encore de l’ordre du combat quotidien.

La Santé était l’Âme du Peuple. Garantir des conditions de vie saines aux populations qui prenaient à présent part à l’essor économique des pays du continent était le minimum requis pour pérenniser l’effort. L’accès aux soins permettait de sauver des vies et de garder la dynamique démographique. Les jeunes actifs étaient les moteurs de mesures de redressement et d’affirmation, tandis que la vieille garde servait de mentor, de mémoire des divers chemins par lequel le véhicule économique était passé. Le capital était humain et il fallait en tirer profit en facilitant ses conditions de vies.

Pour ne pas manquer de munitions dans ce conflit sans haine pour l’affirmation du Peuple, l’éducation était l’usine pour le renfort perpétuel. Investir dans la recherche était encore loin des urgences des budgets pressés par la masse salariale de la fonction publique et des dépenses d’entretien minimales de l’état. Éducation et recherche permettaient de tenir l’essor économique sur le long terme, et de semer des graines sûres pour voir grandir un champ rempli de
félicité pour un Peuple qui en avait tant été privé.

Les visages du sud ne seraient plus uniquement reconnus pour leur beauté d’ébène aux invitations sensuelles, mais aussi pour la connaissance et la qualité de la vie sur une terre à jamais bénie des dieux et de Dieu.

« Un Peuple sain ayant une éducation saine est un gage de réussite pour un avenir fait de Saints. »

Jardin, dédain

Peuple pauvre, autrefois riche mais dépossédé de ses biens dans son propre jardin. Jardin d’Éden, Jardin d’Ébène, jardin du dédain des maitres du temps qui déversent leur Culture d’ailleurs sur la terre d’ici. Culture des autres et extraction des ressources d’un sol fertile, où le minerai pousse comme la plante qui soigne le démuni ou nourrit l’appétit de l’élite minoritaire.

La question de la répartition des revenus provenus de l’exploitation des ressources des opérateurs économiques vers les populations autochtones était sensible à plus d’un titre. Le jardin de ces derniers était retourné et retourné pour y planter des plantes à forte valeur marchande, ou en extraire des pépites de précieux métaux. La production agricole et le secteur primaire en général, dont se prévalaient naturellement les maîtres fonciers légitimes, ne trouvaient pas grâce aux yeux des investisseurs impatients des profits et des exercices financiers excédentaires. On promettait de faire de ces agriculteurs de bons et fidèles consommateurs de biens importés. Un moyen simple d’extraire le lait et de revendre le beurre à la même source. L’argent n’avait pas d’odeur et graisser les huiles à la tête des pays ne créait pas d’émulsion. Cette élite vendue pêchait par un fatalisme et un manque de perspective qui encourageaient le recours à l’enrichissement rapide et facile pendant que le temps des règnes dynastique le permettait. Le mot « Patriotisme» sonnait faux; il fallait faire preuve de « Patrie autisme» voire de « parti-opportunisme» et se repaître au mieux. Rien de nouveau jusque-là.

« Après moi, ce sera pire, voire la fin! » Alors pourquoi ne pas finir en beauté de mon temps?

Le Jardin autrefois pur recueillit le dédain de ceux qui n’y voyaient qu’un creuset pour une richesse rapide, et non le réservoir d’une biodiversité utile à l’humanité entière. Le bambou de l’orient y prenait racine à côté de la mignonne rose qu’on allait voir au matin de l’occident, mais plantée par l’exploitant septentrional.
Jardin de dédain où les couples originels sont expulsés par ceux attirés par l’effluve des fruits défendus. L’éthique et le commerce équitable se font discrets sur ces réalités, tant le besoin des fruits de cette mascarade pour le confort des locaux où sont édictés ces concepts à l’eau de rose. Lot de prose simple. Bientôt s’arrête l’osmose.

« La terre des origines appartient à un Peuple pur reconnaissant des vertus de son sol et en accord avec la nature de ses essences. L’étranger à ses lois est un imposteur. »

Brouillon de culture

« Il n’y a pas de guerre sans haine» La branche radicale du Mouvement social et responsable et de la Conscience universelle s’était formée. À vrai dire, elle avait pris son émergence après s’être connectée aux mouvements brandissant la lutte extrémiste pour l’avènement du peuple noir. Le Peuple noir dans l’uniforme intégrait en son sein des sympathisants de toute culture pour une synergie des actions de libération. Limiter la peau spirituelle et économique à une race fermait le dialogue et contractait à nouveau l’univers économique après des efforts de libéralisation à travers la mondialisation des échanges.

Spora et Sow échangeaient depuis un certain temps déjà sur le site virtuel de rencontre de la communauté:

Spora: Pourquoi limiter le Mouvement social et responsable et de la Conscience universelle au continent seul?

Sow: Parce que c’est nous qui avons été au cœur des conditions qui ont mené à sa création. Toute notre culture est en accord avec ses fondements.

Spora: Je pense que n’importe quel courant idéologique révélé au monde par le biais d’un peuple doit servir à d’autres aussi. C’est comme mettre un cache sur le soleil pour que certains restent dans l’ombre.

Sow: D’accord, je te comprends; mais le principe de non-agression ne peut rester la donne. On a trop souffert pour encore continuer à toujours tendre l’autre joue. On a que deux joues et les deux sont endolories 😉 On doit plier le poing à présent.

Spora: Non. Le but est d’éviter tout conflit. Il s’agit d’une compétition économique et d’un affrontement de peuples. Si on veut s’affirmer, il faut être meilleurs que les assaillants et les obliger à battre en retraite. Si tes deux joues sont endolories, présente la tête pour qu’il te mette autant de taloches kokota qu’il faut pour qu’il se fatigue et que toi tu t’élèves par ta non-violence.

Sow: Mon frère, les taloches kokota ça peut tuer si l’ennemi s’acharne. Je préfère retendre la première joue dans le pire des cas. Tu sais, dans notre religion, Dieu autorise le recours à la force pour se défendre. C’est clairement écrit.

Spora: Dans ce cas, gardons l’esprit à la compétition simple et ne gardons l’option du combat physique que pour le cas où la lâcheté et l’orgueil les pousse à poser des actes irréparables.

Sow: Dieu est avec nous, on doit administrer une correction exemplaire pour tout le mal reçu.

Spora: Dieu est avec nous mais c’est un Dieu de Justice aussi, et nous sommes un Peuple de Paix.

Sow: Que de bons principes, Spora. Il faut que tu sois dans la réalité. Ceux qu’on n’embête pas sont ceux qui sont les plus armés pas les pacifistes.

Spora: Oui, mais les pacifistes sont ceux qui ne manquent jamais de munitions. =)

Sow: 🙂

Spora: On doit se concentrer sur les efforts et la disposition intérieure à le faire. Spora’Attitude!

Sow: Toujours dans la Spora’Attitude à ce que je vois.

Spora: C’est un grand concept:-)

Sow: Tiens, Fanta est en ligne.

Spora: Oui je vois. Je pense que je ne vais pas faire long feu. J’ai des trucs à faire.

Sow: Tu l’évites encore?

Spora: Non, je vis ma vie avec Myriam.

Fanta: Salut les amis. Comment ça va?

Sow: Salut Fanta. Le soleil vient de pâlir de jalousie depuis que tu t’es connectée 😉

Spora: Salut Fanta. Je vais bien et toi?

Fanta: On se maintient en forme tranquillement.

Spora: Je disais justement à Sow que je devais filer. Ça fait un moment qu’on discute.

Fanta: Sans problème. C’est cool de te savoir en vie!

Sow: Spo n’oublie pas de m’envoyer le lien vers la vidéo de la conférence du prophète du Sud. À plus!

Spora: Ok sans problème. À la prochaine.

Fanta: Il m’a l’air bien occupé ou c’est moi qui le fais fuir?

Sow: Ma sœur, ne demande pas à la brebis d’arbitrer la dispute du lion et de l’aigle. Il se réconcilierait pour la chasser. On parlait justement de compétition.

Fanta: Hum…

Sow: Vous deux, vous ignorez ce que le destin vous réserve. Mais quand celui-ci se manifeste on est mieux de le suivre.

Fanta: On est tous les deux en couple et on ne peut pas constamment vivre dans le passé.

Sow: De ce côté-ci du monde on vit avec Dieu et sa Volonté. Vivez vos vies comme vous dites, mais gardez un espace pour qu’Il puisse manifester sa Grandeur.

Fanta: Je ne te savais pas si spirituel. Quoi qu’il en soit, on gère le quotidien.

Sow: On se prépare pour le futur plutôt.

Fanta: 🙂 Bien dit!

Sow: Je te ferai suivre la vidéo sur le Prophète du Sud. Son Message est très intéressant.

Fanta: Oui j’en ai entendu parler. Mais tu sais moi l’économie et les théories c’est pas trop ma tasse de thé. On doit plutôt combattre tous les jours pour gagner l’argent pour payer les factures, les crédits et l’hypothèque.

Sow: Vois-tu, si on te donnait l’occasion de souffler pour tes charges de vie, est-ce que tu prendrais le temps pour toi pour te concentrer sur ton développement spirituel ou personnel?

Fanta: Bien sûr! Je pourrais me poser des questions existentielles une fois ma sécurité financière garantie. Mais la vie est faite de combats et on a pas le temps là de le faire.

Sow: Je sais que le potentiel des besoins de l’Homme est infini, mais si tu te limitais au peu qu’il te faut pour ta sécurité simple…

Fanta: Ça demande de prendre sur soi.

Sow: Justement, il faut commencer à entreprendre une recherche spirituelle pour connaître sa voie et les moyens financiers pour l’accomplir sans dénaturer sa piété.

Fanta: Tu sais, je ne suis pas très économiste et encore moins religieuse.

Sow: C’est une question de spiritualité et de recherche personnelle. La richesse extérieure et l’amour intérieur sont les faces de la même pièce d’une nouvelle monnaie de spiritualité.

Fanta: L’Imam Sow se déchaine… 🙂

Sow: Non, Fanta. Le Message actuel est que cette vie n’est qu’une aventure de piété et d’élévation spirituelle, et la question de la pauvreté et de la dette ne doit plus limiter l’essor de notre Peuple!

Fanta: Spora et toi vous êtes très engagés.

Sow: Ça prend ça pour faire changer les choses.

Fanta: Préviens-moi quand tous les deux vous serez riches, et je signerai le contrat d’adhésion à votre courant de pensée.

Sow: C’est une adhésion de cœur. Ce sont celles les plus dures à réaliser car il faut être persévérant, voire constant, sur le chemin.

Fanta: Bon, cher ami. Il faut que je file, moi aussi. J’ai du boulot qui m’attend.

Sow: Ok, on garde le contact.

« La paix entre les peuples exige une guerre sans merci contre soi et le penchant de violence pour justifier la riposte à la menace contre le Cœur de notre vie. »

AGADJA (1708-1740) est représenté par le navire (caravelle) et son sceptre. Le navire indique que c’est sous son règne qu’ont eu lieu des contacts importants avec les navigateurs portugais.

« Atindjaagadja, ma gnon zôdô »

De vague à lame

Dia plaisantait souvent avec les désaccords de la Révélation et des spéculations. Soh ne voulait pas pour autant se réduire à l’idée de prier pour sa rédemption par un « Christ en croix». Le sujet fâchait, mais il fallait trancher et se faire une idée claire et limpide qui puisse renforcer la foi. La réponse serait sans doute au jour du jugement où l’Éternel informerait sur ces points de division. En attendant, dans cette vie, la tolérance et la Vérité devaient primer. C’était un simple exercice de piété: louer le Dieu unique et s’aimer entre nous.

Cette forme de spiritualité qui semblait déplacée à afficher dans les Cités était le ciment de réussite des modèles de société des pays en voie d’affirmation. La foi des Croyants n’avait pas d’indicateurs probants à mettre dans le tableau de bord évaluant la performance économique des états. Pourtant, elle semblait le moteur utile des nouvelles économies qui avaient choisi de redéfinir leurs perspectives et de se repositionner par rapport à l’économie classique.

Soh et Dia étaient à l’ambassade de la Cité. Ils venaient comme beaucoup d’autres quémander le droit de dépenser leur argent, le temps d’un court séjour professionnel et de faire tourner les chiffres du tourisme d’affaires. Privilège qu’ils payaient durement en se levant tôt pour prendre place dans la file d’attente du service des visas, file d’attente des sévices des puissants qui ne s’épuisaient pas à énumérer une liste de documents de plus en plus contraignants. La libéralisation allait dans un sens, et peu d’états avaient le courage d’imposer la réciprocité tant leur économie avait besoin de la présence d’investisseurs sur leur sol. Qu’ils y soient comme chez eux voire même au-delà: que les états eux-mêmes ne se sentent plus chez eux.

L’Indice de Développement Humain, le Produit Intérieur Brut et bien d’autres indicateurs avaient longtemps été pris en compte pour classer les économies mondiales. La foi et le lien à la tradition ne s’y reflétaient pas. Pourtant, un peuple qui se reconnaissait dans sa culture et ses traditions n’avait pas à être sous l’influence, voire la domination d’autres civilisations. Cette satisfaction culturelle était à maintenir, et sa dégradation montrait le mal vivre identitaire du dit peuple – étant entendu, bien sûr, que les peuples s’influencent mutuellement. Pourtant le degré d’emprunt aux autres cultures semblait faible lorsque le sentiment de fierté nationale et d’appartenance culturelle était profond et sincère. Un Indice de Cohérence Eco-humain, à définir, pouvait montrer le respect du rapport de l’humain à la Terre. Cela indiquerait aussi la souveraineté endogène effective des peuples et non leur dépendance économique due à des conditions historiques différentes. L’impact de cet Indice sur l’économie serait de ne pas lier la réussite économique à la simple production de biens et services, mais aussi un maintien des identités culturelles et traditionnelles, la préservation de la nature (écologie et biodiversité) et du patrimoine humain ainsi que les efforts pour le développement de solutions durables dans la création de richesses. Un tel classement chamboulerait quelque peu la pyramide bien établie en plaçant des pays en émergence et en affirmation dans le peloton de tête de la préservation du patrimoine humain et terrestre.

« Le classement des peuples doit faire appel à la justice et l’éthique du jugement, pour ne pas maintenir les mêmes dans l’avilissement de la non-affirmation identitaire. »
MIDI

Stratégie dynamique

Le petit prophète du Sud faisait parler de lui depuis peu. Une étoile s’était levée dans le ciel économique et suscitait l’espoir des mages et des peuples auxquels les signes étaient lus. Le poids des attentes ne pesait pas encore sur ses épaules, tant que sa mission n’était pas médiatisée et restait dans le cercle de ceux qui ouvraient leur pensée à la nouveauté. Le petit prophète s’installa dans le parc où tout le monde pouvait s’exprimer et s’essaya à parler pour la première fois en public. L’idée du piquenique lui offrait cette opportunité. Il dévisagea ses amis autour de lui et les premiers mots lui vinrent naturellement à la bouche comme une montée de lait dont il voulait abreuver son assemblée de fortune:

« Le continent atteint aujourd’hui le milliard d’individus. Le taux de croissance de plusieurs pays reste élevé, ou s’améliore au point d’attirer de nombreux investissements. La population est jeune et a de plus en plus accès à l’éducation et à l’information. Le paradoxe du seuil de pauvreté, qui sévit encore du fait de la longue tradition de l’inégale répartition du produit des économies des pays, montre l’impact des priorités politiques sur les stratégies globales de développement et de changement. Malgré ces indicateurs contrastés, la terre mère demeure une région où le potentiel d’affaires est inestimable tant par la qualité que par le nombre des initiatives à saisir.

Longtemps pointé du doigt pour les formes de gestion manquant de rigueur, notamment les nombreux détournements de fond et autres abus, le continent vit une nouvelle émergence, guidée par une génération d’hommes dont le réalisme et les compétences offrent des possibilités d’amélioration continue et de réduction des gaspillages dans les structures politiques, économiques et sociales.

Plusieurs outils issus de l’apprentissage extra muros peuvent se révéler être de pertinents leviers pour la mise en place de stratégies d’affirmation, tant il parait que dans un marché libéralisé le développement ne suffit plus. On se doit d’être performant, efficace et concurrentiel, quelques soient ses ressources et son capital. Parmi ses outils, les compagnies à bas coûts (lowcost) et le crowdfunding (financement participatif réalisé par un nombre important de petits investissements issus d’acteurs parties prenantes) associés à des pratiques domestiques peuvent donner naissance à des entités hybrides et compétitives. L’ouverture d’esprit est plus que recommandée. Là encore, le recours au développement agile plutôt que planifié permet par des « stratégies dynamiques» de créer les applications utiles à l’affirmation. Rappelons-le, l’affirmation va plus loin que le simple rattrapage du sous-développement. Il importe de définir également ou de mettre en exergue le « lean intention» qui doit accompagner toute entreprise qui s’inscrit dans le mouvement naissant, celui-ci se devant de s’imprimer dans les esprits des nouveaux acteurs économiques du continent. L’effort de changement et d’affirmation est considérable pour sortir du conditionnement de dépendance et de condescendance qui ont été longtemps un frein à l’essor naturel d’une civilisation riche»

À mesure que le feu de son exposé le prenait, le public se faisait plus dense. Les personnes alentours s’assemblaient et écoutaient sans oser interrompre l’exposé.

« Le premier mécanisme dont il est possible de tirer parti est la constitution de compagnies à bas coût (lowcost), qui respectent notre niveau d’économie. Après le faste des compagnies nationales de l’époque post-indépendance des pays anciennement sous colonisation, la place est à la simplicité et à l’efficacité des structures qui se soucient de la rentabilité pour une masse importante d’individus, en lieu et place des intérêts à peines voilés d’une minorité aisée. Financée par une épargne populaire et communautaire sous le modèle du crowdfunding, elles trouvent ainsi une source fraîche de capitaux utiles où l’actif est convertible en biens tangibles pour les investisseurs, ou sous forme de prêt remboursable à l’issue d’un cycle d’initiative économique (par projet ou autres) visant à créer de la richesse. Il ne s’agit pas d’une épargne retraite, mais d’un investissement courant dans une initiative économique. Alternative au crédit bancaire direct réservé à des projets élaborés et au micro-crédit à fort taux d’intérêt, ce fond commun d’investissements réunis par épargne populaire peut être mis directement à disposition des entrepreneurs réunis eux aussi en communauté, pour un usage d’ayant droit proportionnel au montant participatif souscrit sur le modèle de la « tontine», couramment pratiqué sur le continent. Le capital d’actifs de ces fonds communs d’épargne populaire, basé sur des valeurs sûres (immobilier, part d’action d’entreprise de l’économie classique, cours des métaux, etc.) et rassemblé par des communautés intégrées, peut aussi servir de garantie à des prêts bancaires classiques que font donc de façon cyclique (en fonction des projets) les membres de la communauté d’entrepreneurs auprès des banques. Ce levier financier pourrait permettre de donner vie à un système de crédit éthique, où les intérêts ne seraient pas forcément pratiqués et les entrepreneurs seraient responsables de leurs prêts. La communauté d’investisseurs agirait alors en garants et non en co-emprunteurs auprès des institutions bancaires. Ces nouvelles compagnies lowcost, fondées par des pauvres actifs où actifs pauvres (selon) détenus par de petits porteurs en financement par crowdfunding via des opérateurs fiables et intègres définis dans le cadre de nouvelles structures économiques, serviraient d’exemple pour d’autres structures en remplacement des fonds de pension cotés en bourse à l’origine de plusieurs crises. Cet investissement tangible est l’investissement d’une communauté qui constitue un patrimoine commun: l’actif pour tous.

Le développement agile de logiciels ou de produits innovants passe par une nécessaire sortie du cadre de pensée traditionnelle, une synergie entre les acteurs et la maitrise d’un processus basé sur plusieurs itérations et incréments. Sans changer de mot mais dans une optique socio-économique, le développement agile du continent pourrait passer par ces paramètres et tracer des étapes toutes nouvelles et inconnues des planifications et prédictions des grandes institutions financières que sont la Banque mondiale et le FMI. L’agilité dans la gestion des états permettrait de se doter de plus de souplesse dans la répartition des ressources engagées, afin de créer de la richesse de façon plus efficace. Par la sélection d’un portefeuille d’initiatives économiques, puis un partage des revenus issus de façon équitable, on développe les infrastructures (réseau routier, énergie, eau, etc.) et on améliore l’humain (santé, éducation, pauvreté). Le dirigeant devient le chef d’une grande entreprise qui souhaite dégager, de façon efficiente et éclairée, un produit maximisé à chaque exercice budgétaire. Le tout est de garder à l’esprit la perpétuelle adaptation aux environnements changeants de l’économie, aux contextes de conscience humaine et un guide de référence évolutif intérieur baptisé à ce niveau d’évolution de: « Lean intention» ou la foi juste.

Le « Lean intention» est la foi simple, l’intention lean, ou l’intention dénuée de tout gras de pensées, de théories et de pratiques systématiques et systémiques. C’est un pragmatisme et une auto-réalisation effective poussés à un fort niveau d’accomplissement. C’est un savant mélange de vérité du terrain (adaptation), expérience vécue (compétence) et de préparation à l’inconnu (contingence). Une conciliation continue de multiples dimensions spatiale (longueur, largeur, hauteur), temporelle (passé, futur, présent), humaine (corps, esprit, âme) et sprituelle (haqq, charia, taslim) combinées. L’intention lean vise à se débarrasser de ses conforts de conception et d’automatisme conditionnés pour être à tout instant capable de réagir à l’environnement (économique), tout en respectant sa conviction profonde (destinée de l’entreprise, voire du pays). C’est une vision agile du lean et une application lean de l’agilité.

Comme on peut le constater, les nouveaux défis que pose l’économie aux régions du monde et tout particulièrement la terre mère demandent une adaptation constante des outils, méthodes et savoir-être pour une plus grande résonnance avec l’évolution des consciences et celle plus globale de la Création»

Le petit prophète du Sud se tut et prit conscience de la petite foule autour de lui. Les applaudissements suivirent. Un peu gêné, il se retira après avoir serré quelques mains. Il ne se faisait pas aux rassemblements, mais il devait prendre la parole pour exprimer ce qui le consumait à l’intérieur. Un feu de justice et une vision d’un autre avenir pour son continent et pour son Peuple: « l’a-guère».

« Ne plus avoir peur d’afficher un profil à bas coût (lowcost), informel et épuré de tout confort inutile montre la maturité des nouvelles entreprises noires dans la nouvelle joute des nations. »

TEGBESSOU (1740-1774) est représenté par: le buffle habillé est difficile à déshabiller: le roi qui a rencontré beaucoup de difficultés au cours de son règne.

« Awu dj agbo ko boklonklonglo »

Possession et Partage

Le matérialisme avait longtemps été montré du doigt par les spirituels dans un passé proche comme la nouvelle source d’idolâtrie en même temps que la science toute puissante. Le confort des biens terrestres et le délaissement de l’attrait de la vie future, pour ceux qui y croyaient encore, avait fait reculer le rapport à la terre et le lien sacré en les Hommes génération après génération. On assistait à une course effrénée vers la production de biens et services, ce qui impliquait l’utilisation d’une quantité importante de ressources naturelles le plus souvent fossiles et non renouvelables. Le plus alarmant était bien sûr l’avenir de la Terre elle-même, mais aussi de l’écologie générale (Ciel, Terre et Monde), notamment celle de la préservation des conditions économiques et du commerce entre les Hommes en tant que moyen de médiation extérieur. Une grande possession des richesses produites entre les mains d’une minorité déséquilibrait le système. Il n’était pas non plus question que tout le monde ait le même niveau de vie. Il fallait réguler l’écosystème économique pour que le nombre d’espèces permette la conservation de la chaine alimentaire. En somme, une judicieuse répartition de l’effectif des classes de revenu et leur capacité à consommer pour combler leurs besoins globaux et spécifiques. Il fallait partager.

Sur le plan spirituel, l’acquisition déséquilibrée de biens physiques et de services s’accompagnait d’une possession de l’être par des forces malsaines encourageant le maintien des paradigmes qui menait déjà au désastre. Elle se faisait également par le biais d’innombrables égos emprisonnant une partie de conscience, et qui prenaient le contrôle du corps de l’individu pour renforcer leur énergie et s’abreuver en différentes sources de dépendance qui les maintenaient en vie. Le mot possession, déjà homonyme, contenait alors l’ironie d’avoir le double sens du bien et du mal contenu dans cet état de fait: l’excès de biens accumulés entrainait un mal être dû à une possession accrue par des esprits et démons de la consommation effrénée. Le monde moderne était aux prises avec la possession dans les deux sens du terme.

L’ancêtre de l’homme attitude (homo animus) est l’homo économicus, dont le fidèle crédo était: « Plus, c’est mieux». L’homo animus rajoutait une dimension spirituelle à deux volets dans son rapport à la richesse. Le premier volet était intérieur; il appelait à une disposition intérieure de l’Amour de soi et le soin apporté à l’état d’équilibre et de réalisation spirituelle. Le second volet était extérieur; il s’agissait de recherche et d’user d’une Richesse simple et saine, mettant à l’abri des détresses suscitées par un environnement incertain tant dans les évènements que dans les conditions de vies. Il fallait alors garantir des échanges tangibles de flux et baser la mesure du patrimoine sur un actif tout aussi tangible. Le nouveau moto de l’Homme attitude donnait alors tout simplement « Amour et Richesse». Cela passait là encore par la circulation des flux d’information et flux monétaires. Il fallait partager.

Se libérer du besoin et du désir de garder pour soi nécessitait de travailler sur soi pour s’ouvrir au partage, laisser circuler les flux d’échange et trouver à nouveau une richesse simple et saine épurée de son énergie néfaste pour le plus grand bien de l’écologie de l’Humanité. Loin d’un recyclage, il s’agissait de se conformer aux lois naturelles de transformation et de circulation de la vie dans notre écosystème. Une Terre dont l’Homme était l’élément essentiel; un sel non recyclable dont la concentration ou la dilution rendait la vie amère ou savoureuse à toutes les autres espèces.

« La possession est le mal du siècle. Elle fait intervenir un état d’ignorance spirituelle qui pousse à enfreindre les lois de partage de l’Énergie de vie qui est l’unique Richesse impérissable en ce bas Monde. »

Myriam

Spora et Myriam se voyaient fréquemment. Ils s’aimaient comme deux amis mais étaient amants. Ils avaient tous les deux vécus d’innombrables chocs sur le chemin de la recherche de leur équilibre personnel et affectif. Les moments de solitude avaient à la fois fortifié la connaissance de soi et de ce qu’ils recherchaient en matière de conjoint et en même temps fragilisé leur résilience face à l’appel du corps et de l’intimité. Les femmes s’en sortaient mieux mais Spora était toujours honnête avec lui-même. Pour les deux, aucune raison d’être trop sélectif avec le choix du partenaire; l’amour viendrait par la suite. Ils s’entendaient là-dessus. Ils s’entendaient bien en sus.

Myriam était une femme forte et une femme de défi. Elle s’avait se mobiliser pour réaliser des performances dans sa vie professionnelle ou sa vie de tous les jours. C’était la femme idéale pour soutenir Spora dans le développement de ses propres activités. La Spora’Attitude avait parfois besoin de carburant pour être plus incisive. Spora connaissait le pouvoir stressant des prises de position de Myriam, et ses exigences qui venaient de son expérience et de son affection pudique pour lui. La capacité de Spora à se mobiliser lui-même pour les rêves qu’il poursuivait la touchait autant que ses attentions et sa constante disponibilité à l’aider et à être là quand elle en avait le plus besoin. Ce n’était pas une question de moyens financiers ou autre, juste une attitude à répondre à la sollicitude de façon gratuite et sans arrière-pensée. Avec le temps, le charme naturel de Myriam avait su créer le sentiment d’Amour qui emplissait à présent Spora lorsqu’il veillait sur elle. Sa main de fer à elle venait du fait qu’elle voulait qu’il réussisse autant qu’elle-même, et ne voulait pas qu’il se relâche trop dans une attitude de fairplay que beaucoup dans son entourage sauraient exploiter pour se faire servir sans jamais l’en remercier, voire pour demander plus à chaque fois. Elle voulait qu’il développe ses qualités de courage, de confiance en soi et de contrôle de soi pour qu’elle puisse avoir un homme fort à ses côtés pour diriger leur foyer et faire face aux défis de la vie. Le monde était fait de combats. De son côté, Spora la conseillait au mieux et la soutenait dans ses moments de fragilité et ses absences. Il savait que derrière ce masque de femme forte il y avait eu beaucoup de blessures qui avaient sculpté le masque et la dureté du comportement. Myriam ne se laissait pas faire facilement, pourtant Spora décelait une grande douceur et une grande féminité derrière ses attitudes parfois un peu garçonne. Les deux se complétaient idéalement pour ce tronçon de vie qu’ils partageaient.

Myriam était une belle femme, hautement désirable et son sourire illuminait souvent un visage aux traits gracieux et authentiques de la femme du continent. Elle savait se montrer terre à terre, et vivait sans se préoccuper des codes mondains. C’était une bonne vivante. Une femme vraie dans sa façon d’être.

Elle ne se réclamait d’aucune religion et en avait reçu une de ses parents sans la pratiquer. Elle affichait cependant une grande application à garder la tradition et la culture de son pays de naissance. Spora appréciait cela en elle. Un côté authentique et détaché des stéréotypes contemporain que Spora appréciait chez chacune des femmes qu’il avait connues et qui l’avait marqué.

Spora aimait Myriam tout simplement et concrètement. Rien à voir avec la passion qu’il avait éprouvée par le passé pour celle qu’il essayait malgré tout d’oublier mais qui l’avait marqué pour longtemps: Fanta.

Il n’en en voulait pas à cette dernière. Il était juste heureux avec Myriam et cela lui suffisait. Le destin était comme un GPS qui recalculait les trajectoires lorsqu’une étape avait été manquée. Fanta n’était plus d’actualité pour le moment et nul ne savait l’avenir. Le présent était rempli de Myriam et du désir des deux de construire un foyer stable et équilibré. Pour la première fois Spora s’essayait à penser à être père. Il s’amusait à pronostiquer sur le sexe des enfants, le nombre et certains prénoms. Myriam lui avait fait naitre cette inclinaison à la parentalité tout naturellement. Sans doute était-elle la bonne personne. La mère de ses enfants?

Il prenait cette nouvelle chance tranquillement sans illusions ni attentes particulières. Il avait rendez-vous avec la vie dans cette nouvelle relation liée à son destin.

« La vie d’un homme est faite de la mission d’accompagner une femme dans son rôle de complément et de pilier pour l’unicité du foyer. Une graine à deux cosses appelée à donner du fruit. »

KPENGLA (1774-1789) est représenté par un oiseau légendaire qui domine tout avec ses ailes, Kpengla signifie: la pierre audacieuse qui est dans l’eau ne peut s’amollir, c’est pendant son règne qu’apparut le fusil de traitre.

«Sinmèkpengla ma sin avivo»

La Correction

Spora revenait sur le Livre. Quelque chose avait changé en lui, une nuance qu’il ne s’était pas connue avant. L’auteur, dans cette édition, avait choisi de ne pas écrire son titre (Le Point) mais de juste matérialiser son symbole tel qu’il aurait dû le faire initialement, sans influence et doute.


et sa signification: Dieu.

Spora se plongea dans la lecture de deux passages sur lesquels il était tombé et qui avaient changé pour revenir à leur version originale:

Sentiment marginal

Quel pouvait bien être le genre d’une âme? D’où venait ce renouveau de l’orientation physique des sentiments humains? Bien que le phénomène soit ancien, des années de lutte aboutissaient à une meilleure intégration et à une contribution à la vie économique sans trop grande discrimination. Il restait encore du chemin à parcourir pour une pleine reconnaissance de cette identité.

La discrimination en matière de jeu économique et en général était toujours dure à prouver. Les contrats refusés, les attitudes condescendantes ou carrément hostiles, resserraient les liens au sein de ce mouvement identitaire. On affichait un signe d’appartenance multicolore pour attirer sa clientèle et autres sympathisants, et un réseau de contacts d’affaires, discret mais soudé, finissait de créer le contrepoids nécessaire à la résistance.

Il était inspirant d’observer l’histoire et les caractères de cette communauté, et de voir combien une lutte identitaire aux retombées socio-économiques et politiques pouvait amener le monde à changer sa perception et lui faire sa place au soleil.

En plus des causes raciales, civiques, nationales, culturelles, et autres, plusieurs autres pouvaient ainsi trouver leur source d’inspiration et faire lever la clameur et le son de cor: la reconnaissance des maladies mentales dans les cultures habituées aux envoûtements, l’accès des femmes à la vie économique et politique, les luttes pour le respect des propriétés foncières et leur répartition, l’indépendance d’un peuple et de sa religion…

La création d’une synergie, sans nécessité de fédération, à partir de ces courants revendicatifs pouvait faire naître une nouvelle société plus proche de l’état d’évolution des humains, tel qu’il avait été le cas lors de la chute du bloc d’idéologie politique extrême ou, plus tôt, lors de la remise en cause des impérialismes et des sociétés au modèle de morale très conservateur.

La présence de mécènes et de facilitateurs était à la fois l’atout majeur, voire la clé de voûte de l’élan général. Il fallait en effet des personnages pour oser croire à la vision, financer les efforts et surtout parler au nom de ceux qui ne pouvait siéger dans les hémicycles où se prenaient les décisions les concernant.

L’adjonction d’une portée politique, loin de réveiller pour beaucoup les déceptions quant aux hommes et les scandales de corruptions qui étaient encore trop de coutume, était un outil dont on pouvait se servir pour faire passer ces vagues marginales en vraie lames de fond pouvant renverser les tendances déclarées souveraines. Ces Cham- pions de la cause se devaient d’adhérer à la culture et à l’attitude qui faisait le ciment de ceux qui s’unissaient pour faire changer les mentalités et le confort économique sans partage.

« Être en marge d’une société et d’un système économique, c’est avoir le défi de retracer un chemin nouveau vers les lieux d’interactions et d’intégration identitaire. »

Déclaration de « l’a-guère »

Nous, hommes et femmes de cette Terre, qui formons le peuple opprimé économiquement.

Affirmons contribuer à la production de richesses de nos nations, régions et communautés économiques internationales.

Revendiquons l’apport de nos efforts dans l’économie et le commerce international et le droit à une rétribution équitable des fruits du labeur commun.

Revendiquons la reconnaissance des identités culturelles, raciales, économiques et sexuelles dans le cadre de l’accès libre aux droits civiques et de la pleine intégration dans les sociétés.

Confessons la légitimité de nos revendications et de notre lutte.

Rejetons toute action violente, dégradante ou pouvant porter préjudice à autrui et aux biens publics et communautaires.

Nous nous déclarons prêts à défendre notre cause et à œuvrer pour l’avènement d’une justice économique et sociale.

En foi de quoi nous rédigeons la présente déclaration pour servir et faire valoir ce que de droit.

Ici, hier, aujourd’hui et demain.

Enrayer le Système

« S like Strive, P like Pride, O like Oneness, R like Resilience and A like Attitude», Spora épelant patiemment son nom à l’opératrice.

Après quelques minutes d’attente, on lui annonça que son interlocuteur s’était enfin libéré. Spora se présenta, rappela son projet d’entreprise et donna la raison de son appel: connaître le fondement du Message du petit prophète du Sud et l’approche que celui-ci voulait adopter pour sauver son Peuple.

Il y eut un temps de silence, la voix de l’attaché de presse se fit plus grave. Simple mystique de la vie de tous les jours mais ferme croyant, celui-ci sembla prendre à son compte le Message et le résuma en quelques mots pleins d’enthousiasme.

Il ne fallait pas se concentrer à déployer un effort à renverser les hommes, mais créer un mouvement capable d’enrayer durablement les systèmes impériaux en place. Ces systèmes étaient artificiellement créés et avaient besoin d’un apport continu d’adeptes, qui y trouvaient un intérêt particulier le temps de leur passage dans le Monde, pour maintenir leur prédominance et les avantages accumulés depuis des années de domination. Face à lui un mouvement vivant et guidé portait la vision, la mission et le projet de nuire intensément à la logique implacable des abus et injustices pratiqués sur le Peuple sans aucun état d’âme. Il était important que ce soit une idée qui soit lancée et non un homme qui soit promu. Cette idée serait reprise par chaque maquisard et renégat dans la guère-il- y-a du Peuple, qui la développeraient à leur niveau et la transmettraient aux générations suivantes. Cette graine, cette importante graine, le Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle voulait la planter et voir son arbre grandir jusqu’à ce que les fils de la Terre puisse s’y abriter en pleine Cité et prospérer. Un arbre, un Royaume. Une couleur, celle de l’uniforme de Peuple. Noir étincelant. L’image du grain de moutarde revenait dans les esprits: Luc 13, 18-19. Il fallait un homme, un nouvel homme, l’homo animus pour être l’Adam de ce nouveau projet divin. Un prototype d’où sortirait la future pousse de l’arbre. Il faillait que cette graine prometteuse soit semée et meurt dans un terreau fertile. Qu’elle grandisse et défie bitume et dalle de béton d’une domination, accumulée sous diverse formes stratifiées depuis des temps immémoriaux, sur un sarcophage pharaonique pour enfin s’épanouir aux rayons du soleil divin: La lumière qui guide tous les Hommes vers la Vérité. C’était donc une autre correction à apporter à la Cité, pour partager l’espace vital et mettre de la diversité spirituelle, économique et identitaire dans l’écosystème de la Terre. Une affirmation stratégique et commerciale sans effusion de sang, car seuls les lâche avaient recours à la violence. Oui. Il ne fallait pas se concentrer à déployer un effort à renverser les hommes, mais créer un mouvement capable d’enrayer durablement les systèmes impériaux en place. Le Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle s’attaquait donc au Système impérial qui maintient un certain ordre mondial sur l’échiquier international de l’économie libéralisée. Le petit prophète était la graine et cette graine contenait le code génétique de l’Arbre. Toute cellule devait se développer à partir de ce même modèle jusqu’à la première fleur, le premier fruit. Les cellules de l’Arbre devaient fréquenter ce code génétique, source pour que la diffusion puisse se faire. Un effort de partage de l’information et un effort d’Attitude permettrait à la pousse d’émerger. Une exhortation à faire « un effort qui ne demande aucun effort», et comme tout chose naturelle cet effort était simple et un guide était là pour garantir que l’arbuste ne ploie pas sous les intempéries avant que le tronc soit fort et robuste: c’était cet esprit de Correction que chacun se devait d’adopter.

« Une forme de Sport Attitude, un esprit « fairplay » en somme» dit Spora, tout excité et pensant faire connaitre son jeu de mot favori.

Cela allait plus loin que le « fairplay »: il s’agissait de rectitude, de fierté et d’expression de soi. Le Croyant devait développer son charisme au même titre que son action sur le plan économique. C’était un tournant dans l’histoire un mouvement aussi fondamental que les Rappels dans la Révélation continue de la foi monothéiste. Là aussi, Dieu guidait son Peuple hors d’une terre d’oppression économique et rappelait l’importance de s’en remettre à lui pour livrer ce combat. La dimension spatiale était éclatée, car les effets de l’économie mondiale touchaient tous les peuples. Cela dépassait aussi le cadre d’un affrontement religieux, car toutes les sensibilités spirituelles du Peuple étaient sollicitées. Enfin le Temps jouait en faveur de l’arbre pour le laisser croître. Le Mahatma Gandhi avaitdéclaré un jour “It’s the action, not the fruit of the action, that’s important. You have to do the right thing. It may not be in your power, may not be in your time, that there’ll be any fruit. But that doesn’t mean you stop doing the right thing. You may never know what results come from your action. But if you do nothing, there will be no result.” Ceux de cette génération connaissaient l’aboutissement de ce combat et on se devait de ne pas rompre la chaîne de transmission du sens et de l’essence, la sève, (« faites ceci en mémoire de moi») jusqu’à la fin de la mission et la génération de la nouvelle graine comme fruit de la Correction: Le Recteur qui accomplira tout et fera triompher la cause. Ce moment était inconnu car la connaissance de l’Heure appartient à Dieu. Jésus avait accompli la loi de Moïse plusieurs siècles après ce dernier en tant que Christ annoncé. Une lignée qui avait trouvé un point final en lui. Il reviendrait pour que l’Islam soit également amené à son point ultime. Le personnage du Mahdi poursuivait aussi sa transmission dans le tronc robuste du Prophète des prophètes. Paix et salut sur eux. Combien de Recteurs seraient nécessaires jusqu’à l’archétype final? Ce moment était inconnu car la connaissance de l’Heure appartient à Dieu.

Le Paraclet et l’esprit de Vérité étaient apparus moins de 600 ans après le Messie et son esprit de Sainteté. Que penser d’un petit prophète (un Mahdi?), manifestation symbolique d’un Élu dans les traditions noires, et son esprit de Correction? Le plus important était de se contenter de faire la bonne action dans le tronçon de sa vie, à un niveau professionnel ou informel, et de transmettre aux prochains. L’humanité se recréait à nouveau après la fin d’un monde qui était passé inaperçu aux yeux des attentes sensationnelles et pleines d’images de cette race d’Homme. Tout s’était passé dans les Signes, et la symbolique se poursuivait dans ce nouveau monde et cette nouvelle Terre.

« La Terre et la Cité reçoivent une nouvelle graine d’Énergie dont l’arbre sera la dernière échelle des Croyants pour atteindre le ciel rempli de Lumière et de Vérité. »

AGONGLO (1789-1797) est représenté par une noix de coco (Agon = Cocotier) et signifie: la foudre peut tomber sur un arbre mais jamais sur le cocotier.

« So djèdébo agon glo »

100 carats, the para gone!

Le petit prophète du Sud profitait de quelque moment de solitude pour se replonger dans sa méditation et le calme nécessaire pour garder l’esprit claire face à la lourdeur de la tâche et l’enjeu pour le Peuple. Il cherchait le soutien dans l’histoire, une cause qui lui avait sans doute été celle ayant précédé la sienne car Dieu n’abandonnait jamais son Peuple et suscitait toujours de nouveaux combattant. Quelques journaux trainaient ça et là.Il vit une vieille brochure de l’Organisation de Nation Unis. Plusieurs présidents y avaient pris place et avait soit jouer un rôle de marionnette docile ou réellement affirmé une voix devant le parterre de puissants prêt à tuer toute nouvelle idée menaçant leurs avantages séculiers. Il pria Dieu de lui montrer une voie. Il ouvrit une page au hasard et tomba sur un discours qui changea la tournure de son engagement pour longtemps…

Discours de Thomas Sankara à l’ONU le 4 octobre 1984 devant l’Assemblée générale des Nations Unies
(texte intégral)

La Liberté se conquiert

Le 4 octobre 1984, Sankara s’adresse à la Trente-neuvième session de l’Assemblée générale des Nations Unies. La source de son discours ci-après est une brochure distribuée par la représentation du Burkina Faso auprès des Nations Unies.

Monsieur le Président, Monsieur le secrétaire Général,

Honorables représentants de la Communauté internationale,

Je viens en ces lieux vous apporter le salut fraternel d’un pays de 274000 km², où sept millions d’enfants, de femmes et d’hommes, refusent désormais de mourir d’ignorance, de faim, de soif, tout en n’arrivant pas à vivre véritablement depuis un quart de siècle d’existence comme État souverain, siégeant à l’ONU.

Je viens à cette Trente-neuvième session vous parler au nom d’un peuple qui, sur la terre de ses ancêtres, a choisi,dorénavant de s’affirmer et d’assumer son histoire, dans ses aspects positifs, comme dans ses aspects négatifs, sans complexe aucun.

Je viens enfin, mandaté par le Conseil National de la Révolution (CNR) du Burkina Faso, pour exprimer les vues de mon peuple concernant les problèmes inscrits à l’ordre du jour, et qui constituent la trame tragique des évènements qui fissurent douloureusement les fondements du monde en cette fin du vingtième siècle. Un monde où l’humanité est transformée en cirque, déchirée par les luttes entre les grands et les semi-grands, battue par les bandes armées, soumise aux violences et aux pillages. Un monde où des nations, se soustrayant à la juridiction internationale, commandent des groupes hors-la-loi, vivant de rapines, et organisant d’ignobles trafics, le fusil à la main.

Monsieur le Président,
Je n’ai pas ici la prétention d’énoncer des dogmes. Je ne suis ni un messie ni un prophète. Je ne détiens aucune vérité. Ma seule ambition est une double aspiration: premièrement, pouvoir, en langage simple, celui de l’évidence et de la clarté, parler au nom de mon peuple, le peuple du Burkina Faso; deuxièmement, parvenir à exprimer aussi, à ma manière, la parole du“Grand peuple des déshérités”, ceux qui appartiennent à ce monde qu’on a malicieusement baptisé Tiers Monde. Et dire, même si je n’arrive pas à les faire comprendre, les raisons que nous avons de nous révolter.

Tout cela dénote de l’intérêt que nous portons à l’ONU, les exigences de nos droits y prenant une vigueur et la rigueur de la claire conscience de nos devoirs.

Nul ne s’étonnera de nous voir associer l’ex Haute-Volta, aujourd’hui le Burkina Faso, à ce fourre-tout méprisé, le Tiers Monde, que les autres mondes ont inventé au moment des indépendances formelles pour mieux assurer notre aliénation culturelle, économique et politique. Nous voulons nous y insérer sans pour autant justifier cette gigantesque escroquerie de l’Histoire. Encore moins pour accepter d’être “l’arrière monde d’un Occident repu”. Mais pour affirmer la conscience d’appartenir à un ensemble tricontinental et admettre, en tant que non-alignés, et avec la densité de nos convictions, qu’une solidarité spéciale unit ces trois continents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique dans un même combat contre les mêmes trafiquants politiques, les mêmes exploiteurs économiques.

Reconnaître donc notre présence au sein du Tiers Monde c’est, pour paraphraser José Marti, “affirmer que nous sentons sur notre joue tout coup donné à n’importe quel homme du monde”. Nous avons jusqu’ici tendu l’autre joue. Les gifles ont redoublé. Mais le cœur du méchant ne s’est pas attendri. Ils ont piétiné la vérité du juste. Du Christ ils ont trahi la parole. Ils ont transformé sa croix en massue. Et après qu’ils se soient revêtus de sa tunique, ils ont lacéré nos corps et nos âmes. Ils ont obscurci son message. Ils l’ont occidentalisé cependant que nous le recevions comme libération universelle. Alors, nos yeux se sont ouverts à la lutte des classes. Il n’y aura plus de gifles.

Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre vingt années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus-là. Pas de développement en dehors de cette rupture.

Du reste, tous les nouveaux “maîtres-à-penser” sortant de leur sommeil, réveillés par la montée vertigineuse de milliards d’hommes en haillons, effrayés par la menace que fait peser sur leur digestion cette multitude traquée par la faim, commencent à remodeler leurs discours et, dans une quête anxieuse, recherchent une fois de plus en nos lieux et place, des concepts-miracles, de nouvelles formes de développement pour nos pays. Il suffit pour s’en convaincre de lire les nombreux actes des innombrables colloques et séminaires.

Loin de moi l’idée de tourner en ridicule les efforts patients de ces intellectuels honnêtes qui, parce qu’ils ont des yeux pour voir, découvrent les terribles conséquences des ravages imposés par lesdits “spécialistes” en développement dans le Tiers Monde. La crainte qui m’habite c’est de voir les résultats de tant d’énergies confisquées par les Prospéro de tout genre pour en faire la baguette magique destinée à nous renvoyer à un monde d’esclavage maquillé au goût de notre temps.

Cette crainte se justifie d’autant plus que la petite bourgeoisie africaine diplômée, sinon celle du Tiers Monde, soit par paresse intellectuelle, soit plus simplement parce qu’ayant goûté au mode de vie occidental, n’est pas prête à renoncer à ses privilèges. De ce fait, elle oublie que toute vraie lutte politique postule un débat théorique rigoureux et elle refuse l’effort de réflexion qui nous attend. Consommatrice passive et lamentable, elle se regorge de vocables fétichisés par l’Occident comme elle le fait de son whisky et de son champagne, dans ses salons à l’harmonie douteuse.

On recherchera en vain depuis les concepts de négritude ou d’“AfricanPersonality” marqués maintenant par les temps, des idées vraiment neuves issues des cerveaux de nos “grands” intellectuels. Le vocabulaire et les idées nous viennent d’ailleurs. Nos professeurs, nos ingénieurs et nos économistes se contentent d’y adjoindre des colorants parce que, des universités européennes dont ils sont les produits, ils n’ont ramené souvent que leurs diplômes et le velours des adjectifs ou des superlatifs.

Il est nécessaire, il est urgent que nos cadres et nos travailleurs de la plume apprennent qu’il n’y a pas d’écriture innocente. En ces temps de tempêtes, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui, le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité. Il faut, avant qu’il ne soit trop tard, car il est déjà trop tard, que ces élites, ces hommes de l’Afrique, du Tiers Monde, reviennent à eux-mêmes, c’est-à-dire à leur société, à la misère dont nous avons hérité pour comprendre non seulement que la bataille pour une pensée au service des masses déshéritées n’est pas vaine, mais qu’ils peuvent devenir crédibles sur le plan international, qu’en inventant réellement, c’est-à-dire, en donnant de leurs peuples une image fidèle. Une image qui leur permette de réaliser des changements profonds de la situation sociale et politique, susceptibles de nous arracher à la domination et à l’exploitation étrangères qui livrent nos États à la seule perspective de la faillite.

C’est ce que nous avons perçu, nous, peuple burkinabè, au cours de cette nuit du 4 août 1983, aux premiers scintillements des étoiles dans le ciel de notre Patrie. Il nous fallait prendre la tête des jacqueries qui s’annonçaient dans les campagnes affolées par l’avancée du désert, épuisées par la faim et la soif et délaissées. Il nous fallait donner un sens aux révoltes grondantes des masses urbaines désœuvrées, frustrées et fatiguées de voir circuler les limousines des élites aliénées qui se succédaient à la tête de l’État et qui ne leur offraient rien d’autre que les fausses solutions pensées et conçues par les cerveaux des autres. Il nous fallait donner une âme idéologique aux justes luttes de nos masses populaires mobilisées contre l’impérialisme monstrueux. A la révolte passagère, simple feu de paille, devait se substituer pour toujours la révolution, lutte éternelle contre la domination.

D’autres avant moi ont dit, d’autres après moi diront à quel point s’est élargi le fossé entre les peuples nantis et ceux qui n’aspirent qu’à manger à leur faim, boire à leur soif, survivre et conserver leur dignité. Mais nul n’imaginera à quel point “le grain du pauvre a nourri chez nous la vache du riche”.

Dans le cas de l’ex Haute Volta, le processus était encore plus exemplaire. Nous étions la condensation magique, le raccourci de toutes les calamités qui ont fondu sur les pays dits “en voie de développement”. Le témoignage de l’aide présentée comme la panacée et souvent trompetée, sans rime ni raison, est ici éloquent. Très peu sont les pays qui ont été comme le mien inondés d’aides de toutes sortes. Cette aide est en principe censée œuvrer au développement. On cherchera en vain dans ce qui fut autrefois la Haute-Volta, les singes de ce qui peut relever d’un développement. Les hommes en place, soit par naïveté, soit par égoïsme de classe, n’ont pas pu ou n’ont pas voulu maîtriser cet afflux extérieur, en saisir la portée et exprimer des exigences dans l’intérêt de notre peuple.

Analysant un tableau publié en 1983 par le Club du Sahel, Jacques Giri dans son ouvrage “Le Sahel Demain”, conclut avec beaucoup de bon sens que l’aide au Sahel, à cause de son contenu et des mécanismes en place, n’est qu’une aide à la survie. Seuls, souligne-t-il, 30 pour cent de cette aide permet simplement au Sahel de vivre. Selon Jacques Giri, cette aide extérieure n’aurait d’autres buts que de continuer à développer les secteurs improductifs, imposant des charges intolérables à nos petits budgets, désorganisant nos campagnes, creusant les déficits de notre balance commerciale, accélérant notre endettement.

Juste quelques clichés pour présenter l’ex Haute-Volta:

• 7 millions d’habitants, avec plus de 6 millions de paysannes et de paysans
• Un taux de mortalité infantile estimé à 180 pour mille
• Une espérance de vie se limitant à 40 ans
• Un taux d’analphabétisme allant jusqu’à 98 pour cent, si nous concevons l’alphabétisé comme celui qui sait lire, écrire et parler une langue.
• Un médecin pour 50000 habitants
• Un taux de scolarisation de 16 pour cent
• et enfin un produit intérieur brut par tête d’habitant de 53356 francs CFA soit à peine plus de 100 dollars.

Le diagnostic à l’évidence, était sombre. La source du mal était politique. Le traitement ne pouvait qu’être politique.

Certes nous encourageons l’aide qui nous aide à nous passer de l’aide. Mais en général, la politique d’assistance et d’aide n’a abouti qu’à nous désorganiser, à nous asservir, à nous déresponsabiliser dans notre espace économique, politique et culturel.

Nous avons choisi de risquer de nouvelles voies pour être plus heureux. Nous avons choisi de mettre en place de nouvelles techniques.

Nous avons choisi de rechercher des formes d’organisation mieux adaptées à notre civilisation, rejetant de manière abrupte et définitive toutes sortes de diktats extérieurs, pour créer ainsi les conditions d’une dignité à la hauteur de nos ambitions. Refuser l’état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d’un immobilisme moyenâgeux ou d’une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l’avenir. Briser et reconstruire l’administration à travers une autre image du fonctionnaire, plonger notre armée dans le peuple par le travail productif et lui rappeler incessamment que sans formation patriotique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance. Tel est notre programme politique.

Au plan de la gestion économique, nous apprenons à vivre simplement, à accepter et à nous imposer l’austérité afin d’être à même de réaliser de grands desseins.

Déjà, grâce à l’exemple de la Caisse de solidarité nationale, alimentée par des contributions volontaires, nous commençons à répondre aux cruelles questions posées par la sécheresse. Nous avons soutenu et appliqué les principes d’Alma-Ata en élargissant le champ des soins de santé primaires. Nous avons fait nôtre, comme politique d’État, la stratégie du GOBI FFF, préconisée par l’UNICEF.

Par l’intermédiaire de l’Office du Sahel des Nations Unies (OSNU), nous pensons que les Nations unies devraient permettre aux pays touchés par la sécheresse la mise sur pied d’un plan moyen et long termes afin de parvenir à l’autosuffisance alimentaire.

Pour préparer le vingt et unième siècle, nous avons, par la création d’une tranche spéciale de la Tombola, “Instruisons nos enfants”, lancé une campagne immense pour l’éducation et la formation de nos enfants dans une école nouvelle. Nous avons lancé à travers l’action salvatrice des Comités de Défense de la Révolution un vaste programme de construction de logements sociaux, 500 en trois mois, de routes, de petites retenues d’eau, etc. Notre ambition économique est d’œuvrer pour que le cerveau et les bras de chaque burkinabè puissent au moins lui servir à inventer et à créer de quoi s’assurer deux repas par jour et de l’eau potable.

Nous jurons, nous proclamons, que désormais au Burkina Faso, plus rien ne se fera sans la participation des burkinabè. Rien qui n’ait été au préalable décidé par nous, élaboré par nous. Il n’y aura plus d’attentat à notre pudeur et à notre dignité.

Forts de cette certitude, nous voudrions que notre parole s’élargisse à tous ceux qui souffrent dans leur chair, tous ceux qui sont bafoués dans leur dignité d’homme par un minorité d’hommes ou par un système qui les écrase.

Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise: je ne parle pas seulement au nom du Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part.

Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire ou qu’ils sont de culture différente et bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal.

Je souffre au nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles dans des réserves afin qu’ils n’aspirent à aucun droit et que leur culture ne puisse s’enrichir en convolant en noces heureuses au contact d’autres cultures, y compris celle de l’envahisseur.

Je m’exclame au nom des chômeurs d’un système structurellement injuste et conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis.

Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. Pour ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes les suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil de l’État et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits.

Je parle au nom des mères de nos pays démunis, qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas, préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes dont la coquetterie est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d’une régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le vertige. Ces moyens simples recommandés par l’OMS et l’UNICEF, nous avons décidé de les adopter et de les populariser.

Je parle aussi au nom de l’enfant. L’enfant du pauvre, qui a faim et qui louche furtivement vers l’abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La boutique protégée par une vitre épaisse. La vitre défendue par une grille infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de matraque. Ce policier, placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir parce que représentant toutes les garanties de représentativité et de normes capitalistiques du système.

Je parle au nom des artistes (poètes, peintres, sculpteur, musiciens, acteurs), hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l’alchimie des prestidigitations de show-business.

Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au mensonge pour ne pas subir les dures lois du chômage.

Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l’esclavage modernes.

Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité, mais aussi et surtout des espérances de nos luttes. C’est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec anxiété les horizons d’une science accaparée par les marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à ces trente millions d’hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim.

Militaire, je ne peux oublier ce soldat obéissant aux ordres, le doigt sur la détente, et qui sait que la balle qui va partir ne porte que le message de la mort.

Enfin, je veux m’indigner en pensant aux Palestiniens qu’une humanité inhumaine a choisi de substituer à un autre peuple, hier encore martyrisé. Je pense à ce vaillant peuple palestinien, c’est-à-dire à ces familles atomisées errant de par le monde en quête d’un asile. Courageux, déterminés, stoïques et infatigables, les Palestiniens rappellent à chaque conscience humaine la nécessité et l’obligation morale de respecter les droits d’un peuple: avec leurs frères juifs, ils sont antisionistes.

Aux côtés de mes frères soldats de l’Iran et de l’Irak, qui meurent dans une guerre fratricide et suicidaire, je veux également me sentir proche des camarades du Nicaragua dont les ports sont minés, les villes bombardées et qui, malgré tout, affrontent avec courage et lucidité leur destin. Je souffre avec tous ceux qui, en Amérique latine, souffrent de la mainmise impérialiste.

Je veux être aux côtés des peuples afghan et irlandais, aux côtés des peuples de Grenade et de Timor Oriental, chacun à la recherche d’un bonheur dicté par la dignité et les lois de sa culture.

Je m’élève ici au nom des tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération réellement. Sur cette tribune beaucoup m’ont précédé, d’autres viendront après moi. Mais seuls quelques-uns feront la décision. Pourtant nous sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le portevoix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre. Oui je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte» parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

Notre révolution au Burkina Faso est ouverte aux malheurs de tous les peuples. Elle s’inspire aussi de toutes les expériences des hommes depuis le premier souffle de l’Humanité. Nous voulons être les héritiers de toutes les révolutions du monde, de toutes les luttes de libération des peuples du Tiers Monde. Nous sommes à l’écoute des grands bouleversements qui ont transformé le monde. Nous tirons des leçons de la révolution américaine, les leçons de sa victoire contre la domination coloniale et les conséquences de cette victoire. Nous faisons nôtre l’affirmation de la doctrine de la non-ingérence des Européens dans les affaires américaines et des Américains dans les affaires européennes. Ce que Monroe clamait en 1823, « L’Amérique aux Américains », nous le reprenons en disant « l’Afrique aux Africains», « Le Burkina aux Burkinabè ». La Révolution française de 1789, bouleversant les fondements de l’absolutisme, nous a enseigné les droits de l’homme alliés aux droits des peuples à la liberté. La grande révolution d’octobre 1917 a transformé le monde, permis la victoire du prolétariat, ébranlé les assises du capitalisme et rendu possible les rêves de justice de la Commune française.

Ouverts à tous les vents de la volonté des peuples et de leurs révolutions, nous instruisant aussi de certains terribles échecs qui ont conduits à de tragiques manquements aux droits de l’homme, nous ne voulons conserver de chaque révolution, que le noyau de pureté qui nous interdit de nous inféoder aux réalités des autres, même si par la pensée, nous nous retrouvons dans une communauté d’intérêts.

Monsieur les Président,
Il n’y a plus de duperie possible. Le Nouvel Ordre Économique Mondial pour lequel nous luttons et continuerons à lutter, ne peut se réaliser que:

• si nous parvenons à ruiner l’ancien ordre qui nous ignore;
• si nous imposons la place qui nous revient dans l’organisation politique du monde;
• si, prenant conscience de notre importance dans le monde, nous obtenons un droit de regard et de décision sur les mécanismes qui régissent le commerce, l’économie et la monnaie à l’échelle planétaire.

Le Nouvel Ordre Économique international s’inscrit tout simplement, à côté de tous les autres droits des peuples, droit à l’indépendance, au libre choix des formes et de structures de gouvernement, comme le droit au développement. Et comme tous les droits des peuples, il s’arrache dans la lutte et par la lutte des peuples. Il ne sera jamais le résultat d’un acte de la générosité d’une puissance quelconque.

Je conserve en moi la confiance inébranlable, confiance partagée avec l’immense communauté des pays non-alignés, que sous les coups de boutoir de la détresse hurlante de nos peuples, notre groupe va maintenir sa cohésion, renforcer son pouvoir de négociation collective, se trouver des alliés parmi les nations et commencer, de concert avec ceux qui peuvent encore nous entendrez, l’organisation d’un système de relations économiques internationales véritablement nouveau.

Monsieur le Président,
Si j’ai accepté de me présenter devant cette illustre assemblée pour y prendre la parole, c’est parce que malgré les critiques qui lui sont adressées par certains grands contributeurs, les Nations Unies demeurent la tribune idéale pour nos revendications, le lieu obligé de la légitimité des pays sans voix.

C’est cela qu’exprime avec beaucoup de justesse notre Secrétaire général lorsqu’il écrit:

« L’organisation des Nations Unies est unique en ce qu’elle reflète les aspirations et les frustrations de nombreux pays et gouvernements du monde entier. Un de ses grands mérites est que toutes les Nations, y compris celles qui sont faibles, opprimées ou victimes de l’injustice, (il s’agit de nous), peuvent, même lorsqu’elles sont confrontées aux dures réalités du pouvoir, y trouver une tribune et s’y faire entendre. Une cause juste, même si elle ne rencontre que revers ou indifférence, peut trouver un écho à l’Organisation des Nations Unies; cet attribut de l’Organisation n’est pas toujours prisé, mais il n’en est pas moins essentiel ».

On ne peut mieux définir le sens et la portée de l’Organisation.

Aussi est-il, pour chacun de nous, un impératif catégorique de consolider les assises de notre Organisation, de lui donner les moyens de son action. Nous adoptons en conséquence, les propositions faîtes à cette fin par le Secrétaire Général, poursortir l’Organisation des nombreuses impasses, soigneusement entretenues par le jeu des grandes puissances afin de la discréditer aux yeux de l’opinion publique.

Monsieur le Président,
Reconnaissant les mérites mêmes limités de notre Organisation, je ne peux que me réjouir de la voir compter de nouveaux adhérents. C’est pourquoi la délégation burkinabè salue l’entrée du 159e membre de notre Organisation: l’État du Brunei Darussalam.

C’est la déraison de ceux entre les mains desquelles la direction du monde est tombée par le hasard des choses qui fait l’obligation au Mouvement des pays non alignés, auquel je l’espère, se joindra bientôt l’État du Brunei Darussalam, de considérer comme un des objectifs permanents de sa lutte, le combat pour le désarmement qui est un des aspects essentiels et une condition première de notre droit au développement.

Il faut, à notre avis des études sérieuses prenant en compte tous les éléments qui ont conduit aux calamités qui ont fondu sur le monde. A ce titre, le Président Fidel Castro en 1979, a admirablement exprimé notre point de vue à l’ouverture du sixième sommet des Pays non alignés lorsqu’il déclarait:

« Avec 300 milliards de dollars, on pourrait construire en un an 600 000 écoles pouvant recevoir 400 millions d’enfants; ou 60 millions de logements confortables pour 300 millions de personnes; ou 30 000 hôpitaux équipés de 18 millions de lits; ou 20 000 usines pouvant employer plus de 20 millions de travailleurs ou irriguer 150 millions d’hectares de terre qui, avec les moyens techniques adéquats pourraient alimenter un milliard de personnes… »

En multipliant aujourd’hui ce chiffre par 10, je suis certainement en deçà de la réalité, on réalise ce que l’Humanité gaspille tous les ans dans le domaine militaire, c’est-à-dire contre la paix.

On perçoit aisément pourquoi l’indignation des peuples se transforme rapidement en révolte et en révolution devant les miettes qu’on leur jette sous la forme ignominieuse d’une certaine “aide”, assortie de conditions parfois franchement abjectes. On comprend enfin pourquoi dans le combat pour le développement, nous nous désignons comme des militants inlassables de la paix.

Nous faisons le serment de lutter pour atténuer les tensions, introduire les principes d’une vie civilisée dans les relations internationales et les étendre à toutes les parties du monde. Ce qui revient à dire que nous ne pouvons assister passifs, au trafic des concepts.

Nous réitérons notre résolution d’être des agents actifs de la paix; de tenir notre place dans le combat pour le désarmement; d’agir enfin dans la politique internationale comme le facteur décisif, libéré de toute entrave vis-à-vis de toutes les grandes puissances, quels que soient les projets de ces dernières.

Mais la recherche de la paix va de pair avec l’application ferme du droit des pays à l’indépendance, des peuples à la liberté et des nations à l’existence autonome. Sur ce point, le palmarès le plus pitoyable, le plus lamentable — oui, le plus lamentable — est détenu au Moyen Orient en termes d’arrogance, d’insolence et d’incroyable entêtement par un petit pays, Israël, qui, depuis, plus de vingt ans, avec l’inqualifiable complicité de son puissant protecteur les États-Unis, continue à défier la communauté internationale.

Au mépris d’une histoire qui hier encore, désignait chaque Juif à l’horreur des fours crématoires, Israël en arrive à infliger à d’autres ce qui fut son propre calvaire. En tout état de cause, Israël dont nous aimons le peuple pour son courage et ses sacrifices d’hier, doit savoir que les conditions de sa propre quiétude ne résident pas dans sa puissance militaire financée de l’extérieur. Israël doit commencer à apprendre à devenir une nation comme les autres, parmi les autres.

Pour l’heure, nous tenons à affirmer du haut de cette tribune, notre solidarité militante et agissante à l’endroit des combattants, femmes et hommes, de ce peuple merveilleux de la Palestine parce que nous savons qu’il n’y a pas de souffrance sans fin.

Monsieur, le Président,
Analysant la situation qui prévaut en Afrique sur les plans économique et politique, nous ne pouvons pas ne pas souligner les graves préoccupations qui sont les nôtres, face aux dangereux défis lancés aux droits des peuples par certaines nations qui, sûres de leurs alliances, bafouent ouvertement la morale internationale.

Certes, nous avons le droit de nous réjouir de la décision de retrait des troupes étrangères au Tchad, afin que les Tchadiens entre eux, sans intermédiaire, cherchent les moyens de mettre fin à cette guerre fratricide, et donner enfin à ce peuple qui n’en finit pas de pleurer depuis de nombreux hivernages, les moyens de sécher ses larmes. Mais, malgré les progrès enregistrés çà et là par les peuples africains dans leur lutte pour l’émancipation économique, notre continent continue de refléter la réalité essentielle des contradictions entre les grandes puissances, de charrier les insupportables apories du monde contemporain.

C’est pourquoi nous tenons pour inadmissible et condamnons sans recours, le sort fait au peuple du Sahara Occidental par le Royaume du Maroc qui se livre à des méthodes dilatoires pour retarder l’échéance qui, de toute façon, lui sera imposée par la volonté du peuple sahraoui. Pour avoir visité personnellement les régions libérées par le peuple sahraoui, j’ai acquis la confirmation que plus rien désormais ne saurait entraver sa marche vers la libération totale de son pays, sous la conduite et éclairée du Front Polisario.

Monsieur le Président,
Je ne voudrais pas trop m’étendre sur la question de Mayotte et des îles de l’Archipel malgache. Lorsque les choses sont claires, lorsque les principes sont évidents, point n’est besoin d’élaborer. Mayotte appartient aux Comores. Les îles de l’archipel sont malgaches.

En Amérique Latine, nous saluons l’initiative du Groupe de Contadora, qui constitue une étape positive dans la recherche d’une solution juste à la situation explosive qui y prévaut. Le commandant Daniel Ortega, au nom du peuple révolutionnaire du Nicaragua a fait ici des propositions concrètes et posé des questions de fond à qui de droit. Nous attendons de voir la paix s’installer dans son pays et en Amérique Centrale, le 15 octobre prochain et après le 15 octobre et nous prenons à témoin l’opinion publique mondiale.

De même que nous avons condamné l’agression étrangère de l’île de Grenade, de même nous fustigeons toutes les interventions étrangères. C’est ainsi que nous ne pouvons pas nous taire face à l’intervention militaire en Afghanistan.

Il est cependant un point, mais dont la gravité exige de chacun de nous une explication franche et décisive. Cette question, vous vous en doutez, ne peut qu’être celle de l’Afrique du Sud. L’incroyable insolence de ce pays à l’égard de toutes les nations du monde, même vis-à-vis de celles qui soutiennent le terrorisme qu’il érige en système pour liquider physiquement la majorité noire de ce pays, le mépris qu’il adopte à l’égard de toutes nos résolutions, constituent l’une des préoccupations les plus oppressantes du monde contemporain.

Mais le plus tragique, n’est pas que l’Afrique du Sud se soit elle-même mise au ban de la communauté internationale à cause de l’abjection des lois de l’apartheid, encore moins qu’elle continue de maintenir illégalement la Namibie sous la botte colonialiste et raciste, ou de soumettre impunément ses voisins aux lois du banditisme. Non, le plus abject, le plus humiliant pour la conscience humaine, c’est qu’elle soit parvenue à “banaliser” le malheur de millions d’êtres humains qui n’ont pour se défendre que leur poitrine et l’héroïsme de leurs mains nues. Sûre de la complicité des grandes puissances et de l’engagement actif de certaines d’entre elles à ses côtés, ainsi que de la criminelle collaboration de quelques tristes dirigeants de pays africains, la minorité blanche ne se gêne pas pour ridiculiser les états d’âme de tous les peuples, qui, partout à travers le monde, trouvent intolérable la sauvagerie des méthodes en usage dans ce pays.

Il fut un temps où les brigades internationales se constituaient pour aller défendre l’honneur des nations agressées dans leur dignité. Aujourd’hui, malgré la purulence des plaies que nous portons tous à nos flancs, nous allons voter des résolutions dont les seules vertus, nous dira-t-on, seraient de conduire à résipiscence une Nation de corsaires qui “détruit le sourire comme la grêle tue la fleurs”.

Monsieur le Président,
Nous allons bientôt fêter le cent cinquantième anniversaire de l’émancipation des esclaves de l’Empire britannique. Ma délégation souscrit à la proposition des pays d’Antigua et de la Barbade de commémorer avec éclat cet événement qui revêt, pour les pays africains et le monde noir, une signification d’une très grande importance. Pour nous, tout ce qui pourra être fait, dit ou organisé à travers le monde au cours des cérémonies commémoratives devra mettre l’accent sur le terrible écot payé par l’Afrique et le monde noir, au développement de la civilisation humaine. Écot payé sans retour et qui explique, sans aucun doute, les raisons de la tragédie d’aujourd’hui sur notre continent.

C’est notre sang qui a nourri l’essor du capitalisme, rendu possible notre dépendance présente et consolidé notre sous-développement. On ne peut plus escamoter la vérité, trafiquer les chiffres. Pour chaque Nègre parvenu dans les plantations, cinq au moins connurent la mort ou la mutilation. Et j’omets à dessein, la désorganisation du continent et les séquelles qui s’en sont suivies.

Monsieur le Président,
Si la terre entière, grâce à vous, avec l’aide du Secrétaire Général, parvient à l’occasion de cet anniversaire à se convaincre de cette vérité-là, elle comprendra pourquoi, avec toute la tension de notre être, nous voulons la paix entre les nations, pourquoi nous exigeons et réclamons notre droit au développement dans l’égalité absolue, par une organisation et une répartition des ressources humaines.

C’est parce que de toutes les races humaines, nous appartenons à celles qui ont le plus souffert, que nous nous sommes jurés, nous burkinabè, de ne plus jamais accepter sur la moindre parcelle de cette terre, le moindre déni de justice. C’est le souvenir de la souffrance qui nous place aux côtés de l’OLP contre les bandes armées d’Israël. C’est le souvenir de cette souffrance qui, d’une part, nous fait soutenir l’ANC et la SWAPO, et d’autre part, nous rend intolérable la présence en Afrique du Sud des hommes qui se disent blancs et qui brûlent le monde à ce titre. C’est enfin ce même souvenir qui nous fait placer l’Organisation des Nations Unies toute notre foi dans un devoir commun, dans une tâche commune pour un espoir commun.

Nous réclamons:

• Que s’intensifie à travers le monde la campagne pour la libération de Nelson Mandela et sa présence effective à la prochaine Assemblée générale de l’ONU comme une victoire de fierté collective.
• Que soit créé en souvenir de nos souffrances et au titre de pardon collectif un Prix international de l’Humanité réconciliée, décerné à tous ceux qui par leur recherche auraient contribué à la défense des droits de l’homme.
• Que tous les budgets de recherches spatiales soient amputés de 1/10000e et consacrés à des recherches dans le domaine de la santé et visant à la reconstitution de l’environnement humain perturbé par tous ces feux d’artifices nuisibles à l’écosystème.

Nous proposons également que les structures des Nations Unies soient repensées et que soit mis fin à ce scandale que constitue le droit de veto. Bien sûr, les effets pervers de son usage abusif sont atténués par la vigilance de certains de ses détenteurs. Cependant, rien ne justifie ce droit: ni la taille des pays qui le détiennent ni les richesses de ces derniers.

Si l’argument développé pour justifier une telle iniquité est le prix payé au cours de la guerre mondiale, que ces nations, qui se sont arrogé ces droits, sachent que nous aussi nous avons chacun un oncle ou un père qui, à l’instar de milliers d’autres innocents arrachés au Tiers Monde pour défendre les droits bafoués par les hordes hitlériennes, porte-lui aussi dans sa chair les meurtrissures des balles nazies. Que cesse donc l’arrogance des grands qui ne perdent aucune occasion pour remettre en cause le droit des peuples. L’absence de l’Afrique du Club de ceux qui détiennent le droit de veto est une injustice qui doit cesser.

Enfin ma délégation n’aurait pas accompli tous ses devoirs si elle n’exigeait pas la suspension d’Israël et le dégagement pur et simple de l’Afrique du Sud de notre organisation. Lorsque, à la faveur du temps, ces pays auront opéré la mutation qui les introduira dans la Communauté internationale, chacun de nous nous, et mon pays en tête, devra les accueillir avec bonté, guider leur premier pas.

Nous tenons à réaffirmer notre confiance en l’Organisation des Nations Unies. Nous lui sommes redevables du travail fourni par ses agences au Burkina Faso et de la présence de ces dernières à nos côtés dans les durs moments que nous traversons.

Nous sommes reconnaissants aux membres du Conseil de Sécurité de nous avoir permis de présider deux fois cette année les travaux du Conseil. Souhaitons seulement voir le Conseil admettre et appliquer le principe de la lutte contre l’extermination de 30 millions d’êtres humains chaque année, par l’arme de la faim qui, de nos jours, fait plus de ravages que l’arme nucléaire.

Cette confiance et cette foi en l’Organisation me fait obligation de remercier le Secrétaire général, M. Xavier Pérez de Cuellar, de la visite tant appréciée qu’il nous a faite pour constater, sur le terrain, les dures réalités de notre existence et se donner une image fidèle de l’aridité du Sahel et la tragédie du désert conquérant.

Je ne saurai terminer sans rendre hommage aux éminentes qualités de notre Président (Paul Lusaka de Zambie) qui saura, avec la clairvoyance que nous lui connaissons, diriger les travaux de cette Trente-neuvième session.

Monsieur le Président,
J’ai parcouru des milliers de kilomètres. Je suis venu pour demander à chacun de vous que nous puissions mettre ensemble nos efforts pour que cesse la morgue des gens qui n’ont pas raison, pour que s’efface le triste spectacle des enfants mourant de faim, pour que disparaisse l’ignorance, pour que triomphe la rébellion légitime des peuples, pour que se taise le bruit des armes et qu’enfin, avec une seule et même volonté, luttant pour la survie de l’Humanité, nous parvenions à chanter en chœur avec le grand poète Novalis:

“Bientôt les astres reviendront visiter la terre d’où ils se sont éloignés pendant nos temps obscurs; le soleil déposera son spectre sévère, redeviendra étoile parmi les étoiles, toutes les races du monde se rassembleront à nouveau, après une longue séparation, les vieilles familles orphelines se retrouveront et chaque jour verra de nouvelles retrouvailles, de nouveaux embrassement; alors les habitants du temps jadis reviendront vers la terre, en chaque tombe se réveillera la cendre éteinte, partout brûleront à nouveau les flammes de la vie, le vieilles demeures seront rebâties, les temps anciens se renouvelleront et l’histoire sera le rêve d’un présent à l’étendue infinie”.

La Patrie ou la mort, nous vaincrons!
Je vous remercie.

Le petit prophète du Sud ferma la brochure. Son corps était dans un état d’intense exaltation. Son cœur battait pour le Peuple. Il remercia le ciel de lui avoir permis ce rappel de l’histoire. Il ferma les yeux et s’endormi vers la cité céleste où tout de la théocratie et l’encadrement des Élus dans la dimension spirituelle se décidait. La lutte pour le Peuple se poursuivait par l’économie dans le sillage de la lutte politique qui l’avait précédée.

« Tuer le prophète n’empêche pas la prophétie de se réaliser. »

The blood of the Warrior

“I’m gonna fight for the prestige, not for me. But to uplift my little brothers who are sleeping on concrete floors today in America, black people who are living on welfare, black people who can’t eat, black people who don’t know no knowledge of themselves, black people who don’t have no future. I want to win my title and walk down the allies, set on the garbage can with the wineheads. I wanna walk down the street with the dope addicts, talk to the prostitutes. So, I can help a lot of people.”
Mohamed Ali, When we were king 1996.

30 octobre 1974, Kinshasa, Zaïre.
L’enfant va naître. Djenga a perdu les eaux. On fait venir Maman Dominique, la tradithérapeute qui fait office de sagefemme. Le père est absent. Il avait prévu voir le match du siècle avec ses amis. On envoie Jean-Paul le cadet le chercher.

Cette nuit-là, le combat qui se mène est à plusieurs dimensions. Deux boxeurs américains sont venus s’affronter au stade devant son excellence le président le Maréchal Mobutu Sese Seko.

Loin des corps et des destinées, deux entités spirituelles s’affrontent aussi pour la naissance du bébé. Un élu promis à tout un peuple. Toute une chaine d’hommes et de femme affairés dans leurs tâches quotidiennes participent sans le savoir à faire pencher la balance d’un côté ou d’un autre du monde.

Ce soir-là, le sang du Guerrier de la Lumière affronte celui des ténèbres pour posséder l’enfant.

Jean-Paul accélère sur sa bicyclette. La lagune n’est pas loin. Les dieux doivent être avec lui. Son père apparait bientôt, un verre de bière à la main, entouré de ses amis de l’usine et de certains du quartier.

« Papa! Papa! Maman accouche». Le son de la télé couvre la voix de Jean-Paul. Celui-ci tire son père par le bras.
« Maman accouche! Viens vite! »

Contremaitre dans une usine de raffinage de pétrole, Yaya Marcel, comme on l’appelle au quartier, travaille fort pour subvenir au besoin de sa famille. Il économise aussi pour construire une maison familiale dans son village.

La clameur générale a envahi le quartier: « Ali bomaye! Ali bomaye! Ali Bomaye! »

Lorsqu’il sort du bar affolé par la nouvelle d’une naissance pour laquelle des léopards lui étaient apparus en rêve, un peu éméché, il manque de renverser son propre fils en démarrant son auto. Une vieille Peugeot 304 qu’il entretenait soigneusement et qui avait été de toutes les guerres.

Yaya Marcel se souvient de la formule que son ami Moussa lui avait apprise: « Je demande protection auprès de Dieu contre Satan le lapidé». Il accélère dans la moiteur de la nuit. La fenêtre ouverte, un vent frais lui fait échapper quelques rots. Il dessaoule à mesure qu’il passe devant les maisons.

C’est la 7e reprise du match. Au loin la clameur accompagne l’écho des pas dans la nuit. « Ali bomaye ! Ali bomaye! Ali Bomaye! » Une prière adressée aux dieux de la lagune? « Ali bomaye! Ali bomaye! Ali Bomaye! » Le peuple prie et montre sa ferveur pour un combat qui arrête l’histoire.

Yaya Marcel arrive à la maison.

Sa femme est méconnaissable dans les douleurs de l’accouchement. Elle semble porter un masque. Maman Monique lui reproche de n’avoir pas assez mangé de sauce gombo comme elle le lui avait conseillé.

Le 8e round du match commence. L’air s’alourdit. Un hibou passe au-dessus de la maison.

Jean-Paul arrive enfin, essoufflé, et dépose son vélo dans la cour. Yaya Marcel observe l’atmosphère et reçoit le déclic. Il saisit son chapelet et offre une libation aux ancêtres et aux dieux protégeant la famille.

Il ouvre son livret d’invocation à Saint Michel Archange. Il transpire.

« Ali bomaye ! Ali bomaye ! Ali Bomaye ! ». Un taxi klaxonne dans la rue. Un autre hibou affolé passe au-dessus de la maison. Puis, c’est un cri de joie qui saisit la capitale.

George Foreman s’est effondré.

Motivé par la victoire. Yaya Marcel appelle tous ses enfants autour de lui. Il entreprend de réciter la litanie des Saints et demande la protection.

Djenga pousse. Elle pousse. Pousse. Pousse encore. Elle crie.

L’enfant sort au moment où elle s’évanouit. C’était de justesse.
C’est une fille!
Dehors, la bière coule à flots.

Yaya Marcel commande une tournée pour le voisinage et se tient prêt de sa femme.

La famille s’est agrandie. La famille spirituelle aussi. Au ciel on fête cette victoire. Yaya Marcel présente sa fille à la lune et remercie Dieu.

Elle s’appellera Essili.

La lumière revient à nouveau dans les cœurs et les yeux des membres de la lignée.

« Les combats invisibles aux yeux des humains sont le fait de fidèles serviteurs qui s’unissent dans leurs prières. Et qu’est-ce que prier si ce n’est œuvrer dans ce pour quoi on est venu sur terre? »
CRÉPUSCULE
La Richesse simple

Le Cheikh avait entendu parler du petit prophète du Sud, bien qu’il le considère plus comme un élu fruit archétype de prophète antérieur envoyé pour une mission bien précise à ce moment de l’histoire de l’humanité. Le Sceau des prophètes était déjà apparu, mais la révélation vivante se poursuivait à travers des élus comme lui. Ils partageaient tous deux les mêmes rêves pour le continent. Le Cheikh, accompagné de quelques fidèles disciples de la Tariqa, s’assit dans un coin de la salle de conférence. Le petit prophète du Sud ne tarda pas à faire son entrée. Il semblait très simple et authentique. Après que les applaudissements se furent tus et les salutations d’usage, il entama son propos dans une conférence qui avait fait son chemin jusqu’à ce pays émergent:

« Sous l’égide des Nations unies, plusieurs dirigeants se sont engagés, il y a peu, à éradiquer la pauvreté en moins de deux décennies. Un objectif ambitieux qui s’attaquait à un phénomène très ancien dans l’histoire du monde qui, disons-le, a vu le jour dès la naissance de la première richesse non partagée, mais qui depuis a pris des proportions désastreuses dans l’écart entre riches et pauvres et le niveau de vie de ces derniers. La course à la richesse a depuis laissé la Terre dans un bien piètre état. Plusieurs Cris se lèvent contre cette réalité. Notre message tend plus vers un relèvement des minimas sociaux globaux, ce que nous appelons le « saut quantique» en matière de revenu.

Le monde est un écosystème économique où pauvres et riches doivent se côtoyer pour équilibrer les flux de biens dès que la notion de propriété est érigée en loi. Comme tout écosystème, une régulation naturelle se doit de se faire jour quand un membre du bassin économique croît de façon démesurée ou que sa voracité menace les autres membres. La régulation que nous appelons de nos vœux est un meilleur partage de cette propriété de biens qui serait fonction de la contribution des individus à leur production. Un meilleur partage des richesses produites dans un effort commun.

Loin des débats idéologiques et dogmatiques, ceci est une question pratique et pragmatique dont le développement durable des formes d’économie à travers le monde dépend. Le paradoxe de cette situation est que le rôle conventionnel des rapports de forces entre riches et pauvres peut trouver une autre logique par la mise en contact de diverses civilisations et formes de commerces de par la libéralisation des échanges mondiaux.

Un passage du texte des béatitudes extrait des Évangiles rapporte: « Heureux les pauvres de cœur: le Royaume des cieux est à eux.» Mt 5.3 et un passage du Saint Coran rapporte: « Vous n’aurez jamais la charité à moins de faire largesse sur ce que vous chérissez. Tout ce dont vous faites largesses, oui, Dieu le sait. » S:3 V.92. La pauvreté dans son aspect d’humilité et de charité trouve son socle dans le domaine économique. Notre point n’est pas d’entamer une exégèse des textes saints. Voici plutôt le point de paradoxe dont il est question: « pauvreté est une richesse dans une économie mondialisée. »

Par le passé nous avons déjà écrit que la richesse était un outil d’affirmation. Nous ne nous contredisons pas en disant à présent que la pauvreté est une richesse économique. Pour comprendre le paradoxe, il faut élargir le cadre de compréhension pour intégrer les deux idées opposées en apparence. Nous rappelons que nous privilégions l’aspect Croyant de l’acteur économique.

Le premier axe que nous défendons est que la richesse doit pouvoir permettre à l’individu, l’acteur économique ou l’état d’acquérir sa souveraineté puis de l’affirmer pour se mettre à l’abri de tout esclavage empêchant son développement personnel selon ses propres convictions. Ainsi l’individu peut se libérer du cycle de dettes et de précarité, l’acteur économique d’un marasme économique et d’une inefficacité concurrentielle et l’état d’une dépendance à une aide conditionnée et une mise sous tutelle partielle ou totale. Cette phase assurée, il convient de bâtir la richesse adaptée à son type de fonctionnement, ce que nous appelons la richesse simple. Inspirée originellement de la voie du milieu du bouddhisme et de l’Islam, nous allons beaucoup plus loin avec l’intention lean car le but n’est pas seulement de tenir un milieu idéologique entre pauvreté et richesse, mais de se débarrasser de tous ses gras de pensée qui mènent à des choix non éclairés en matière de consommation, objectifs économiques, politique de produit etc. Il ne faut pas avoir peur d’afficher une pauvreté apparente tant qu’elle satisfait celui qui l’arbore, et lui permet de ne pas surutiliser les ressources disponibles au sein de la communauté et donc de l’écosystème. L’horizon est libre en matière d’intention lean pour arriver à la richesse simple. Des exemples récents montrent plusieurs initiatives encourageantes de consommation équilibrée: super marché offrant des produits sans marques ou de premier prix, réservés à une clientèle modeste dans les pays industrialisés, qui correspondent à l’usage des classes moyennes des pays en cours d’émergence; banques pour les pauvres; produits en provenance des « Sud», qui trouvent un accueil pour les couches aisées des pays industrialisés s’engageant sur la voie du commerce équitable et du développement durable, et qui font de leur achat un vote dans les choix de consommation.

Enfin, si on surmonte la barrière de gêne à s’affirmer comme pauvre, non industrialisé mais émergent, plusieurs opportunités peuvent être saisies par une offre pertinente et adéquate venant combler les besoins des économies riches. Le cas des délocalisations pour bas coût de mains-d’œuvre, le recyclage de produits issus des zones de surconsommation, la mise à disposition de terres arables etc. le montrent assez. Dans les derniers cas cités cela doit s’accompagner d’une « vision locale » des droits internationaux à la dignité humaine et vice versa. Des abus sont légions quand l’entité n’est pas passée par la phase d’affirmation, de souveraineté et d’endossement libre de son état de pauvreté pour mettre à disposition ses ressources de façon équilibrée à état nantis. La richesse peut être poursuivie dans certains domaines spécialisés ou non, pendant que d’autres peuvent être laissés à leur état simple. Ainsi, un état peut avoir une compagnie nationale aérienne sur un modèle lowcost, choisir l’autosuffisance alimentaire malgré des terres abondantes et une faible spécialisation à l’exportation, pendant que ces revenus miniers sont les meilleurs de la région et qu’elle en tire d’importants revenus. Ici, tout est une question d’intérêts et de choix d’investissement des ressources basés sur le besoin réel. Cela est applicable à l’individu ou encore à l’acteur économique.

L’intention lean découle du besoin réel et mène à l’attitude économique simple (7 principes du mouvement social, responsable et d’une Conscience nouvelle: richesse simple, regroupement simple, nécessité simple, partenariat simple, émancipation simple, gouvernance simple, héritage simple). L’intention lean ouvre la voie à une forme de pensée qui se doit d’être d’un grand pragmatisme et visant une réalisation et un accomplissement dans le présent. Un écosystème non basé seulement sur les prévisions, mais sur sa capacité à absorber et réguler les variations intervenant dans sa vie. »

« Le fil de la richesse n’a pas à craindre le trou de l’aiguille. Il est l’outil nécessaire à la broderie de la peau de Chameau dont se revêt le Pauvre dans son Paradis. »

GUEZO (1818-1858) monte sur le trône d’Abomey, il défait tous ses ennemis et en particulier les Yorouba (de l’Est). Il est représenté par un buffle.

« Gué dé zo ma i gbé» « Agbodoglo non zrè to »

Mandez la

Mandez la!
Mandez la!
Mandez la!
Cette Liberté
Cette nouvelle Affirmation
Cette fierté dans l’expression
Mandez la!
Elle est là!

Spora prenait conscience du mouvement en marche. Dieu n’avait jamais abandonné son Peuple. Malgré les assassinats d’Élu, les tentatives de maquillage de fait historiques, l’Armée avançait contre L’ordre impérial mondial qui se refusait toujours à partager les richesses et à exploiter sans vergognes. Spora entrevoyait que lancer une simple entreprise économique dépassait à présent le simple cadre de l’autosatisfaction professionnelle et alimentaire. C’était un outil de combat à part entière dans cette lutte engagée. Il était fier. Ils vivaient des moments importants. Il le savait à présent. Il sortit son téléphone et appela Koua toujours prêt à écouter ses envolées d’enthousiasme. « Il faut que je te fasse découvrir un discours si tu ne l’as pas encore lu. Je pense que nous ne prenons pas assez le temps de lire les mots importants que ceux qui se battent pour nous écrivent. Cela fait dire à certains que nous ne sommes pas assez rentrés dans l’histoire pourtant nos hommes élus étaient là. On ne faisait pas assez la promotion de notre héritage d’héros de nos causes de libération nous contentons de lire l’histoire écrite par ceux qui souhaite notre ignorance de leur apport dans notre chemin hors de l’oppression. Les mots de ces héros ont marqué l’histoire et demeurent mais nous sommes rendus de craintifs des charges du quotidien par les informations manipulées générant peur et stress et que nous recevons par la plupart des media nous empêche de prendre du recul, de la hauteur et de voir qu’il se construit une arche pour ceux qui seront sauvé par cette armée d’élus qui se relayent pour lutter contre l’ordre mondial impérial » Koua savait son ami et frère dans une phase de maturation essentielle pour faire les bons choix dans la vie et savoir que chacun prenait une charge d’un combat pour soi et pour le Peuple. Sinon que transmettre aux générations suivantes?

Spora ouvrit le lien qu’il avait reçu et lu lentement les mots dans une langue qui était à présent associée à la sienne d’une façon automatique vu son niveau d’éducation et l’ouverture du monde par l’échange d’information.

Nelson Mandela’s adress to rally in Cape Town on his release from prison, 11 February 1990

Friends, comrades and fellow South Africans.

I greet you all in the name of peace, democracy and freedom for all.

I stand here before you not as a prophet but as a humble servant of you, the people. Your tireless and heroic sacrifices have made it possible for me to be here today. I therefore place the remaining years of my life in your hands.

On this day of my release, I extend my sincere and warmest gratitude to the millions of my compatriots and those in every corner of the globe who have campaigned tirelessly for my release.

I send special greetings to the people of Cape Town, this city which has been my home for three decades. Your mass marches and other forms of struggle have served as a constant source of strength to all political prisoners.

I salute the African National Congress. It has fulfilled our every expectation in its role as leader of the great march to freedom.

I salute our President, Comrade Oliver Tambo, for leading the ANC even under the most difficult circumstances.

I salute the rank and file members of the ANC. You have sacrificed life and limb in the pursuit of the noble
cause of our struggle.

I salute combatants of Umkhonto we Sizwe, like Solomon Mahlangu and Ashley Kriel who have paid the ultimate price for the freedom of all South Africans.

I salute the South African Communist Party for its sterling contribution to the struggle for democracy. You have survived 40 years of unrelenting persecution. The memory of great communists like Moses Kotane, Yusuf Dadoo, Bram Fischer and Moses Mabhida will be cherished for generations to come.

I salute General Secretary Joe Slovo, one of our finest patriots. We are heartenedby the fact that the alliance between ourselves and the Party remains as strong as it always was.

I salute the United Democratic Front, the National Education Crisis Committee, the South African Youth Congress, the Transvaal and Natal Indian Congresses and COSATU and the many other formations of the Mass Democratic Movement.

I also salute the Black Sash and the National Union of South African Students. We note with pride that you have acted as the conscience of white South Africa. Even during the darkest days in the history of our struggle you held the flag of liberty high. The large-scale mass mobilisation of the past few years is one of the key factors which led to the opening of the final chapter of our struggle.

I extend my greetings to the working class of our country. Your organised strength is the pride of our movement. You remain the most dependable force in the struggle to end exploitation and oppression.

I pay tribute to the many religious communities who carried the campaign for justice forward when the organisations for our people were silenced.

I greet the traditional leaders of our country — many of you continue to walk in the footsteps of great heroes like Hintsa and Sekhukune.

I pay tribute to the endless heroism of youth, you, the young lions. You, the young lions, have energised our entire struggle.

I pay tribute to the mothers and wives and sisters of our nation. You are the rock-hard foundation of our struggle. Apartheid has inflicted more pain on you than on anyone else.

On this occasion, we thank the world community for their great contribution to the anti-apartheid struggle. Without your support our struggle would not have reached this advanced stage. The sacrifice of the frontline states will be remembered by South Africans forever.

My salutations would be incomplete without expressing my deep appreciation for the strength given to me during my long and lonely years in prison by my beloved wife and family. I am convinced that your pain and suffering was far greater than my own.

Before I go any further I wish to make the point that I intend making only a few preliminary comments at this stage. I will make a more complete statement only after I have had the opportunity to consult with my comrades.

Today the majority of South Africans, black and white, recognise that apartheid has no future. It has to be ended by our own decisive mass action in order to build peace and security. The mass campaign of defiance and other actions of our organisation and people can only culminate in the establishment of democracy. The destruction caused by apartheid on our sub-continent is in- calculable. The fabric of family life of millions of my people has been shattered. Millions are homeless and unemployed. Our economy lies in ruins and our people are embroiled in political strife. Our resort to the armed struggle in 1960 with the formation of the military wing of the ANC, Umkhonto we Sizwe, was a purely defensive action against the violence of apartheid. The factors which necessitated the armed struggle still exist today. We have no option but to continue. We express the hope that a climate conducive to a negotiated settlement will be created soon so that there may no longer be the need for the armed struggle.

I am a loyal and disciplined member of the African National Congress. I am therefore in full agreement with all of its objectives, strategies and tactics.

The need to unite the people of our country is as important a task now as it always has been. No individual leader is able to take on this enormous task on his own. It is our task as leaders to place our views before our organization and to allow the democratic structures to decide. On the question of democratic practice, I feel duty bound to make the pointthat a leader of the movement is a person who has been democratically elected at a national conference. This is a principle which must be upheld without any exceptions.

Today, I wish to report to you that my talks with the government have been aimed at normalizing the political situation in the country. We have not as yet begun discussing the basic demands of the struggle. I wish to stress that I myself have at no time entered into negotiations about the future of our country except to insist on a meeting between the ANC and the government.

Mr. De Klerk has gone further than any other Nationalist president in taking real steps to normalize the situation. However, there are further steps as outlined in the Harare Declaration that have to be met before negotiations on the basic demands of our people can begin. I reiterate our call for, inter alia, the immediate ending of the State of Emergency and the freeing of all, and not only some, political prisoners. Only such a normalized situation, which allows for free political activity, can allow us to consult our people in order to obtain a mandate.

The people need to be consulted on who will negotiate and on the content of such negotiations. Negotiations cannot take place above the heads or behind the backs of our people. It is our belief that the future of our country can only be determined by a body which is democratically elected on a non-racial basis. Negotiations on the dismantling of apartheid will have to address the over-whelming demand of our people for a democratic, non-racial and unitary South Africa. There must be an end to white monopoly on political power and a fundamental restructuring of our political and economic systems to ensure that the inequalities of apartheid are addressed and our society thoroughly democratized.

It must be added that Mr. De Klerk himself is a man of integrity who is acutely aware of the dangers of a public figure not honoring his undertakings. But as an organization we base our policy and strategy on the harsh reality we are faced with. And this reality is that we are still suffering under the policy of the Nationalist government.

Our struggle has reached a decisive moment. We call on our people to seize this moment so that the process towards democracy is rapid and uninterrupted. We have waited too long for our freedom. We can no longer wait. Now is the time to intensify the struggle on all fronts. To relax our efforts now would be a mistake which generations to come will not be able to forgive. The sight of freedom looming on the horizon should encourage us to redouble our efforts.

It is only through disciplined mass action that our victory can be assured. We call on our white compatriots to join us in the shaping of a new South Africa. The freedom movement is a political home for you too. We call on the international community to continue the campaign to isolate the apartheid regime. To lift sanctions now would be to run the risk of aborting the process towards the complete eradication of apartheid.

Our march to freedom is irreversible. We must not allow fear to stand in our way. Universal suffrage on a common voters’ role in a united democratic and non-racial South Africa is the only way to peace and racial harmony.

In conclusion I wish to quote my own words during my trial in 1964. They are true today as they were then:

“I have fought against white domination and I have fought against black domination. I have cherished the ideal of a democratic and free society in which all persons live together in harmony and with equal opportunities. It is an ideal which I hope to live for and to achieve. But if needs be, it is an ideal for which I am prepared to die.”

« Ouvre ton cœur à l’appel du réveil. Un combat généralisé à tous les niveaux de la société, du pays, du continent. Chacun selon son pouvoir, son don, sa capacité. Jusqu’à la victoire ou le paradis par la mort dans la cause de Dieu. »

e-spirit

L’Illumination et la foi naturelle du Peuple de Croyants se faisait par abandon à la Providence. Une attitude de soumission à la volonté divine et de proximité dans les cultes et les mœurs faisait du Peuple les derniers représentants de la Tradition qui s’était transmise par la Parole. Après la force vitale, l’Énergie, la Conscience, les Livres et la Parole avaient pris la suite, accomplissant ce qui avait précédé et amorçant les virages nécessaires allant avec l’évolution de l’humanité.

Anubis était un transfuge des technologies de l’information. Il voulait mettre en communication les humains par un système de liaison électronique utilisant des puces miniatures liées au cerveau. Il voulait créer un réseau social virtuel recourant à la vie réelle des membres de ces communautés et les maintenant en connexion permanente. L’idée suivie était de lutter contre l’isolement et de favoriser la vie de groupe, mais surtout d’exploiter une innovation technologique visant à implanter un système de liaison dans l’humain.

La propagande continuait et l’effet boule de neige se produisait à mesure que les campagnes marketing faisaient leur effet. Anubis en grand maître de sa science diffusait ses capsules d’incitation et tenait ses conférences.

La technologie était au point. Aucun rejet du corps ni bogue des logiciels. On avait atteint un sommet dans la maîtrise de la physique et des sciences. Pourtant un îlot de résistance s’était créé: des hommes d’une autre génération peu férus de technologie à forte dose et qui se contentaient d’en garder les aspects utiles dans la vie quotidienne. Ils se maintenaient dans la lignée des lois naturelles et cosmiques et s’adaptaient, en le suivant, au monde changeant sans y apporter d’innovations irrespectueuses des Traditions établies. C’était les derniers Croyants qui s’étaient retirés de la frénésie technologique ambiante où le Marketing croisait le fer avec l’enseignement des guides spirituels.

Anubis tenait à voir sa technologie implantée dans cette population d’arrière-garde, qui baissait l’établissement d’une part de marché confortable. Il convoqua le leader spirituel et charismatique des Croyants qui était reconnu pour sa spiritualité au-delà des clivages religieux. Ils se rencontrèrent dans les somptueux bureaux de la firme.

« Vous refusez le progrès pour des craintes puériles. L’homme évolue et doit s’adapter à la vie sur Terre. Toutes les découvertes qui ont marqué l’histoire ont facilité la vie de l’humain. La mienne peut sauver des vies » amorça Anubis.

« Dieu nous guide dans chacune de nos actions. C’est lui qui a créé cette Terre pour nous. Nous n’avons pas à nous inquiéter de trouver les ressources pour y vivre. Il pourvoit à nos besoins. S’il y avait moins de transgressions, la vie y serait plus simple. Mais nous nous adaptons à l’activité du monde toute en gardant les lois divines et naturelles» Le leader religieux était calme et posé dans son discours.

« Pouvez-vous imaginer des hommes interreliés et communiquant entre eux par leurs cerveaux?

—Nous connaissons ce type de manifestation chez les spirituels et les mystiques aussi. Certains ont le don de télépathie, d’autres marchent sur l’eau ou guérissent des maladies. Dieu offre à chacun selon sa capacité, mais la plupart des hommes délaissent les initiations traditionnelles et mystiques pour mettre leurs espoirs dans la science et la technologie, y voyant là leur Salut.

—Je rends possible au profane la possibilité d’avoir le don de communiquer par la pensée.

—Ce qui n’est pas prévu dans les livres d’existence comme convenable ne doit pas être promu comme outil au risque de créer le désordre, et Dieu n’aime pas le désordre.

—Je vous mets au défi de mettre vos soi-disant mystiques au fait d’une action coordonnée de groupe. Tandis que moi je peux diriger un évènement en connectant en réseau des hommes et des femmes pour accomplir une mission, ou sauver leur vie d’une catastrophe.

—Nous nous remettons à la volonté divine pour ce qui est de notre dernière heure et nous ne forçons rien de nos destinées. »

La première explosion accompagna ces derniers mots.

« Que se passe-t-il? » demanda Anubis.

« Une attaque terroriste, répondit le Leader.

—Comment le savez-vous?

—Ma hiérarchie spirituelle vient de m’en informer.

—N’importe quoi. Encore une de vos blagues. Pourquoi personne ne poste de messages sur e-spirit?

—Ils ont verrouillé les communications en piratant votre serveur.

—Mais pourquoi vous le savez et moi pas.

—Parce que Dieu veut me sauver.»

Une autre explosion se fit entendre, suivie de tirs de mitraillette. On frappa à la porte.

« Je dois y aller, dit le Leader.

—Comment allez-vous faire? Il n’y a qu’une seule issue!

—J’ai reçu le don de me téléporter. Je vous souhaite beaucoup de courage dans ce qu’il va vous arriver.

—Que va-t-il m’arriver?

—Je ne vois pas l’avenir, mais on m’a annoncé une sentence à votre égard»

Le Leader disparut aux yeux d’Anubis.

La porte fut éventrée et les rebelles se saisirent d’Anubis. Ils l’enlevaient pour faire entendre la cause d’un peuple pauvre qui avait perdu ses droits fonciers pour le profit d’une multinationale alliée au projet e-spirit.

Ils le garderaient en détention tant que le bon droit ne serait pas rétabli. Anubis resta effectivement prisonnier longtemps, loin de toute connexion technologique de sa civilisation de puces électroniques implantées dans l’humain.

Le Leader plaida pour sa libération. Il fit promettre à Anubis de laisser le choix aux personnes de se connecter ou non à e-spirit et de revoir ses rêves d’hégémonie à la baisse. Anubis accepta, mais dès sa sortie il lança une nouvelle version d’e-spirit à la sécurité renforcée. Pas question de perdre la face. C’était son innovation, son héritage pour l’histoire. Il se devait de s’adapter et de résister pour ceux qui avaient mis leur espoir dans cet outil. Quelque part en lui le doute subsistait sur le bienfondé de sa découverte, mais l’orgueil prenait déjà le dessus et le préparait déjà à une chute plus sévère.

« Que Dieu ait votre âme en Miséricorde» et ce furent les derniers mots du Leader à son intention. Les deux mondes ne communiquaient désormais plus.

« Les dons de Dieu viennent à ceux qui le méritent et à ceux qui en sont aptes. Toute innovation guidée par l’insatisfaction de son sort mène à la perdition. »

Le Sabre

Le premier Élu briguant la présidentielle et promettant une théocratie éclairée se lançait dans la campagne. Soh et Koua avaient décidé d’assister à son discours. Koua depuis peu multipliait les voyages pour préparer son retour à la terre natale. Il prenait le pouls cette fois du climat politique nécessaire mais pas indispensable pour assoir une entreprise économique solide.

Le leader spirituel fut longtemps applaudi. Il y avait toutes les tendances religieuses dans le stade. Un espoir d’œcuménisme et de partage naissait. Le discours commençait enfin. La foule se tut.

« Au nom de Dieu, le Juge, Le Sage. Par l’Épée de Celui auprès de qui se trouve mon âme, par le Livre et son Messager, par la main de son fidèle serviteur portant et exécutant, par l’ordonnance d’un décret contre une minorité oppressante et repue. Peuplade infidèle; Génération rebelle. Transgresseurs et outranciers. Engeance de vipère. Gens du feu. Sépulcre blanchis. Traîtres du continent, d’une civilisation et du Peuple des Croyants naturels. Combien d’envoyés allez-vous assassiner, de projets enterrer, de rêves briser?

Offensant la mémoire des fils et filles extradés de la terre mère. Hommes, femmes et enfants violés et humiliés devant les leurs. Âmes souillées. Sang de victimes criant vengeance et charriés de vies en vies. Jamais assouvi, jamais apaisé. Réclamant justice pour le Peuple et jamais satisfait. Une Paix impossible sur une terre incendiée par les conflits attisés par les mêmes bourreaux. Vils et sans vergognes qui installent le système après anathème. Combien d’envoyés allez-vous assassiner, de projets enterrer, de rêves briser?

L’Afrique à la croissance prometteuse, aux réformes généreuses, aux ressources nombreuses se meurt sous le poids des appétits de ses prédateurs. Ils la convoitent, la désirent, l’abusent et la possèdent dans la force par l’impuissance due à l’ignorance et à l’assujettissement culturel. Forces exogènes, déniant la nécessité du partage des richesses produites à partir de l’exploitation du sol et de l’insouciance du pauvre, riche en bonté et en abnégation. La marche de retour de sa diaspora se fait dans le deuil. Descendants de guerriers sacrifiés au commerce des connaissances et de la main d’œuvre utile. Creuset de révolte face à la vérité et vivant le rejet insinué de la diversité dans la pluralité. Le cœur balançant entre désillusion et Initiatives ajournées. L’âme réclame le retour sur la Terre mère; dans le flux nourrissant le chant de la foi d’un Continent au passé glorieux, mais avili pour purification, qui se relève, défie les béquilles et se met en marche. La génération dirigeante locale et errante dans l’impuissance d’une gestion incarcérée par des partenaires et coopérants qui arment des rébellions et démettent toute tentative d’émancipation. Ces dits régents réclament le droit de passage aux frères d’une même mère, le réseau le pot de « vain » aux idées d’une même aire, l’allégeance politique aux esprits d’une même ère, le sacrifice d’initiation au clan des barons. Les disparités sont votre grand œuvre. Suppôts tutélaires d’une légion de déshonneurs. Combien d’envoyés allez-vous assassiner, de projets enterrer, de rêves briser?

D’autres peuples ont traité leurs envoyés de menteurs dans un domaine où la foi était en péril. Leur châtiment fut douloureux. Lisez si vous doutez. Écoutez la Parole, la nouvelle exhortation: aujourd’hui l’économie est le fondement de notre Royaume et le gage de notre prospérité. Le Message fait son chemin vers vous. Nous sommes confrontés à un Système pernicieux et un Système mafieux qui rusent pour nous exploiter, et se font concurrence pour l’appétit de notre terre. Lequel corriger, lequel affronter? Avec qui coopérer, contre qui lutter? Jusqu’où s’inspirer de l’un en étant autonome et régner après la victoire sur l’autre? Ne confondons pas les hommes et le pire des Systèmes: au sein de celui-ci, si pervertis soient-ils, existent des sympathisants prêts à nous aider. Le Peuple souffrant appelle le secours divin face à la misère, l’insécurité, le non droit et l’ignorance, dont le reflet rutilant du rétroviseur de ceux qui abandonnent le navire avant le déluge. Une fuite lâche de générations aux avantages bigarrés mis à l’abri de l’effort d’affirmation. Millions en fonds Capitaux détournés, Millions de fonds capiteux des tournées d’orgie décapante. Une éco ignominie faste valable que pour les fats, et qui fait monter une nausée abondante aux Élus de la Cité céleste. Un courroux voulu d’une armée prête à frapper, de serviteurs prêts à reconstruire, de fidèles prêts à rétablir la soumission. À quoi bon se résigner et choisir la passivité? Si Dieu est avec nous, pourquoi craindre de poser la première pierre à l’édifice? Combien d’envoyés allez-vous assassiner, de projets enterrer, de rêves briser?

L’unité de la race des Croyants naturels à travers la Terre vise à fournir l’effort ultime pour affirmer le continent noir de révolte. Rétablir le patrimoine de la civilisation de l’éden à la dernière lignée du nouvel Homme de l’ère ayant restauré la soumission. Le Temps s’écoule à nouveau dans les voiles de l’horloge d’une Afrique prospère. Le partage et le changement incessants d’attitude appellent à œuvrer tous ensemble pour une même vision de l’avenir. A travers des destinées élues, des peuples fiers, un continent uni, une civilisation prospère. L’économie est le fondement de notre nouveau Royaume. Laissons les bâtisseurs exilés aider à reconstruire l’édifice et apporter leur pierre d’angle. Accueillons le sacrifice des fils et filles qui retournent les valises pleines de rectitude et de correction pour étayer les pans du temple, peupler la forêt d’une nouvelle espèce d’essence renforçant la biodiversité. Combien d’envoyés allez-vous assassiner, de projets enterrer, de rêves briser?

La corruption morale, le gain facile et les mœurs perverties, la fainéantise… doivent être tranchés et retirés des pousses de l’arbre pour laisser la sève pure inonder les branches porteuses de fleurs et de fruits. L’idéal n’est pas la norme à attendre avant d’agir: « C’est assis sur la branche tordue qu’on coupe l’arbre droit». Chaque effort compte, chaque réforme sur soi, chaque abandon à la nécessité de laisser la vérité affleurer de nos âmes et de celle de notre terre portera son effet. L’économie est le fondement de notre nouveau Royaume. Combien d’envoyés allez-vous assassiner, de projets enterrer, de rêves briser?

Pensant aux générations futures, celle dont nous sommes les racines et les graines, le terreau où nous mourrons pour qu’après nous l’arbre donne du fruit, est celui que nous bradons à vil prix aux hôtes irrespectueux de nos économies et de nos identités. Ils voient en notre saint sol un marchepied pour essuyer la boue des bottes qu’ils chaussent sur la voie fétide de conscience qu’ils empruntent pour rançonner de génération en génération la source de la Vie, qui a appris à s’adapter au monde et qui demande un partage du droit de citer sur Terre. Combien d’envoyés allez-vous assassiner, de projets enterrer, de rêves briser?

Ceci est un rappel simple. Une exhortation à accueillir l’effort de tous et une promesse d’une période prospère pour conclure l’Histoire. »

Les applaudissements fusèrent et la foule rendait gloire à Dieu chacun à sa façon et selon sa foi. Koua et Soh étaient émerveillés. Ils portaient eux aussi des initiatives pour leur pays et souhaitaient que la voie leur soit ouverte.

« La théocratie lorsqu’elle est le fruit d’une gestion par un Élu se remettant constamment à Dieu est une miséricorde pour le Peuple et un guide sûr. »

GLELE (1858-1889) monte sur le trône réputé pour sa bravoure. Il est représenté par un lion. Le couteau représente la puissance (GOUBA)

« glèlilè ma yonzè» « kinikinilanwa du boadrawagbè »

L’Union

L’attraction pour le projet était difficile à admettre tant que la conscience du désir n’était pas pleine et que l’abandon au Message du cœur résistait à l’effort d’expression de l’âme. Fierté contre amour propre. Égo contre Amour simple. La pénétration de la Vérité était parfois violente et dure à admettre. L’acceptation longue à se faire.

Le regard de la douceur planait dans les esprits. Le cœur léger, les membres se cherchaient depuis longtemps. Pourquoi ne pas succomber au rêve? Laisser une chance à l’utopie plausible? Oser se confronter à l’extension de son fantasme? Croire que cela avait un sens et lui donner vie.

La première caresse de l’initiative, la prise de risque et la dédramatisation de l’enjeu. Le frisson de la réussite envoûte et enivre les centres directeurs. Synapses et transmetteurs qui se font le chantre du Sentiment.

Le nord fait ouvrir les vannes et fait couler le précieux liquide. Un échange de la manne sacrée qui autrefois faisait défaillir. Le reste de l’entité tressaillit et est parcouru de soubresaut. Les membres se coordonnent pour maintenir la tension.

La vision est acceptée. La mission s’active.

Les dirigeants lèvent le voile et les bretelles de sécurité s’effacent. Les mains attendaient ce soutien pour que les gorges se déploient. L’espace aérien est libéré et accueille les premiers échanges.

Les premières frontières tombent aussi. Des sous-régions d’harmonie où règnent paix, solidarité et proximité. Pourquoi ne pas aller plus loin? Les sous-ensembles tombent à leur tour et laissent l’espace nu. Les « doit» impératifs s’activent face aux feux impérieux des vagissements d’affirmation longtemps consigné en anales. Qui aura le dessus? Un moment de peur saisi les pôles en attraction. Et si le jardin d’Éden était ailleurs et tout ceci illusion, Enfer, transgression, nouveau bannissement? Non. Ose! Va jusqu’au bout! Ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Faisons-le pour une fois. Osons. Au diable la peur de la réussite. L’avenir appartient à Dieu. Nous sommes croyants. L’âme et le Cœur de notre Peuple ont trop été opprimés.

L’espoir renait.

Les mentalités changent. Les attitudes. Le bloc se forme. Oui un bloc contre l’ennemi qui crée le doute. L’oppression laisse place au plaisir.

Les mouvements saccadés d’abord puis plus ondulés se multiplient. On est libre. L’énergie circule, la chaleur emplit tous les membres. La joie de la réelle indépendance se mue en affirmation sur une couche qui se réchauffe et qu’on veut préserver.

Ce moment sera unique, mais il faut l’imprimer dans le souvenir. Plus rien ne sera plus pareil.

Les Cris se multiplient, les Calebasses s’entrechoquent.

Tout s’intensifie, s’accélère.

Les patries et les parties se dissolvent, les terres apparaissent. La communauté devient la référence.

Le bonheur. La félicité. La prospérité.

Le continent est uni.

La conception a eu lieu et l’accomplissement du Peuple est fait.

Le Sauveur se retire, s’abaisse et tire sa révérence.

Le Recteur finira l’œuvre.

L’air frais emplit les états devenus de simples corps de l’entité.

Un.

Lorsque Spora et Fanta s’étaient rencontrés pour prendre ce verre de réconciliation, puis cette danse, rien n’aurait auguré qu’ils finissent dans cette chambre d’hôtel. À conjurer le sort. À laisser leurs corps aller dans le sens du destin. Laisser libre court à l’amour réprimé dans le manque d’éveil. Spora le garderait dans son Jardin secret comme son moment de vérité. Fanta avait conçu, sans le savoir, et serait amenée à assumer le moment venu, sans doute quand Myriam annoncerait à Spora qu’elle était déjà en retard depuis plusieurs semaines. Seul comptait l’Amour et la fougue dus à des années de déni et de refoulement. La Vérité avait encore triomphé. C’était la fin de la Spora’Attitude. Le retour aux Hommes Réels qui font des erreurs et les assument.

Spora et Fanta étaient rentrés dans l’éternité, dans le panthéon des couples d’âmes sœurs qui se sont connues et se sont réconciliées avec leur destin. Leurs cœurs étaient légers, libérés et heureux, quoi qu’il arrive.

Fanta avait choisi de partir la première. Spora resta songeur dans le lit. « Ne jamais tromper sa conjointe » pensait-il. Il soupira, un peu coupable mais heureux. Il venait de briser une règle d’or fondamentale du fairplay de sa Spora’Attitude, mais c’est par là même qu’il s’était initié à la vie…

Son téléphone vibra. Un message de Fanta qui s’était sans doute souvenu que Spora était le roi de la méditation. « Ne pensons pas à l’avenir. Seul Dieu nous jugera tant qu’on a été honnête vis-à-vis de lui et de ce qu’on a reçu comme sentiment de sa part. Je t’aimerai toujours. »

Spora sourit. « Sacrée Fanta!»

« La loi morale doit être respectée car elle garantit la cohésion de la société. Lorsque la vérité de soi appelle à une transgression qui n’est pas le fait d’une rébellion mais d’une réconciliation avec l’appel de l’âme, le temps vient pour la Nature d’évoluer et de redéfinir le cadre de Vie. »

L’heureux tour aux sources

Koua tenait depuis peu un journal de bord pour consigner les expériences de son entreprise économique, et espérait y revenir en cas de besoin ou les partager avec un de ses pairs. Parfois, la mémoire nous jouait des tours. C’était comme son porte-cartes en cas de rencontre, voire son blog personnel. D’ailleurs, il n’écartait pas l’idée de le diffuser en ligne et, ainsi, de le rendre vivant. Un moyen de se rendre plus proche des parties prenantes de son projet. Spora avait promis être son premier commentateur et lecteur, et surtout faire de même. C’était un moyen d’être proche de son public, de ses clients et de les engager dans une relation de proximité qui renforce les liens d’affaires.

Il saisit la tablette et s’installa à la cuisine où l’air était un peu plus frais. Il laissa sortir les mots sans intention de les contrôler ni de faire d’effort de style. Il écrivit lentement.

« Chers amis. J’espère que vous allez bien et que vos projets avancent. Merci pour tous vos conseils et votre soutien. Demain, si tout va bien, je devrais payer l’argent que je devais à Dia pour compléter la somme qu’elle m’avait demandé pour ses services. Je lui demanderai par la suite à quel moment elle veut se rendre à la Cité. Comme elle veut qu’on s’y retrouve pour que je finisse de prendre les services, il faut que je me prépare financièrement surtout et que je prenne sans doute un congé dans mon projet actuel.

J’ai franchi le cap symbolique des deux mois de projet. Mes responsables et collègues sont assez satisfaits de mon travail, mais j’attends de finir la première phase pour sonder ce premier client sur ma prestation. Mon environnement de travail est très technique et mes compétences s’améliorent à la pratique et à la théorie. Juste un peu d’émotion qui m’empêche de m’exprimer convenablement, mais parfois, ça va. Tout dépend des situations.

Si tout va bien, j’espère aller au bout de mon contrat de deux ans et finir aussi mes projets personnels dans le cadre de mon foyer et de mon accomplissement personnel. J’ai donc encore 2 ou 3 ans de préparation où il faudra tenir bon et finir de se forger.

Après cela, j’envisage rentrer sur nos Terres pour relancer ma carrière dans mon domaine d’étude et mon métier de rêve, ainsi que défendre et développer les résultats de ma compétence acquise dans le cadre des activités de mon entreprise lancée dans la Cité.

Je ne sais pas encore quel pays choisir. Je pense que nous devons nous habituer à voir le continent comme un vaste espace ouvert à tous les fils et les filles et aller là où notre apport est pertinent. Tout dépendra donc des opportunités, mais ma terre natale pourrait être une destination possible. Celle de mes parents restant aussi une option et la Cité, une terre de repli.

Côté personnel, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me lier à quelqu’un d’autre que la mère de mes enfants. Depuis notre séparation due à mes ambitions de retour aux sources, je vis le désert sur le plan affectif et ma dernière tentative a encore connu l’échec. Les enfants sont venus trop tôt dans notre couple. Je l’admets finalement. Je me dois de garder le cap sur mes projets et de penser à leur avenir, donc je risque de mettre tout ces soucis de complétude physique en veilleuse (avec ce que cela implique hélas comme béquilles) pour me consacrer à mes objectifs. Comme certains me l’ont si bien dit j’étais sous tension ces derniers temps. Mes épreuves se poursuivent et j’apprends de tout le monde et de toute expérience pour m’améliorer. En plus de ce que j’ai reçu “naturellement”, j’attends d’avoir des enseignements fixes dans les sciences de développement de l’individu et dans l’héritage de ma culture pour améliorer mes connaissances et me rendre autonome. Je vais tâcher en attendant de garder ma connexion avec la Vie.

Je pense faire un voyage transitoire dans une île de notre diaspora que je porte dans mon corps, et qui a les mêmes réalités économiques que notre terre mère pour mieux me préparer. Ce sera mon petit laboratoire d’essais. J’espère que le succès m’attend sur toute cette voie que j’entrevois par les yeux de l’espoir, de l’effort et de la foi (mon troisième œil caché).

Voilà un peu où j’en suis de mes perspectives de vie dans un horizon de 4 saisons de reconstruction. Il est bon de planifier l’avancée de ses projets en laissant le soin à Dieu de le valider ou non. C’est lui le Maître d’ouvrage de ma vie, je ne suis que le maître d’œuvre, le consultant. Il ne peut y avoir qu’un Maître.

À demain si Dieu le veut.

Portez-vous bien»

« La construction d’une communauté forte implique que ses membres se fréquentent et partagent un peu de soi et du Message pour que l’esprit qui les lie puisse circuler librement et les fortifier. Mt 18, 20 »

Les lettres restées mortes

I.N.R.I. (Issa of Nazareth Rules Inheritor)
Bonjour, Cher prophète du Sud,

Introduction

J’espère que vous allez bien et que cette lettre vous trouve dans de bonnes conditions de lecture.

Je ne verrai pas d’inconvénient à ce que vous fassiez suivre ce message au Grand Maître, dont le concours pour le projet que je présente serait le bienvenu. Toute autre bonne contribution est aussi la bienvenue, mais je me limiterai à vous deux pour le début.

Merci du temps de lecture que vous pourrez m’accorder.

Présentation

Mon Ka est composé d’amis professionnels et entrepreneurs: Koua, Asi, Soh, Dia, Fanta et moi Spora. Nous avons laissé une place éternellement vide en mémoire d’un ami, Halid, tombé sous les balles en service pour la Cité. L’entreprise a été créée sur les terres où j’ai grandi jusqu’à l’adolescence. J’ai fait plusieurs années d’études dans la Cité des Lumières, marquées par le début de troubles affectifs bipolaires et troubles anxieux (dans le langage de la médecine des Cités) dont je souffre depuis. Je suis installé depuis peu dans notre Cité de Paix pour entamer cette formidable entreprise économique. J’ai connu les quatre épisodes de crise. Je me soigne actuellement avec la spiritualité tout en prenant mes comprimés pharmaceutiques de la Cité. J’éprouve le besoin de me rattacher aussi à mes racines traditionnelles par la danse traditionnelle de la diaspora (à défaut de celles de ma terre qui ne sont pas enseignées dans les pays occidentaux) et les “connaissances” ancestrales de ma culture. Une consultation des anciens de mon village à ma naissance m’a donné le nom de “Spora”, que j’utilise en tant que nom de scène pour mes activités artistiques. Je me lance actuellement en affaires avec mon concept Spora’Attitude, mais pour combler un manque d’argent et avoir une source de revenus fixes je cherche actuellement un emploi de soutien. Je ne suis pas un économiste. Voilà pour ma présentation.

Contexte

J’ai créé mon concept Spora’Attitude pendant une période de “psychose”. C’est une sagesse des services de conseil en gestion et en ingénierie. J’offre des attitudes de gestion et d’ingénierie aux économistes innovants pour les accompagner dans leurs initiatives économiques. Je veux me spécialiser entre autres et à long terme dans l’informel sur mes terres. Vous trouverez tous les éléments sur mon site d’entreprise. J’ai décidé de me bâtir un avantage concurrentiel dans mon domaine pour me faire une place dans mon secteur d’activité qui est très concurrentiel, et l’idée d’avoir une structure unique m’a amené au Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle dont il est question ici et auquel je souhaiterai m’initier.

Ce que j’ai compris du Mouvement

Le Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle est une approche et une méthode informelle, Agile et Lean. Elle permet aux acteurs économiques croyants d’avoir des pratiques et principes basés sur des réalités traditionnelles et animistes pour gérer leurs entreprises, être concurrentiels et créer de la richesse (à l’instar de celles créées ailleurs comme les méthodes Kaizen, théorie des clusters, l’éco design etc.). La méthode utilise des outils de la gestion de projets et de l’ingénierie des affaires et la spiritualité de chaque acteur pour définir des straté- gies dynamiques, des tactiques et guider les opérations au quotidien. Idéalement, cette méthode s’identifie à un écosystème qui absorbe les fluctuations du monde économique (crises, période de croissances…) en favorisant la connaissance du passé et l’adaptation au présent. L’Approche, quant à elle, est un mouvement qui vise à utiliser la pensée animiste pour créer un courant économique adapté aux pays en développement et qui respecte leurs sensibilités, leurs réalités et leurs croyances (à l’instar de l’économie responsable dans l’économie libéralisée).

J’ai lu plusieurs documents sur votre site et je me suis procuré vos publications pour bien comprendre.

J’entame actuellement la rédaction du premier référentiel de mon concept de Spora’Attitude qui sera une méthode ainsi que des axes pour l’approche associée et adaptée à mon activité économique selon votre modèle. J’ai besoin de votre aide pour certains aspects de ma démarche de franchise du Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle.

Mon besoin

Cette méthode du mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle et ce courant économique qu’est l’approche associée demandent beaucoup d’efforts et la contribution de personnes voulant y participer librement. J’initie ces démarches et souhaite qu’à votre suite d’autres “porteurs” endossent le Mouvement jusqu’à sa réalisation, et le fasse vivre par la suite par des mises à jour. Mon besoin est d’avoir un encadrement pour avoir “certaines connaissances pratiques” en ce qui concerne les traditions de nos terres. L’aspect pratique de ces connaissances vise à ce qu’elles ne soient pas seulement l’affaire d’initiés, mais celle de tout croyant même profane. Je ne prévois pas m’initier à plusieurs théories; juste celles nécessaires à mon entreprise, mais je souhaite trouver un point commun de partage pour que la plupart des sensibilités du continent puissent s’y retrouver, y compris les animistes et sympathisants d’autres régions voulant diriger une initiative économique sur ce modèle. En un mot: je souhaite me former aux sciences ancestrales. Ceci vise à alimenter le volet identitaire de mon entreprise. J’essaye au mieux de vous suivre et de vous fréquenter dans vos publications, mais je souhaite aller plus loin en ayant une information spécifique pour le bien de mon entreprise (réponse à des questions précises, échanges, références à des livres etc.)

Partenariat

Je sais que le développement de ce Mouvement est prévu pour être viral, mais vous en endossez une grande partie et en êtes la référence car vous devez faciliter sa construction à travers les différents acteurs et parties prenantes qui souhaitent y contribuer. Actuellement, je suis en recherche active de contrats et de missions pour financer mes activités. Je suis ouvert à lier un partenariat avec vous afin que vous puissiez aussi trouver votre compte dans cette aventure dans une logique “winwin”. Nous pourrons en discuter prochainement si vous souhaitez accorder votre aide à mon initiative. La richesse est un de nos objectifs, et son partage entre nous une nécessité.

Conclusion

Cette initiative d’adhérer au Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle vise à la fois un intérêt personnel lié à mon entreprise (avantage concurrentiel), mais je sais aussi que vous souhaitez doter le secteur des affaires du continent d’un outil majeur pour s’affirmer dans les échanges libéralisés mondiaux. Une façon authentique de faire des affaires à travers le monde. Cela est peut-être une nouveauté où la résurgence d’un Mouvement oublié ou enterré et qui a fait ses preuves par le passé. L’Approche va plus loin et peut redonner un apport du peuple de l’uniforme noir à l’humanité dans le grand tumulte des économies en crise. Dans les discours que vous tenez, vous parlez du lean intention (attitude simple) qui appelle une forme de pragmatisme et une auto-réalisation effective de chacun. Ainsi, je souhaite faire preuve de beaucoup d’efficacité pour la réussite et le bien de tous.

Portez-vous bien.
Bien à vous, Spora.

I.N.F.J. (Issa of Nazareth Finance Judge)
Le sang royal et les lettres restées mortes…

« Le large accueil de la méthode et de l’approche en acte de franchise garantit le succès du Mouvement. Il appartient à chaque croyant, guerrier de la cause, d’y prendre part comme un retro virus qui lutte contre l’inoculation du mal. »
LA NUIT
Les Guerriers de l’Heure

Le poète quittait sa muse pour une femme concrète. Une simple apostasie du culte du noble sentiment, mu par le retour à la raison du « plu» fort.

L’Heure approchait et tout le monde le sentait, mais sa connaissance était auprès de Dieu seul. Dans les manifestations de sa venue, plusieurs humains étaient suscités pour la préparer. Dans leur environnement proche les principes opposés se tenaient tête. Un collègue ambitieux, un membre de famille jaloux, une démarche administrative bloquée… Les joutes se créaient pour chaque élu, chaque Guerrier de l’Heure. Le combat consistait essentiellement à corriger l’indélicat qui reprenait les schèmes des anti-héros toujours insatisfaits de leur condition et envieux des succès des élus. Dans ces joutes de correction apportées par les guerriers, les « matchs» se faisaient à plusieurs niveaux dans la réalité physique, mais aussi sur le plan mystique. La responsabilité des matchs incombait à chaque Guerrier selon son don ou sa mission mais entre eux ils pouvaient reconnaitre la teneur du combat et s’encourager. Chaque victoire était l’occasion de se réjouir et de rendre Grâce à l’œuvre du divin. C’était une grande communauté solidaire, où l’issue de chaque combat avait un impact sur l’ensemble du front et sur chaque joute individuelle. Il n’y avait qu’une équipe dédiée à la victoire, celle de Dieu, des élus, des Guerriers; mais les compétiteurs savaient user de ruses méchantes et de maléfices pour contrarier le plan de Dieu et défaire le maximum d’adversaires. Rien ne pouvait surpasser Dieu, mais ses Guerriers pouvaient éprouver l’action de leurs ennemis et souffrir dans l’accomplissement de leur mission. Il fallait donc corriger sans coup férir. Corriger et administrer des leçons lourdes de sens. Corriger pour l’honneur du combat, une longue lignée de combattants incarnant l’équilibre de la dualité depuis la nuit des temps.

Alexis était un féru de jeux électroniques. Il avait la science d’affronter une armée de « vilains» pour arriver à la fin de la quête virtuelle. Il ne comptait pas ses heures pour cette activité lorsque le week-end venait. Koua le rejoignait de temps en temps, mais s’efforçait surtout de le faire sortir de son appartement. Ils avaient médité sur leur parcours et Koua lui avait fait part de ses réticences sur l’esprit de certains jeux. Depuis peu, Alexis corrigeait lorsque sa matrice de l’Heure s’ouvrait. Il était resté longtemps profane, mais avec les signes qui s’étaient dévoilés à lui, sa spiritualité avait vu le jour et prenait de l’essor. Depuis qu’il avait été suscité, son passe-temps avait trouvé un sens. Du simple jeu, il était passé à la correction des « vilains» virtuels et depuis peu physiques, que ce soit en ligne, en réseau ou en petit comité. Il cherchait à inculquer cette science aux plus jeunes en insistant sur le respect et d’autres vertus et valeurs qui se devaient de passer de générations en générations. Les Guerriers respectaient toujours la loi divine. Ils ne trichaient pas malgré certaines ruses utiles au combat. Le code d’honneur était implicitement respecté.

La jeune génération se devait d’être formée à son tour et de gagner en maturité pour combattre le moment venu. Alexis en faisait à présent un sacerdoce et une vraie science. Une application de la Tradition dans le monde moderne des consoles de jeu. Il repérait dans ces jeunes partenaires de jeu, les disciples patients de ceux qui ne respectaient rien et voulaient toujours être au-dessus des adultes.

Alexis et Koua se donnaient des conseils dans leur combat respectif. Koua trébuchait constamment contre un adversaire redoutable en compétition d’arts martiaux. Koua ne voulait pas croire qu’il se devait d’attendre son tour, car cet adversaire était d’une grande vanité et manquait souvent de respect au maître dans ses propos. Koua ne voulait pas éprouver de haine pour le terrasser. Il s’entraînait humblement et inlassablement, prenant cette occasion pour évoluer sur le plan personnel. Chaque épreuve venant de Dieu pour son Guerrier était une mine d’enseignement pour ceux qui avaient la patience de l’accepter et de la méditer. Il savait qu’il terrasserait ce dragon, mais c’était ses dragons intérieurs qu’il se devait de dominer d’abord.

Les deux jeunes hommes étaient reconnaissants d’avoir été choisis pour un rôle qui donnait du sens à leur vie; d’avoir intégré la seule équipe qui valait le coup. L’équipe de la Victoire éternelle.

Les guerriers se succédaient et les nouvelles recrues reconnaissaient leur lignée dans un chapelet de témoignage de vies et de destinée qui édifiaient leur esprit dans des récits de l’épopée du peuple de Croyants. L’heure était en marche…

« Le Guerrier reconnait le combat quand il vient à lui et l’accepte pour la grandeur et la gloire de l’Unique Pourvoyeur. »
La rencontre

Ça faisait longtemps déjà qu’il s’était enfermé dans l’appartement. Il y régnait une ambiance intense de combat spirituel. Les objets épars montraient ça et là les coups portés par l’ennemi.

L’Esprit ordonna: « Debout, on s’en va!»

Prenant le strict nécessaire pour vivre dans la jungle urbaine et un peu d’argent, force vitale nécessaire, pour compléter le viatique de l’aventurier qui offre ses pas à la Providence, le Mouride ouvrit la porte et s’en alla sans regarder derrière lui.

Le trottoir était humide. Une pluie sans doute, ou le passage d’une laveuse. De nuit? C’était peu probable. Mais comment expliquer que la pluie se soit limitée à son quartier? Les autres habitants l’avaient-ils remarqué, ou étaient-ils hors de la matrice de combat?

Des pas rapides le menèrent à la station de métro toute proche. Il n’aimait pas prendre le métro car l’air y était confiné et l’espace limité pour combattre. Une appréhension diffuse s’empara de lui en franchissant les portillons. Il suffoquait déjà.

La rame était quasiment vide, mais déjà un démon l’attendait. Celui-ci, sans le dévisager, souhaitait le voir s’assoir sur un journal laissé sur un banc et présentant sur sa première page l’effigie d’un candidat à l’élection municipale en cours. Une demande de soutien mystique de la part du candidat que transmettait le démon. Le Mouride, élu de Dieu, savait qu’il était important de garder sa neutralité. Il s’assit loin. Le démon descendit à la station suivante.

La gare d’autobus avait ce soir-là des allures de chaos. Personne ne s’attendait à la sortie du Mouride. Les autorités de la compagnie de transport retardèrent le départ du bus. Une armée de sorciers et de mystiques se bousculait pour prendre la même destination. L’Esprit avait pris tout le monde de court, et les médiums n’avaient pas pu anticiper les pensées du Mouride qui se laissait guider en attendant que la future étape lui soit révélée.

Le Mouride prit son billet et monta dans l’autobus. Quelques attaques furent placées pendant qu’il faisait la queue, mais certains anges étaient descendus et des Guerriers de l’Heure avaient été suscités pour l’accompagner pendant le voyage. Comme à l’accoutumée ils ne dévisageaient pas l’élu, et se contentaient de poser les actes adaptés en suivant la Guidance divine administrée par leur hiérarchie spirituelle.

Le Mouride s’assit en haut à l’avant du bus. Deux Guerrier se placèrent plus en retrait. Ils rabattirent la capuche de leur survêtement et branchèrent leurs « i- pote » pour se connecter à la matrice musicale. L’embarquement prit du temps. Les derniers combattants luttaient pour avoir une place dans le « bus de l’échappée », tel que le mentionnait la radio interne et mystique de ce combat. C’est alors qu’il apparut. Venant de nulle part, il s’assit sur la droite du Mouride. Il fulminait de rage. L’avatar de l’antéchrist dans cette mise en scène initiatique avait pris les traits d’un peuple qui opprimait volontairement les Croyants sur le sol du Mouride. Ce dernier sut dès ce moment que toute sa vie, il aurait maille à partir avec cette peau économique, race agressive et conquérante.

L’adversaire se mit aussitôt à envoyer des boules d’énergie dans le ventre du Mouride, créant des gaz dans son intestin et augmentant la température de son corps. Le Mouride se gardait de rendre les coups et tempérait son ire à mesure que son abdomen devenait douloureux. Il se déplaça pour détendre son corps. Le bus roulait depuis peu et il semblait que le chauffeur eût été pressé de livrer le gênant chargement à la ville qui allait accueillir la suite du conflit. Les Guerriers semblaient dormir, mais leur aura montrait une activité de veille intense et rassurante. Le Mouride changea de place pour passer la nuit de voyage paisiblement, laissant son adversaire fulminer et gérer le surplus d’énergie négative qu’il n’avait pas envoyée dans le corps de l’élu.

Le Mouride était à l’étape de la torpeur lorsque l’atmosphère changea. L’ambiance lumineuse du bus passa au vert. La Voix se fit entendre.

L’entretien entre le dieu et l’élu transfiguré se fit sans interférence. Les Guerriers avaient bloqué les mystiques ténébreux peu scrupuleux.

Le bus arriva à destination. Le relais entre les Guerriers se fit. Le cortège accompagnait le dieu et le Mouride élu. Ce dernier appela son hôte, qui fut surpris d’une arrivée à l’improviste et à l’aube. Il ferait de son mieux pour venir à la rencontre du Mouride.

La journée se passa dans l’enseignement. Le Mouride livré à lui dans l’attente de son hôte servait de monture au dieu, qui observait ce que le monde était devenu après son passage et ce que son peuple de Croyant vivait comme sort. Le Mouride apprit les symboles de la Voie et les codes du combat.

La scène initiatique se poursuivit dans le quotidien et l’environnement de son hôte. Pas de répit. Les sorciers du monde et les forces du mal s’unissaient pour barrer la route au Mouride. Le combat était âpre, comme à son habitude. Les Guerriers veillaient mais laissaient le Mouride déployer la puissance de son Sabre.

Bientôt le combat se généralisa et laissa place au siège de la position du Mouride. Face à cet encerclement où le Mouride perdait son énergie en combattant chaque jour, l’élite des Guerriers fit son apparition pour apporter son soutien et mener à la victoire.

Cette victoire était à chérir et à méditer tant que la matrice ne s’ouvrait pas à nouveau, et plongeait le monde dans un ensemble de combats spirituels préfigurant l’Heure de la fin et son tableau riche en symboles connus des initiés guidés par l’Esprit.

Un simple entrainement pour le Mouride, mais qui avait son impact dans sa vie réelle et influençait la portée du message divin et de sa mission. Il ouvrait d’avance les portes de son destin et y affrontait mystiquement ce qu’il retrouverait sous une autre forme dans sa vie profane.

« La Voie implique obéissance et soumission à la volonté divine. Un élu est un Guerrier honoré qui combat comme ses frères d’armes pour la Gloire de Dieu et le Salut du Peuple pour lequel il a été suscité. »

BEHANZIN (1889-1894) « KONDO le requin» avec l’œuf de l’espoir. C’est l’époque de la conquête du royaume par les Français.

« Gbèhanzinba ai vèdjrè »

Le retour de l’aigle

La nouvelle faisait la une de la revue de la diaspora. La compagnie de l’Union allait prendre son envol. Après la disparition du premier transporteur ayant intégré les espoirs de plusieurs états nouvellement émancipés, une pléthore d’initiatives avaient vu le jour. Chacune se revendiquait l’appellation et le pouvoir d’être le phœnix légitime né des cendres du fleuron multinational.

Dans l’esprit de Soh, les images s’emmêlaient. Les souvenirs côtoyaient les espoirs d’avoir enfin un symbole d’union qui serait l’ambassadeur d’une région qui s’affirmait de plus en plus. Il marcha jusqu’à la gargote près de son domicile. Les premiers clients étaient pour la plupart des travailleurs du secteur informel et des fonctionnaires qui remplissaient les étalages surchargés de l’administration publique. La rosée matinale n’offrait pas grande résistance aux rayons du soleil en pleine ascension vers son trône du midi.

Le téléphone sonna. C’était Dia. Elle appelait d’une de ces Cités où l’élite du peuple tenait l’un des fronts du conflit économique qui s’était engagé. Le fuseau horaire permettait d’avoir de ses nouvelles sans différé.

« Salam alaykoumwarahmatuwabarakatuh.

—Wa alaykoum as salaamwarahmatuwabarakatuh. Je ne sais si mon curé ou mon marabout seraient heureux que je te salue ainsi.

—Ne t’inquiète pas. Pour moi, les religions ne sont que des troncs communs vers une spiritualité vivante et un accomplissement. Je te donne l’absolution.

—Amen.

Ils éclatèrent de rire et elle poursuivit:

—Alors comme ça on aura à nouveau le plaisir de voir des empennages aux couleurs de notre région à l’aéroport. Je bombe déjà le torse…

—Pour une fois les hommes politiques et les hommes d’affaires ont pu travailler ensemble et surpasser les intérêts nationaux!

—C’est surtout une question de fierté et d’image.

—Le plus dur reste à faire maintenant. Il faut poser des bases saines et se préparer à affronter une concurrence accrue depuis que notre région attire la convoitise.

—L’aigle prend son envol pour s’imposer dans son ciel.

—Je me réjouis du changement de partenariat. Le poids de l’histoire ne pouvait indéfiniment influer sur des décisions de bon sens et des échanges commerciaux équitables. Le fameux « winwin» qui pourrait se traduire ici par un « wingwing» de complémentarité.

La voix enregistrée se fit entendre pour signifier la fin de la conversation.

—Je n’ai plus beaucoup d’unités. Je vais devoir te rappeler une autre fois. Salam.

—Ok porte-toi bien. Salam.»

Le plat d’omelette aux petits pois avait quelque peu refroidi. Soh commanda un autre café au lait. Le restaurant ne désemplissait pas. Une vielle radio posée sur le comptoir diffusait une musique entrainante qui finissait de réveiller les yeux emmitouflés dans des paupières engourdies des rêves de la veille. Une radio, une compagnie aérienne, un gouvernement et des zones d’échanges commerciaux supranationales; que rêver de plus? Loin de limiter l’initiative privée, ces instruments étaient la charpente d’un essor économique qui s’offrait à présent.

« L’intégration économique s’illustre dans des symboles et des structures qui seront les indicateurs de la performance et feront la fierté du Peuple entier. »

Tarîqa du renouveau

Le soleil avait déjà pris son refuge dans la courbure généreuse de l’horizon. La prière de Maghrib avait rassemblé plusieurs travailleurs qui y trouvaient un moment de paix et d’unité dans la communauté de Croyants. Resté méditer après la fin de l’office, le Cheikh quitta lentement son tapis et s’assit en face des initiés. Il but un verre d’eau et prit la parole:

« Il nous faut fédérer à nouveau le continent autour de valeurs communes et y associer sa diaspora. Sans une unité réaffirmée, la disparition progressive de notre culture se fera au fil des interactions économiques et des échanges dans un monde libéralisé. Il faut accepter de concourir pour notre félicité, si ce n’est pour notre hégémonie. Loin de l’idée de toujours chercher un refuge en faible, il nous faut conquérir notre espace en peuple fort et y vivre notre liberté en intimant le respect aux autres peuples»

Il prit quelques cauris dans sa main tout en méditant, puis traça quelques signes sur le sol avant de reprendre sa Sohba avec des principes sur lesquels il appelait chaque disciple à méditer.

« La richesse est un outil au service de notre force informelle »

Ne pas avoir de réticence à générer la richesse par l’entrepreneuriat, l’initiative informelle et non le seul exercice professionnel. La pauvreté doit demeurer un état d’esprit permettant à l’âme de s’accomplir. Une économie forte se doit de compter sur chacun de ses acteurs, incluant le secteur informel dont le dynamisme et le potentiel sont à saisir et à exploiter. Au-delà de la satisfaction des besoins de base et de l’existence d’un filet social assuré par la famille et la main divine, la richesse est une arme d’affirmation et de pouvoir pour les structures économiques et, au-delà, pour les pays eux-mêmes.

« Soyons unis et solidaires dans l’effort »

L’adhésion ou l’implication aux devoirs de vie en communauté est facilitée par la perception du plaisir ou de l’intérêt qu’on y porte. La vision d’une affirmation nécessaire à la préservation d’un peuple encourage les membres à s’unir pour réussir. La notion de communauté économique ayant un modèle indigène rejoint celle des clusters, coopératives ou autres regroupement de micro-entreprises pour faciliter l’accès à l’économie mondialisée.

« Avec peu, faisons mieux »

La créativité et l’innovation sont les armes qui différencient les entreprises performantes de celles dont le modèle économique connait des rigidités et des difficultés à s’adapter aux fluctuations du marché. Limiter volontairement le recours aux ressources pour obtenir le résultat voulu et créer de la richesse pousse à l’innovation et permet de maintenir l’indépendance et l’autonomie vis-à-vis des parties prenantes dans l’exercice de la prise des décisions économiques qui concernent l’entreprise.

« Nouons des partenariats compétitifs »

Il n’y a pas d’affirmation de sa force ou de son autonomie à refuser de l’aide, mais bien de la honte de dévoiler sa faiblesse. Le réseau de contacts d’entrepreneur et le carnet d’adresse de compagnie partenaires permettent d’ouvrir les horizons dans la recherche de solutions économiques. Il convient de tirer avantage d’alliances performantes entre profils économiques pertinents et interzones pour créer des avantages concurrentiels et s’imposer sur les marchés de l’économie mondialisée.

« Œuvrons nous-mêmes contre le sous-développement et la précarité »

L’auto-affirmation passe par la prise de risque et de responsabilité vis-à-vis de la destinée de l’entreprise. L’assistanat perpétuel pousse à la paresse et au manque d’initiative pour redresser les situations défavorables. Les acteurs économiques se transforment en gestionnaires de l’aide — souvent accompagnée de mesure d’ingé-rence — qu’ils reçoivent sans s’impliquer personnellement et suffisamment dans la recherche d’un équilibre durable. L’objectif à terme est de réinvestir les richesses produites dans les communautés de références et les bassins d’initiatives touchés par la précarité et la pauvreté afin de leur permettre de prendre à leur tour un rôle actif dans l’économie.

« S’inspirer de sa tradition, spiritualité et de son modèle de vie pour bâtir des principes de gouvernance adaptés »

La proximité avec les concepts de gouvernance d’une activité économique à travers la stratégie, la tactique et les opérations, permet d’accroître la perfor-mance des structures et leurs chances d’affirmation sur l’échiquier mondial. Le dirigeant choisit les principes de gestion avec lesquels il est à l’aise et avec lesquels l’interaction avec les réalités des échanges commerciaux sont pertinentes. Il faut diriger avec les notions que l’on connait le mieux.

« Transmettre son héritage de vie à la prochaine génération de dirigeants »

Il est important de capitaliser les efforts des acteurs économiques qui œuvrent dans le sens de l’essor d’une communauté. La chaîne de l’investissement humain doit rester durable afin d’insuffler une logique de construction progressive et positive basée sur les expériences heureuses ou non. La circulation de l’information garantit l’adaptation aux réalités changeantes du domaine économique.

« Le but traditionnel et unidimensionnel d’une entreprise dans l’économie de marché classique est de maximiser son profit et créer de la valeur. Une nouvelle approche peut être de considérer chaque entreprise et micro-entreprise comme une entité humaine dont le but ultime est l’accomplissement à travers les activités qu’elle a choisi de pratiquer, et dont découlent les exercices financiers et comptable évalués par les investisseurs responsables. Ceci implique l’atteinte d’objectifs multidimensionnels économi-ques, éthiques, sociaux, environnementaux, voire même spirituels. De telles entreprises naissent comme l’humain avec un rêve, un destin ou une vision dont la mission par la suite est de prendre en compte tous les aspects du développement futur de l’activité initiée. Ce modèle est particulièrement adapté au micro-entrepreneuriat et à l’économie informelle qui mettent en jeu des entreprises individuelles, mais il peut également servir d’alternative ou d’adaptation au modèle d’entreprise s’engageant dans la responsabilité sociale et environnementale.»

Le muezzin se leva pour l’appel à la prière. Les disciples, tout en installant les tapis, étaient résolus à être les combattants d’un conflit économique mondial et pacifique où les peuples les plus faibles devaient enfin s’affirmer pour conquérir leur liberté et leur droit de vie dans une Terre rendue à sa vraie nature.

« L’entreprise doit rechercher l’accomplissement économique au même titre que l’humain dont la vocation est de vivre la pleine réalisation de sa destinée. »

AGOLI–AGBO (1894-1900) est représenté par une jambe debout. Ce qui signifie: le royaume n’est pas tombé, il est toujours debout. Le petit… mauve symbolise l’obstacle contre lequel il a buté; l’arc symbolise la 2e origine du royaume (ALLADA), le balai repésente AGOLI-AGBO.

« ALLADA klen a ᴐ, ma dja i, Francéouêgni mon »
De l’a-guère à la paix

La quête de meilleures conditions de vie débouche parfois sur la prise de conscience que l’équilibre spirituel est la seule source de richesse essentielle et base d’édification de toute fortune durable.

Le prophète du sud avait reçu une lettre d’un jeune entrepreneur qui voulait prendre partie au mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle en adoptant les principes de la franchise.

Il composa le numéro dans la liste de contacts des adhérents. La sonnerie résonna peu de fois. Un jeune homme décrocha avec une voix douce et hésitante, quelque peu posée.

« Oui, allo?

—Bonjour, mon nom est ASSOUKA. J’ai reçu ton message et j’ai été content de te lire, mais je remarque qu’il y a beaucoup d’amalgames: l’énergie constitue le monde spirituel. La matérialisation de l’énergie de la pensée est la parole; la conscience se matérialise par la normalisation. C’est le domaine d’application des lois et des règlements écrits et non écrits; c’est là où se loge le libre arbitre. Le livre fixe dans le temps la matérialisation de la pensée et c’est une capacité inférieure par apport aux peuples qui pratiquent l’oralité: la nature est comme l’énergie, elle évolue dans les thématiques n’excédant pas deux ans. Le livre est fraudé; comme sa technologie dans le livre, la hiérarchisation est due à l’écriture et à la phraséologie. Fixer les choses dans le présent est contre nature. Dans le temps, le passé classe les vestiges; le présent est une matérialisation variable et temporelle, le futur est dans l’illimité. Je crois tu as de la matière et on se retrouve prochainement.

—Merci infiniment pour votre appel.»

Spora déposa son téléphone: « Wow ! Un appel du prophète du Sud!»

Lorsque son enthousiasme baissa enfin et que l’excitation disparut, il prit conscience de l’importance d’avoir un portail électronique comme l’imposait la franchise. C’était comme l’étalage d’un commerçant dans l’économie informelle. Cela permettait au Livre de rester vivant en permettant des mises à jour. Le Temps se jouait en ligne, le combat d’Affirmation du Peuple également. Un combat économique de promotion et d’échange de flux d’information et monétaire.

Tout était dit.

« Le portail électronique est le nouvel outil de quête de l’homme de la ruée qui hèle le contenu de son cerveau. Simple Cri de la Calebasse. »

Le Peuple

Je marche dans les rues de la Cité, l’esprit ancré dans la Terre.

Les fils et filles défilent devant mes yeux et partagent l’espace.

Une Arche vogue sur des flots calmes.

Les ressources s’amenuisent et l’unité s’impose pour durer.

Le départ maintes fois remis trouble les espoirs.

Je marche dans les rues de la Cité, l’esprit ancré dans la Terre.

Les déshérités du système, les délaissés, les pauvres, les spiritualités primordiales, les marchepieds sales des trônes de puissance errent à la recherche d’une voix.

Les riches consomment, réfléchissent pour durer, cacher les excès de l’exploitation, dominer pour garantir la survie de leur avantage, ils assassinent de sang-froid.

Je ne juge pas. Je prie pour la Justice et attends l’ordre de fendre par le Sabre.

L’équilibre est dans les mains du Sage.

Le Saint Guerrier, s’humilie pour sacrifier sa vie sur le chantier de reconstruction. Pour que l’Espoir renaisse et que le Royaume progresse.

NkosiSikelel’ iAfrika

Le jour du réveil.

Le Prophète du sud monta à la tribune du congrès de l’Union africaine. Avec un peu d’émotion dans la voix, il prononça ses premiers mots à l’assistance.

« Je me suis permis de reprendre et de modifier le texte d’un de mes pères en matière d’élus attachés à la cause du Peuple. Je me permets de le dire dans sa langue d’expression pour garder certaines nuan-ces.»

I have a Deal

This text is based on “I have a dream” by Martin Luther King Jr. (1929 – 1968) delivered on the steps at the Lincoln Memorial in Washington D. C. On August 28, 1963. His text is universal and eternal.

Five decade ago great Africans in whose symbolic shadows we stand shout for the Independence Proclamation. This momen-tous creed came as a great beacon light of hope to millions of Negro inhabitants who had been seated in the shame of withering economic non-consideration. It came as a joyous daybreak to end the long night of slavery, captivity, and colonialism.

But one generation later we must face the tragic fact that the Negro Africans and Diaspora are still not free. One generation later the life of the Negro Africans and Diaspora is still sadly crippled by the manacles of ignorance and the chains of economic oppression. One generation later the Negro Africans and Diaspora live mostly below the threshold of poverty in the midst of a vast continent of potential prosperity. One generation later the Negro Africans and Diaspora are still languishing in the middle of global economic society and find themselves in exile in their own flourishing civilization. So we have written this today to dramatize an appalling condition.

In a sense we have written from our God’s living revelation about our continent to cast a wealth. When the gods, prophets, and messengers of our religions told the magnificent words of the Laws of Creation, they were telling a promissory pledge to which every human was to fall heir. This pledge was a promise that all believers would be guaranteed the inalienable revenue sharing for their contribution to wealth creation, heydays, and the pursuit of God’s Will.

It is obvious today that Global economy has defaulted on this promissory pledge insofar as its poor believers are concerned. Instead of honouring this sacred obligation global economy has given the Negro people as natural believers a bad wealth which has come back marked “insufficient develop-ment”. But we refuse to believe that the god of simple Love is corrupted. We refuse to believe that there is insufficient development in the great subsoil of this continent. So we have written to cast this wealth — a wealth that will give us upon demand the riches of affirmation and spirituality in simple Love. We have also written these hallowed books to remind Global economy of the fierce urgency of SHARE. This is no time to engage in the luxury of copping out or to take the exciting drug of Afro centrism. Now is the time to open the doors of informal business opportunities to all of God’s children. Now is the time to lift continent from the quicksands of economic non-consideration to the solid rock of common wealth.

It would be fatal for the global economy to overlook the urgency of the moment and underestimate the determination of the Negro Africans and Diaspora. In these ending times the Negro Africans and Diaspora’s legitimate discontent will not pass until there is an invigorating new world of affirmation, revenue sharing, and equality. Twenty-first century is not an end, but a beginning. Those who hope that the Negro Africans and Diaspora needed to blow off steam and will now content will have a rude awakening if the global economy returns to business as usual. There will be neither rest nor tranquility in global economy until the Negro Africans and Diaspora are granted devoting revenue sharing. The whirlwinds of revolt will continue to shake the foundations of our global economy until the bright day of simple Love emerges.

But there is something that I must say to my people who stand on the new initiation which leads into the Black Kingdom of simple Love. In the process of gaining our rightful place we must not be victims of painful past. Let us not seek to satisfy our thirst for affirmation by drinking from the cup of war and terrorism. We must forever conduct our struggle on the high nobleness of competition and affirmation. We must not allow our traditional cults to degenerate into spiritual violence. Again and again we must rise to the majestic heights of meeting mystical force with soul force. The marvelous new personal accomplishment which has engulfed the Negro Africans and Diaspora community must not lead us to distrust of all economically dominant people, for many of our asian brothers, as evidenced by their quote here in these words, written to realize that their destiny is tied up with our destiny and their affirmation is inextricably bound to our affirmation. We cannot walk alone.

And as we walk, we must make the commitment that we shall march ahead. We cannot turn back. There are those who are asking the devotees of economic revenue sharing, “When will you prevail?” We can never prevail as long as our bodies, heavy with the fatigue of jobbing, cannot gain experience in the skill of the career path and be the asset of the major companies in the economy. We cannot be satisfied as long as the Negro Africans and Diaspora’s mobility is from a homeland poor neighborhood to a broad suburb one. We can never be satisfied as long as Negro Africans and Diaspora in homeland cannot trade and Negro Africans and Diaspora in the western cities believe they have nothing from which to trade. No, no, we are not satisfied, and will not be satisfied until simple Love cools down like calm water and leans intention like a mighty stream.

I’m not unmindful that some of you have been reading this out of great trials and tribulations. Some of you have to overcome past from narrowing debt. Some of you have to overcome from competency areas where your quest for affirmation left you battered by the storm of collusion and staggered by the winds of enterprise discrimination. You have been the warriors of tradition struggle. Continue to walk with the faith that unearned struggle is not an achievement.

Go back to Africa, go back to the West Indies, go back in the Caribbean, go back in Oceania, go back to the slums and neighborhoods of northern cities knowing that somehow this situation can and will be changed. Let us not follow the patterns of the unfair competition.

I say to you today, my friend, that in spite of difficulties and frustration of the moment I still have a deal. It is a deal deeply rooted in the global economy deal.

I have a deal for our efforts that this continent will rise up and live out the true meaning of its creed: “Each Human is important to God.”

I have a deal for our efforts that on the Caribbean islands the sons of former slaves and the son of former slave owner will be able to sit down together at the table of common wealth.

I have a deal for our efforts that even in the homeland of Africa, an overexploited land sweltering by the heat of economic non-consideration and oppression, will be transformed into an oasis of affirmation and simple Love.

I have a deal for our children that their efforts will lead to a continent where they will not be judged by the dogma of their religion but the deepness of their spiritual accomplishment.

I have a deal for our efforts.

I have a deal for our efforts that every destiny should be exalted, every block and spell shall be healed, the rush place will be made calm, and the corrupted place will be made clean, and the glory of the Lord shall be revealed, and all flesh shall see it together.

This is our hope. This is the faith with which I return to my Ancestors. With this faith we will be able to hew out of the block of happiness a vital force of Life. With this faith we will be able to transform the jangling discords of our continent into a beautiful symphony of common wealth. With this faith we will be able to walk together, to work together, to struggle together, to pay our debt together, to stand up for affirmation together knowing that will be dominant by our efforts.

This will be our effort results when all of God’s children will be able to dance with a new meaning “Independancechachatozui e; O Kimpwanzachachatubakidi; O table ronde chachababagner o; O upandachachatozui e”

And if global economy is to be a great system, this must become true. So let affirmation flow from the prodigious Zulu kingdom. Let affirmation flow from the mighty Empire of Mali. Let affirmation flow from the heightening Congo Kingdom. Let affirmation flow from the Ashanti empire.

Let affirmation flow from the memory of Ethiopian Kings.

Let affirmation flow from the memory of Egyptian and Nubian.

But not only that; let affirmation flow from the memory of Haïtian liberator.

Let affirmation flow from the memory of resilient African slaves.

Let affirmation flow from new leaders, communities, and wisemen. From every hedge of material possession let affirmation flow.

When we let affirmation flow, when we let it flow from every village, every hamlet, from every state and every city, we will be able to speed up our efforts when all God’s children, poor men and rich men, market financier and economist, believer and nonbeliever will be able to join hands and dance in the word of the African Nation chant:

“Nkosi sikelel’ iAfrika Maluphakanyisw’ uphondolwayo” (Lord bless Africa. Let its horn be raised).

Le petit prophète du sudrajouta, posantsa main sur le sol puis la mettant sur son coeur: “I’m black like the sand in my hand but I’m in the heart of God.”

Le coup de feu parti en même temps que le tonnerre d’applaudissement et la foule levée et enthousiaste acclamant l’orateur.

La balle atteint le cerveau; le centre de commandement de toute cette aventure. Le prophète du sud s’effondra avec le rêve noir de voir de ses propres yeux les fruits de son œuvre se matérialiser. Pendant combien de temps encore devait-on assister à l’assassinat de nos prophètes. Une fin attendue et une fin entendue. Les forces obscures se montraient toujours aussi lâches mais Dieu demeurait Audient, Omniscient et Omnipotent. Le mouvement était lancé. Et malgré la foule se dirigeant en désordre vers les issues de secours, l’Esprit du combat descendait, impalpable dans les cœurs. Un autre martyr. C’en était trop.

On était trop prêt du but pour revenir à porter le joug de la domination extérieur.

Pour l’heure, il fallait fuir la salle.

La nouvelle était dans les média. Le Peuple médusé regardait à l’écran la page de publicité, plutôt ironique dans le contexte, vanter les mérites des produits d’un sponsor de l’évènement. Une réussite entrepre-neuriale qui faisait dire qu’on n’avait pas tout perdu. Le continent était en marche et la lumière du Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle ne s’éteindrait pas là…

*** *** ***

L’âme atteint le séjour des morts.

Les deux anges Nakir et Munkir questionnèrent: « Qui est ton Seigneur? Quel est ta religion? Quel est ton Sceau? Quelle est ta Quibla?

— Mon Seigneur est Dieu qui s’est révélé à moi en tant que Vie à travers le Temps et la Providence. Ma religion est celle de la Correction des Attitudes vis à vis de Dieu; mon Sceau est celui du Mahdi, Grand Ami du Peuple de l’uniforme, du sang et de la Voie Noire; ma Quibla est celle de la Nature Simple de la Vie et de l’être, source de paie et de paix. J’y prie un Dieu d’Amour de Simplicité qui a entendu les cris d’un Peuple et m’a suscité au nom de « l’a-guère» avec la bonne nouvelle d’une richesse et d’une fierté sans fin à travers la spiritualité. NkosiSikelel’ iAfrika, Que Dieu bénisse l’Afrique!

13 rois (15), dont l’un a quitté la mémoire du peuple pour sa cruauté, retracent l’héritage d’un royaume. Un des exemples sur lequel se baser pour la lutte de fondation et d’essor du royaume abritant le Peuple d’uniforme et de sang noir…

« Gbetolovivè do Mawu si noukun »

SURÉROGATOIRE
Exhortation et mémoire

À un Peuple qui n’a jamais oublié son histoire, une civilisation fière qui a maitrisé l’Énergie, a connu la Conscience, dominé par le Livre et transmis par la Parole. Une civilisation spirituelle, croyante et informelle. Ce Rappel des Élus qui ont combattu sur la Voie et qui se rappellent par ma voix au Peuple appelé à se réveiller, à se lever, à s’affirmer. Sur eux tous la Paix et le Salut.

Au nom d’Allah, Le Juge, Le Sage. Qu’Il soit exalté.

Par son fidèle messager Seydina Mustapha. Maître des Hommes. Sur lui la Paix et le Salut.

Par Saïda Maryam. Honorée parmi toutes les femmes de l’Univers. Sur elle la prière et le Salut.

Par son messie Seydina Issa ibn Maryam. Sceau de la sainteté universelle. Xa yehwenou é

Par le père des Hommes Seydina Adama. Sur lui la Paix et le Salut. Xa yehwenou é

Aux théophanies et Seigneurs. Khnemu, Mawu, Nzambe, Guéno, Olodumare… Soyez glorifiées.

Aux dieux, hommes ayant atteint l’état divin d’accomplissement. Obatalà, Yemaya, Chango, Eleggua, Ogoun, Ochún… Soyez invoqués dans la Soumission à Dieu.

Aux Pharaons soumis et leurs Ka. À la Reine Assia, la princesse Hagar et Tsipopora. Je prie Dieu pour vous.

Aux rois et reines serviteurs soumis ou convertis. La Reine de Saba, Hannibal, Caracalla, Osei Tutu, Soundiata Keita, Kankan Moussa, NzingaAkuvu, Anna Zingha, Shaka, Agadja, Behanzin… Je prie Dieu pour vous.

Aux prophètes et prophétesses. Luqman, Kimpa Vita… Je prie Dieu pour vous.

Aux saints, pieux et martyrs. Cheikh Ahmed Tidjani, El Hadj Omar Tall, Cheikh TiernoBokarTall, Cheikh Amadou Bamba, Saint Kizito, St Charles Lwanga et Compagnons martyrs, bienheureux Cyprian Michael Tansi, Sainte Joséphine Bakhita, Sainte Clémentine Anuarite, martyre, Cardinal Bernardin Gantin… Sur vous la prière.

Aux indépendantistes et combattants de la liberté. Muhammad Ahmad ibn Abd Allah Al-Mahdi, Jean Jacques Dessaline, Toussaint Louverture, Dumas… Je prie Dieu pour vous.

Aux visionnaires politiques et panafricanistes. Garvey, Sélassié, Lumumba, Nkrumah, Cabral, Nyerere, Modibo Keita, Sankara, Tutu, Mandela… Je prie Dieu pour vous.

Aux chantres, artistes de la négritude et intellectuels engagés. Marley, Césaire, Anta Diop, Soyinka, Kourouma, Hampaté Ba, Makeba, Matoub, Akendengué… Je prie Dieu pour vous.

A la nouvelle génération d’acteurs économiques, guides spirituels et leaders d’opinion. Je prie pour vous.

Aux ancêtres. A KAKPO et KANONGBO. Je prie pour vous.

À ASSOUKA, Spora et Fanta. Priez pour eux.

« Nous avons un devoir de mémoire, un droit au combat. »

 

Bas reliefAssouka

Le Point représente Dieu. Selon la Mystiques soufis, le secret du Coran repose dans la sourate al-Fatiha, le secret d’al-Fatiha repose dans la Bismillah, la quintessence de la Bismillah est la lettre Ba et le point en dessous du Ba recèle tout l’univers.

Le point est aussi un œuf blanc symbolisant la Tradition transmise depuis la nuit des temps et déclinée selon les époques et les peuples.

La lune et le soleil ont été adorés par analogie par le passé. Comme le dit le proverbe zen: « Lorsqu’on vous montre la Lune il faut regarder celle-ci et non le doigt qui la montre». Il en est de même ici pour le point dans ce bas-relief.

La Calebasse représente la Sagesse. Elle forme un corps (enveloppe/métier) et un sang (contenu/esprit). C’est la matrice de la Vie qui navigue sur l’eau divine qui se repose. Son ennemi est le feu (Stress) accompagnant les Passions.

Le bol représente l’Innovation. Le bol est la réplique artificielle de la Calebasse. Il n’a pas besoin d’être entretenu et ne vit pas de lui-même. Il est figé dans le temps jusqu’à son recyclage (par Rappel).

La Calebasse est vivante et le bol artificiel. La Calebasse est dynamique et le bol plastique. Tous deux coexistent dans cette ère.

Le Bâton est l’attribut du pouvoir (Justice). Il est aussi le support pour la marche et le combat et un guide pour une croissance droite de l’arbre. Le bâton a le pouvoir de détruire la Calebasse ou de la protéger. Il symbolise les segments finis du Temps infini. Il donne droit en tant que vicaire du Maître du Temps. Le bâton (Djo) est la version pacifique du Sabre (Ken), arme du vicaire. Le Bâton est le niveau d’équilibre entre le Ciel et la Terre.

Le tout forme à la fois, une balance à mesurer, un bras de levier bidirectionnel, un pendule à l’équilibre et un sexe masculin renversé et modérément levé qui pointe vers nous et un sexe féminin à la barre porteuse de l’utérus abaissée. Ce dernier point insiste sur le changement de rôle entre l’homme et la femme et sur l’importance du contrôle des naissances compte tenu de la réserve de ressources sur Terre et dans le vieux Monde. L’absence de croix dans la symbolique du sexe féminin (absence d’une barre verticale) montre que les femmes s’affranchissent du besoin du sexe opposé pour vivre, d’où l’abaissement de la fertilité. Ceci est aussi une invitation à la séclusion volontaire pour les croyantes voulant se préserver des turpitudes. De son côté l’homme se voit renvoyé vers une mission de spiritualité plus profonde (point blanc à la place de la barre verticale). Les femmes soutiennent matéri-ellement le couple et ne garantissent plus ni la justice, ni la sagesse; l’homme est la référence spirituelle de la famille et moins dans un rôle de procréation. La monogamie est recommandée, la bigamie autorisée et la prostitution demeure équivoque.

« ASSOUKA, équilibre entre le vieux Monde et la Terre, est maintenu dans le temps par Dieu, seul Juge et seul Sage. »

 

Attitude, Correction, Simplicité et Modération θ ARNAUD SEGLA

Attitude, Correction, Simplicité et Modération θ ARNAUD SEGLA

Attitude, Correction,
Simplicité et Modération
ARNAUD SEGLA

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Segla, Arnaud, 1978
Attitude, Correction,
Simplicité et Modération
ISBN KDP: 9781790662791

Textes en français et en anglais.

1. Entrepreneuriat. 2. Entreprises appartenant à des minorités. 3. Minorités dans les affaires. I. Titre.

HB615.S435 2018 338′.04
C2017-940408-3F

Dépôt légal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2018 Bibliothèque et Archives Canada, 2018

Maquette et mise en pages: ASSOUKA
Photo de couverture © mavoimages
Conception couverture: Amrane Salah
admin@thewisemencouncil.com.
 

“Chaque Homme est important
aux yeux de Dieu”

Le Québec a une chance de développer un modèle interculturel unique, un modèle par inclusion, à l’instar de l’Ontario et en marge des modèles multiculturel américain par libéralisation et « monoculturel » français par assimilation. Il faut pour cela qu’on accepte de se dire, partager et de confronter nos réalités identitaires pour construire ensemble sans accommodement mais avec entendement. Choisir de s’affirmer avec une identité ethnique, et sans clivage de race, c’est choisir de donner une chance à l’instauration de rapports honnêtes dans le monde des affaires et la société civile. Les villes sont à présents les espaces de vies de référence de taille humaine et que ce soit les Cités accueillant actuellement les flux migratoires en occident (pour ce qui en reste encore) et les futurs Villages économiques dans les pays qui en sont sources (pour le moment) la problématique reste d’offrir un accès équitable aux ressources à toutes les couches de la population pour garantir le pouvoir, la présence, la paix et la paie des communautés qui y résident.

« Vivre ensemble dans l’équité de l’accès aux ressources financières est le défi qui nous incombe de relever pour accomplir l’Histoire. »

Sommaire
Introduction 11
Avant de commencer 13
ATTITUDE 15
Le renouveau économique noir par la correction des attitudes. 15
La théocratie ou comment renouer avec la tradition africaine du pouvoir. 16
Un rôle économique primordial pour la femme 20
S’engager dans la construction du continent par l’abandon des crimes rituels 22
La voiture noire 25
Afrique : l’essentiel n’est pas de s’unir mais d’avoir un adversaire commun. 25
Le tapis 27
Faites place aux femmes! 28
Pour une restauration du modèle spirituel Noir. 30
Les Cell. de la Terre 31
Vaincre par la diversité 33
Comme une ôtée… 35
Ne nous trompons pas de combat! 39
Le pouvoir de nos mains 41
Je me souviens 44
Je vous invite à vous enrichir 46
Réapproprions-nous notre Futur économique! 49
Le Soutra de Kama. (Kama’s Sutra) 52
L’hospitalité a quel prix? 56
Keeping the informal spirit of community organizations 58
Doit-on choisir de s’engager à utiliser le Bitcoin pour remplacer le Franc CFA? 60
« Black lives » mateur 62
Le Cri des Calebasses est à l’horizon… 64
Vaincre par la force des âmes 68
Le fait ethnique n’est pas le fait racial 72
N’ayons plus peur de reconstruire… 75
C’est un combat d’Hommes 78
Un conte pour changer… 80
CORRECTION 84
Écrire! 84
Évaluation des risques, utilisez un tableau! 86
Le tableau de bord, un outil essentiel! 89
Technologie, la maitriser c’est s’affirmer! 91
Éduquez vos clients et impliquez les! 92
Crédit ou flexibilité? 93
Maîtriser la portée: silence et tempo 95
7 attitudes pour être sûr de ramollir votre cerveau 96
Service à la clientèle et relation client. Un défi pour les commerces ethniques 99
Et si vous deveniez entrepreneur(e)? 101
– Partie 1: de façon informelle 101
Pourquoi voulez-vous proposer cette activité? 102
Quel niveau de ressource êtes-vous prêt à investir? 102
Jusqu’où êtes-vous prêt à aller? 103
Et si vous deveniez entrepreneur(e)? 104
– Partie 2: de façon formelle 104
Ne masquez pas votre incompétence trouvez votre zone de confort 106
Kit de survie pour entreprendre de façon informelle 107
Foire aux caricatures de l’entrepreneur(e) ethnique 112
Les Sphères d’efficience, entre incubateur, cluster, coopérative de solidarité ou GIE 116
La guérilla marketing, atout ou lacune stratégique? 119
Ne laissez pas votre attitude nuire à votre talent… 121
Trouvez l’équilibre entre votre planification et vos attentes 122
L’engagement moral vis-à-vis du client, une vision à long terme 123
5 axes pour faire face aux échéances 124
De bonnes raisons pour laisser des traces de votre travail 127
Comment promouvoir ses affaires sans polluer les espaces de vente? 130
L’entente client-entrepreneur. Comment clarifier le contenu d’un service 133
Le Gemba de l’entrepreneur. La conscience quotidienne de l’effort 134
Comment composer le prix de mes produits ou services? 136
I. Décrire le processus de production 137
II. Établir le prix de vente nominal 137
III. Présenter le prix au client 138
Comment faire de l’argent avec votre idée d’affaires? 140
Où sont vos clients? 142
Check-list de lancement; L’information minimale à avoir 144
Comment survivre à une activité de réseautage? 148
A la recherche des expertises… 152
Pourquoi produire de la qualité et non à la perfection 154
SIMPLICITÉ 157
Comprendre l’accueil et l’integration de la main d’oeuvre immigrante au Québec 157
Comprendre l’accueil et l’integration de la diaspora de retour dans les terres mère 159
Comprendre le Systeme de Marche d’Integration 161
MODÉRATION 164
La mondialisation n’existe plus! 164
Le miroir 165
Les fonds du problème 166
Gestion de projets: de la science à l’inconscience… 168
Conversion du consommateur. Faut-il contres faire ou pros mouvoir? 169
Faites place aux femmes! 171
Financement d’entrepreneurs ethniques, entre désillusion et débrouillardise 173
Les 4 E ou le mix de l’entrepreneuriat ethnique 175
Engagez-vous! 178
L’Attitude fait la différence 180
Croire et commencer petit 181
Le sommeil des Lions 183
Se vendre ou promouvoir sa communauté? 185
Si l’Afrique ne s’éveille pas, le Monde tremblera… 188
Pourquoi tester votre projet d’affaires par un concours 190
Immigrants, les malles aimées du système 191
Vaincre la peur de se lancer 194
Quelles perspectives pour l’entrepreneuriat ethnique à l’horizon du Papy-boom? 197
Pourquoi fuir l’argent que nous voulons gagner? 199
Je me souviens 201
Ce dont les entrepreneurs ethniques peuvent se rappeler avant de faire leurs classes… 203
Entrepreneuriat ethnique: il y-a-t-il vraiment encore un intérêt? 206
Sans peur ni honte 207
Donner un sens à ses actes 209
Déboucher les filières ethniques et informelles 211
Pour une autonomie durable après le renforcement de capacité 213
Pour la permanence du sentiment ethnique 214
Votre corps voue le dit 217
Une main d’œuvre de qualité 218
Du Système à l’Attitude économique 220
La lampe et le phare 221
Et si la Diaspora refusait l’intégration? 224
Le Leader cheap 227
L’art de la modération 229
Vers l’avènement de l’économie en religion et de l’informel en philosophie… 231
Conclusion 235
Dans notre collection 236
Collection Développement Économique: 236
Collection Identité Ethnique: 239
Collection Développement Durable: 239

Introduction

Ceci est recueil d’articles d’exhortations pour la communauté d’entrepreneurs ethniques (sans distinction de race) afin qu’ils puissent avoir divers éléments comme base de méditation et d’action ainsi qu’une introduction au dévoilement du contenu doctrinal de la Méthode Ka à venir…

Fait en quatre parties et s’attelant à l’habilitation au métier d’entrepreneur et la sensibilisation des communautés, ce recueil marque un aboutissement dans la vision des membres de The Wisemen Council et un jalon pour le déploiement de notre projet avec le même désir : valoriser l’identité ethnique de l’acteur économique pour lui permettre de s’affirmer son éco système local, régional ou international.

• La première partie Attitude porte sur des pièces de notre vision du renouveau Africain
• La deuxième partie Correction porte sur des pièces de notre pratique de l’entrepreneuriat
• La troisième partie Simplicité porte sur des pièces de notre synthèse de l’inclusion
• La quatrième partie Modération porte sur des pièces de notre philosophie communautaire

Nous construisons ensemble, autant se faire se peut, des sociétés où la paix sociale réside dans l’accueil, l’inclusion et des trames d’immigration dans le tapis divin notamment par l’accès équitable aux ressources comme l’emploi, la santé et l’éducation avant même de parler de répartition des revenus de la production commune.

Ce recueil est le fruit d’un travail de 4 ans de composition qui appelle logiquement à cette fois-ci à une autre forme de témoignage. Ce manuel est votre façon de contribuer à notre projet de définition d’un modèle informel africain pour accompagner l’évolution des économies, sous l’influence de la finance libéral, pour remettre l’Homme au centre de la préoccupation des gouvernants.

Si certains passages vous semblent redondants c’est que vous avez commencé votre processus d’apprentissage et de changement. Passez alors à l’action!

Avant de commencer

Je me présente. Arnaud Segla M. Sc., M. Sc. A., CAPM. Consultant spécialisé dans l’entrepreneuriat social, ethnique, informel et numérique au Canada, en Europe et en Afrique. J’organise et anime des activités d’apprentissage et accompagne plusieurs entrepreneurs notamment. J’ai initié une réflexion et une étude en économie et en management sur une nouvelle méthode et approche d’exercice du métier d’entrepreneur en vue d’un accomplissement en affaires plus complet.

Je suis auteur avec une ligne éditoriale dans l’identité ethnique et le développement économique. Avec l’expérience, j’ai développé plusieurs plateformes que je propose comme outil aux entrepreneurs ethniques notamment une spécialisée dans l’intelligence économique à travers le profil de « Share Wisers ».

Un Share Wiser se définit comme professionnel polyvalent et multidisciplinaire qui facilite l’échange d’information et la circulation de flux monétaires entre les parties prenantes d’un projet ou d’une initiative économique. Il accompagne le développement du produit ou du service jusqu’à son terme de vie. Il concilie les écarts entre les approches et harmonise les processus avec les innovations. Le Share Wiser peut assurer le contrôle des projets ou les gérer. Il est responsable de la promotion du projet ou de l’initiative économique. Le Share Wiser est un profil et une réalité qui est proposée au sein de l’univers de la Méthode Ka développpé par The Wisemen Council.

The Wisemen Council (le conseil des sages) a été créé en 2009

The Wisemen Council est une image tirée d’une tradition Africaine dans laquelle les difficultés de la communauté étaient résolues en réunissant les plus anciens en conseil pour leur donner l’occasion de trouver une solution adaptée. Nous partageons la Sagesse, une forme de Sagesse universelle qui peut être un moteur pour notre façon de faire des affaires. Le mot ”Sages” vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

The Wisemen Council (le conseil des sages) a pour ambition de franchiser des communautés de consultants mobilisés par projets et œuvrant dans divers domaines de l’administration des affaires et des sciences techniques. Ils mettraient en avant leurs compétences pour accompagner les promoteurs de projets dans la mise en place de leurs idées ce, de l’intuition à l’accomplissement. Nos consultants font déjà appel à de nombreux savoir-faire dans des corps de connaissance aussi variés que la finance, la gestion de projets, la traduction, la rédaction technique, la production de contenu web etc.

The Wisemen Council (le conseil de sage) est né du désir de répondre aux besoins croissants en compétences transversales pour gérer les projets et compléter les compétences des entrepreneurs. The Wisemen Council (le conseil des sages) appartient au secteur canadien du « service de conseil en gestion et conseils scientifiques et techniques » avec une forte concentration d’activité dans le domaine de la gestion de projet et l’ingénierie d’affaires appliqué à l’entrepreneuriat.

« Nos projets accomplissent vos idées. Transcendez vos affaires ! »
www.thewisemencouncil.com

ATTITUDE

Le renouveau économique noir par la correction des attitudes.

Le monde de l’entrepreneuriat est connu pour avoir un impact positif sur l’économie mondiale mais en même temps, il recèle un certain nombre de défis pour le bassin ethnique noir qui peine à pouvoir s’y affirmer. La dynamique de création d’entreprises pour bâtir une indépendance financière est à présent bien ancrée dans les esprits en réponse aux barrières à l’employabilité et d’intégration dans les pays d’accueil de mains d’œuvres qualifiés en provenance des « sud ». C’est ce qui définit l’entrepreneuriat ethnique. Que faut-il donc attendre de ces acteurs économiques pour faire aboutir leurs efforts et investissements ?

Les réponses faciles et justifications face à cette question ont trop souvent donné lieu à une série de plaintes sur les lacunes et désavantages du terrain ou hérités des faits historiques : manque d’information, manque de ressources, manque de représentation dans les lieux de décisions etc. La liste peut être longue quand le malaise éprouvé voile les raisons profondes qui gangrènent l’affirmation, la compétitivité et la performance de l’entrepreneuriat ethnique noir et au-delà l’expertise professionnelle noire. Le monde des affaires et le marché de l’emploi sont, ainsi, les jaugeurs actuels du principal combat de la civilisation négro africaine : l’attitude.

Au moment où une manne financière se rend à nouveau disponible pour le peuple noir et sa diaspora, l’absence de réalisme et l’incapacité à afficher une disposition intérieure d’ouverture ainsi qu’un comportement adéquat retarde la récolte des bénéfices attendus d’une croissance soutenue : création de richesse, de valeur et construction d’un Inc. solide et solidaire. Investir dans l’éducation et la sensibilisation des acteurs prendrait trop de temps et le résultat ne serait pas garanti. Changer les esprits est parfois aventure qui demande de puiser dans des éléments traumatisants pour forcer l’individu à sortir du confort de sa léthargie et de sa passivité. L’électrochoc souhaité pour initier des prises de conscience est sans doute dans la menace mâle d’une importante annihilation socioéconomique en cours. La démarche de correction est simple et ne demande aucun autre investissement que la volonté de changer face à un risque qui peut être insidieux dans sa forme et pernicieux dans le fond. Il y a quelques années déjà, la crainte de l’acculturation du peuple noir n’a pas empêché les flux migratoires économiques dont beaucoup d’élites et contemporains en sont le fruit sans pouvoir retrouver l’équilibre traditionnel perdu mais en capitalisant sur l’enrichissement des expériences de vies outre-mer.

L’exhortation est donc claire : La correction des attitudes humaines est essentielle pour maintenir la présence du peuple noir à titre de contributeur incontournable à l’économie mondiale par ses ressources et sa créativité. Se cantonner à un rôle de consommation est la garantie de la disparition d’une longue tradition commerciale (souvent informelle) issue d’une civilisation qui a démontré sa richesse passée et dont la résurgence est à présent amorcée.

La théocratie ou comment renouer avec la tradition africaine du pouvoir.

Le climat délétère institué par les conflits et exactions pour motifs religieux et les influences sur l’opinion publique ne permet pas de parler de théocratie avec toute l’assise nécessaire pour faire passer le message. Il me semble cependant important de souligner quelques aspects de nos racines qui font défaut à notre identité politique en tant que peuple noir vivant sur le continent et dans les lieux d’établissement de sa diaspora.

L’état de maturité spirituelle de l’humanité est marqué par une personnalisation des messages divins et des quêtes d’accomplissement par des voies spécifiques qui ont fait leur place en marge ou dans le sillage des traditions de révélation monothéistes. La mise à disposition d’une quantité importante d’information relayée par des blogs, forums ou réseaux sociaux a permis à une génération édulcorée ou enrichi (selon le point de vue) par le métissage issu de sa migration économique, de se réconcilier avec sa civilisation et son passé culturel. A défaut de passer les étapes d’initiation traditionnelle souvent offerte à ceux vivants sur la terre mère, les membres de la diaspora peuvent recréer à présent une base de connaissance longtemps voilée, violée ou désavouée par d’autres sensibilités ethniques.

L’Homme noir caractérisant cette résurgence culturelle est soit bien établi dans une spiritualité éclairée ou dans une connaissance historique dépendant de son travail personnel de recherche. La civilisation noire est formée de peuples naturellement croyants dont l’animisme a toujours été le fondement originel avant d’avoir connu des déviances fâcheuses ou de se mêler aux influences issues d’autres religions monothéistes. Oui, l’animisme est une forme de monothéisme marquée par le polymorphisme des manifestations et attributs voire de certaines théophanies. A défaut d’avoir, à titre de vicaires, des prophètes, des messagers, des saints répertoriés dans des livres révélés ou composés, le peuple noir a gardé la trace de dieux, de nombreux moniteurs et élus dans sa tradition transmise par l’oralité. La parole pouvant être considéré ici, symboliquement comme un sang qui uni et alimente plusieurs corps générationnels (logique de diffusion verticale) ou ethniques (logique de diffusion horizontale). Ce grimoire immatériel a été associé à une attitude de soumission à une hiérarchie politique en lien avec le culte au Dieu unique et au respect des lois cosmiques et naturelles. Avant de rentrer dans le panthéon des dieux d’une communauté le moniteur envoyé par Dieu était l’intermédiaire privilégié pour réaliser des actions au nom du Dieu unique pendant son séjour terrestre. Ceci a bien souvent créé la confusion dans l’esprit des croyants qui ont perdu de vue la simple qualité d’intermédiaire tenue par le dieu ou moniteur agissant à titre d’instrument de l’action divine et qui ont perpétué l’attachement aux services rendus par le dieu sans s’en remettre à la souveraineté du Dieu unique.

Cette soumission au représentant légitime du pouvoir et récipiendaire des attributs divins a longtemps garanti la stabilité de plusieurs royaumes, états ou autres divisions politiques par le passé. Elle a également, selon moi, détaché le peuple de l’intérêt de s’impliquer dans l’alternance politique au sommet de l’état. La volonté de Dieu s’appliquant sans doute par le biais de la lignée de ses vicaires qui se mettent à son service et agissent par autorisation et permission.

Avec l’avènement de la démocratie et l’exacerbation des conditions économiques et de vie, le peuple est devenu la proie de convoitises et le siège d’influence dans les stratégies géopolitiques. Les nouveaux leaders politiques tirent profit de ces attitudes naturelles pour influencer le cours de l’exercice du pouvoir dans les nouveaux états apprenant le suffrage universel. Les leaderships naturels des représentants ethniques sont mis en opposition sans que le débat soit porté sur le contenu des programmes. Le tribalisme devient un héritage difficile à refaçonner pour des peuplades rassemblées arbitrairement dans des pays tracés à la faveur d’une conférence où ces réalités ont été le jeu de desseins sans grands traits d’humanité. Autre difficulté de l’éco système politique de nos régions, trop souvent attachées à leurs patrimoines culturels, la multiplication des groupes armés qui servent des causes ou des intérêts exogènes. Ce phénomène présent depuis le temps des indépendances a la vie dure tant la main mises sur les richesses du sous-sol implique de s’assurer un relais fiable pour en favoriser l’exploitation. Ces groupes armés, dont les activités engendrent de nombreuses victimes et déplacements, ne doivent pas être associés aux fils légitimes du pays mais à l’extension d’une influence impérialiste qui se sert des réalités ethniques pour tirer profit des insatisfactions et mauvais passages de témoins dans l’exercice du pouvoir.

L’Homme noir caractérisant la résurgence culturelle doit donc pouvoir puiser dans son identité actuelle (au sens de réelle) et sa spiritualité pour définir une nouvelle façon de percevoir le jeu politique basé sur la légitimité des candidats et des institutions constitutionnelles. La longévité au pouvoir n’est pas plus à craindre que les effets pernicieux des règnes sous le sceau de l’enrichissement personnel et des dérives abusives telles la corruption et l’impunité. L’alternance doit être vue comme une opportunité de renouveler le pacte de stabilité du pays entier en donnant l’occasion à chaque sensibilité ethnique d’enrichir la construction du patrimoine patriotique.

L’élu politique légitime et théocrate est à reconnaitre pour ce qu’il représente en matière d’investissement en pouvoir divin par-delà les clivages ethniques et dans le sillage d’une longue tradition de soumission à la hiérarchie guidée par Dieu.

L’avènement de cette nouvelle forme de théocratie est de la responsabilité de l’engagement mature du peuple qui votera selon la perception spirituelle dans la plus grande tolérance religieuse, qui nous caractérise, et sans opposition viscérale. La paix sur le continent implique, selon moi, de renouer avec les systèmes politiques qui ont longtemps garanti la stabilité dans l’histoire de notre civilisation mythique qui a tant influencé le monde.

Un rôle économique primordial pour la femme

« La femme est le pilier des sociétés traditionnelles et l’émancipation vers des réalités contemporaines en tant que seul accomplissement individuel sans profit pour le groupe ou le foyer fragilise la transmission du patrimoine humain. »

C’est sur ce constat simple sur l’importance de la femme dans la société en tant qu’indicateur de l’évolution des modes de vies que j’ai entrepris mon observation sur le rôle de celle-ci au cœur du développement économique des communautés ethniques.

Il a été longtemps question de revendiquer puis de d’affirmer les libertés auxquelles avaient droit les femmes dans le cadre de la définition d’un nouvel équilibre au sein du modèle traditionnel des ménages. L’avènement de mouvements qui ont porté ces causes a refaçonné la vision des rapports et des enjeux pour les communautés. En moins d’un siècle, la femme est devenue est acteur incontournable de l’économie des pays tant par sa contribution financière au sein des foyers que par importance dans la prise de décision sur la consommation, l’épargne ou l’investissement. Avec l’accès au monde du travail et de l’entrepreneuriat et un effort consenti pour une meilleure représentation à la tête des structures économiques, l’impact de la femme y est une réalité implicite qu’il reste à refléter dans les chiffres.

On est passé d’un combat pour plus de liberté vers une meilleure affirmation stratégique et une plus grande influence sur la prise de décisions au nom du groupe. Les réalités économiques pesant sur la définition classique du rôle de l’homme, en tant que support en matière de ressources, ne permettent plus qu’il assume les besoins et risque en gestion d’une initiative commerciale voire d’un foyer tout simplement. La femme devient essentielle pour exercer un rôle qui dépasse le cadre du simple associé secondaire mais bien d’un pilier majeur. Sur le plan social, l’indépendance financière comporte certains risques inhérents à la remise en question de la complétude naturelle et donne un nouveau profil aux communautés. Rien qu’au Québec en 2001, il y avait plus de 335 595 familles monoparentales, avec plus de 500 000 enfants, soit une famille sur quatre (27%), et 267 570 d’entre-elles (près de 80%) étaient dirigées par une femme. On le voit donc la femme à elle seule constitue un moteur de l’économie des communautés et au-delà des pays.

Dans l’économie informelle et l’entrepreneuriat ethnique, la femme a démontré un réalisme à toute épreuve dans l’élaboration des projets d’affaires qui détonne avec la courante sophistication des idées masculine et rencontrent un accueil favorable des investisseurs individuels ou institutionnels par la garantie sur le sérieux de la gestion et sur la durabilité. En 2011, environ 950 000 Canadiennes travaillaient à leur propre compte, d’après l’Enquête sur la population active de Statistique Canada. Entre 2001 et 2011, le nombre de travailleuses autonomes a augmenté de 23 %, contre 14 % pour les hommes. En 2012, les femmes étaient propriétaires, en totalité ou en partie, de 47 % des petites et moyennes entreprises, selon Services économiques TD. Cette étude a également constaté que les femmes ont tendance à rester en affaires plus longtemps que les hommes et sont plus susceptibles de planifier l’expansion de leur entreprise.

C’est donc dans l’ère du temps que des réalités servantes soient amenée à engendrer celles qui ont longtemps été maîtresse. Le nouveau véhicule de création de richesse et de valeur passe par le sentiment d’affirmation de la femme qu’elle a cultivé à travers des années d’expérience de lutte. La nouvelle attitude d’affaires implique de répartir judicieusement les responsabilités de la stabilité financières entre partenaires et d’inviter à une émancipation de l’homme en tant pionnier dans la définition d’un nouveau sens pour l’humanité.

S’engager dans la construction du continent par l’abandon des crimes rituels

Le monde mystique ou plus prosaïquement spirituel est marqué par des étapes de cheminement et développement menant à des stations où l’on bénéficie des fruits de sa progression. C’est comme un voyage ou chacun peut suivre une voie qui lui correspond et qui doit l’accomplir. Des écoles initiatiques toutes sensibilités confondues peuvent prendre le relais de l’appel reçu par l’individu et le guider à travers la recherche du sens de son existence. Ce type de quête a depuis la nuit des temps fait apparaitre des profils typiques, le plus souvent opposés : héros et antihéros. L’un recevant l’aval des dieux ou de Dieu pour sa sincérité et l’autre allant de tribulations en tribulations dans son refus d’accepter son sort de profane et simple transmetteur de la vie. La tradition orale et la littérature populaire regorgent de récits qui rappellent ces principes.

L’ère idéologique dans laquelle nous entrons à des moments que certains appellent communément « fin du monde » ouvre l’humanité sur de nouvelles réalités qui sont appelés à faire notre quotidien et celui des générations futures jusqu’au prochain terme. C’est l’occasion de voir certaines prophéties se réaliser dans le cadre du passage de témoin des mondes, civilisations et peuples. C’est une évolution naturelle qui permet à la vie de se perpétuer et de s’adapter à l’environnement de production (Gn 3.19). Que garder des héritages et pratiques ancestrales lorsqu’elles ne font plus partie de celles consacrées correspondant à la saison spirituelle du moment?

Plusieurs envoyés et élus ont par le passé rencontré l’opposition des populations qui étaient réticentes à abandonner des pratiques ancestrales dans lesquels elles trouvaient leur confort. C’est un classique mythique. La « nouveauté » perçue du Message des élus était bien souvent un rappel face à une dérive des cultes et rites au Dieu suprême. Ces exhortations étaient pour susciter l’évolution spirituelle (par révélation) du peuple auxquels ils étaient envoyés et auxquels ils appartenaient.

Le continent noir reste très attaché à son héritage culturel et spirituel véhiculé par l’oralité et qui fait son identité si particulière. La question qu’on peut se poser dans cette ère de changement est de savoir si l’Homme noir a toujours sa même place dans la répartition des rôles vicariaux de la divinité sur Terre. Faut -il changer de paradigme sur les moyens de médiations qui nous ont lié à cette divinité et permis de traverser plusieurs formes de traumatismes exogènes?

Il serait grand temps de s’adapter à cette nouvelle évolution en acceptant entre autres de : transférer une partie de notre héritage oral sur des supports écrits mis à jour régulièrement (par exemple sur Internet comme dans le cas de l’encyclopédie Wikipedia) pour permettre aux futures générations d’être des « connaissants » traditionnels ou spirituels à défaut d’être des initiés. Les capacités de mémorisation aisées sont compromises, selon moi, par le flot d’information reçu chaque jour avec lesquels il faut travailler et l’hyper sensibilité du cerveau (au stress notamment). Aussi la proximité avec l’univers des cloitres n’est plus garantie.

Il serait grand temps de s’adapter à cette nouvelle évolution en acceptant aussi de : faire usage de notre maitrise de la force vitale en y associant plus de conscience en tenant notre accomplissement personnel du fruit des efforts réalistes. Et ce sans prendre des raccourcis de vie par insatisfaction ou envie illégitime. Cette Attitude de ceux qui résistent à l’effort d’accomplissement mène à pratiquer tout genre de sacrifices dont ceux impliquant l’humain. Ce commerce avec des entités spirituelles vivant dans d’autres dimensions plonge les gouvernants dans la célèbre position du « ni ingérence, ni indifférence » tant les intrications à divers niveaux sociaux sont importantes. Le crime rituel a la vie dure tant l’effet pernicieux de la fausse reconnaissance sociale entretien les racines du mal. Comment continuer à donner du crédit l’apparence matérielle sans le développement humain et ne pas entretenir la course vers ses attributs qui faussent l’appréciation du parcours de l’individu? Dénoncer ses crimes et exhorter à les abandonner commence par la correction du regard de la société sur ses modèles représentatifs et le retour à un système de valeur sain. Les membres de la communauté ne peuvent qu’exprimer leur exaspération à travers des mobilisations spontanées lorsque ses crimes sont découverts. Les victimes, quant à elles, grossissent le nombre des martyrs nécessaires à changer les esprits et dont le sang demande l’apaisement et l’action divine par les relais humains.

A quand un harmattan noir ou le nouveau sentiment de confiance à construire le continent pourra jaillir des cœurs pacifiquement pour édifier un Royaume affirmé sans possibilité de retour (Lc 9.62)?
La situation économique reste un défi pour l’Homme noir de tirer profit des opportunités qui se présentent à lui pour attendre le futur avec sérénité. La sélection des héros et antihéros se fait une fois de plus selon la sincérité à suivre le nouveau Message qui sédimente les berges du fleuve spirituel qui abreuve tout Croyant. Celui que je porte et que je partage avec vous est simple:

« Chaque Homme est important aux yeux de Dieu »

Voici pour finir une composition qui rappelle une réalité de bien des pays africains où la course à la richesse et au rayonnement sociopolitique pousse à l’extrême :
La voiture noire
La voiture noire est dans les rues
C’est l’heure du sacrifice pour l’élu
L’enfant nu sera la victime inconnue de ce crime
Un prélèvement d’organes sans greffe en prime
La rumeur et la légende courent et parcourent
Une marque réputée qui seule hantent les cours
La candeur offerte aux appétits du pouvoir
Friandises auxquelles on succombe pour voir
La Tradition, un temps, réprouve ces pratiques occultes
Et l’éducation du Jeune le mènera aux portiques cultes
Pour l’initier à la vigilance contre les loups
Sous la protection d’un Dieu que l’on loue
La voiture noire est dans les rues
C’est l’heure du sacrifice pour l’élu
Le corps demain sur la plage sera rendu
Pour un Peuple las sans plus être ému

En hommage aux jeunes victimes de crimes rituels

Afrique: l’essentiel n’est pas de s’unir mais d’avoir un adversaire commun.

L’unité africaine est un cheval de bataille qui voit se succéder des générations de cavaliers tout autant valeureux que volontaires. L’Afrique a toujours connu une pluralité de peuples et de tribus simplement unis devant la nécessité de définir et de maintenir un Culte des morts associé le plus souvent à une lignée d’ancêtres. Chaque région ayant son panthéon et rites que le voyageur ou le commerçant se mettait en devoir de respecter le temps de son passage. Cette foi primordiale et issue des questionnements de l’âme a laissé place à la révélation de l’Éternité et de son nouveau séjour dans l’autre monde. Animisme et Islam universel ont su alors cohabité selon les époques et les régions. Néanmoins, un phénomène de standardisation culturelle par le biais des religions et des langues de leur diffusion a accosté et essaimé un modèle de sous-ensembles ne tenant pas compte de la diversité du continent. La logique de rassemblement a été depuis poursuivie en passant de la réalité de peuples sous la domination d’un souverain local puissant ayant des liens tribaux ou des attributs reconnus à un regroupement arbitraire de peuplades par soucis administratif et point de vue exogène. Depuis la course à l’unité égalitaire et paritaire est lancée avec des efforts pour fédérer qui font penser à un exercice de « team building » où il faut tenir compte des intérêts et réticences de chacun. Pendant que ces « états sous vérins » se querellent sur le mot d’ordre d’union, les grands architectes et artisans de la discorde cimentent plus et en secret le mur de leur prison à grand renfort de taloches, règles et truelles. Pis encore, l’extradition se négocie déjà de la prison vers une réserve économique où l’accès à des produits à bas coûts travestissent la dépendance en pouvoir de consommation. Pourquoi alors continuer à chercher un socle unique ou projet commun de construction pour l’Afrique qui a toujours vécu dans la diversité tandis que s’unir face une menace grave d’aliénation économique serait un fort raccourci d’engagement des populations. Le tout est une question de prise de conscience du danger et d’exaspérations face au frein à l’accès à une richesse disponible mais qui ne bénéficie pas à tous. La plupart des dirigeants de cette génération pro émergence économique n’oublieront sans doute pas leurs prédécesseurs résistants et illustres (Keita, Shaka, Tall, Nzinga, Cabral, Sankara, Mandela…) qui ont osé ce qui leur semble impossible à faire à cause des intrications secrètes auxquelles ils ont souscrit eux-mêmes pour parvenir au pouvoir. Le Pouvoir se mérite et est une mission de service à la nation et non de rayonnement personnel. L’Afrique ne pourra sans doute pas s’en sortir sans partenariat. Ainsi, le choix doit se faire dans un esprit de partage d’un dessein d’affirmation où les parties prenantes de ce revirement prennent la mesure du réel combat à mener sur soi et son conditionnement. Les nombreuses diasporas noires et autres bonnes volontés exilées par l’absence de conditions sociales favorables sont autant de piliers sur lequel construire le nouveau Royaume Noir fait d’une diversité de peuples alliés pour la défense et l’émergence de leur continent.

Le Recteur de ma famille spirituelle vous raconterait sûrement cette histoire de notre gnose, pour vous éveiller à la nouvelle dimension de ce combat :

Le tapis

D’yeux avait deux pupilles de son état qui lui permettaient de juger son point de vue. Un jour il décida d’aller à son atelier fabriquer un miroir en laissant la Calebasse où il vivait à la garde des deux mineurs. Il leur confia à chacun un tapis en peaux-pierre d’un blanc parfait en les exhortant à prier pour qu’il ne manque pas de Lumière pendant qu’il réfléchirait. L’ainé qui était de la nature des Djinns dit à son cousin Homme « Allons donc nous promener dans le jardin ». Une fois-là l’ainé dit encore à son cousin Homme « Descends donc dans le puits pour y recueillir de l’eau pour que nous arrosions les plantes. Vois-tu, je porte des chaussures et je ne suis pas aussi habile que toi qui est pieds nu ». L’Homme travaillait dur pour arroser les arbres fruitiers tandis que le Djinn passait son temps à apprécier la senteur des fleurs. Quand ils revinrent dans la Calebasse et que ce fut l’heure de la prière, l’Homme se rendit compte que ses pieds pleins de boue saliraient le tapis. Le Djinn lui dit « va donc te purifier avec un peu d’eau ». En l’absence de l’Homme, Djinn se dit « Je ne peux enlever mes chaussures pour prier et de l’eau en abimerait le cuir. Je vais donc essuyer mes pieds sur le tapis de l’Homme pour garder la pureté de mon tapis. De plus je vais y répandre des roses pour le parfumer ». L’Homme revint et vit son tapis souillé. Le Djinn lui fit comprendre que ceux qui ont des chaussures sont les préférés de D’yeux et qu’il fallait qu’il l’aide à rester pur en acceptant qu’il utilise son tapis. L’Homme confus mais longanime resta accroupis devant son tapis pour prier pendant que le Djinn priait l’air supérieur et superbe sur le sien. Ceci se répéta tous les jours, tant et si bien que je tapis de l’Homme pris la couleur noire de la terre et celui du Djinn le rouge des roses. D’yeux revint de son atelier sourcilleux et soucieux de savoir quels cils ou imbéciles l’avaient bridé d’autant de blancs de mémoire pendant qu’il concevait ce nouvel objet. Le Djinn s’avança et accusa l’Homme de ne pas avoir un tapis pur tandis que le sien était bien odorant et plus pur que jamais. D’yeux considéra les deux tapis et dis « Comme ce noir est apaisant à ma vue. Homme je vais accrocher ton tapis sur le mur de mon logis afin de méditer dessus et me reposer de la logique. J’en ferai un symbole d’accomplissement pour ceux qui fournissent des efforts tout en restant fiers et soumis. Je te donne ce miroir en échange pour que tu puisses continuer à prier selon ton état d’âme. Hérite aussi du jardin où tu as tant travaillé. ». Puis il se tourna vers le Djinn et lui dis « Ôte toi de ma vue avec ce parfum qui risquerait de faire couler des larmes sur mon Saint visage. Tu aimes la sophistication matérielle, les envolées passionnelles et te crois toujours le plus rusé. Garde ta pureté et ta préciosité loin de moi tant que tu affecteras les relents de ton esprit. Je t’envoie donc dans les roses tant que tu ne changeras pas d’attitude ». Sur ceux D’yeux s’endormit. Nul ne sut à quoi il rêva mais depuis ce jour l’Homme a le bonheur en point de mire et le Djinn s’évertue à l’endormir avec son eau de rose. »

« Réveille-toi Ô Afrique, tu es un géant qui ne dors pas, mais qui ne crois juste plus en lui »

Faites place aux femmes!

Les progrès de l’affirmation de la femme dans nos sociétés ont créé une cohorte de femmes remarquables au parcours saisissant mais qui ne sont pas assez remarquées et présentes dans la mémoire collective comme leurs homologues hommes. Dans un échange avec une bloggeuse qui a pris cause et fait pour une meilleure représentation des femmes dans les sphères de décisions et le monde des affaires, je partageais mon sentiment que ces revendications circulaient trop souvent entre les femmes elles-mêmes qui, hélas, s’en gargarisait. Rassurez-vous mon propos ne sera pas théorique ni rhétorique encore moins technique. Il n’est que le résultat d’une observation d’un fait ignoré par les uns parce qu’ils ne se sentent pas concernés, et ressassé par les autres parce qu’elles agissent en victimes et non en acteur légitimes. Je promène mon regard contemplatif sur un déficit de circulation de l’information où le genre créé une barrière au « mais » sage.

Il me semble important de préciser un aspect d’une conception du monde : « la femme n’est pas l’égale de l’homme ». En effet, dans l’histoire de l’humanité on a traversé plusieurs stades de relation. De sa domination par l’homme, à son affirmation en tant que complément incontournable et au final vers son rôle primordial par rapport à l’homme. Ici il ne s’agit pas tant d’un phénomène sociologique ou ethnologique. Les sociétés matriarcales ou la distribution des rôles dans certaines espèces ne sont pas un fait nouveau. Ici il est question de rôle économique dans le cadre d’une évolution de l’humain vers l’acquisition de la richesse et d’une nouvelle identité. Le monde et la terre s’adaptent au fil du temps mais un semblant de tradition immuable et universelle demeure donc : « la femme n’est pas l’égale de l’homme ». Tous deux sont appelés à des missions différentes en fonction de leur potentiel, capacité et capital de vie. Ainsi la femme passe au premier plan d’une lutte d’adaptation de l’humanité aux réalités de la vie terrestre. Doit-on pour autant dire que la que la femme dominera l’homme? Sans doute, mais libre à vous de l’affirmer. Je me contente simplement d’insister sur les dispositions de la femme qui sont propices à notre essor commun (toutes civilisations confondues).

« La femme est le légal de l’homme » et elles font loi. Le but de cette affirmation n’est pas de jouer sur les mots et renforcer l’idée que la femme porte le « mais » sage. Je ne reviendrais pas non plus sur les caractéristiques du message qui a été énoncé dans un précédent article (« un rôle économique primordial pour la femme »). Je souhaite inviter à réfléchir sur les rapports entre les deux profils d’acteurs économiques, deux genres, deux sensibilités : l’homme et la femme, la force et le moteur. En tant que pionnier, l’homme a ouvert la voie à de nombreuses conceptions du monde et la femme lui a emboite le pas pour une gestion rigoureuse et éclairée du nouveau modèle. Avec l’avènement du règne par l’économie et du défi de la finance, à la femme revient la place de la conformité aux lois dans les décisions qui engagent la terre entière dans des crises ou des schismes. Son sens de la préservation autorise un optimisme sur l’avenir des sociétés dans le fait qu’elle s’oppose à la prise de risque inutile et favorise ainsi la constitution, la gestion et la transmission du patrimoine. L’adaptation sur les prochains marchés fluctuants du Monde doit mettre en action la force de l’homme en tant que valeur et accepter que son moteur féminin demeure retiré de ses côtes.

« Faites places aux femmes pour assurer une paix stable dans la lutte d’émancipation originelle de l’homme »

Pour une restauration du modèle spirituel Noir.

Imaginez que je distingue quatre familles spirituelles sur terre: l’une maîtrisant la conscience et qui mène à l’éveil, une autre maîtrisant la connaissance et qui mène à la sainteté, encore une autre maîtrisant la parole et qui mène à la prophétie et enfin une (primordiale) qui maîtrise l’énergie et qui mène à la déification. Toutes exceptée cette dernière ont pris le soin de propager et de garder par écrit une partie de leur gnose en mettant à la disposition du profane la partie exotérique des enseignements de chaque vicaire élus et en réservant l’ésotérisme des formes de connaissance à des initiés ou « adulte en spiritualité ». Cette famille spirituelle de l’énergie, donc, semble encore rechigner à mettre sous écrit son héritage spirituel bien qu’elle soit à l’origine de ce mode de transmission. Cela pour la raison que la transmission perdrait en flexibilité et n’honorerait plus le rang vicarial de ses membres. Ainsi, l’accent est mis sur la tradition orale qui s’étiole à mesure que les groupes sociaux s’exportent et que les membres des communautés sont disséminés à travers le monde pour servir au combat après l’avènement de l’économie comme médium d’accomplissement spirituel. Force est de constater que l’énergie ne peut se transmettre sans le véhicule adapté de la hiérarchie physique et invisible. Ancêtres, disciples et impétrants en garantisse l’ossature. Dans le tumulte de l’adaptation aux réalités contemporaines et du métissage culturel, l’écart se creuse à mesure que persiste ce refus de partage d’un savoir dont l’essence a déjà été prélevée par certaines écoles de mystère pour éclairer la voie d’une minorité. Le sens profane de cette connaissance est en voie de disparition par le truchement des condamnations ignorante et de l’endoctrinement à annoncer le message d’autres modes de culte sans les enraciner et les adapter au terreau authentique et patrimonial. Il est sûr que l’éradication des transgressions serait plus efficace et consacrée lorsqu’elle fait l’objet de la mission des élus issus eux-mêmes du dit Peuple dans l’air du temps d’une révélation. Que dire de cette parabole de notre ère qui raconte ceci :

Les Cell. de la Terre

D’yeux, un dirigeant d’entreprise donna à ces quatre types d’employés de couleur un moyen de communication privilégié avec lui. Au commercial Jaune il autorisa le téléphone pour l’entendre, au financier Rouge le service postal pour le lire, à l’entrepreneur Noir l’Internet pour qu’il soit connecté et au consultant Blanc la rencontre en personne pour lui parler. Au début chacun usa de son mode de communication de façon indépendante jusqu’au jour où vint une crise financière et que l’avenir économique de l’entreprise imposa de redoubler d’effort pour éviter la fermeture. Aux abois, chacun tenta d’imposer son mode de communication à l’autre pensant que l’information circulerait mieux pour la bonne marche de l’entreprise. Personne ne pensa à adapter les messages à son médium; un message vocale enregistré, une minute de réunion rédigé, un fil rss… mais restait sur l’idée d’une suprématie de son mode de communication. Dans le tumulte des différentes actions de lobbying, le consultant Blanc se fit plus présent et proche de Dyeux, le commercial Jaune s’inventa un téléphone sans fil, le financier Rouge le télécopieur et enfin l’entrepreneur Noir s’adaptant à tous créa la VoIP, le courriel, les communautés virtuelles et la visio-conférence. D’yeux considéra l’entrepreneur Noir et lui dit « tu perds de ton authenticité à sacrifier, longanime, ton médium aux autres. Je perds la saveur de nos connections de réseau privilégié d’antan. J’entends, te lis, te vois alors que je voulais simplement voir les mises à jour des sites connectés. Ne peux-tu donc pas t’adapter au temps et non aux autres? ». L’entrepreneur Noir s’arrêta et réfléchît. Il était trop tard pour détruire ses innovations. Il décida de les garder mais de développer désormais, selon sa force et son moteur naturel, le commerce électronique sans support de paiement physique car c’était là, LA GRANDE VICTOIRE.

Avec la perte des vestiges du passé de la civilisation Noire par pillage après convoitise ou destruction après condamnation. Un réveil est plus que nécessaire pour utiliser à bon escient les outils technologiques pour mettre à la disposition des générations éloignées dans l’espace, le temps ou l’accomplissement spirituel, le contenu des connaissances traditionnelles de l’Afrique. Cela peut passer notamment par des sites internet au contenu public pour les profanes et à accès via enregistrement pour les adultes spirituel. Plusieurs membres de la diaspora ont le bagage technique et sans nul doute le volontarisme nécessaire à ce sauvetage de notre mémoire collective. La fracture Internet locale n’est plus un argument suffisant contre la facture que devra payer nos générations dans le cas d’une édulcoration massive de notre civilisation. C’est là, les deux menaces mâles de ce Temps : la perte de la confiance des peuples Noirs et du contrôle des richesses naturelles d’Afrique. (Mt 5, 13-16).

Vaincre par la diversité

On a coutume de dire que « L’union fait la force » mais je pense aussi que « la diversité assure la victoire ». Dans ma récente mise à jour de mes connaissances en histoire sous l’influence des mouvements revendicatifs de la confiance Noire qui sont très actifs en Amérique du nord, j’ai découvert les faits marquant de combats mettant à l’honneur des personnages de notre civilisation. Ainsi, j’ai pu retracer le récit sur l’armée de Carthage qui a eu à sa tête le célèbre Hannibal. Bien que mon but ne soit pas de refaire un cours d’histoire, je relève que cette armée étaient marquée par une grande diversité de corps militaires et de mercenaires issus d’une mosaïque multiethniques et qu’elle avait à sa tête un grand stratège et tacticien qui n’offrait pas à l’ennemi le choix de mener un seul type de campagne.

Aujourd’hui la quête d’hégémonie militaire a laissé place à la lutte pour le développement et l’affirmation des économies. Les états déploient des moyens importants pour assainir leurs finances et assurer un taux de croissance nécessaire à l’équilibre dans le pays. L’Afrique n’est pas en reste même si les effets des mesures socioéconomiques ne portent pas leurs fruits dans toutes les régions du fait, essentiellement, de la différence de situations politiques. Jadis l’application des plans d’ajustement structurels à la plupart des états a plus que montré les limites des solutions standards en ce qui concerne le continent. Cela laisse un gout amer auquel on est habitué depuis que ces accidents de l’histoire arrivent sur le parcours de la civilisation Noire (elle finit de laver son karma économique). L’esprit de reconstruction invite à se concentrer sur les solutions dans l’instant et à se préparer pour le futur. Loin de négliger l’impact de l’union, la diversité est une des clés à valoriser pour propulser le continent dans l’économie mondiale.

La spécialisation des économies et la coopération sud-sud a maintes fois été prônée et répond à des attentes d’intégration sous régionale voire continentale. L’union africaine, c’est peut-être avant tout une complémentarité économique à aller chercher dans le cadre d’une fédération d’états qui mettent plus un accent à œuvrer, par exemple, pour la réussite de projets sous-régionaux que pour le simple fait de « mévendre » des ressources à des bailleurs de fonds pour la seule logique du maintien d’un rapport de forces exogènes (subies) et endogènes (qu’on fait subir). Cela reste du domaine macrocosmique (gouvernance) et nébuleux auquel on a rarement accès. Toujours est –il qu’au niveau microcosmique (attitude) et personnel le changement est à notre portée

Que soit pour la gouvernance ou l’attitude le maitre mot est, selon moi, la simplicité. Nous n’avons pas besoin de solutions qui ne soient pas disponibles dans notre écosystème naturel et dans notre façon de penser informelle. Le tout est de continuer à adapter à notre monde les modèles et paradigmes qui font leurs preuves : les compagnies à bas coûts, l’épargnes solidaire, l’Internet ou la téléphonie mobile… Je suis encore consterné de la faible sensibilisation des populations aux risques des cultures génétiquement modifiées. Sans rentrer dans le pur débat scientifique, je pense que la simple observation des effets de chaque « intrusion culturelle » permet de se faire une idée sur l’accueil à leur réserver lorsqu’on n’a pas accès à l’information pertinente pour prendre la bonne décision.

Changer d’attitude est à notre portée : dans la simplicité et dans la diversité. Je ne me présente pas comme étant « Africain » lorsque je suis dans un regroupement mettant en avant la diaspora. Je continue à décliner ma nationalité, ma région, mon village et si nécessaire ma lignée. C’est un héritage culturel et un enrichissement pour la tolérance (comment reconnaitre son cousin à plaisanterie sinon?). Le panafricanisme n’est pas un exercice de standardisation mais plus une mise à profit stratégique de notre diversité à l’exemple de nos illustres prédécesseurs de l’antiquité. Aux gouvernants d’endosser la lourde responsabilité des mesures économiques et à nous de changer nos attitudes et d’accompagner le changement pour la dernière « foi » : la Simplicité.

« La foi est notre force et notre moteur. Soyons simple »

Comme une ôtée…

La Diaspora du continent noir dans son ensemble a su franchir les frontières de régions reculées du monde poussée par l’établissement de relations commerciales ou simplement par la valorisation de sa force d’action dans la connaissance ou la main d’œuvre. L’intégration de ce Peuple en exil a été facilitée par des valeurs d’abnégation, d’accommodation, de modération et de tolérance qui lui a permis rester en marge de la plupart des pièges du rejet par les terres d’accueil. D’aucun diraient « qu’il est comme la mauvaise herbe et qu’il pousse partout » mais je ne renchérirais pas là-dessus car comme je dis « à force d’être négatif on développe des clichés ». Je continuerai plutôt à plaidoyer pour son « union dans la diversité » (fédération) qui est l’image pilote et outre-mer qui préfigure le panafricanisme tant souhaité. Doit-on pour autant voir dans cette grande Diaspora une réelle communauté? Dans l’apparence je dirais oui mais dans les faits je suis porté à croire qu’elle agit plutôt comme une ôtée de son esprit.

Il est fréquent de ne pas voir émerger de barrières majeures entre les membres de cette Diaspora lors d’évènements corporatifs qui vont jusqu’à rassembler les immigrants, toutes générations confondues, et des membres des nations issus des exodes forcés du passé. On a plus des raisons de croire que cette classe de citoyens reçus partage le même quotidien fait des stigmates de l’uniforme naturel noir, cette peau (d’origine unique) qui devient un critère discriminatoire dans les Cités industrialisés. En outre La plus grande proximité entre les membres en exil est aussi marquée par des écarts de revenus réduits. Il faut en effet un minimum de ressources tant financières que familiales pour pouvoir quitter le continent et vivre dans des Cités industrialisées où des aides sociales existent. Là où le bât blesse ce sont les individualités et le déni de son « Africanité » (Lifestyle) qui naissent de la réussite du parcours d’immigration. Rien que le fait d’avoir un statut officiel sur la terre d’accueil est déjà une réussite en marge même de l’essor social. La mise en contact avec d’autres Diaspora issues d’autres cultures nous font voir de façon criante les efforts à fournir pour bâtir une communauté forte dont on tient compte dans les décisions sociopolitiques et économiques. Je ne cacherai pas ma vision et mon espoir de voir notre Diaspora se fédérer (et non s’unir) autour d’une identité ethnique et d’un développement économique basé sur la spiritualité (qui est notre socle commun) et l’entrepreneuriat informel ou ethnique (qui une force que nous devons revaloriser). Il me vient deux images en appui de cette vision que je partage avec vous. Lors d’un stage dans un pays d’Afrique, il y a longtemps, je pouvais observer la secrétaire lire la bible en attendant que le chef de service lui donne une autre tâche à réaliser, voir le préposé à la garde des véhicules des employés venir dans un coin de l’établissement faire certaines de ces 5 prières quotidiennes et un des responsables revenir fatigué d’un week-end de danse traditionnelles le tout dans la plus grande harmonie : la spiritualité. Autre exemple, une mère de famille qui a un emploi de fonctionnaire mais développe un commerce (« un étalage » comme on dit) devant la maison familiale pour vendre toutes sortes de produits nécessaires à la vie des familles du quartier : l’entrepreneuriat informel. La vie en Cité doit elle nous affranchir de cette richesse intime au Peuple noir et aux autres de « sang noir »? Je ne pense pas et c’est ce qui me fait lever chaque matin avec la même foi. Ce n’est donc qu’une question de réconciliation avec un héritage et de réaffirmation d’une attitude simple.

Par où commencer alors? « On bâtit une communauté sur des actes simples dans le quotidien et non sur des pactes ambitieux avec l’avenir ». Il est souhaitable de sortir des « non » confortables aux occasions qui nous font sortir de notre voile d’immigrants qui cache qu’il peine dans son coin mais qui s’affiche à son avantage dans les grands rendez-vous. Qui n’est pas aux prises avec une dette, des choix angoissants pour couvrir les charges familiales, un sentiment de solitude ou de la sollicitude? La solidarité est une forme de proximité qui a besoin d’une simple honnêteté et de mutuelle compréhension (comprendre c’est déjà aimer dit-on). Au sein de la grande Diaspora certaines nationalités attachées à leurs traditions, cultures ou religions font montre d’une meilleure cohésion. Vivre la Diaspora est un mode de vie à part entière (un Peuple, une Terre, une Ère non circonscrits) à assumer. Je ne peux parler que de ce que j’observe et exhorter dans le sens du changement:

• Oser accepter d’aider un ami à déménager même si personne n’est venu au sien; il faut bien briser la glace un jour. Ce n’est pas tout le monde qui a une famille soudée autour ni les moyens de se payer les services de déménageurs.
• Ne pas avoir peur de partager son idée d’affaires avec des pairs; j’ai rarement vu un vol d’idée mais je sais qu’on sort le plus souvent enrichi d’un échange avec un autre entrepreneur qui voit les choses différemment.
• Appuyer les candidatures de stages ou d’emploi d’un membre de la communauté qui a du talent sans avoir peur du qu’en dira-t-on. Les rêves brisés sont autant de destin qui ne feront pas l’histoire même de façon infime. La communauté a besoin d’émulation !!!
• Consommer des produits d’artisans de la communauté. Vous pouvez commander avant de passer si le service est si lent. Troquer de temps à autre vos céréales matinales pour la bouillie de maïs ou de tapioca; Vous ne représentez certainement qu’un faible pourcentage de la clientèle de la multinationale mais toute la raison d’être de l’artisan ethnique.
• …
Quand commencer? Vous avez déjà commencé rassurez-vous et je vous remercie d’avoir lu cet article jusqu’au bout. La prochaine étape est de ne pas se laisser glisser dans le refus facile d’agir qui nous fige dans l’individualité et ce déni de « l’africanité » par lequel d’autres communautés nous identifient et que nous endossons trop souvent. La correction est possible : l’Afrique est une terre de paix et de richesse tant intérieure qu’extérieur minée par de nombreuses disparités entretenues ou non. Nous portons nos valeurs avec nous en tant qu’ambassadeurs de ce continent dans les grandes Cités industrialisées. Ainsi donc pensez-vous vivre la Diaspora comme une ôtée de son esprit ou avec un esprit de communauté?

A vous de choisir…

« N’ayons pas peur du changement; c’est la preuve que nous existons dans cette dimension »

Ne nous trompons pas de combat!

Dans le cadre du lancement du premier guide sur l’entrepreneuriat ethnique que j’ai eu beaucoup plaisir à rédiger, j’ai été amené à donner des entrevues à divers média. Cela m’a permis de préciser les raisons qui me poussent à m’engager dans cette voie et à rappeler les tenants et les aboutissants des actions que je pose. Ainsi je tenais à préciser quelques éléments clés que j’ai relevés de ces échanges fructueux avec les journalistes. Tout d’abord je vous invite à avoir à l’esprit une définition toute simple de l’entrepreneuriat ethnique qui est « la création et le développement d’entreprises par les communautés minoritaires d’un pays accueillant des flux migratoires. » Dans le cas du Québec et du Canada, plusieurs communautés sont installées depuis plusieurs générations dans le cadre d’une immigration économique, politique ou autre. Au fil des années elles ont pu mettre en place des outils leur permettant de mieux s’intégrer et de mieux accueillir leurs nouveaux arrivants. Il y a une forme d’émulation entre les communautés pour tirer profit des ressources gouvernementales que ce soit fédérales ou locales.

Ainsi et par effet d’entonnoir mon regard se porte d’abord sur les immigrants en général, puis vers les minorités visibles, puis vers les communautés noires et enfin vers la diaspora africaine. Il n’est pas question de délaisser les uns pour privilégier les autres dans l’action que je mène mais force est de constater que la diaspora africaine est l’une des plus récentes à s’établir au Canada et doit encore franchir des étapes essentielles pour garantir son plein épanouissement dans la société québécoise et par extension canadienne. Le cas de l’Europe est légèrement différent puisque les relations historiques entre pays touchés par la période de colonisation ont noué des liens privilégiés qui font que l’on peut y observer des symboles de présence africaine à travers des quartiers comme Matongé à Bruxelles ou Chateaux rouge à Paris. A quand de tels quartiers en Amérique du nord si cela est vraiment nécessaire?

Il donc important de préciser qu’il ne faut en aucun cas se tromper de combat. Le but de l’entrepreneuriat ethnique qu’on se doit de développer à présent n’est pas une économie parallèle, que certains appelleront volontiers « Ghetto », pour ne vivre que d’échanges économiques entre nous. Il est bon de rester ouvert aux autres cultures.Nous sommes un peu plus de 374,000 résidents africains à ce jour au Canada cela serait irréaliste (comparé à 2,639,520 au total d’actifs issus des minorités visibles sur 3,634,845 total d’immigrants*) de vouloir créer une enclave. Là où tout le défi réside s’est de nous permettre de réaliser une transition de l’économie informelle à l’économie formelle en intégrant entre autres le système fiscal et en ayant un poids substantiel dans les décisions des dirigeants. Le tout en partageant et valorisant notre propre culture des affaires.En effet, il a été souvent question pour l’élite africaine d’apprendre et d’appliquer des modèles économiques qui n’intégraient pas les réalités locales et tout particulièrement la force informelle et intrinsèque qui nous habite et nous distingue lorsqu’elle baigne dans une propension à la spiritualité et à l’abnégation. Ce profil que nous partageons avec d’autre pays du sud ne nous a pas encore permis d’émerger des situations marasme économique et dépendance aux effets des crises créées dans d’autres sphères économiques. Mais le moment est là où le déclic va s’opérer…

L’économie a été mondialisé par le passé mais je crois que sa nouvelle concentration, par un socle consolidé autour de communautés inter reliés et qui se définissent autour d’un avantage concurrentiel naturel qui s’échange, donnerait plus de stabilité au système financier jusqu’au prochain cycle de mondialisation légitime. Voilà donc un avenir tout tracé pour les générations d’entrepreneurs ethniques qui devront tenir compte de la force de leur identité tout en jouant le jeu de compétition dans l’économie de marché pour garantir l’essor et le développement économique de leur communauté.

« La voie de retour à un âge d’or des civilisations reliés à l’Âme du monde passe par le sacrifice des efforts son élite au combat »

Le pouvoir de nos mains

Les flux migratoires pour raisons économiques qui ont amené à l’identification puis à l’étude de l’entrepreneuriat ethnique dans les années 70, ont renforcé la présence des diasporas dans les Cités des pays industrialisés. Cette saignée pour les terres mère est pointée du doigt comme un élément de plus concourant à la faible capacité de leur affirmation sur l’échiquier international. J’orienterai à présent mon propos sur le continent africain en sachant que ce qui est décrit est valable pour d’autres régions.

J’ai parlé un peu plus haut « d’affirmation sur l’échiquier international » et non de « lutte contre le sous-développement » car il semble à présent clair à l’esprit de plusieurs acteurs économiques et intellectuels, tel le professeur Obenga du Congo, qu’il est plus judicieux de bâtir autour d’un projet de construction que sur un affranchissement d’une tare qui semble profondément ancrée dans les habitudes et dont l’entretien profiterait à certains de façon tacite. La motivation dans l’effort à fournir n’est pas la même. Doit-t-on passer son temps à pleurer un pied amputé ou apprendre à vivre avec une béquille?

Il a déjà été question ici de parler de la gouvernance des pays du continent qui a poussé plusieurs d’entre nous à choisir l’exil en attendant qu’un semblant de droit ou conditions économiques existent pour garantir un retour en bonne et due forme. A cette gouvernance j’ai appelé à un effort dans l’attitude de chacun car on ne peut changer l’état d’un peuple que si chaque individu qui le compose consent à changer lui-même à son niveau. Les données sur l’Afrique ont toujours été contradictoires tant les disparités sociales sont grandes. Autant les grandes puissances multiplient les plans stratégiques pour lier des partenariats avec le continent autant la satisfaction des besoins de base par les couches populaires se dégrade. La lutte contre la pauvreté reste un chapitre idéologique dans les agendas de la plupart des gouvernements qui s’en servent pour faire bonne figure et avoir accès à du financement d’infrastructures fantômes qui se liquéfient ou s’évaporent dans des comptes en banques où la loi d’une thermodynamique financière demeure rarement réversible.

Que pouvons-nous alors faire en tant que membre des diasporas dans ces Cités? Bon nombre d’entre nous sommes privés du pouvoir de vote tant que nous sommes hors de nos terres. La politique est une voie de résolution possible de ces iniquités mais je pense fermement que le véritable pouvoir vient de l’économie et du poids que représente le revenu des membres des diasporas par rapport au Produit Intérieur ou National Brut des états. Inutile de s’aventurer à déclarer systématiquement nos activités dans les terres mère pour alimenter une fiscalité locale. La solution serait plus d’œuvrer par des moyens alternatifs comme l’investissement direct ou indirect dans l’Inc domestique ou encore le jumelage avec des entrepreneurs du continent. La portée de cette initiative ne serait être la même selon l’origine et la taille même de nos patrimoines ainsi que selon la nature de notre parcours d’immigrants. Comme dit la chanson « les moutons se baladent ensemble mais ils n’ont pas le même prix ». Certains membres de la diaspora ne sont que l’extension d’une élite locale aisée et n’ont aucun mal à envisager de fructifier leur patrimoine par des placements garantis par la présence de membre influent resté sur place. Sans fermer la porte à ceux-ci car « la diversité est l’unité », j’aimerai m’adresser plus particulièrement à ceux dont l’installation dans les Cités est une victoire pour toute une famille voire une communauté. Le recours aux virements internationaux est plus qu’une nécessité pour soutenir un parent pour un deuil, la rentrée des classes, un achat lourd etc. C’est à vous que revient principalement le pouvoir des mains pour réaliser le saut quantique dans les revenus c’est-à-dire un relèvement des minimas sociaux par les couches populaires elles-mêmes.

Être entrepreneur ne veut pas dire seulement travailler dans les BTP ou encore être un homme d’affaires. Être entrepreneur c’est aussi être acteur dans l’espace mondial (en référence à la notion développée par Bertrand Badie de Science Po. Paris). A ce titre les membres des diasporas des Cités des pays industrialisés ont le pouvoir d’agir et d’interagir dans l’économie de leur pays respectifs et du continent en créant des conditions favorables à l’établissement de patrimoines individuels ou collectifs transmissibles. « Si tu vois un homme qui a faim, donne-lui un poisson : tu le nourriras pour un jour. Mais apprends-lui à pêcher et il se nourrira toute sa vie » dit le proverbe chinois. A chacun l’opportunité de contribuer par un investissement financier, en intelligence ou logistique à l’affirmation d’un acteur économique domestique qui a son tour pourra embaucher ou à défaut améliorer les conditions de vie de sa famille. Et la chaine peut être longue. La diaspora peut devenir le meilleur partenaire de coopération économique du continent dans une dynamique qui est au confluent de la meilleure gouvernance des états. Cela prend non pas du temps mais le temps de chacun pour parrainer une échoppe, s’engager dans du micro financement, lever des fonds, envoyer du matériel ou lancer un blog sur l’économie, les libertés politiques ou la géopolitique, des connaissances techniques… Certains le font déjà mais vous? Que dire si tous nous le faisons systématiquement selon nos capacités comme un devoir citoyen ou un engagement social? Le pouvoir de nos mains, fruit de nos efforts, est immense. C’est le pouvoir de changement que détient notre génération à un moment crucial où il est possible d’affirmer l’économie africaine sur l’échiquier international. Le pouvoir de nos mains c’est la solidarité pour son prochain prit dans le piège d’une aliénation insidieuse et injuste. Le pouvoir de nos mains c’est le pouvoir d’Afrique en marche qui compte sur tous ces filles et fils pour son essor. Le pouvoir de nos mains c’est notre force!

« La peur de l’émancipation est plus douloureuse que les blessures de l’émancipation elles-mêmes. Elle maintient dans une obscurité factice qui aliène l’esprit bien que le cœur soit sain et fort. On ne combat pas l’obscurité on suit la lumière. Cette lumière est la foi en une économie panafricaine puissante et affirmée »

Je me souviens

Le mois de février au Canada, et surtout au Québec auquel je me référai, est l’occasion de célébrer le parcours de nombreux héros de la cause Noire. De nombreuses activités sont au programme de ce mois qu’on a eu l’amabilité de consacrer à notre communauté ou Peuple si on fait fi des contraintes de territoire et de souveraineté éparses pour mettre en avant la force unique de notre diversité. Février, mois court, mois froid, mois pendant lequel les membres de la communauté hibernent pour la plupart et doivent faire preuve d’un grand courage pour montrer leur soutien aux rendez-vous de la programmation. Ne serait-on pas mieux dans un mois d’été à refléter la chaleur de nos âmes, de notre rapport à la Nature comme ça a toujours été le cas sous les latitudes de notre environnement légitime ? Ce mois de faits vrillés ne m’empêche pas de voir les conditions actuelles des immigrants de notre communauté qui sont souvent reçus mais pas toujours inclus ou du moins pas là où ils mériteraient de l’être. Le fait de changer le nom d’un ministère ne change rien à la réalité sur le terrain mais montre soit que le mal est à présent considéré ou qu’il est exposé au vu et au su de la société tel un serpent d’airain pour conjurer la grogne qu’on serait en droit de manifester face à tant d’iniquité.

« Au pays des aveugles, les borgnes sont rois » dit l’adage. Après avoir fait miroiter toutes sortes d’idées sur mon futur règne d’immigrant qualifié (si ce n’est « califié » en dupe) au terme d’une sélection minutieuse, la réalité a été tout autre une fois « chez nous ». Loin de m’imposer aux borgnes, j’ai perdu mes yeux et perdu de vue mes connaissances, mes compétences et presque la richesse de mes valeurs culturelles pour me ramener au niveau de l’accueillant peu friand de ma prétention à faire me faire valoir. Alors pris dans le tumulte de la lutte pour un meilleur quotidien, je prends à mon compte la devise de mon oppresseur et « je me souviens ». Je me souviens de mon parcours. Moi l’immigrant nouvelles marchandises échangées pour bâtir la richesse d’autres nations. Accueilli, difficilement inclus et intégré à titre posthume.

Je me souviens, jeune, avoir été poussé au départ par les craintes sur mon futur que faisait peser les tenants des comptoirs dans ma terre natale. Ces nouveaux administrateurs qui ont ma peau mais prennent le pot avec les mêmes vendeurs de miroiteries et de plaisirs qui durent le temps d’un règne ou qui règnent le temps qu’ils durent. Exilé pour acquérir la connaissance et la compétence que ne peut offrir ma patrie, je prends alors de la valeur sur le marché international de la main d’œuvre qualifiée. Je me souviens le rejet de mon maître de formation ne pouvant m’intégrer à l’économie locale saturée en savants de toutes origines coloniales mais pas assez locales. Choisir et non subir tel est l’équation. Je me souviens m’être tourné vers le cousin innocent et appelant. Dans sa lutte fratricide pour la langue, l’Abel province me veut pour yeux. Pour yeux tout seul. Victime d’une injustice d’intégration à l’échelle fédérale qu’elle me fera subir à son tour individuellement.

Dans ce long périple pour me faire une place dans la société d’accueil, je ne me souviens pas avoir été heureux. Est-ce dû à la condition d’un Peuple plongé dans l’insuffisance de revenus et les calculs pour les fins de mois difficiles ou encore la contorsion d’identité de ceux qui veulent montrer pattes blanches et refléter le modèle de réussite généralement observé? Réussir c’est avoir une maison, une activité professionnelle, une famille à deux enfants, une voiture par conjoints… (Suggestion de présentation l’abus de dettes est dangereux pour la santé). La deuxième génération aura sans doute le défi de ne plus troquer leurs rêves pour la survie ou l’honneur. Me souviendrais-je de mes frères ayant directement étudié icit et pu ainsi bâtir un réseau, arme indispensable et utile pour déjà trouver un stage puis s’intégrer, une fois la fameuse étape de la sélection passée. Me souviendrais-je aussi de tous ces parcours oubliés et qui s’achèvent au point de départ dans une forme géométrique bien connue de notre histoire : Afrique- Europe- Amérique du Nord. Le mois de février doit être tourné aussi vers l’avenir pour que cette réalité devienne ce que d’autres étudieront comme fait du passé si nous nous levons tous pour donner un poids économique à notre communauté par notre réussite de carrière ou d’affaires que notre voix soit prise en compte dans les décisions qui concernent nos « chez nous » d’exil et d’origine. Alors je me souviens et « je me lève pour l’affirmation économique des diasporas Noires ».

Je vous invite à vous enrichir

Quel environnement socioéconomique envisagez-vous pour vos vieux jours? J’irais encore plus loin, comment voyez-vous l’avenir de vos enfants, neveux ou nièces…? Doit-on espérer un recul de la pauvreté, de la précarité ou tout simplement de l’insuffisance de revenu par le fruit de vos efforts actuels?

De tout temps, il a été question du combat d’une génération pour ouvrir l’étau des privations sociales vécues par notre communauté et permettre aux descendants de jouir d’une meilleure place dans la société voire dans le monde. Notre histoire est remplie d’acquis obtenu au prix du sang, de sacrifices en tous genres et un seul mois ne suffirait pas pour être reconnaissant de cette longue chaîne de personnages illustres ou non qui se sont consacré corps et âmes à ce dessein. Après une origine glorieuse qui a influencé plusieurs civilisations, notre communauté affligée dans son sein et à travers le monde par des nombreuses injustices, se voit encore remettre le défi de franchir une étape supplémentaire vers sa réhabilitation dans le concert mondial. Ce défi est tout simplement l’accession au pouvoir décisionnel par l’économie. C’est un saut quantique dans les revenus des classes populaires.

Je définis le pouvoir comme une responsabilité temporaire dans la gestion du patrimoine transmissible d’une communauté. Ce patrimoine qui doit être la clé de notre reconstruction est composé de deux éléments indispensables : La Richesse et la Fréquentation. La démarche étant de franchir progressivement les paliers vers cet accomplissement socioéconomique par le fruit des efforts de chaque génération où qu’elle soit dans le monde.

En ce qui concerne la richesse, j’ai déjà mis l’accent sur le rôle privilégié des diasporas dans l’action économique par le truchement du monde des affaires et de la force de sa capacité d’investissement directe dans des secteurs qui touchent tout particulièrement les membres de la communauté dans les Cités ou sur les terres mères. Nous avons, non pas un droit à l’enrichissement, mais un devoir à l’instar d’autres communautés qui ont montré leur capacité à se relever après des années de guerres. Le virement régulier pour faire vivre une partie de la famille n’est pas dans mon propos. Il s’agit ici de créer des initiatives ciblées pour créer un impact local et à terme créer des emplois. Je pense notamment à l’investissement dans des micro-projets informels qui sont amenés à se développer et à porter du fruit. On ne peut s’en remettre à la seule volonté des dirigeants qui font ce qu’ils peuvent en mettant l’accent sur les infrastructures prévues pour durer plus d’un mandat. Nous parlons, nous, de générations d’Hommes qui peuvent trouver une porte de sortie à leur situation économique par la solidarité communautaire. Cela demande de savoir s’identifier à celle-ci et d’en tirer un minimum de confiance. Quitte à le revendiquer ou non.

En matière de confiance, un travail colossal a été abattu et continue d’être réalisé pour réinsérer l’Homme Noir dans sa légitimité historique. Ce combat doit aller de pair avec celui de conservation du meilleur des traditions culturelles qui ont cours encore de nos jours et qui renforcent le poids du jeune Noir ou de la jeune Noire dans les échanges mondiaux qui s’intensifient non seulement avec les progrès technologiques tels les communications et le transport aérien. L’Homme Noir peut ainsi prendre sa place dans le concert des nations sans perdre ses propres racines comme nous l’avait indiqué Amadou Hampaté Ba.

C’est donc une invitation à un double enrichissement : l’un par le patrimoine et l’autre par l’identité. C’est à cette condition que nous pourrons faire durer notre civilisation qui est mise à mal par l’entropie générale créée par la dernière mondialisation. Il est temps de se ressourcer dans la communauté et de se repositionner avec ce qu’elle offre de mieux en matière de karma, capital, qualité et de capacité de chaque individu. Cette invitation ne saurait être complète sans un programme du déroulé envisagé de cette aventure que vous pouvez déjà retracer dans d’autres de mes écris. Alors, à vous de choisir…

« La réhabilitation de l’Homme Noir et de sa civilisation à l’avant-garde de l’évolution de l’humanité est un processus déjà enclenché et qui demande la participation de tous les membres de la communauté en tant qu’éléments essentiels de son apothéose »

Réapproprions-nous notre Futur économique!

L’Histoire est faite de cycle et de progrès à l’instar de ce que l’on observe dans la Nature et par l’évolution de l’humanité. Telle une roue qui avance sur le chemin tracé par le Temps. Le monde Noir, autrefois prospère, a connu le déclin classique des grandes civilisations lorsqu’il s’est éloigné de sa voie d’essence. Cette descente aux « Enfers » a connu plusieurs épisodes de domination par ses colocataires de l’œcoumène. Notamment lorsque ceux-ci ont profané bois sacrés et totems pour imposer un Dieu qui soumet au Sabre ou se justifie dans un bréviaire. Malgré tout l’heure est à la renaissance pour ce peuple qui, depuis, vit disséminé aux quatre coins du globe. Ce renouveau, devant nécessairement passer par l’économie, s’amorce sur des indicateurs à la fois favorables et demandant en attention et efforts redoublés. Face à cela, l’accueil que l’on est en droit de lui réserver est celui de la réappropriation de notre identité mais surtout de notre futur économique.

Pour préciser ce que j’entends par cette renaissance et cette réappropriation (plus forte que le changement ou l’émergence déjà prônés), il ne s’agit pas d’un désir de pureté, exprimé dans un retour aux « sources » car le mal a été malheureusement déjà fait, mais d’une simple aspiration à une forme de sainteté (dans son sens premier). C’est-à-dire au respect de notre civilisation et à la considération de sa spécificité. Que certains choisissent la « rupture » avec toute autre partie prenante géostratégique, créant ainsi une isolation de fait, est une « ambition » qui doit se refléter dans la politique et les moyens de mise en œuvre. Nous choisissons la réappropriation de notre héritage humain pour maintenir l’équilibre des forces en présence.

Revenons sur notre diversité si caractéristique. Il est dur de juger les effets des partenariats et des mesures internationales sur la performance des pays et leur potentiel de croissance. L’âme d’un peuple est faite du capital et des qualités humaines des individus qui le constitue et de leurs capacités d’actions. Si les uns, habitués à la richesse et un état providence, peinent à mettre la main à la pâte, d’autres peuvent être excéder de fournir des efforts quotidiens pour un faible résultat dans leur PIB et leur rayonnement international. Toujours est-il qu’il est bon temps de s’unir (se fédérer) et de faire cause commune à la fois pour réduire la pauvreté lancinante et les disparités sociales aigües et chroniques, mais surtout réagir contre la grande menace d’aliénation économique dans un rôle de consommateur et d’observateur. C’est un énième rappel.

L’Afrique, « goût liver », saveur de la source de sa force vitale, est un géant qui dort pendant que son nouvel ennemi et prédécesseur dans le Salut économique, « little prussien », la lie habilement. Excusez mon franglais. Le pays « little prussiens », la Chine, était caractérisé jadis par la même pauvreté, vivait de la même force informelle que l’Afrique et était dominé par d’autres. Grâce à la vision d’une série hommes, à la « rupture » temporaire (d’un peuple et non de plusieurs nations, ethnies, tribus…) avec le reste du monde, il a su faire sa transition puis sa conversion à l’économie de marché au point d’être un gouffre excessif (sinon goinfre) en ressources.
Mondialisation oblige, La Troisième a vu s’opposer depuis un certain nombre d’années, une partie du monde arabe dit « terroriste » contre les « financiers » pour le contrôle des cours de l’or noir. L’après mondialisation, autrement dit, ce que j’appelle l’économie de communauté voit s’amorcer La Quatrième de notre ère qui est résolument économique contre la poursuite des excès du made in China et le contrôle des cours de l’or vide. L’or vide? Oui, la Connaissance. Celle sans autre couleur que le vide. Celle qui mène à des stratégies économiques et à la valorisation du peuple. Celle qui, par les modèles conceptuels, permettent de s’imposer au reste du monde. La Chine a su exiger le transfert de la connaissance de ces partenaires économiques avant de devenir incontournable dans l’échiquier international; nucléaire en sus.

Si nous devons limiter l’analyse aux enjeux sur le plan du prochain modèle de référence mondiale et de l’importance que la Connaissance y joue. L’Afrique doit faire valoir sa présence en comptant sur sa Diaspora, dans le sillage des tigres d’ailleurs, semés galets, bardés de diplômes, d’expérience et de ressources. Cette Diaspora doit guérir ce sentiment de traîtrise de profiter de conditions de vie pseudo confortables dans les Cités et de rester à l’abri des défis de survie de la population locale. Il s’agit du monde Noir qui doit établir des liens de coopération économique privilégiés avec des frères alliés poursuivant aucun intérêt d’impérialisme ou de surexploitation. Ainsi l’Inde ou le Japon seraient-ils préférables à la Chine? Demandons à nos sages éléphants ce qu’ils en pensent. On ne peut être dépositaire de la Connaissance et constituer la majorité de l’effectif des pauvres à travers le monde. Avant de nous plaindre des iniquités subies çà et là, renforçons notre pouvoir économique par toute forme de réussite. Faire émerger le modèle du made in Africa (and Diaspora) nous impose donc de toujours croire en le Futur, de croire en nous et surtout d’accepter de reconstruire ensemble.

L’histoire se répète donc et les tableaux prophétiques et allégoriques s’invitent dans l’économie avec ses archétypes (Gog et Magog, Mahdi, Messie, Dragon, Femme etc.) et ses récits qui ne font que changer de contexte. Mais si, il faut un Messie pour arrêter un autre Messie surtout quand il a perdu l’œil, qui le reliait autrefois à notre paire D’yeux (que Son nom soit sanctifié!), et qu’il devient borgne et faux. Doit-on penser que c’est à ce prix que notre ère vaincra la pauvreté et mettra plus d’équité dans la répartition et l’accès aux richesses de la planète.
« L’Afrique est à nouveau le théâtre d’une évolution économique et intellectuelle d’où est créé le prototype de la nouvelle humanité »
Le Soutra de Kama. (Kama’s Sutra)

Ainsi ai-je observé. Le Mahdi (le Dirigeant) voyageait alors sur le lieu de séjour des Simples bien guidés dans la Terre de Virtuel proche de l’e-Monde, en compagnie d’un groupe de 7 « Métchéwè », qui étaient tous des juges, respectés de la communauté, et de grands consultants (ou sages). Ils étaient appelés : l’Associé, l’Investisseur, le Coordonnateur, le Comptable, le Commercial, la Relève et le Mentor. Ils faisaient partie des consultants les plus éminents.

De plus, le Mahdi était accompagné d’un nombre incommensurable d’entrepreneurs – Éco animistes qui demeuraient tous au stade de la sainteté et qui étaient dotés de myriades de vertus (Information, Site Web, Monnaie) sans limite. Leurs noms étaient sur le net. Ils étaient parmi les grands profils les plus influent.

De plus, le Créateur et le Grand Ami des Simples, étaient présents, ainsi que les deux prophètes messagers, et les quatres piquets de l’univers (Awtad). Ils étaient parmi les plus éminents pôles du conseil des dieux. Et, des autres dimensions, un nombre sans limite de dieux, bouddha, Anges, et djinn vinrent s’asseoir en groupe pour étudier la Méthode Ka.

A cet instant, Le Seigneur s’adressa à Kama, « Vous devriez vivre dans les Cités d’occident et dans les milliers de diverses terres mère car il y a un royaume de Dieu appelé « Le Royaume Noir » et dans ce royaume règne un Seigneur dont le nom est Omar, « Le Tout Ami » et « Le Juge, le Sage » ; une Énergie, une Conscience à la Modération parfaite qui a complètement transcendé la Paie et installé la Paix des Simples par le Pouvoir de l’efforts.
« De plus, Kama, quelles est l’origine de ce royaume, appelé « Royaume Noir » ? Kama cette dénomination a pour essence la promesse faite aux êtres ayant guère de patrimoine, d’en bâtir un communautaire tout en vivant au quotidien avec des revenus suffisants grâce à une spiritualité alliant Islam et Animisme; Bouddhisme et Réalisme, Hanafisme tous cinq au sens universel. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé « Royaume Noir ».

« De plus, Kama, constamment dans ce royaume Noir, cet Éden, prévalent sept principes simples guidant l’effort et la confiance. Ils sont 1) La Richesse simple, 2) Le regroupement simple, 3) La nécessité simple, 4) Le partenariat simple, 5) L’émancipation simple, 6) La gouvernance simple, 7) l’héritage simple. Ces principes s’accompagnent d’un état d’Amour simple pour les réaliser. Kama, dans cet Éden, tels sont les permanentes Attitudes simples facilitant l’essor économique. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé « Royaume Noir ».

« De plus, Kama, constamment dans ce royaume Noir, cet Éden, prévalent 11 états stratégiques qui guident la gestion des projets ethniques et informels. Quels sont les 11 états du développement de cette stratégie ? 1) Laisser passer, 2) S’abandonner, 3) S’essayer d’abord, 4) Dominer, 5) Être organisé, 6) Éprouver, 7) Être assidu, 8) Prendre soin, 9) Assainir, 10) Être Lean, 11) Oublier. Ceci accroit la confiance, le plaisir et la richesse de l’entrepreneur ethnique ou informel pour lui permettre de s’accomplir. Les 11 états sont le fruit de la pratique de quatre familles spirituelles. Ces quatre familles spirituelles sont celles élues par Dieu au-dessus de tout le monde. Il y a la famille de l’Énergie (Libido), de la Conscience (Plaisir), de la Parole (Confiance) et du Livre (Connaissance). Elles sont associées à quatre couleurs : noir, rouge, jaunes et blanc. De plus le vert représente l’Essence de la force vitale et le bleu, la famille de l’antimatière (ego). Kama, dans cet Éden, tels sont les permanents attributs de la foi de Simplicité et de la Gnose Noire. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé « Royaume Noir ».

« De plus Kama, constamment dans ce royaume Noir, cet Éden, au moment des six repas du jour, lesquelles sont des occasions de repos, où se ressource le corps et l’âme par l’alimentation et la méditation. Ce sont des occasions de détente et de calme. Les êtres peuvent mieux éprouver les Sentiments simples, entrer dans les moments simples, partager des intuitions méditatives et user de la monnaie avec modération. Avec la Patience et la Bonne humeur s’installent la Paix et la Paie dans un Monde appelé à la Modération : « Chaque Homme est important aux yeux de Dieu. » Ces perles complétées des exhortations « N’ayez pas peur » (de vivre, donc de faire l’effort de courage) et « Point de contraintes en religion » (de Simplicité, donc de faire l’effort de lâcher-prise vis-à-vis du Futur) soutiennent la Nature simple de l’être et de la Vie faite de Confiance en Dieu dans cette ère, ce Monde. Kama, dans cet Éden, tel est l’essentiel de la Voie dite Noire des entrepreneurs ethnique et informel alors appelé Éco animiste. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé « Royaume Noir ».

« De plus Kama, quelle est la genèse, dans ce royaume Noir, cet Éden, à l’origine du nom « Le Tout Ami » ? Kama, cela vient de l’Initiation de l’Élu, le Témoin silencieux, et de ces attributs de Vicaire du Maitre du Temps, L’Arche et le Sabre. C’est par la Définition et la rencontre avec la Vie que cet Éden a été appelé Al Quasar. Kama, le Seigneur du Temps, la Vie est immanent par l’Animisme, transcendant par l’Islam et permanent par l’Éco Animisme (Force vitale ; Énergie pure). Il juge cette ère et cette communauté sur l’outrance vis-à-vis du Temps. Kama, de quoi est formé le Seigneur du Temps Omar? Kama, il est formé de la Mer de Lumières OM et du Souffle de Feu Râ. Il vient de El, le Maître absolu. Kama, depuis cet instant le Seigneur de ce royaume œuvre par la Spirale, sa Loi de gestion, constante et vivante. Cette dernière concerne le Peuple de l’uniforme Noir d’abord, puis son prolongement dans celui de sang Noir. C’est la raison pour laquelle ce royaume est appelé « Royaume Noir ».

« De plus, Kama, ce royaume est le portant de cette Attitude de l’effort continu (toute une vie) et naturel (calme) appelé le Lean Intention qui a pour projet la reconstruction et l’usage d’un corps de connaissance visant à contribuer à l’essor économique des peuples opprimés, principalement par la renaissance Africaine. L’enseignement de la Méthode et la mise en place de nombreux Ka par franchise soutien l’implantation progressive d’un système de marché d’intégration issue de la philosophie informelle dans les économies locales pour les membres de la Diaspora dans les Cités et les couches populaires dans les terres mère. Ayant un bagage intellectuel ou culturel à valoriser sous forme de main d’œuvre, origine de la migration (pour diverses raisons dont économiques et humanitaires), mais détruit à l’arrivée faute de réseau (relais de l’information et de l’action), ils connaissent la frustration et l’urgence des situations financière précaires. Celles-ci sont peu propices à l’intégration socioéconomique par l’insertion professionnelle ou entrepreneurial. D’où l’apport de cette approche alternative définissant l’économie de communauté et manifesté par l’entrepreneuriat ethnique et informel qui peuvent être des solutions définitives ou de transition pour réintégrer le système de marché néo-libéral de façon compétitive ou la société d’accueil avec un patrimoine transmissible. A terme c’est l’accomplissement en affaire qui est le fruit potentiel pour honorer les deux responsabilités de tout Éco Animiste, Croyant, Simple bien guidé:

• S’accomplir spirituellement et matériellement
• S’affranchir des contraintes matérielles afin de favoriser l’accomplissement spirituel.
Quand Le Tout Ami eut fini la révélation de ce soutra, les Noirs de Kama, c’est-à-dire les Croyants naturels, ainsi que les ancêtres, les visionnaires et les dieux soumis, Anges et djinn, tous dans le grand conseil en écoutant le Message du Tout Ami s’apaisèrent, et simplement s’abandonnèrent, nourrirent et développèrent cette Graine de l’Arbre de Vie (Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle).

Adapté de la version courte de « Le Soutra de la Terre Pure d’Amitabha » source http://djigmetenzin.jimdo.com/

L’hospitalité a quel prix?

Il m’est arrivé d’observer le périple d’étudiants, de mains d’œuvre qualifiées, d’entrepreneurs etc. et de me questionner sur les motivations profondes de l’accueil voulu et non subi de ressortissants d’autres contrées du globe. Il m’est apparu que les Systèmes bien huilés la majorité de ces pays avait besoin de bras et de cerveaux corvéables à souhait pour combler les espaces de production délaissés par les populations locales. Il faudra toujours des esclaves pour faire avancer les drakkars. Ceci, bien sûr, reste un procès habituel mais réel fait aux Cités où se parque notamment la diaspora africaine (comme tant d’autres). Sortant de la facile victimisation, mon regard s’est porté sur nos propres pratiques de l’hospitalité. L’Afrique est reconnu pour sa tolérance à la diversité (excluant paradoxalement la fierté Arc en ciel) et le bon traitement de l’étranger sur son sol (au prix d’une abnégation aliénante) mais à y voir de plus près, rien ne justifie de se reposer pour autant sur nos lauriers.

En effet, cette hospitalité dont certains en font un point d’honneur voire une valeur de société comme la très célèbre « Téranga », est accompagnée le plus souvent d’un prix de séjour parfois bien dur à payer. C’est simple. Les conditions socioéconomiques critiques ont bien souvent imposé aux populations locales de lutter pour survivre au quotidien. Toute opportunité pour avoir du revenu est la bienvenue et un bien voulu. Ainsi, s’installe la fameuse spéculation sur le prix et avec elle une forme de malhonnêteté (appelons les choses par leur nom) dont la cible devient celui qui n’est pas de la communauté. Pour caricaturer le fait, on parodierait la formule consacrée en « ils vous accueillent les bras ouverts et réfléchissent au prix qu’ils demanderont pour votre séjour. » Vous êtes sans doute familier avec ce jeu de négociation, parfois agaçant, pour l’achat d’un produit ou d’un souvenir lors d’un voyage. Le touriste est le dindon de la farce par excellence et c’est un fait qui semble universel. Mais qu’en est-il du comportement vis-à-vis des non touristes, frères d’autres contrées en intégration ou de passage, diaspora de retour sur le sol, locaux parlant avec un accent etc. qui ne s’insèrent pas forcément dans le tableau « du robin des bois » dépouillant les riches pour nourrir les pauvres ?

La pratique est noble et semble-t-il équitable. Mais voilà le Monde évolue et l’Afrique aussi. La mobilité des personnes pour tout type de raisons possibles est de plus en plus une réalité. Les communautés qui maintiennent ce genre de comportement envers des « non comme eux » ne s’adaptent pas à l’idée promue de « Panafricanisme » et de « Renaissance Africaine » qui commence à faire son chemin dans les esprits. Punir les frères africains d’ailleurs d’un prix qui est majoré parce qu’ils ne parlent pas la langue locale est, pour moi, une ineptie et ne cadre pas avec l’idée de fédération (ou d’union pour les plus utopistes) de l’Afrique. Soyons cohérent avec ce que l’on veut. Je ne pense pas que pour le moment il soit possible d’avoir des langues communes de communications, entre frères africains, autres que celles héritées de l’époque coloniale. Ne nous voilons pas la face sur cette réalité. L’étranger africain qui en parle une n’est donc pas un ennemi même s’il n’y associe pas le wolof, le pulaar, le fon, le lingala, etc. à chacune de ses pérégrinations.

Dans un ordre d’idée plus spirituel, cette spéculation enlaidie l’être en lui-même surtout lorsque le cœur qui est la référence en matière de jugement moral ne nous le reproche plus. Pour des pays dont la foi est importante, il est alors dérangeant voire choquant que cela ne soit pas dénoncé. On en vient même à considérer toute l’hypocrisie d’afficher une étiquette religieuse faite de grandes prières canoniques et de purification – quand ce n’est pas une justification facile du fait que « tout le monde est pêcheur » et que le sacrifice prophylactique d’un seul homme autorise à ne plus s’évertuer au bon comportement. Je les renvoie, dos à dos, respectivement à ces deux références : Coran LXXXIII, 1-6. et Mt 25, 34-40.

Il est donc urgent de mettre à l’agenda de la construction d’une Afrique fédérée, une philosophie de l’Attitude en communauté en plus d’une monnaie unique, d’une réappropriation de l’Identité par la connaissance authentique et le pouvoir économique issu de la création de la richesse. Pour ne citer que ces aspects. Cette construction ne peut reposer uniquement sur la gouvernance de nos dirigeants « biens et mets » mais aussi de l’action élémentaire de chaque individu à son simple niveau. C’est toute l’importance d’avoir une Vision commune, de la partager, et d’œuvrer en synergie à la concrétiser. Il est grand temps d’agir et de ne pas repousser « le jour du réveil » à la prochaine gênée ration.

« Bénis sois celui qui trouve en son frère africain l’homologue dans la mission de refaire du continent le centre économique et spirituel du Monde »

Keeping the informal spirit of community organizations

In the last decade, the financial situation has been critical for industrialized countries. Facing crises, most of the governments have chosen to cut in their budget and to restructure their economy toward internal and global performance in order to ensure a substantial growth in GDP. This results in many limitations for economic actors such as enterprises, universities, organizations and individuals. In the sector of community services, the main resources, consisting of grant from state institutions, has been reduced stressing and urging a new model of managing and working in these organizations (Non-for-profit, NGOs, charitable institution etc.).

The challenge is to maintain a certain level of revenue to continue to serve the community by diversifying the sources income with different paying activities and events. The dilemma here is to still report to funders to justify the use of the given money that decreases while, in the meantime, develop a “for profit” strategy to reach an ideal financial independence and sustainability. To achieve this transition or conversion, it is important to enhance the production in the organization. That means to rely and invest in the workforce to obtain the results described in the action plans. It takes a great management ability to choose the right way to deal with these three factors (budget, workforce and results) and position oneself.

The formal way will use laws and rules and will fit with administrations where the services are performant when it is standardized. The formal way uses systems as reference of order and control. In another hand, the informal spirit will invite the manager to show leadership and charisma in order to federate, motivate and bring together the workforce to goals (even unrealistic). The informal spirit is about attitude as medium of strength and drive. Team building activities are necessary to create and nurture a certain culture and cohesion.

Community organizations aims to support their members in the different areas of their needs. The genuine humanism, compassion and altruism of the workforce is the priceless capital that is involved to show empathy and solve so much field problems within marginalized neighborhoods or citizens. That’s why it is important to keep the informal spirit of community organizations and not devolve in killing administrative processes, induced by financial restrictions, or that’s might foster managerial tyrannies.

Doit-on choisir de s’engager à utiliser le Bitcoin pour remplacer le Franc CFA?

« Les révolutions sont rarement le fait des personnes exerçant le pouvoir de réformer mais presque toujours issu de l’exaspération des couches populaires en réaction à une forte et longue oppression. »

La fronde quelque peu incoordonnée que l’on observe contre le franc CFA peine à trouver des champions de cette cause suffisamment de taille ou un exercice de pouvoir d’une majorité conséquente de la population touchée pour de se désapparier avec son auteur. Paris audacieux, enjeux importants de part et d’autre, et risques non négligeables. A l’instar des combattants africains ayant servi pour des guerres qui ne les concernaient pas, les mains d’œuvres de migrants économiques se sont vues servir de l’a-guère qui n’aurait pas dû les concerner vu leur bagage intellectuel. Sollicités par les Cités et cités par les Sollicités, çà et là des voix s’élèvent. Seulement voilà, comme il y a quelques années pour la reconquête du pouvoir politique, le contraste des iniquités dans le pouvoir économique appelle une fois de plus le même sursaut non plus patriotique mais panafricain cette fois-ci. Mais la génération de la renaissance économique sera-t-elle à la hauteur de celle de l’émancipation politique?

Sans même rentrer dans débat purement technique du pour ou du contre d’une telle initiative, une simple observation de l’économie actuelle nous donne le La pour notre chant de révolution. Combien existe-t-il encore d’états qui se disent indépendants qui utilisent une monnaie de tutelle ? Le semblant de croissance africaine concerne hélas les mêmes secteurs économiques qui profitent à la production de plusieurs à l’extérieur et à la consommation d’une minorité à l’intérieur des états. Difficile de trouver des relais d’un « Message de meilleur partage des ressources » auprès de gouvernants pris entre les foudres hexagonales et le feu des pré-carrés vivant des réalités de pays difficilement gérables sans assistance, dit-on. L’espoir venant de l’alibi a été réduit au chaos et sans doute servi de mise en garde pour d’autres. Pourtant les faits sont là :

« Nous sommes arrimés à l’économie d’un pays qui ne possède pas de modèle commercial clair lui-même et qui se maintient tant bien que mal dans le concert international par le truchement de sa diplomatie ou de son imposition sur ses anciennes possessions coloniales. Comment envisager un redressement puis une renaissance lorsque nous portons à notre cou un tel joug qui par effet d’ascenseur se hisse avec rictus d’ajournement de galères à chacun de nos mieux ou glisse avec dictat d’ajustements décalés à nos baisses de formes. »

La vision que je partage ici est de nous dissocier de ce système vampire, entretenu involontairement ou pas par nos éminents représentants, par l’initiative personnelle, indépendante et collective d’échanges décentralisés. Le bitcoin offre une alternative intéressante pour nourrir ces échanges économiques, d’abord entre membre de la diaspora, entre diaspora et les terres mère, entre états utilisant le Franc CFA puis entre n’importe quel état africain. Dans une mode d’instauration d’un panafricanisme économique qui doit précéder celui des idées et de l’identité car on est réellement respecté et entendu lorsqu’on représente un pouvoir économique certain. Au risque de me répéter cette révolution demande de la volonté et un changement d’attitude. Du développement et de la familiarisation avec des solutions de paiement en ligne utilisant cette monnaie au deuil de la thésaurisation sous le matelas pratiquée par le commerçant frileux des banques. Ces dernières offrent progressivement des comptes en bitcoin. Une voie entière s’offre pour des pionniers africains des technologies qui veulent œuvrer sur ce vaste chantier. Commencez à vous y intéresser dès aujourd’hui ! Le tout est de saisir tout le potentiel que représente le bitcoin pour l’émancipation économique de l’Afrique et de suivre la vague de son déploiement en étant à nouveau des précurseurs dans ce domaine. Tout commence par la volonté.

« La Victoire est le fruit de la préparation, de l’effort et du réalisme sur le terrain mais, avant tout, une question de sincérité dans la cause soumise à Dieu. »

« Black lives » mateur

« Black lives » mateur. J’excuse mon franglais pour exprimer mon rire du moment. Mon rire est Noir et sans l’air, il ne me reste plus que l’ire. Peu de chose à lire des vidéos à voir et à faire circuler. Des photos à émouvoir et à nouveau voir. Les mateurs de la condition du Noir en ont pour leur argent, art « gent » avec des gants: voir s’émouvoir, réagir d’une e-conne d’affect voire oser manifester. Les mateurs ont déjà baissé les bras. Quel réel pouvoir a le Noir sur ces antiques prédateurs quand le talion mène à la joue droite et que le pardon grandit. A ce jeu-là nous sommes des géants dressés par l’abnégation et les couches de principes religieux qui existent déjà dans le monde Noir. Oui où la présence immanente de Dieu en toute chose prônée par l’Animisme empêche de faire le mal sous peine de sanction de la nature ou de la communauté.

Le mateur ne croit plus en lui. La perspective d’un Futur occulté par une lourde pierre n’encourage plus le cœur à vivre. Juste subir. Pour certains affranchis jouir. Et mourir. Encore une image de tombeau. Qui démentira le mateur? L’audace d’une minorité à bout. Qui cessera de mater pour mater avec Justice et Sagesse le mateur. Lui faire comprendre qu’il y a des limites à respecter pour l’équité de la Vie sur la Terre et dans le Monde sous l’égide du Ciel. Et nous y parviendrons : maté pour la réussite de nos vie Noires.

« Black lives » mateur, je poursuis avec mon franglais pour exprimer mon ire du moment. Mon ire est Noire et avec l’épée, cela me semble pire. Ça va du mal au pire et le pire c’est notre caution. Des modèles des Attitudes à aimer et à nos veaux s’adonner. Le mateur et garant de l’oppression du Noir dispose d’assez d’agents, a-« gents », sans gants. Ne vous limitez à ceux qui « servent et protègent » (serres et prothèses) en occident, à ceux responsables de l’octroi d’un titre de séjour, de voyage ou autre document que le marabout n’a pas vu venir. Ils ne sont que les pions d’autres mateurs beaucoup plus grands qui les déplacent.

Ce sont les serviteurs d’un Système créé pour dominer mais qui domine à présent ses créateurs. Un Deep blue (d’IBM) rebelle qui « bât » du plus iniques au plus technique. Nous avions perdu la puissance d’imposer l’awalé en lieu et place des échecs. Alors nous échouons à comprendre un jeu qui ne nous ressemble pas. Et qui démontera le mateur ? Le Cri, le réveil des consciences face à une menace mâle de disparition du maté, dépositaire de la connaissance de Dieu. C’est cette Afrique qui renait, ce Monde Noir qui sors de l’ornière, ce passé restauré et enfin ce Futur économique que l’on doit se réapproprier à tout prix pour qu’on ait une assise légitime pour décider de l’accomplissement du destin de notre civilisation dans tous ces aspects. Et nous n’y sommes pas encore. Nous voilà maté dans nos vies Noires.

« Black lives matter » avec un thé en plus on aura moins eu. Quittons le style prose à hic pour l’action.

Nous en tant que Noirs et sympathisants de la cause Noir luttons contre un Système voire un principe qui date de la nuit des temps. Chaque génération y a eu droit. Certes le Noir a dominé pendant une période mais l’histoire est faite de cycles. Pour ceux qui rêvent d’un retour radical à l’Égypte ancienne, l’histoire a drainé des faits et des phénomènes sur lesquels on ne peut plus faire table rase. Nous vivons le métissage dans bien des domaines sans que ce ne soit vu comme des mesures hégémoniques, d’éradication ou d’assimilation. Les concepts cardinaux d’Amour, de Vérité et de Vie sont à un point culminant des connaissances et de consciences véhiculées par les 4 grandes familles spirituelles élues au-dessus des autres (Animismes, Bouddhisme, Islam et Judéo-Christianisme) (Coran III:33-34) Au fond la question ne revient plus trop à « Black live Matter » car il y a eu des cas de latinos, de chinois, d’arabes, de bosniaques, syriens etc. C’est juste que « Lives Matter ». Et ceux qui exercent un pouvoir si minimes soit-il au nom du Système l’oublient et sont dans l’excès de leur rôle d’oppression. Mais tout ceci est comme une horloge. Quand la grande aiguille va atteindre le nombre douze et que l’heure pile va sonner, comme un point culminant d’iniquité, et revenant aux symboles eschatologiques, un Sauveur ou héros civilisateur sera normalement suscité. Donc arrêtons de « matter » usons de tous les moyens en notre pouvoir, écrire, boycotter, sensibiliser, marcher, aller en recours collectif jusqu’à ce que les mateurs sde tout type se calme et reçoivent leur propre mateur qui aura besoin de l’aide de tout Croyant ou personnes sensibles à sa cause. (Mt 25:13)

Prenez courage!

« Chaque Homme est important aux yeux de Dieu »

Le Cri des Calebasses est à l’horizon…

L’Afrique comptera 1,8 Milliard d’habitants dont 295 millions de jeunes (entre 15 et 24 ans) en 2035 qui constitueront une forte manne en main d’œuvre un tant soit peu arrivé à un bon niveau de qualification. Il faut encore espérer que le système d’orientation vers des séries de garage ne les privent toujours pas d’un vaste panel de débouchées. Je parle de débouché car d’ici là il faudra bien admettre que l’entrepreneuriat devienne une alternative naturelle au marché de l’emploi. Cela implique qu’on lui donne les moyens non seulement d’absorber une partie des diplômées issus du système scolaire (à réformer) mais aussi d’être performant pour offrir les capacités d’exporter des modèles et d’attaquer des marchés outre-mer.

Je m’adresserai principalement à mes pairs de la diaspora. 2035 ce n’est pas si loin, et pour ceux de ma génération des années 70, 15-24 est souvent la tranche d’âge que vos enfants auront atteint. Seront-ils alors confrontés aux mêmes problèmes courants que nous lors de notre immigration ou peuvent-ils espérer une meilleure intégration ayant déjà su profiter d’une enfance sur les terres de la Cité. C’est donc une situation plus stable à envisager pour la deuxième génération issue de l’immigration. Cependant l’avenir ne peut être une répétition de ce que nous avons eu à vivre nous-même cette fois-ci offert par le même plateau de tournage des Cités (centre d’appels, usines, manutention) en ce concerne les futurs nouveaux arrivants. Pour des familles d’immigrants qui ont feront l’effort de venir s’intégrer cela serait une lâcheté de notre part de n’avoir pas pavé la voie pour d’autres. L’investissement dans une activisme sur les lois d’immigration est le minimum pour assoir des conditions de vie saines faite de revenus suffisants et de considération de la diversité culturelle sans voile accommodant et hypocrite.

Mais voilà. Dans quel paysage de compétence évolueront surtout les jeunes de la diaspora face à leur confrères et consœurs des terres mères dont le besoin accru de débouchés fera sauter les soupapes d’une machine bien huilé qui sélectionne depuis des temps immémoriaux les plus apte à quitter les comptoirs pour le grand voyage dont ils ne sont pas sûr de revenir ? Un prédateur aux mues progressives (esclavagiste, colon puis coopérant financier) dont les intérêts réels s’opposent au développement économique et social de notre civilisation. Doit-on voir des cousins de même sang clamer leur légitimité à offrir leurs compétences sur un sol depuis rendu étroit par des lois d’immigration qui préservent le dosage de diversité par la qualité des profils et dont l’excès se déverse pour le moment dans la méditerranée ? Simple dégazage du continent, un peu trop lié, africain.

Nous avons sans doute tout faux.

C’est dès à présent que ce tableau peut être défait par ce que je ne cesserai d’appeler de mes vœux la Correction de nos Attitudes. Elle consiste à reconsidérer notre relation à l’Autre (Diaspora vs Terre mère) pour faire émerger des ponts de solidarité et recréer des conditions économiques viables qui n’appellent pas des choix d’exode à partir du continent ou des replis identitaires en Cité. Tout naturellement nous sommes les membres d’une même communauté issue d’un portefeuille de cultures africaines et nous œuvrons à nous réapproprier notre Futur économique qui est aux mains de principaux bailleurs de fonds et partenaire financiers vénaux qui opèrent et exploitent depuis des années.

Le Cri des Calebasses c’est ce ras le bol d’une jeunesse sans avenir qui demeure dans la désillusion quotidienne de la renaissance économique de son continent. Elle est encore impuissante face aux jeu géopolitiques et stratégiques de main mise des richesses sa Terre notamment par le maintien éhonté de dirigeants au service du prédateur mutant à la tête de leurs états malgré des efforts pour respecter le jeu et la démo cacique. Mais c’est le flot de sang contenu dans ces poitrines opprimées qui s’offrira lorsqu’il n’y a plus d’alternative que de mourir pour la liberté ou vivre libéré. C’est à nous membre de la diaspora d’y apporter de la modération et d’accompagner cette jeunesse par des actions significatives d’investissement, de transfert de connaissance, de technologie, de contrat, de partenariat, en somme de débouchés pour espérer conjurer un chaos qui pourrait faire du tort au grand nombre et à grande échelle et blesser pour longtemps l’Âme du Monde et les fondements de l’Humanité; notre communauté.

Le chemin n’est pas si long pour voir les Attitudes changer. C’est une question d’intention puis de volonté de réappropriation de ce que l’on a en soi de façon latente : le Pouvoir de diriger l’avenir de la Terre conformément aux lois divines.

Par exemple, dernièrement j’initiais une levée de fond en ligne (http://www.thewisefundings.com/) pour des jeunes apprentis qui veulent se lancer en affaires. J’ai publié et diffusé un post sur un réseau social bien en vue qui a fait environ 18982 vues organiques, 6790 click, 5000 like, dont 70 like d’amis, de nombreux commentaires, pour au final avoir 4 dons (moi compris) et moins de 150$ de levé. C’est un début. Mais je me demande toujours pourquoi les projets ethniques des groupes culturels noirs peinent à mobiliser. Est-ce le mode virtuel qui ne convient pas ? Ou tout simplement le fait de ne pas se sentir tenu à tenir sa parole physiquement? La confiance face aux multiples arnaques venant du sud? Quel est le vraiment le risque à perdre 10 ou 20$; le prix d’un repas, une sortie en discothèque ou d’une coiffure?

Vous seul pouvez savoir pourquoi les levées de fonds de vos amis entrepreneurs ne vous passionnent pas. Est-ce de la jalousie de la mesquinerie. Avons-nous finalement et réellement l’esprit de communauté? Voulons-nous avoir plus de « success stories » pour voir des entrepreneurs réinvestir dans la communauté ou pensons-nous que cela donnera lieu à des « m’as-tu vu » de plus? Oui pour les repas, baptêmes et autre activités physiques où notre besoin de reconnaissance en retour de l’acte porté se doit d’être nourri en retour. Sinon nous sommes dans le fond aussi individualistes que les autres, nos hôtes des régions froides, en matière d’Argent car ça doit sans doute faire intervenir la crainte de montrer son réel niveau de vie (tout le monde se cherche dit-on), son pouvoir d’achat, la peur de rentrer dans un cycle où si j’aide Alpha il faudra aider aussi Oméga et à la fin je passe mon temps à aider les autres? Dieu est plus savant et sait ce qu’il y a dans les cœurs.

Toujours est-il que pour changer la donne de cette catastrophe en formation qui pointe déjà à l’horizon 2035 (projetez-vous dans l’occurrence d’élections présidentielles dans un climat social sans espoir) il va falloir pouvoir trouver une réponse acceptable dès maintenant à cet épineux problème qui nous concerne tous. Il faut prendre de la hauteur et analyser les conditions de notre communauté sans se limiter à la survie à court terme comme c’est le cas dans l’informel, peut-être envisager l’effort à moyen terme comme dans l’ethnique et surtout la vie à long terme comme dans le cas du local où on joue à armes égales avec les pairs qui nous ont accueilli initialement. Et ma vision est que la diaspora peut rectifier le tir et investir dans le continent dans des domaines qui lui sont familiers ou qui sont délaissés par les institutions en tirant profit des ressources de son intégration. Alors à vos économies, prêts, pariez!

« Les jeunes africains sont les pierres de l’édifice de la renaissance du continent et chaque membre de la diaspora doit contribuer à se lier à eux en ciment économique nécessaire à la solidité globale des murs de notre royaume retrouvé. »

Vaincre par la force des âmes

Osons être réaliste. L’union entre africains ou, au-delà, entre peuples noirs a peu de chances d’être le fruit d’un consensus ou d’une déclaration commune. Il est plus judicieux de chercher notre Salut par l’opposition puis l’imposition des règles du plus fort voire de l’élu aux autres soumis au rôle de vassal pour rester poli. L’union européenne s’est bâtie sous l’impulsion d’une troïka de membres forts économiquement (et parfois militairement) qui a défini les règles et y a fait adhérer les plus faibles et les plus en demande dans un échange gagnant gagnant plus d’investissement sur mon sol vs plus de poids économique. A plus large échelle les membres du conseil de sécurité ou du G20 fédèrent (ou si vous préférez oppresse) la terre autour de leurs valeurs comme la sacrosainte démocratie, la laïcité, le rapport de genre, la bonne gouvernance etc.

En parlant de cette démocratie. Pour combien de temps allons-nous encore la supporter de cette manière dans la plupart des pays africains. Dans bien des cas le peuple vote un changement qui ne se fait pas et la communauté internationale fait fi des demandes de justice du peuple rappelant mollement le respect des institutions et attendant patiemment de passer à la caisse pour récupérer les parts d’exploitation des matières premières. Là encore je pense que le monde évolue aussi au niveau des profils des leaders qui doivent être non seulement représentatifs du peuple (l’habituelle « démocratie ») mais aussi de l’état des forces cosmiques de l’Univers (la trop délaissée « théocratie »). On assiste dans cette ère à une foire de non-initiés qui dirigent sans être éclairés et incitent de fait leurs administrés à dégrader encore plus leur karma quand ils n’usent pas de violence contre eux pour oui ou un non.

Si on en revient à notre histoire les grands sous-ensembles africains de l’ouest, du centre et du sud (pour ne citer que ceux-là) sont le fait de l’imposition de la force d’un puissant régent selon le moyen de médiation contemporain (l’armée, le commerce, la parole, l’or etc.). Ainsi de par le passé, des souverains comme Soundiata Keita, El Hadj Omar Tall, ou encore Shaka ont battis de grands empires par inféodation des plus petits. On parle aussi des rayonnant empires du Ghana, du Mali, Songhaï, du Monomotapa, Toucouleur, du royaume d’Abomey, des royaume d’ifé etc. Ce phénomène d’unification par la force est présent dès l’Égypte antique qui est l’une des premières civilisations connues et florissante. L’un des premiers régents, le Pharaon Nemrod porte un nom dont la signification pourrait être « se rebeller » ou « celui qui a dompté le tigre » et pourrait nous mettre sur la piste de l’émancipation par la force face à une trop grande oppression (sans revenir sur son déclin par orgueil comme dans bien des cas).

Dans notre ère, l’économie est de fait le moyen de médiation par excellence, et ma vision est que les économies les plus puissantes d’Afrique pourraient entrainer le reste du continent dans leur sillage en s’imposant et imposant les meilleurs pratiques de leur culture économique aux autres qui restent à la traine. Inutile d’y voir de l’iniquité ou de l’ingérence ou encore une atteinte à la souveraineté. Celles-ci viennent plutôt de nos nombreux prédateurs qui se voilent à peine de nos jours pour réaliser leurs forfaits.

On a eu un embryon du modèle que je décris avec les importants investissements réalisés par la Libye dont le Leader a fini par avoir une vision pour son continent mais qui a été éliminé par ceux qui défendent leur pré-carré idéologique, économique et géopolitique. On peut s’imaginer aisément que l’éternelle et douce France qui, sans les ressources de ces ex colonies (ex n’étant qu’un diminutif d’exotique) ne serait qu’un village Gaulois, certes valeureux et aux connaissances druidiques, mais entouré de vrai camps de légions qui ont appris à ne dépendre de personne pour le PIB. Il ne suffirait pas alors de se contenter de manger du gigot de sanglier (notre « sang lié » par la honteuse monnaie jumelle XOF et XAF) ou de protéger la formule de la potion qui n’est autre que l’influence diplomatique, hermétique et mafieuse sur une minorité qui opprime les plus faibles dans leur propre pays.

Ceci dit et pour reprendre mon propos l’union africaine devrait être dirigée par les pays les plus en avance dans leur domaine afin qu’ils puissent disposer d’une influence géopolitique certaine sur les décisions régionales ou panafricaines Ex : le cas de l’implantation du groupe Dangoté au Sénégal. On peut se féliciter d’ores et déjà de la poursuite de l’intégration sous régionale qui se poursuit (UEMOA, CDEAO, CEMAC, COMESA etc.) mais hélas dans les faits ces institutions reprennent les travers des administrations des ex-colonisateurs qui les ont suggérées. Inertie et ou ignorance des uns contre impuissance des autres prêts résolument à donner leur contribution à la réappropriation de notre pouvoir économique.

Pour ne pas faire trop long, je m’en vais vous faire une proposition indécente en guise de clôture. La voici :et si nous reprenions les armes ? Oui comme on l’a toujours fait. Du temps de nos ancêtres si bien chantés dans nos hymnes nationaux. Ces fiers guerriers qui savaient donner leur vie pour leur royaume. Sans écouter les waswas de djinns et d’Hommes pervertis qui nous inviteraient à perdre notre temps en discutions stériles où le plus faible fait avorter des mois de tractations par son empressement à accepter des garanties, largesses ou babioles en guise de corruption de la part de ceux qui veulent maintenir un certain contrôle sur l’approvisionnement en ressources issus de notre sol. Cette guerre est nécessaire car on a trop dormi et pensé qu’on vivrait l’éternité sans efforts particuliers. A reproduire les mêmes gestes insufflés sinon dicté (« l’émergence » tu connaissais ça il y a quelques années?) pour obtenir des résultats différents conforme aux promesses des illusionnistes. Cette guerre est économique inter et intra états se fera pour l’imposition d’un modèle économique africain qui représentera la plus forte tendance généralement acceptée et reconnu par tous et de façon durable. Une course au leadership pour un modèle à adapté à l’environnement d’un marché en constante évolution mais où notre Sagesse nous donne à observer les cycles de la Nature (n’en déplaise à ceux qui se sont coupé de leur racines intimes). On a trop souvent célébré notre diversité notre multiculturalisme même si c’est un fait. Mais pour des raisons stratégiques il est bon de définir des modèles communs qui nous représentent sans détruire notre richesse culturelle interne. Un exemple : seriez-vous prêt à porter et vanter les mérites d’un dashiki à une autre culture sans être ouest africain tout en préservant votre propre style d’habillement traditionnel qui ne s’est pas encore imposé pour le moment comme une tendance mondiale ?

Chers amis entrepreneurs, guerrier de cette lumière contemporaine, main d’œuvre économique déplacée voulant se créer un revenu face aux conditions du marché de l’emploi, Il est temps de reprendre vos armes Marketing, d’aiguiser votre branding, de repenser votre stratégie d’entreprise et surtout de choisir votre camp car avant les armes de management c’est l’âme qu’il faut unir au combat et savoir si on le fait pour les bonnes raisons : accumulation de possessions terrestres ou retour vers Sion, la céleste. L’humanité sort toujours grandie de la compétition (naturelle). C’est à cette condition qu’elle se perpétue. Laissant les moins adaptés disparaitre et les plus aguerri transmettre la vie pour un nouveau cycle ayant ces propres lois. Et ceci jusqu’à l’Heure dont la connaissance de l’occurrence est de la connaissance de l’Un mais que tout être est inviter à prendre en considération.

« Pour cette foi ci, le combat sera un combat d’Hommes »

Le fait ethnique n’est pas le fait racial

Chaque ère présente un défi à relever pour une communauté élue qui devra lutter pour sortir de l’oppression de puissants et rétablir la Justice.

Dans notre contemporain l’économie est, cette fois, le lieu d’affirmation de la communauté Noire pour sortir de l’ornière de la pauvreté et du manque de souveraineté. Les moyens choisis pour suivre cet objectif sont nombreux mais force est de constater que l’entrepreneuriat, par tendance globale du moment, est souvent retenu pour être le vecteur principal de cette réappropriation de la liberté de s’enrichir et de réussir son intégration sociale. Dans le tumulte des actions menées, on en vient, selon moi, à faire des amalgames et à se tromper de cibles. Il me semble alors essentiel, en ce qui me concerne de souligner à nouveau ma position sur cette question.

« Le fait ethnique n’est pas le fait racial » autrement dit l’entrepreneuriat ethnique n’est pas un entrepreneuriat pour Noirs, Arabes ou Latino-Américains. L’ethnicité doit être vu, nominalement, sous l’angle de l’identité commune d’un groupe d’individus. C’est par la force des choses que les régions ayant préservé cette notion s’accommodent le mieux à l’étiquette d’entrepreneuriat ethnique lorsque leurs membres se lancent dans l’activité économique dans les Cités ou au sein des pays sources des immigrations. Autre fait marquant, le lien très fort avec l’économie informelle, dont la plupart des pratiques commerciales (que j’appelle Attitude) qui en sont issues, dessinent les frontières d’une communauté d’acteurs économiques à laquelle appartient souvent les migrants toute race confondue. Nous le verrons à la fin.

Ce serait donc une erreur de penser que l’entrepreneuriat ethnique est le fait d’une seule race ou d’un groupe de race. C’est, je l’ai dit, une question d’identité commune. Par caricaturer un peu mes propos, si l’ensemble des danseurs de Kizomba de Montréal (ayant donc cette danse comme valeur ou identité commune) émigrait au Groenland pour y mener des activités économiques, ils formeraient une communauté ethnique et non raciale car vous comprendrez bien qu’au sein de ce groupe sont présents différents peuples et couches sociales.

Dans cette optique, il me semble qu’il ne faille pas cantonner la communauté Noire à des échanges internes sous forme de « ghetto économique ». Cette notion de « ghetto », dont l’usage me semble inapproprié, tire son origine de la communauté juive habituellement présente dans plusieurs régions du monde sous forme de diaspora. Bien que le communauté Noire soit tout aussi répandue, elle n’a pas encore atteint la même maturité d’organisation et de puissance financière que le peuple juif qui peut se permettre de vivre dans un retrait apparent mais pas effectif.

« L’avenir est dans l’interculturel » que ce soit en Amérique du Nord (bâtie sur les libertés individuelles) ou en Europe (encore conservatrice). Ces régions ont généralement choisi le multiculturalisme et l’assimilation (en France notamment) pour créer des sociétés cohérentes. Cependant sans échanges équitables et égales chances d’accès aux ressources entre les membres, les modèles sociaux sont appelés à voler en éclat à long terme. Avec l’interculturel les gouvernants ont une chance de créer des espaces inclusifs donnant le pouvoir à chaque sensibilité de contribuer à l’essor de l’écosystème local régional ou national. Cela doit, selon moi être la solution à privilégier dans les sociétés d’accueil compte tenu du paramètre de l’immigration économique voulu ou subie qui n’est que le fruit de l’exacerbation des disparités inter et intra états.

Je finirai en partageant avec vous mon orientation de travail qui tient compte de cette vision d’ouverture, de dialogue et d’échange entre communautés ethniques et économiques à l’heure où l’après mondialisation voit se multiplier les mouvements de repli identitaire et différents clivages sociaux:

« Les entrepreneurs ethniques tirent l’essence de leur Attitude et des stratégies de développement qu’ils appliquent au quotidien de celles du secteur informel auquel ils sont rattachés d’une manière ou d’une autre (offre ou demande) sauf qu’ils les mettent en pratique dans le contexte d’affaires interculturel des Cités accueillant des flux migratoires pour raison économique en ayant cette fois-ci pour impératif d’innover pour construire un avantage concurrentiel. La faible diversification dans la nature des projets ethniques (qui redeviennent informels voire souterrains sans cadre réglementaire) n’est que le reflet de celle du secteur informel guidé aussi par la criticité de la situation financière du promoteur. L’interculturel est donc le pont d’interface entre l’informel et l’ethnique. Ceci a l’avantage de marquer une claire distinction entre l’entrepreneur ethnique et l’entrepreneur classique d’origine ethnique qui est familier dès le début avec l’exercice et le code de ce métier de façon formelle. »

N’ayons plus peur de reconstruire…

Le chantier de la renaissance africaine appelle plusieurs générations à la reconstruction non seulement de nos économies mais aussi de notre identité. C’est sur ce dernier aspect que je m’appesantirai plus dans cet article.

L’Afrique, qui a de tout temps été une terre d’accueil et de tolérance, vit depuis plusieurs siècles maintenant au rythme des influences de peuples dominant venus chercher quelque intérêt sur son sol. Parmi les blessures reçues, les longues saignées d’hommes et de femmes vers des terres de servitude tant à l’orient qu’à l’occident ont principalement pris racine par le jeu du besoin en ressources manifesté par les autres et presque toujours alimenté par le continent. Ce rôle berce sots de l’humanité et de leur appétits insatiable et inique n’a pu s’établir de façon durable que lorsque l’Homme Noir a perdu son rapport privilégié au Créateur à travers sa maîtrise des états de l’âme et des forces naturelles. Ceci par le dénominateur commun que constitue la Force vitale. Ainsi ayant perdu, suite à la ruse exogène occasionnant transgression et désacralisation, toute confiance en soi et en la Source de la Vie, la Force vitale, le représentant de cette famille spirituelle a commencé à perdre la saveur de son sel et s’éloigner de son ciel voire de l’essentiel.

Le lien fort de jadis unissant dans le quotidien les vivants aux ancêtres dans l’au-delà, la mort n’étant qu’un simple passage, a très vite été remplacé par des conceptions appartenant à d’autres maisons de la demeure du « Pair ». Troquant « le meilleur pour le moins bon » on s’est mis à œuvrer pour un salut futur après jugement oubliant que celui-ci s’est toujours effectué dans le quotidien de la conscience du Noir baignant dans sa sensibilité animiste. Cela a occasionné alors la plus grande tragédie de tous les temps pour ce vicaire : avoir peur de la mort.

Après avoir été dans la proximité de la réalité du passage dans l’au-delà pendant longtemps, le choc des cultures aura fait régresser le Noir de la connexion de l’âme aux autres dimensions spirituelles à la peur stérile de cette initiation à la vie (la vraie) par le truchement des pensées de l’esprit dans des élucubrations de ceux qui cherchent à s’y soustraire. La gravité dans l’Attitude fait alors place à toute une pléthore de manifestations de l’ego (ennemie de l’âme) qui tire la justification de sa vie de l’aliénation du pouvoir spirituel de l’Homme.

Dans notre contemporain cette involution prend des tournures bien regrettables faite de tous les maux de l’âme et de la mauvaise répartition de l’énergie : stress, anxiété, trouble bipolaires, dépression etc. pour le caractère et leur homologues corporels AVC, cancer, hypertension, diabète etc. ou moral alcoolisme, déviance sexuelle, violence conjugale etc. Certes cette « adaptation » de notre identité et qui se traduit dans nos modes de vie contemporain est le fait d’une longue chaine d’influences et d’héritages (perçu comme un enrichissement ou une édulcoration). La mondialisation et les flux migratoires économiques connus depuis les années 70 ont aidé l’expansion de divers modèles de dominants qui ont fait leur chemin et se sont établis en standards internationaux.

Avec le réel désir de reconstruire une Afrique prospère dans le sillage de notre propre modèle culturel tirant sa force, selon moi, de la Correction de l’informel vers la performance, la qualité et l’innovation, il devient important de se défaire des nœuds involontairement créés dans nos têtes par tous ces échanges. Non pas seulement un fait d’intellectuels et de penseurs militants de la nègr’Attitude mais bien une dynamique qui englobe en son sein les couches populaires en valorisant l’intérêt à conserver notre patrimoine spirituel. Je le répète nul besoin de recréer un culte artificiel inspiré de l’Égypte antique. L’humanité a fait son chemin depuis et reçu d’autre Messages universels. A l’Heure actuelle, il apparait que nous sommes dans une phase de sa maturité appelant l’Homme à définir une philosophie de vie personnelle en marge des grands courants spirituels classiques et honorés (Énergie, Conscience, Parole et Livre) dont la croix qui les sépare volera en éclat à l’accomplissement de la deuxième colonne de la Loi…

En somme, le courage devrait nous mener dans le calme à recouvrer cette confiance d’antan si propice à la réédification de notre continent. Avoir peur de la mort est paralysant pour un Peuple en marche pour son affirmation surtout quand il s’en remet à son guide (Coran III, 144) pourtant l’effort économique de chacun ne pourrait dépendre que d’un seul modèle. Nous craignons la mort car elle délimite la fin de notre course folle à « l’en faire » dicté par l’esprit et non au contenu de notre âme (en Animisme l’Homme est fait de l’âme et du corps ; l’esprit n’est pas de notre conception) dans lequel repose le projet divin à accomplir au rythme de notre destin. C’est un processus dont nous devons à nouveau nous faire proche (Coran III, 185) préservant ce qui reste de l’héritage traditionnel et ne voir la résurrection que comme une illumination à vivre de notre vivant pour vivre la vie en plénitude, l’éternité. Ici et maintenant. Selon l’influence bouddhiste dans la doctrine du Messie Isa ibn Maryam. Laissons donc les morts avoir peur de la mort et ruiner leur temps dans l’idolâtrie du moment présent sans perspective sur l’au-delà mais bien plus sur le post d’une activité « m’as-tu vu » dans un réseau social. Nous, vivons en mort pour commencer notre éternité de vie, celles des nouveaux contributeurs à l’essor du continent. Deux belles recommandations nous viennent de deux figures complices de l’histoire spirituelle « n’ayez pas peur » du Messie Isa ibn Maryam et « Point de contraintes en religion » du Saint Prophète. Paix et salut sur eux deux. Elle nous indique que pour ne pas avoir peur (de vivre), il ne faut pas avoir peur de la mort. Aussi nous passons le clair de notre temps à résister à « ce qui est » pour subir la contrainte confortable du conditionnement moral qui déforme la réalité et nous éloigne du naturel.

Pour moi, la solution passe sans nul doute par le lâcher prise (et pas le laisser aller) surtout en admettant que le résultat de nos actions dépend d’une force qui nous dépasse. Ainsi on pose des actes dans un but qui correspond à notre aspiration de transcender notre destin et on laisse la Providence ou encore la Vie régner légitimement. La reconstruction est une intégrale de petits actes allant dans le même sens. Celui de la nouvelle gloire de notre civilisation.

Je vous laisse méditer dessus pour vos résolutions de l’année.

« Il est dommage d’avoir peur de la mort. Autant la vivre au quotidien en ayant conscience que si tout s’arrête à l’instant on aura aucun regret de partir car on aura toujours accompli ce qui est prévu dans notre livre de Vie, notre destin. »

C’est un combat d’Hommes

Au nom de Dieu, le Juge, le Sage.

L’Éco Animisme encore appelé Mouvement social, responsable et d’une Conscience universelle dans l’Anthologie et dont les membres forment la Tarîqa du renouveau avec pour typologie l’homo animus (l’Homme Attitude) prône la philosophie du Lean Intention comme Attitude économique informelle en marge du Système Libéral et annonce le Cri de la Calebasse c’est-à-dire la révolte de la jeunesse artiste et artisane Noire face aux iniquités dans le partage des richesses suite notamment à des conditions financières critiques* dans la plupart des sociétés du Monde. Ceci s’inscrit dans le cadre la révélation du Livre : La Méthode Ka.

L’Éco Animisme reçoit l’héritage de la mystique islamique et de la connaissance des sciences animistes dans lesquelles elle s’insère par l’universalité de sa philosophie sur l’exemple de l’accomplissement de l’Animisme par le Messie Issa Ibn Mariam avec le bouddhisme. Ce courant qui confère à l’économie la valeur d’une religion (au sens étymologique) soumise à Dieu où l’informel est valorisé. Elle invite les adhérents à vivre selon une philosophie du Réalisme qui leur est propre dans le sillage de la Tradition et a pour Seigneur Omar, Vie (Providence et Temps).

Les Éco Animistes ou Simples partagent avec les Soufis la Fréquentation communautaire et économique. La musique religieuse ou profane offre aussi des moments d’apaisement et une aide à la réflexion en marge d’autres moyens d’adoration sincères et modérés (prescriptions permanentes). Enfin la pratique de la méditation, de la collation, de la lecture, de la marche et silence permettent d’installer le calme de l’humeur recherché. Cette Voie appelée aussi la Voie Noire exhorte à l’effort économique en faisant une application profane de la spiritualité.

Le but primordial de l’Éco Animiste est double:

• S’accomplir spirituellement et matériellement.
• S’affranchir des contraintes matérielles afin de favoriser l’accomplissement spirituel.
L’Éco Animiste est le Croyant ou Peuple Élu (Peuple de « l’a-guère ») de cette ère. Les migrants pour raisons économiques et les couches populaires d’Afrique constituent l’effectif invité à répondre à l’appel de ce dernier Message : « Chaque Homme est important aux de Dieu. » Un rappel du caractère sacré de la Vie, Dieu, lancé aux Hommes leur enjoignant de se libérer de leur idolâtrie de la composante « chronos » du Temps, apporter un soin de purification aux Hommes atteints du stress lié à cette transgression – la Correction de l’Attitude par le lâcher-prise et le Courage – et enfin inviter les deux législations religieuses à la Simplicité dans la disposition à la sainteté d’une part et la Modération dans le comportement de noblesse d’autre part. Ce rappel introduit aussi une annonce de Miséricorde notamment concernant la question de l’identité sexuelle des Croyants.

« C’est un combat d’Hommes » pour le renouveau du Ciel et de la Terre.

Passe au prochain.

Coran XXI, 1-10

Un conte pour changer…

Nos ancêtres et les ancêtres de nos ancêtres racontaient qu’à notre époque s’accomplirait une vieille légende qu’ils tenaient de l’au-delà.

Un roi sans trône, ni reine, ni royaume, ni armée, muni uniquement de ses mains nues et d’un Livre se mit en marche pour conquérir le Monde. Investi et préparé par Dieu en personne, il fit de sa vie une aumône au Peuple élu de son époque pour défendre leurs intérêts et leur assurer Richesse et Amour ici-bas et dans l’au-delà par un Message et des moyens pacifiques. Après une enfance difficile, un couronnement inattendu, l’acquisition de la sagesse, il se mit enfin en « guère ».

Cette « guère » qu’il conduisait sur lui et pour les autres était celle de la redéfinition de son modèle économique de référence. Son Peuple et lui avait trop longtemps fait le compte, pour changer, de toutes les mesures et interventions venant de l’extérieur sans prendre avec courage l’initiative de valoriser son modèle culturel fait d’informel, de foi en Dieu et d’un rapport sain avec la Nature et avec la communauté. Essais erreurs. Une identité authentique qui leur permettrait de s’affirmer sur les marchés d’échange.

Il œuvra pendant quatre saisons pour reconstruire les fondements avec lesquels ils pourraient à nouveau œuvrer à une hégémonie ou à défaut à s’émanciper réellement. Son heure de retraite approchant il leur fit ce message :

« Mes chers amis. Notre Terre sera peuplée de 2,2 milliards d’habitants en 2050. Nous possédons un quart des terres arables non utilisées et un tiers des ressources naturelles mondiales. Neuf dixième des ressources minières et énergétiques ne sont pas exploitées à ce jour. 45% de notre population vit pour le moment dans des villes. Bien que nous ayons été frappés d’une saignée de 24 millions d’individus déportés et de 200 millions morts en collatéraux (Source : Afrotopia, Felwine Sarr, Édition Philippe Rey 2016), nous avons toujours suffisamment de potentiel pour assurer à notre civilisation le renouveau qu’il mérite dans ces temps eschatologiques. Parmi nos secrets notre capacité de résilience, d’abnégation, d’effort et de persévérance qui peuvent être mis au service de la fondation d’un nouveau Monde dont la Source intellectuelle et spirituelle sera à nouveau le sanctuaire des dieux.

Chers amis, mon message est double. Il invite tout d’abord les frères du continent, dans un élan tolérant et efficient, à faire plus qu’une place aux initiatives venant des homologues en hors beat qui, à travers le monde, ont perdu la cadence du Temps de Vie éternel de nos âmes. Un geste de collaboration et de mise à disposition des réseaux sociaux, professionnels, d’affaires et d’influence nécessaires à la réussite de l’implémentation de projets dont les bénéficiaires sont ultimement nos propres jeunes qui dans quelques années seront pris dans le marasme de l’absence de débouchées malgré des formations universitaires ou artisanales qui font d’eux des pierres utiles de notre citadelle transgénérationnelle.

Ensuite je m’adresse aux nombreuses élites ou non qui ont tout quitté pour suivre leur rêve de Cités et parfois de cécité extérieure qui veulent honorer l’appel de leur cœur et non le chèque de retraite dans des pays qui renoncent à l’accueil en leur ayant rarement donné l’occasion d’exprimer leur talent. Afin d’éviter de finir une vie terrestre pro pieux pour l’autre précieuse avec ce sentiment de frustration : avoir été réduit, toute la vie durant, à l’esclavage des ponctions financières d’un système bien rôdé qui laisse peu de place à l’accomplissement humain.

L’investissement dans des projets personnel ou institutionnels peut contribuer à l’essor des secteurs primaires et secondaires pour d’une part rééquilibrer les PIB et d’autre part, réduire le chômage en développant les filières. Exemple : choisir la « guère » d’une réduction de train de vie pour acheter un lopin de terre chez soi. Y produire une culture ou un élevage utile (devoir nourrir 2,2 milliards d’individus !!!) en s’associant à des tiers (étudiants) responsables de l’exploitation et de la commercialisation. Prévoir un effort de transformation et de conservation pour les surplus.

Enfin, cette « guère » est sur le modèle réflexe de consommation sacro-saint qui a trop longtemps conditionné l’Homme et que nous devons questionner et adapter à présent par éveil pour accepter le sacrifice pour la prospérité de tout le Peuple dans cette ère. C’est donc l’ « a-guère » dans nos habitudes. Une Correction à laquelle il faut consentir. »

Le roi, fit de son message un énième rappel à ses frères pris dans la tourmente d’un monde mais seuls certains acceptèrent enfin de changer en mettant l’intérêt de la communauté, répartie à travers le globe et sur le continent, en priorité. Il promit de poursuivre son action de façon différente en appelant toutes les bonnes volontés à se joindre à un mouvement dont la légitimité et la philosophie venait de Dieu et nous avait été transmise par nos ancêtres et les ancêtres de nos ancêtres.

« Le Temps est venu de ne plus repousser le Réveil dans le Futur mais de le vivre ici et maintenant. »

CORRECTION

Écrire!

L’intensification de la quantité d’information traitée chaque jour par notre centre de commandement (le cerveau) fait qu’il est de plus en plus ardu de bâtir des compétences basées sur la simple mémorisation des solutions trouvées à des problèmes rencontrés au cours de l’exercice de notre profession. L’alternative envisagée est souvent la spécialisation. Elle permet de s’assurer, par la routine, une habitude de fonctionnement et de type de réponses qui garantissent la maitrise des aléas durant les opérations. Dans le cas de l’entrepreneuriat et des formes d’entreprises n’offrant pas qu’une seule famille de produits ou de services, on est vite dépassé par la diversité des cas rencontrés. De plus, lors du passage de témoin à un tiers pour cause d’absence ou pour une succession, il est souvent délicat de justifier les raisons ayant mené à certaines prises de décision. Celles-ci, sur le moment, seront apparues pertinentes mais auront, avec le contexte différent, perdu de leur logique. Le monde est fait d’un équilibre dynamique, selon nous, et l’on doit en tout temps s’adapter aux fluctuations de l’économie.

Face à cela, nous encourageons, l’entrepreneur, qu’il soit spécialisé dans un domaine ou non, à prendre des notes ou à tenir un journal des décisions et action clés entreprises. Un cahier peut servir à la prise de notes lors de réunions si l’entreprise ne prévoit pas la rédaction de minutes dans ces processus. L’entrepreneur ou le consultant doit pouvoir le faire de lui-même sans attendre que cette minute lui soit envoyé par courriel après la réunion chez un client ou partenaire. C’est un réflexe qui fait toute la différence! Ainsi, en complément d’un journal de bord permettant de noter les faits marquant de chaque projet de clients, il est intéressant de noter les intuitions et de les justifier de façon claire. L’information pertinente est à privilégier aux détails qui peuvent rendre confus l’analyse a posteriori.

Exemple de note simple : Lundi 14 jan 2013. Réunion de lancement de la campagne de promotion de la conférence. Ressource en relation publique manquante à ce jour. Choix de répartir la tache entre le chargé de projet et le coordinateur. Possibilité de retarder la date de lancement. Logistique : hôtel hors budget.

Pas besoin d’être un professionnel de la prise de note pour mettre sur papier une information réutilisable pour une remise en situation.

Lors de la participation à une activité ou un évènement comme cela est courant dans la vie d’un entrepreneur, un simple compte rendu permet de revenir sur l’essentiel de ce qui s’est passé:

Voici, à titre de d’exemple, quatre parties que l’on peut avoir dans son journal en tant que court rapport sur l’évènement ou l’activité:

1. « Introduction » (rappeler le but de l’évènement le lieu et la date).
2. « Pendant l’évènement » (faire un récit des faits saillants).
3. « Réseautage » (nous pensons que chaque activité est l’occasion d’étendre son réseau. Mettre les personnes rencontrées, les intérêts partagés, les informations apprises et si possible noter les noms de ceux dont on a ramené les cartes d’affaires (pour avoir un repère) et ce que l’on a promis ou ce qu’ils ont promis.
4. « Insight » (cela permet de donner son avis général sur l’activité de prendre du recul et partager ses intuitions).
Idéalement le rapport doit être fait le lendemain pour, d’une part, permettre d’avoir le souvenir frais et, d’autre part, avoir assez de recul pour l’analyser.

Le temps est précieux soyez concis mais vous gagnerez sur le long terme.

Cet exercice permet, en effet, de constituer une base de connaissance réutilisable que l’on peut partager à souhait. Nous pensons que chaque entrepreneur accompli doit pouvoir se familiariser et personnaliser une méthode d’exercice dans laquelle il est à l’aise et à laquelle il adhère et également définir une approche tout aussi personnelle à l’économie qui lui permet de donner du sens à son initiative d’affaires.

Comme on l’a dit au début, notre mémoire est de plus en plus sollicitée. Tenir un journal est un bon moyen d’aide pour créer un historique et une base de connaissance précieuse. Il est plus simple de revenir sur une décision prise en tenant compte du contexte lu dans un journal plutôt qu’en essayant de s’en souvenir voire en faisant des spéculations sur le contenu des courriels échangés.

« La parole passe, l’écrit reste, la culture se construit »

Extrait de « Outils et astuces de l’entrepreneur accompli »

Évaluation des risques, utilisez un tableau!

Lors de la rédaction d’un plan d’affaires, il est souvent demandé d’évaluer ou d’analyser les risques d’un projet d’affaires. La science gestion de projets utilise un format de tableau tout à fait adapté à l’information qui doit être présenté aux bailleurs de fonds et décideurs. Le tout est de montrer que l’on est à même de faire face à un certain nombre d’aléas et que l’on établit les contingences nécessaires pour permettre à l’entreprise de poursuivre sa vie. Voici un gabarit et un exemple d’utilisation. Notons que nous conseillons souvent d’utiliser une colonne « Commentaires » pour mettre des détails ou des orientations qui facilitent la compréhension, précisent ou renvoient à l’analyse des hypothèses.

ANALYSE DES RISQUES ET STRATÉGIES ALTERNATIVES
IDENTIFI-CATION PROBABILITÉ IMPACT STRATÉGIE DE
GESTION
COMMEN-TAIRES
TWC n’atteint pas le niveau de clientèle escompté Moyenne Fort Renforcer la prospection et le réseautage. Diminuer les charges Le budget et les objectifs sont-ils clairs?
La qualité du service n’est pas appréciée par les clients Faible Fort Faire une étude de satisfaction pour cibler les défauts. Améliorer le service. Offrir, au besoin, une compensation La stratégie a-t-elle été suffisamment élaborée?
La réputation de TWC lui est défavorable Moyenne au début Fort Revoir la qualité du service et communiquer sur les points forts. L’usage des outils marketing est-il optimal ?
TWC occasionne un dommage important à un client Faible Fort Faire valoir les assurances. Offrir une compensation au client. Les services d’assurances et légaux sont-ils à jours?
TWC ne constitue pas un capital suffisant pour l’activité Fort Moyen Lancer le deuxième cycle d’investissement (institutions) Tous les moyens de financement du premier cycle ont-ils été exploités?
TWC ne trouve pas d’associés pour créer un cabinet Moyenne Moyen Réexpliquer la stratégie. Envisager associés par projets Les clients sont-ils flexibles sur les consultants?
TWC n’arrive pas à compenser les charges d’exploitation Moyenne Fort Diminuer les coûts des services. Augmenter l’offre de services. Envisager une mise à jour des prix Un audit ou un mentor sont-ils nécessaires?

La présentation des informations sous forme de tableau associée à des couleurs permet très souvent de faciliter le survol puis l’analyse du contenu.

« Le risque n’est pas de ne pas prévoir l’aléa, le risque est de mal y répondre »

Extrait de « Outils et astuces de l’entrepreneur accompli »

Le tableau de bord, un outil essentiel!

Nous vivons dit-on dans une civilisation de l’image. Il est, semble-il, important de visualiser d’un coup d’œil l’état de son entreprise et de prévoir les actions correctives au besoin ou de renforcer des investissements sur des opportunités qui sont susceptible de se créer. Pour ce faire, il est recommandé de se bâtir à la fois des indicateurs de mesure de l’activité ou d’avancement sur certains projets et de se réserver un espace pour un tableau de bord. Cela peut être un simple tableau dans votre bureau, un pan de votre mur ou un écran large d’ordinateur. Soyez créatif!

Reportez-y par exemple vos clients, partenaires, projets que vous pouvez classer selon le type de service que vous offrez. Mettez-y un statut pour chacun (en attente, ok pour paiement, en cours etc.). Préciser les rôles et donner le but du projet. Plus vous mettez de l’information pertinente plus votre tableau peut vous aidez dans votre quotidien. Tenez-le à jour. Lorsque vous semblez aller dans tous les sens et que votre action sur le terrain semble inefficace, consulter votre tableau et définissez vos priorités. Surlignez-les ou marquez-les pour que leur aperçu vous redonne le cap.

Utiliser des post-it ou des marqueurs pour rendre le tout vivant et dynamique. La couleur est la bienvenue. Il ne s’agit pas de créer une œuvre d’art c mais un réel outil d’aide à la décision. Personnaliser-le pour qu’il ait du sens pour vous et surtout qu’il soit efficace. Si vous êtes familier avec la technique de la structure de découpage du projet (SDP ou WBS Work Breakdown Structure) vous pouvez décomposer vos activités, projets et postes d’entreprise selon le même principe. Les graphiques se doivent d’être idéalement dynamiques. Privilégier alors des outils logiciels consultables par en ligne et offrant la possibilité d’être partagé. L’impression pour affichage de ces graphiques sur le tableau de bord doit être judicieusement effectuée. Vous économiserez du papier et du temps et la planète vous en sera reconnaissante.

« Voir le front en entier sur une maquette, permet de définir sa stratégie d’attaque »

Technologie, la maitriser c’est s’affirmer!

L’entrepreneur gagne à être organisé dans son métier. Son souci constant est de mettre toutes les chances de son côté pour transformer un contact en un contrat. Les rouages de la technologie ne doivent plus lui échapper et il est important de se tenir à jour des nouveautés qui font que son entreprise gagne du temps, de l’argent et reste compétitive. Plusieurs outils sont quasiment devenus indispensable avec le temps : téléphones intelligents (servant maintenant d’assistant personnel), outils Internet et leurs dérivés (VOIP, téléconférence visuelle ou non), logiciels de CRM (Customer Relationship Management) etc. Refuser de s’adapter à ses changements technologiques est souvent un choix de principe mais aussi un frein au développement et à la survie du projet d’affaires. Entre devenir un consommateur féru de nouveauté, faire une simple écologie de son parc technologique ou devenir obsolète, il y a un pas. L’essentiel est de ne pas rater l’évolution qui donne ou maintient un avantage concurrentiel certain. L’obsolescence est une mauvaise image à porter et à véhiculer.

L’entrepreneur doit jusqu’à un certain point suivre l’évolution de son patrimoine d’entreprise (pour l’élever), s’occuper de ce qui fait le cœur de son projet affaires et appelant son expertise particulière. Il peut envisager de sous-traiter a des professionnels le maintien de ses outils de travail ou de réaliser les prestations pertinentes afin de lui éviter d’aller lui-même chercher la compétence par formation.

En effet, bon nombre d’entrepreneurs individuels en phase de démarrage choisissent de tout faire tout seul tant qu’ils ne sont pas à même d’embaucher du personnel pour les aider. La réduction des coûts passe par des solutions auto-réalisées qui font parfois perdre l’image de professionnalisme qu’ils veulent afficher pour attirer la clientèle. On saurait assez leur conseiller de confier à des sous-traitant même débutants (comme eux) mais dont c’est le métier de base pour réaliser certaines tâches pour eux. Le tout dans un win-win ou les uns trouvent des clients pour effectuer des tâches simples, gagner en expérience et étoffer leur portefeuille et les autres ont la garantie d’un travail bien fait, à bas coût, pour se consacrer au cœur et au contenu de leur propre projet d’affaires. L’économie informelle impose aussi de partager les ressources et les prestations pour que chacun y trouve son compte.

« On n’arrête pas le progrès, on se contente du gré et on confie le reste au pro »

Éduquez vos clients et impliquez les!

Afin d’éviter un surplus de travail et des changements nombreux, prenez le temps de transmettre des éléments de connaissance (théorie et pratique) sur la prestation que vous allez accomplir. Impliquez le client comme partenaire ou équipier dans processus d’obtention du résultat.

On est trop souvent confronté à des clients qui ne savent pas au début ce qu’ils veulent et qui affinent leurs attentes en cours de processus ou qui demandent l’impossible ne sachant les possibilités du métier. « A l’impossible nul n’est tenu » même dit-on, ou encore : « ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». Tombez sur une influence et une ambiance perfectionniste et votre temps de prestation risque de devenir douloureux s’il n’est pas facturé. Les formules telles que « le client est roi » ou « on dépasse les attentes du client » peuvent être modérées par un moto plus réaliste tel que « le client participe à la solution »

Éduquer et impliquer le client lui donne la capacité de faire des choix équilibrés dans son cahier de charge. Votre temps d’éducation n’est pas perdu il valorise votre prestation, montre votre compétence, donne de la proximité et fait avancer le niveau de connaissance général. Amen!

Nous rejoignons la position de la vente conseil «vendre c’est éduquer» sauf que dans notre cas le contrat est bien souvent déjà signé (peut être trop vite d’ailleurs; urgence alimentaire de conclure?) et il faut prendre voire « perdre » le temps d’expliquer au client ce qu’il a demandé et ce qu’il est susceptible de recevoir. Le gain global de temps se fera dans la suite du processus à travers la baisse des demandes de changement, litiges, retour de produit, insatisfaction… devoir faire du suivi chez un client pour un point d’attention alors qu’on est déjà passé à un autre contrat est une expérience à ne pas multiplier.

Cela fait aussi partie de l’image que vous donnez de vous en tant qu’entrepreneur, et l’image c’est ce qui génère des références et étend votre réseau lorsque votre réputation ne vous précède pas tout simplement à la vue de votre logo. Marquez donc les esprits favorablement, éduquez et impliquez votre client!

« Le client n’est pas mon roi, il est avec moi pour devenir roi de sa solution »

Crédit ou flexibilité?

Lors du démarrage d’un projet d’affaires, bon nombre d’entrepreneurs ont un besoin en liquidités qu’ils essayent le plus souvent de combler par des solutions de crédit. La question qu’on peut se poser est : A-t-on plus besoin de crédit pour démarrer des activités que de flexibilité le temps que les revenus soient réguliers, ce, à un niveau confortable?

Les deux approches ne mènent pas aux mêmes comportements. Dans une phase de démarrage où l’idée d’affaires a su rencontré l’intérêt, le plus dur pour l’entrepreneur qui n’a pas la mise de départ est de se financer pour, à la fois acquérir l’actif immobilier de base à son idée, et aussi un fond de roulement pour les premiers mois. Lorsque le premier cycle de financement n’a pas fait intervenir le cercle des proches de l’entrepreneur par la levée de fonds, ou tout autre source de bourse avec ou sans remboursement, le crédit sollicité sous la forme de prêt auprès des institutions peut être plus vu comme un outil de flexibilité que comme un apport dans le capital devant faire l’objet d’un levier financier par la suite ou d’un retour sur investissement (après la phase de commercialisation).

Disons-le clairement une idée aussi simple soit-elle qui ne garantit pas du crédit par sa valeur potentielle ou avérée par une évaluation dans l’étude de marché trouve difficilement du financement. Sans trop jouer sur les mots, l’entrepreneur doit garantir du crédit à son idée par la viabilité potentielle qu’elle comporte, le besoin en investissement de départ dans le projet ou le positionnement voulu sur le marché. Le crédit prend alors le sens de crédibilité. La demande de flexibilité par le prêt permet de lancer les opérations d’une idée d’entreprise qui a su faire la preuve de son crédit (crédibilité). Il est toujours regrettable de pénaliser l’idée à cause du patrimoine du porteur du projet comme c’est souvent le cas notamment avec les notes de crédit qui ne tiennent pas compte des parcours souvent épiques qui portent l’acteur économique à l’innovation en matière d’affaires. Les notions de garantie et de prise de risque en matière d’investissement font peser le poids de l’aléa sur l’individu qui sera redevable d’être lancé sur le marché et de faire du profit et offre l’usufruit du gain potentiel sur les intérêts à l’institution qui pourra alors maximiser le rendement de son investissement. Mais ceci reste une vision caricaturale du principe du risque financier qui fait intervenir beaucoup plus de facteurs pour son évaluation. Le monde reste un lieu d’échange et de partage où il faut définir une vision; nous avons choisi de nous mobiliser et de porter l’entrepreneur de l’économie informelle et responsable.

« Le peu de crédit qu’affiche un projet d’entreprise est un frein à l’obtention des prêts sensé lui donner la flexibilité désirée »

Maîtriser la portée: silence et tempo

La confiance s’installe chez l’entrepreneur lorsque les résultats escomptés viennent couronner les efforts engagés dans le cadre d’un projet d’affaires. Cependant l’effort continu épuise bien souvent celui qui le produit. Il est bon de savoir découper son projet en phase et actions courtes pour maitriser la portée de sa stratégie.

En musique les silences sont aussi important, voire plus important, que le tempo. Lorsque le projet est découpé en actions dont l’aboutissement est un livrable financier (investissement sur le long terme ou gain à court terme), l’effort est concentré sur l’obtention du résultat (à l’exemple du sprint dans la méthode de gestion de projet Agile). Une fois cette action clôturée il est bon de laisser un temps de développement pour laisser l’investissement croitre ou permettre de récolter les gains. Ce temps de silence sur la portée musicale de l’action permet aussi à l’acteur économique d’évoluer et de murir sur la stratégie qu’il adopte pour son projet d’affaires. Une somme d’actions ciblées, engageant l’effort de l’entrepreneur, et de temps d’observation, engageant son raffermissement personnel, constituent les séquences de base par lequel le projet se déploie.

Le découpage classique fait intervenir les phases de pré démarrage, de démarrage, de croissance, de maturité et la cession à un tiers ou la mise en marché. Chacune d’elle se subdivise en étapes intermédiaires de financement, d’exploitation et d’investissement. Chaque action vise à permettre l’aboutissement d’une étape. Les périodes d’action et d’observation permettent à la stratégie d’être dynamique et le projet de s’adapter à l’environnement économique. Il est important de retenir que l’effort continu dans les opérations épuise et n’est pas favorable au recul tactique et à l’analyse stratégique. Le monde concret des affaires ne peut avoir d’existence propre sans projets; les projets, vue de l’esprit, ne peuvent être pertinents sans une application dans le monde des affaires; et l’acteur économique est l’intermédiaire qui relie ces deux pôles par la nature de son génie et de son expertise.

« La symphonie de la réussite en affaires est une mélodie faite du tempo des efforts et des silences de l’observation »

7 attitudes pour être sûr de ramollir votre cerveau

Avec la vulgarisation de la connaissance (érudition et spécialisation) et la facilitation de l’accès à celle-ci, la paresse est devenue paradoxalement le comportement privilégié par l’individu face à l’abondance des sources d’information et des sollicitations à l’engagement par l’action.

Face à ce constat l’entrepreneur se doit de rester en alerte pour ne pas perdre de vue que son métier requiert une fréquentation des milieux où se décident les futures tendances sensées voir le jour dans le segment de marché où il est positionné. On ne peut alors faire l’économie d’une veille informationnelle, d’une pratique du compagnonnage professionnel et de la nécessité d’un engagement vis-à-vis de la clientèle (importance de la gestion de la relation client) et des parties prenantes de son projet d’affaires.

Voici donc 7 attitudes négatives (ou dénis) pour être sûr de rater ces objectifs, de ramollir votre cerveau par une baisse d’activité menant inexorablement à l’obsolescence sur le marché.

Ne prenez plus le temps de lire des articles édifiants et des prises de position dans votre domaine d’expertise. Contentez-vous de votre expérience du terrain sans y rajouter des éléments sur l’évolution de la théorie et des pratiques. Bientôt vous ferez partie du musée des entrepreneurs. La connaissance est-elle à rechercher en plus de l’expérience? Tous deux ne forment-elle pas la compétence puis l’expertise?

Ne prenez plus le temps de personnaliser votre présence dans les réseaux sociaux en ligne. N’écrivez plus de recommandations personnalisées et contenter vous de cliquer sur « Endorse » (Linkedin) au moins votre correspondant aura votre photo sur son profil. Ne commentez plus les posts ni les articles. Contentez de mettre Like en lisant seulement le début de la prise de position. Votre ami saura que vous aimez qu’il écrive ses états d’âme sans susciter le débat. Mais soyez sûr qu’on vous comprendra : vous avez trop d’amis.

Ne vous engagez pas dans un mouvement ou un projet. Contentez-vous d’aimer une page (Facebook) ou de fréquenter de temps en temps un blog sans le faire vivre par votre propre contenu et votre contribution à l’idée du projet ou du mouvement. Vous montrez déjà votre support en étant du nombre pourquoi encore militer? On a trop de choses à faire pour bâtir son propre bonheur pourquoi faire avancer les débats et les idées pour les générations suivantes ou une communauté? C’est bien connu l’engagement politique c’est pour les idéalistes et mène toujours à la corruption. Il est préférable de passer son temps à se plaindre de payer trop d’impôts et ne pas recevoir le revenu mérité.

Réfugiez-vous dans la routine. C’est un confort qui n’a pas de prix. La routine n’est bien sûr pas l’hygiène de vie mais on peut créer l’amalgame pour tromper sa conscience. Traiter un problème nouveau est si terrifiant et demande tant sur le plan de la maîtrise de soi qu’il est mieux de faire suivre à un tiers ayant plus d’expérience ou qui est un soutien habituel. L’entrepreneur ne peut-il pas fuir de temps à autre sa responsabilité face au client en se reposant sur le sous-traitant? Ne doit-il pas assumer son rôle et représenter sa compagnie avec professionnalisme ou se contenter des outils et attributs de l’exercice qui gonflent l’égo (site Internet, cartes d’affaires, brochures …).

Remettez toujours à demain votre devoir d’honorer vos engagements : paiement de factures, de dettes, de prestations de sous-traitants. Ne livrez pas au client dans les temps car son projet a été unique. Connaissez-vous des projets qui ne sont pas uniques? Si oui pourquoi ne pas les appeler « opérations » et mettre en place un processus de gestion? La contingence sera toujours votre meilleure amie pour tenir les délais. Elle va de pair avec le respect de sa parole et la conscience que l’on a de son intégrité professionnelle.

La loyauté et la sincérité dans l’action demande des efforts et je ne sais si votre personne entière est prête à la fournir. Offrez donc du répit à votre cerveau. Pas besoin de s’encombrer avec des lois morales et des valeurs. Il est important de s’adapter aux situations et environnements économiques mais l’éthique est trop coûteuse. C’est plus un élément dont se soucient de grosses structures économiques. En tant qu’entrepreneurs individuel ou PME on peut s’accommoder à cette exigence.

Pour être complet dans les clichés, il est de coutume de dire, en matière de relation, que les hommes ne savent pas ce qu’ils veulent et peinent à s’engager (quand ils ne se défilent pas pour toujours vivre dans l’inconnu des rencontres) et que les femmes savent exactement ce qu’elles veulent et peinent à l’obtenir (quand elles ne se résignent pas à choisir le compromis qui s’impose avec le temps). Cette digression vise à vous encourager à ne pas connaître la nature humaine et vous lancer dans une approche purement technocrate des affaires sans vous connaitre, vous, et vos aspirations profondes et surtout sans connaître vos clients, leurs besoins et attentes. Un consultant en marketing pourra redresser votre positionnement lorsque vous aurez passé plusieurs années sans atteindre vos objectifs de ventes.

Ces attitudes sont essentielles pour laisser votre cerveau en paix et vivre une vie sans efforts ni désir d’accomplissement personnel. Le bonheur en toute paresse. Bon courage alors! (le courage ne demande pas d’effort non plus; juste une disposition intérieure).

« La correction dans les attitudes d’affaires exige un engagement sincère dans l’action de l’entrepreneur et dans sa réflexion. »

Service à la clientèle et relation client. Un défi pour les commerces ethniques

La mise en concurrence des acteurs économiques dans les bassins régionaux et métropolitains impose de définir pour chaque commerce des avantages concurrentiels significatifs et durables. Dans les secteurs ou la barrière à l’entrée reste faible, la qualité du service reste l’élément de distinctions de l’entreprise et de fidélisation de la clientèle. Le constat, hélas fréquent, est que les commerces ethniques peinent à donner l’image de professionnalisme et crédibilité qui les rendraient compétitifs face aux pratiques issues des modèles de gestion formels et capitalistes.

Appréhension et Frustration. Deux mots qui accompagnent l’expérience des clients des commerces ethniques. Plusieurs exemples de situations désagréables où le client est pris au piège de l’attitude ethnique imprégnant la culture d’entreprise de ces structures commerciales peuvent être aisément cités : Mauvais accueil, temps d’attente extrêmement long, absence d’information sur le traitement des demandes, erreurs de traitement des commandes, absence d’excuse et de compensation… Que ce soit des restaurants, des salons de coiffures, des magasins de ventes de produits spécialisés etc. la réponse ethnique au client est marquée par la diversité dans les forces et faiblesses des peuples. Des clichés du marketing interculturels qui demeurent pertinents et dont il faut être conscient. Doit-on cependant se laisser au fatalisme d’un profil culturel défavorable pour certains aspects des affaires ou apprendre des autres pour offrir le meilleur service possible?

Le minimum exigible aux commerces ethniques est celui déjà imposé par l’environnement capitaliste et la réalité d’une compétition forte. La personnalisation ethnique doit seulement venir par la suite pour donner et renforcer une identité à un service commercial minimum rendu. L’identité ethnique du service à la clientèle et de la relation client, à titre de valeur ajoutée et non de handicap, vient donc après un effort de connaissance et de maitrise des pratiques standards d’économie libérale généralement reconnues.

Le caractère couramment informel de la plupart des structures commerciales ethniques peut de s’intégrer dans un environnement libéral ou la donne est aux formalismes pour faciliter la mise en perspective des performances et la facilitation des échanges en se basant sur un même système de référence. Il ne serait pas judicieux de rendre indépendant l’économie informelle et endogène de celle formelle et exogène (dans une perspective altermondialiste). Ces deux systèmes peuvent coexister via des intermédiaires essentiels qui tiennent le rôle de point de liaison : l’élite entrepreneuriale de la DIASPORA.

« La force d’une économie qui s’affirme s’appuie sur les membres de sa population ayant accès aux connaissances et ressources élémentaires dont la somme crée la masse critique du changement. »

Et si vous deveniez entrepreneur(e)?
– Partie 1: de façon informelle

Depuis un certain temps, nous parlons d’entrepreneuriat ethnique ou d’entrepreneuriat informel. Beaucoup peuvent être amené à se demander s’ils sont concernés par cette réalité et s’ils ont intérêt à y accorder leur attention. Voici une simple situation qui vous permettra de vous faire une idée : Vous avez un emploi régulier, êtes contraint de rester à la maison temporairement ou encore voulez améliorer vos revenus. Prendre un deuxième emploi ne vous convient pas. Depuis un certain moment vous vous demandez si vous ne devez pas commencer un simple commerce sur la base de talents que vous avez naturellement quitte à en faire votre activité principale plus tard si ça marche bien. Ou alors commencer?

La démarche classique imposerait de structurer l’idée et de s’assurer de la durabilité et de la solidité du projet. Nous sommes ici dans l’informel. La simplicité est à privilégier. Les raisons qui poussent à entreprendre, nous l’avons vu, ne sont toujours liés à une activité principale. Le but premier est de souvent de générer un revenu complémentaire. La prise en charge de l’idée fait donc intervenir un processus le plus léger possible. Essayons alors de nous poser 3 questions simples pour légitimer le choix d’une telle aventure commerciale.

Pourquoi voulez-vous proposer cette activité?

Il est important d’avoir à l’esprit la raison qui vous pousse à entreprendre et de toujours s’en rappeler avant de faire un choix qui aura un impact sur l’activité. Comme on le voit il n’y a pas de plan d’affaires requis pour se lancer dans ce que nous proposons mais le fait de noter dans un coin l’objectif du commerce permet de ne pas se disperser quand viennent des sollicitations et options en cours d’exploitation. Souvent la famille ou les proches nous donne des orientations sur des opportunités à saisir. Il est alors bon de bien réfléchir à un objectif précis et de s’y tenir. Si d’autres opportunités se présentent, il faut pouvoir avoir les ressources (voir plus loin) pour les saisir sinon deux choix s’imposent : faire le deuil de l’opportunité et rester spécialisé dans notre commerce ou changer le projet. Il est dur de poursuivre plusieurs lièvres à la fois quand on est seul. Pour la petite boutade ethnique, seuls les lièvres belges courent les uns derrière les autres auquel cas il est facile d’en poursuivre plusieurs.

Quel niveau de ressource êtes-vous prêt à investir?

Vous devez pouvoir déterminer le niveau de ressource que vous être prêt à investir dans votre activité informelle. Les ressources essentielles sont le temps et l’argent. Si vous avez déjà une activité, bien gérer votre temps devrait vous permettre de définir l’horaire dédié à votre activité informelle. Réserver le samedi, par exemple, pour faire une vente de produits alimentaires faits maison dans un marché ou des foires demande de réserver du temps dans la semaine pour s’y préparer. N’oubliez pas qu’il faut garder un moment de repos pour durer sur la longueur. Les ressources financières peuvent provenir de votre activité régulière, de l’épargne ou du soutien de proches. Quoi qu’il en soit il faut séparer la gestion de cet investissement du reste de votre patrimoine pour pouvoir évaluer si votre activité est rentable ou non et prendre des mesures qui s’imposent le cas échéant.

Jusqu’où êtes-vous prêt à aller?

Lorsque vous avez commencé vous avez exprimé la raison qui vous pousse à entreprendre (première question). Il est tout aussi utile de définir un objectif qui vous permet d’orienter votre démarche. Lorsque cet objectif est atteint la question qui vient souvent à l’esprit est : doit-on continuer dans ce domaine ou essayer une autre activité? Il peut s’agir de croissance de l’activité ou d’une diversification (toucher d’autres secteurs). Certains peuvent passer à une activité à temps plein ou même embaucher pour développer l’activité. On quitte alors la simple entreprise informelle pour s’orienter vers une structure d’entreprise plus formelle.
Dans le cas où l’objectif n’est pas atteint il faut se poser les bonnes questions et juger si la raison qui nous pousse à entreprendre est toujours pertinente. Dans ce cas prendre un temps de recul pour voir ce qui ne marche pas permet de corriger le tir.

Voici une illustration:

Anastasie est en congé maternité. Elle s’en sort mieux avec son enfant et a du temps libre pour s’occuper un peu. Adjointe administrative de formation et membre d’une diaspora de la diversité, elle aime aussi cuisiner des plats de son pays. Elle décide de se lancer dans un commerce informel pour améliorer ses revenus et bâtir un réseau de clients et de connaissance dans sa communauté. Elle est prête à y consacrer 20 heures par semaine pendant son congé puis tous ses samedis lorsqu’elle reprendra son service et que son enfant ira à la garderie. Son objectif est d’avoir en moyenne une quinzaine de clients loyaux qui commandent au moins un plat chaque samedi. Elle souhaite arrêter lorsqu’ elle aura épargné assez d’argent pour faire un voyage pour faire découvrir son pays d’origine à sa fille. Elle jugera à ce moment là si elle continue ou pas. Elle a d’autres projets en tête.

Nous verrons dans un prochain article les outils à utiliser pour développer ce type de commerce informel une fois qu’on a répondu à ces 3 questions essentiels.

« Avoir un plan pour ses affaires demande de définir les informations de bases qui font la vie de l’activité informelle. »

Et si vous deveniez entrepreneur(e)?
– Partie 2: de façon formelle

Lorsqu’on parle d’entrepreneuriat au sens classique, les premiers mots qui viennent à l’esprit sont « plan d’affaires », « étude de marché », « prêts », « investisseurs » etc. Plusieurs méthodes d’accompagnement de projet et de création d’entreprise ont été développées à travers le monde et dépendent des priorités des gouvernements concernant l’entrepreneuriat et de la culture des affaires de chaque pays. Au Québec notamment une méthode originale a été présentée par une équipe de chercheurs de HEC Montréal. Il s’agit de la méthode SynOpp (« De l’intuition au projet d’entreprise », Louis Jacques Filion, Claude Ananou et leurs collaborateurs, Édition transcontinentales et les Éditions de la Fondation de l’entrepreneurship 2010).
La littérature est assez abondante sur le sujet et chaque entrepreneur ethnique peut trouver le style entrepreneurial qui lui convient le mieux. Nous nous contenterons de faire 3 remarques qui nous semblent utiles:

Prendre le temps de mûrir son idée et ne pas se précipiter dans la phase opérationnelle.Ce qui pousse souvent les entrepreneurs à ne pas respecter les phases de réflexion nécessaires au lancement d’un projet d’entreprise sont souvent l’urgence financière ou la crainte de rater une fenêtre d’opportunité. Ce qui faut se dire dans ce genre de cas est que, plus les bases ont été clairement définies au départ par une analyse fine, plus le projet a des chances de durer. La phase de réflexion demande beaucoup de recherche sur le marché et d’effort pour se connaître soi et sa position vis-à-vis de son projet. Le savoir-faire est déjà un aspect à maitriser, le savoir être un plus, mais « le savoir être dans le faire » est une question de stratégie et d’image cohérentes.

Le plan d’affaires est plus souvent destiné aux investisseurs ou partie prenantes qui veulent avoir une idée du contenu d’un projet d’entreprise. L’étude de marché une étape CRUCIALE. Ne pas connaitre le marché dans lequel on veut se positionner est une erreur impardonnable pour un entrepreneur et la sanction s’abat quelque temps après le début des activités lorsqu’on se rend compte qu’on s’est trompé sur les hypothèses et les prévisions financières. C’est le cœur du projet d’affaire. On doit y consacrer au moins 80% du temps de rédaction de plan d’affaires. Le reste en découle tout naturellement une fois qu’on a pris le temps au préalable de déterminer sa vision, sa mission et ses objectifs d’affaires. Une bonne étude de marché réalisée assure un meilleur accès à sa clientèle cible. L’étude de marché est aussi importante que vouloir entreprendre. Il faut se résoudre à y accorder le temps nécessaire.

Lorsqu’on se lance il est mieux de se limiter à quelques services. En début d’activité, le conseil est de se spécialiser dans un type activité puis ouvrir le spectre de service ou de produits progressivement pendant sa période de croissance. Gagner en expertise dans un type service peut aider à renforcer son avantage concurrentiel et se faire une place solide sur le marché avant de se risquer à étendre ses activités. Cela veut, une fois de plus dire, qu’il faut bien connaitre sa clientèle cible (étude de marché) et se mettre à leur place : penser comme elle. Il est possible de commencer offrir ses services ou produits à un échantillon de cette clientèle pendant la phase de préparation au lancement de l’activité pour mieux affiner son offre.

Soyez discipliné et patient. Il est mieux de prendre le temps de fonder des bases solides à l’empire qui fera votre succès et votre accomplissement en affaires.

« La patience et la rigueur dans la préparation du lancement d’un projet d’entreprise participe fortement au succès de celui-ci »

Ne masquez pas votre incompétence trouvez votre zone de confort

Les interactions de travail et d’affaires créent un environnement ou les stratégies d’influence (lobbying) et les relations informelles prennent une place aussi importante que l’expertise dans le domaine où le service ou le produit sont offert. Prendre un masque de compétence qui n’est pas le siens c’est risquer de se faire « percer à jour » à un moment donné par un spécialiste et de mettre en jeu sa crédibilité. Faire du « bluff » peut marcher pendant un certain temps mais tôt ou tard le mur de la vérité ou de la réalité attend votre nez. Les implications sur les relations d’affaires peuvent alors prendre des proportions non envisagées.

Soyez honnête! Prenez des contrats que vous êtes à même de gérer sans jouer de rôle.

On se doit de définir une zone de confort dans l’exercice de l’activité entrepreneuriale qui permet de capitaliser en expérience et assoir sa confiance plutôt que de toujours recourir à des artifices pour maquiller le handicap professionnel. Tous les contrats ne sont donc pas bons à prendre. A la limite si vous voulez rentabiliser la force de votre réseau, vous pouvez mettre en relation l’offre et la demande de service en prélevant un pourcentage sur la transaction ou carrément sous-traiter mais ne JAMAIS prétendre. Il en va de votre quiétude et réputation en tant qu’entrepreneur et par de la même toute la communauté des entrepreneurs ethniques vous en serait gré.

« Discréditer le travail d’un expert pour mieux se faire valoir et masquer ses lacunes aboutira à une confrontation d’où la vérité de l’art émergera »

Kit de survie pour entreprendre de façon informelle

Comme suite à notre article « Et si vous deveniez entrepreneur(e)? – Partie 1 : de façon informelle », nous présentons ici des outils simples correspondant à une déclinaison informelle de l’offre de services d’entrepreneurethnik.com (approche de savoir être en affaire et d’une méthode-outils). Tout ce dont l’entrepreneur a besoin c’est d’un cahier, un crayon, d’un téléphone et d’un compte en banque. Pour les plus high-tech un outil informatique (ordinateur portable, tablette, Pocket pc…) ou un téléphone « intelligent » peuvent donner plus de confort. L’importance d’un compte en banque est d’avoir accès aux services de paiements en ligne et aux facilités que le web offre à présent pour les transactions avec les clients (Paypal, paiement par virement, carte de crédit…). Par ailleurs il est recommandé de déclarer l’activité même si le niveau de revenu n’impose pas, dans tous les systèmes fiscaux, un prélèvement des taxes. Chaque pays définis ses obligations règlementaires et fiscales. Cela permet également de donner une visibilité sur les performances et la force du secteur informel et de donner des raisons aux gouvernements de faire des investissements supplémentaires dans le sens de son développement. Je ne couvrirai pas ici les cas d’analphabétisme de certains acteurs économiques ethniques. La cible de cet article est plus des entrepreneurs de la diaspora vivant dans des pays « économiquement développés ». Nous verrons avec le temps comment nous adresser aux couches endogènes.

Voici donc un kit de survie (7 conseils) pour l’entrepreneur ethnique dans un mode de fonctionnement informel.

1. Gérer son activité projet par projet, client par client, petit à petit.

Sur son cahier de bord papier ou électronique réserver un espace au début où l’on répond aux 3 questions essentielles :
Pourquoi voulez-vous proposer cette activité?
Quel niveau de ressources êtes-vous prêt à investir?
Jusqu’où êtes-vous prêt à aller?
C’est la charte ou la « déclaration d’intention » de votre activité. On doit s’y référer à chaque fois qu’on veut faire un changement dans sa façon de procéder au quotidien.

2. Tenir un journal des activités (dans le même cahier) que l’on veut entreprendre et les résultats

Dans ce journal (deuxième partie du cahier de bord) déclarer ce que l’on veut faire dans les prochains jours semaines ou mois. Tracer un tableau à 4 colonnes : Plan; résultat; date ou échéance; commentaires. Rester simple et faire des phrases courtes avec des verbes à l’infinitif. Exemple : se renseigner sur le prix des stands au salon de l’agriculture. Prévoir l’espace à coté de cette case pour mettre le résultat : pour 5 jours le prix revient à 500 dollars mais on peut partager l’espace avec un autre exposant. Toujours prévoir faire des commentaires pour reporter le contexte. Cela permettra de voir le cheminement et d’avoir un historique des décisions prises. Vous pourrez mieux vous comprendre et sera une aide pour vous adapter aux situations.

3. Noter les changements apportés à la routine des services ou des produits et le justifier.

Ce deuxième journal (troisième partie du cahier de bord) permettra de retracer les raisons qui ont mené à changer de produits ou de service. L’idée est de se constituer une base de connaissance dont on peut se servir pour mieux gérer des situations similaires ou permettre à un remplaçant de prendre la suite tout en comprenant le style de décisions qui font la signature de l’activité d’affaires. Il est important de rester simple et de faire des comptes rendus simple. Si ces tâches deviennent rébarbatives arrêtez et fier vous alors à votre mémoire avec le risque que cela comporte. Faire des affaires ne doit pas toujours être une épreuve de force c’est aussi un art qui procure des moments de plaisirs.

4. Rester à l’affut de tous les outils qui peuvent faciliter les activités quotidiennes.

Nous avons requis l’usage d’un téléphone pour être en contact avec la clientèle ou les fournisseurs même dans les cas où les activités se passent dans un lieu achalandé ou bien connu d’une clientèle fidèle. Savoir ce qui se passe dans son domaine peut rendre de bien grands services. Ne pas hésiter à questionner ou observer les partenaires, concurrents et clients pour savoir comment améliorer votre offre de service et faciliter le travail quotidien. L’internet offre des possibilités importantes en matière d’outils et de portails de vente.

5. Rester professionnel tout en restant agréable au client.

L’image qu’on a souvent du secteur informel est d’un service chaleureux mais sans grand professionnalisme. Ne pas hésiter à tordre le cou à ce préjugé garder cette proximité avec le client qui fait l’avantage du secteur informel et faire un effort pour y adjoindre un service de qualité et garantir la satisfaction du client. Les deux mis ensemble peuvent faire du secteur informel un concurrent non négligeable contre toutes les politiques et stratégies marketing et de communication des entreprises formelles. Bien sûr ici la dualité formelle et informelle est très présente ici mais il existe une zone grise et intermédiaire ou l’activité de par sa taille ou sa nature peut avoir recours aux deux approches. Vous êtes sans doute un professionnel ou un étudiant dans une autre vie donc vous avez conscience du formalisme. Faites-en usage pour le bien de votre activité informelle qui se caractérise par sa simplicité.

6. Ne pas hésiter à créer de nouvelles initiatives et étendre ses activités : objectif croissance ou durabilité pas seulement subsistance.

Calculatrice à la main faire un retour sur ce qu’on investit pour l’activité et ses revenus (dans une quatrième partie du cahier de bord dédié à la comptabilité – recettes et dépenses). Définir non seulement le bénéfice mais aussi les possibilités d’accroissement de l’activité par réinvestissement partiel des revenus. Identifier d’abord toutes les dépenses fixes qu’on a (factures de téléphones, électricité, loyer…) puis identifier les dépenses qui varient avec le nombre de produits ou de services que l’on offre. Par exemple pour des cours de danses si on offre 10 heures de cours privés à 50 dollars (selon la qualité ou la réputation) il faut prévoir les frais de location du studio de 10 dollars l’heure. Votre gain est alors de 10 heures x 50 dollars – 10 heures x 10 dollars soit 400 dollars. Si vous utilisez un téléphone qui vous revient à 50 dollars par mois et votre loyer est de 250 dollars par mois, il vous faut au minimum faire 7,5 heures par mois pour ne pas fermer votre activité ou ne pas être mis à la porte de votre appartement. Cela s’appelle en comptabilité le seuil de rentabilité. C’est un outil très utile qu’on se doit de maitriser et d’importer dans la façon informelle de faire les affaires. Rebaptisons-le, si vous voulez, par « l’effort minimal » à faire pour continuer à exister. Après on peut continuer à jouer avec les chiffres et sa calculatrice pour voir l’effort qu’on doit fournir pour atteindre un objectif bien déterminé. Quel serait, par exemple et avec les chiffres qu’on a donnés, l’effort à fournir pour se procurer en un mois et argent comptant une auto d’occasion d’une valeur de 2000 dollar?

7. Soyez créatif!

L’une des forces de l’informel est la créativité. Distinguez-vous. Oubliez votre cahier de bord. Parlez, réfléchissez, dansez mais exprimer vos idées. Il faut tenir le client en haleine. Pas besoin de refaire son stock de produit à chaque trimestre ou de refaire son syllabus d’école de danse chaque session mais garder une dose de surprise pour piquer la curiosité de la clientèle à chaque contact et lui permettre de revenir voir ce que vous offrez. Cela peut être une variation de votre service ou de votre produit adapté à une saison de l’année ou une de vos humeurs du moment. Soyez créatif et surprenez le client.
Dernières suggestions à rajouter dans votre kit de l’entrepreneur ethnique informel l’appartenance à une association communautaire pour à la fois être présent au niveau de l’image du commerce informel et faire savoir aux autres que vous offrez des services ou des produits. Les groupes d’épargne (tontines ou autre) ou fonds professionnel sont aussi des moyens de créer de la solidarité et éviter d’être seul dans son activité.

Recherchez et partagez l’information sur les tendances du moment : les produits ou services qui marchent, les attitudes des clients, les primeurs sur les futures décisions des gouvernants qui peuvent avoir un impact sur votre projet d’affaires. Repérez alors deux ou trois personnes clé (le « Kongossa » économique peut être une activité lucrative) ou une source d’information fiable que vous pouvez fréquenter avec assiduité. Cela se reflètera tôt ou tard sur la qualité de votre entreprise informelle.

« Un matériel minimum, bien utilisé et une grande créativité peuvent devenir les pierres capables d’abattre les Goliath de l’économie de marché dans une mise en compétition due à la mondialisation des échanges commerciaux »

Foire aux caricatures de l’entrepreneur(e) ethnique

J’ai rassemblé ici quelques déclarations caricaturales d’entrepreneurs ethniques ainsi que la réaction qu’elle peut susciter naturellement sur le modèle des Foires Aux Questions présentes sur la plupart des sites Internet commerciaux.

« J’ai mon plan d’affaires dans la tête je n’ai pas besoin d’écrire. Je maitrise ma stratégie ». Cela cache en fait un manque d’organisation et une faiblesse à structurer une idée, une vision. L’entrepreneur adaptera indéfiniment le contenu de son projet aux opportunités qui se présentent sans que personne ne puisse en avoir la preuve vu que cela n’a jamais été officiellement reporté par écrit et soumis à la critique d’un tiers. C’est souvent le fait d’entrepreneur(e)s qui refusent toute idée de respect de règle et d’autorité. Ils poursuivent un rêve plus qu’une vision et changeront souvent de plan en cours de route.

« Mon projet est spécial et unique. Je ne peux le révéler à des tiers qui peuvent m’aider que s’il signe un agrément de confidentialité ». Cela part d’un bon principe. La protection de la propriété intellectuelle est très importante en innovation. Le seul problème est de savoir si cette fameuse idée unique n’est pas déjà en cours dans l’esprit d’une autre personne qui a décelé la même potentialité du marché et qui ne se fermera pas à l’idée de confronter son innovation à l’avis de professionnels qui respectent un code éthique et qui ira plus vite dans l’exécution. Sans vouloir faire de l’ombre au métier d’avocats, souvent il est plus onéreux et long de faire établir un contrat pour une idée qui sera vite obsolète une fois sur le marché voire copié malgré les précautions prises. Un moyen simple de prouver la paternité de son projet est de rédiger en détail les caractéristiques de son innovation de se l’envoyer à soi-même et de la garder jusqu’à ce qu’un litige éclate. C’est déjà un bon début avant de penser à l’avocat. Attention il appartient à chacun de voir si dans son pays cette solution est valable. En innovation le temps de mise sur marché est important. A vous de voir s’il faut le passer à discuter des clauses de confidentialité plutôt que de développer le projet pour saisir la fenêtre d’opportunité. Chaque projet d’affaires est unique et la pertinence de ma réaction dépend aussi des enjeux financiers mais j’avoue que parfois certains en font un peu trop pour pas grand-chose…

« J’ai envie de me lancer en tant qu’entrepreneur. J’ai une idée mais je ne maitrise pas les aspects techniques (opérations, finances, marketing, etc.) et les détails. J’ai besoin d’aide. » C’est un bon réflexe de demander de l’aide quand on en a besoin mais beaucoup ont tendances à se reposer sur les personnes qui offrent leur contribution ou compétences au projet et oublient qu’ils doivent porter eux-mêmes l’idée d’affaires. Il est bon de recevoir des retours de personnes qui ont plus de recul ou de travailler sur les lacunes du projet avec des professionnels mais l’effort principal vient de l’entrepreneur lui-même. Il faut pouvoir désirer la concrétisation de son idée au point de faire des sacrifices personnels pour se lancer. On ne s’essaye pas seulement pour voir mais on veut se faire de l’argent avec un produit ou un service qu’on estime répondre à un besoin sur le marché. C’est sûr que tout ce qu’on risque est de retourner sur le marché de l’emploi si ça ne marche ou même de développer son activité de façon informelle en marge de cet emploi. La différence se situe entre velléités et Volonté.

« Je m’obstine dans mon idée car je pense que c’est ce qui me faut faire pour relancer mon ascension sociale et redonner un sens à ma vie. » J’ai coutume de dire à mes clients « qu’il n’y a pas de mauvaise idée en soi mais souvent un projet pas assez travaillé ou des conditions pas assez favorable ». J’estime que les clients apportent une pierre brute que je me dois de tailler et polir jusqu’à la rendre attractive sur un étale ou se trouve plusieurs autres objets qui rêve de trouver acquéreur. En tant que consultant, je me fais moi-même assister par des mentors qui tempèrent ma créativité et me ramènent inexorablement au réalisme et à la vérité du terrain. Je crois en un accomplissement en affaires mais cela demande souvent de faire avec les parties prenantes de son projet et d’user de patience et de bonne humeur. L’affirmation est une bonne voie d’expression de sa fierté d’entreprendre mais elle n’a rien à voir avec de l’arrogance, de l’obstination et le refus de se soumettre à la critique constructive.

« Je veux entreprendre mais je baisse les bras à chaque difficulté qui apparait sur mon chemin. » Opiniâtre! C’est ce qu’il faut parfois être pour aller au bout de son idée. Il est rare que quelqu’un émette une idée et que tout lui tombe tout fait dans les mains. Les miracles sont là pour renforcer la foi des Croyants par pour instituer des formes de paresse. Il faut se battre pour le projet qu’on porte c’est tout l’art d’entreprendre. L’argent est la gratification visée mais l’accomplissement et le sentiment de fierté non pas d’équivalent en bienfait sur soi. Voici deux citations qui peuvent être des moto pour ceux qui ont cette tendance à l’abandon facile : « les difficultés sont faites pour être abattues pas pour abattre. » et « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Cette dernière est de Corneille dans « Le Cid »

« Je ne veux pas me précipiter. Je veux bien faire les choses pour que mon projet soit le meilleur possible. » Le perfectionnisme doit s’accompagner du réalisme. Il est parfois inutile d’offrir un produit très sophistiqué et épuré que personne ne comprend et ne veut acheter. Les versions de produits ou de projets existent pour permettre d’avancer et de permettre d’engranger des revenus voir d’adapter le marketing à l’accueil du marché.

Personnellement j’apprécie l’approche Agile même si j’estime que la préparation et la planification sont des atouts essentiels que l’approche Waterfalls offre naturellement. Il est bon de concilier parfois des approches et de tirer le meilleur de leur contenu pour son emploi. La fenêtre d’opportunité (besoin du marché), la préparation du contenu du projet (plan d’affaires) et l’adaptation (talent de l’entrepreneur) sont trois dimensions à équilibrer en tout temps.

« Je vois grand. J’ai des projets de grande envergure auquel personne ne pense. Je suis le seul à pouvoir les réaliser. » Réalisme et durabilité. L’entrepreneur ethnique talentueux et doué ne se contente le plus souvent pas de réaliser de petits projets. Il voit grand et loin. Il est capable de réaliser de grandes œuvres qui impressionnent le public et lui donne de la satisfaction personnelle et renforce son estime mais à la longue il lui est dure de garder la régularité dans la performance. En effet, le premier effort est souvent stimulant et on peut se motiver pour réussir mais il faut pouvoir offrir la même qualité sur le long terme. Ce qui sert de critère pour évaluer ce type de façon de faire les affaires est de voir les revenus générés à chaque grand projet réalisé. On peut marquer les esprits et paraitre talentueux mais la richesse et le sentiment de fierté honnêtement éprouvé sont les compagnons idéaux de toute une vie d’affaires.

« Le temps d’une vie, l’accomplissement personnel passe parfois par la voie des affaires. Il est alors bon de se libérer de la gangue des dénis qui obstruent l’expression des attitudes de constructions. »

Les Sphères d’efficience, entre incubateur, cluster, coopérative de solidarité ou GIE

Les sphères d’efficience sont un modèle de structures d’entraide verticale (de d’entrepreneurs séniors et mentors en contact avec des entrepreneurs en lancement ou expansion sous mentorat) et horizontale (solidarité entre entrepreneurs de même niveau d’ancienneté) dont j’ai fait la description succinctement dans le texte « L’Homme attitude » le 27 décembre 2011.

Pourquoi définir des sphères d’efficience alors qu’il existe déjà plusieurs modèles qui ont fait leurs preuves?

Parce que l’entrepreneuriat ethnique à des spécificités que ne prennent pas en compte les autres modèles:

L’incubateur rassemble en un même espace plusieurs start-up qui utilisent certains services disponibles sur place ou mettent en commun certaines de leurs ressources. Il existe beaucoup d’incubateurs qui regroupent des start-up qui sont dans le même domaine d’activité sous la bannière d’un ou plusieurs investisseurs. C’est souvent le cas dans les technologies de l’information. Dans le cas de l’entrepreneuriat ethnique les domaines d’activité sont diverses et le besoin en investissement plus faible. Les entrepreneurs ethniques ont aussi besoin d’un espace qui leur permet de sortir de chez eux pour réaliser leur activité mais comment réunir une comptable, une agence marketing ou d’évènementiel, une boutique et atelier de bijoux traditionnels et un restaurateur qui a besoin juste besoin d’une cuisine et d’un comptoir pour son activité de service traiteur. Il faut faire preuve d’imagination pour adapter le modèle d’incubateur aux réalités de l’entrepreneuriat ethnique. La sphère d’efficience peut offrir un espace plus souple et adaptable selon les besoins des clients qui y souscrivent. L’achat puis la reconversion d’usines, zones industrielles ou espaces polyvalents par des entrepreneurs solidaires qui se regroupent pour investir dans la mise en place d’une structure qui abritera leurs activités est une voie de solution. La participation des gouvernements est essentielle compte tenu des investissements et des garanties en jeux. Il appartient à chaque pays de juger de l’importance d’investir dans la force de l’informel pour résoudre à long terme les questions de l’employabilité et de la croissance économique.

Le cluster est une solution plus indiquée pour le secteur industriel ou les intrants et les extrants des entreprises constituent un flux recyclé dans le cadre d’une forme d’écosystème économique. L’idée de faire intervenir des entreprises interdépendantes est intéressante pour une question de performance globale et de stratégie de baisse de coûts. Notre restaurateur pourrait faire du service traiteur pour l’agence de marketing et d’évènementiel et même vendre des plats aux entrepreneurs de la sphère d’efficience toute en profitant des services de la comptable et de l’agent marketing pour sa propre activité. Ceci renforcerait la solidarité et ce qu’on a défini comme entraide horizontale précédemment et rendre une sphère d’efficience plus rentable qu’une autre. Si on éloigne le spectre de développer des autarcies la structure globale devrait avoir cohésion et une interdépendance pour que les flux soient harmonieusement répartis. Toutefois ce qui fait l’une des forces de l’entrepreneuriat ethnique est l’indépendance des structures et la pluralité des initiatives dans un même espace. Pourquoi notre restaurateur utiliserait les services d’une telle personne en comptabilité alors que quatre autres dans la même sphère d’efficience lui achètent ses plats. Les intrants et les extrants sont plus difficilement répartissables compte tenu de la diversité et de la multiplicité des acteurs en concurrence simple. La sphère d’efficience peut offrir une liberté de contracter au sein de la même structure d’interdépendance. L’esprit de commerce informel doit alors régner selon l’image des marchés populaires ou plusieurs vendeurs du même produit cohabitent pacifiquement les uns à côté des autres. C’est donc une représentation en miniature et retravaillé du monde de l’économie informelle.

La Coopérative de solidarité regroupe plusieurs professionnels œuvrant dans des domaines variés qui se rassemblent dans une même structure pour offrir un service ou un bien commun. La coopérative de solidarité est ouverte au partenariat. Les membres sont à la fois des utilisateurs des services de la coopérative, des travailleurs de cette coopérative et aussi de membre de soutien. L’idée de faire intervenir des parties prenantes dans une structure peut être intéressante puisqu’il offre l’opportunité d’offrir l’entraide verticale (par le biais des mentors) que nous recherchons pour les entrepreneurs ethniques voire de l’étendre à un soutien et un engagement de la clientèle. Que rêver de mieux? Le seul hic est que dans cette pluralité d’acteurs économiques qui serait rassemblé dans une même structure, il serait difficile de définir un intérêt commun ou un bien commun tant les intérêts et les objectifs sont différents. Ne refusons pas l’idée qu’un nombre important d’entrepreneurs ethniques arrive à se réunir un jour pour offrir un service ou un bien commun. Serait-ce encore de l’entrepreneuriat ethnique? Respecterait-il les aspirations de chaque entrepreneur de s’accomplir en affaires jusqu’à un point auquel chaque individu juge bon d’aller. La sphère d’efficience peut intégrer verticalement mentors, entrepreneurs et clientèle au sein d’une même structure au patrimoine solidaire tout en laissant le soin à chaque entrepreneur ethnique de vaquer librement à ses occupations en se définissant ses propres objectifs. Ici il s’agit plus d’un investissement commun qui unis ces individus et les rend solidaire dans un fond commun et non un service ou un bien commun.

Le Groupement d’Intérêt Économique (GIE) est une personnalité morale qui permet à ses membres (au minimum deux) de mettre en commun certaines de leurs activités afin de développer, améliorer ou accroître les résultats de celles-ci tout en conservant leur individualité. Il s’agit bien plus d’une synergie. Cependant, les membres du GIE sont indéfiniment et solidairement responsables des dettes. Dans le cas de l’entrepreneuriat ethnique la notion de risque est importante car ce type d’activité vise d’abord à se substituer à l’employabilité rendue difficile par des barrières sociales et à supporter des communautés présentes en minorité dans des pays économiquement avancés. Il n’est pas rare voire fréquent de voir des initiatives ethniques sombrer financièrement pour des raisons et attitudes que nous essayons d’identifier et de corriger sur ce blog. Rendre solidaire des dettes un ensemble d’entrepreneurs le plus souvent fragiles eux-mêmes relève de l’exploit ou d’une très grande prise de risque. Lorsque nous avons défini plus haut un patrimoine commun, cela implique une responsabilité dans le patrimoine à la hauteur de la participation au fond. Le fonds solidaire sur l’exemple des tontines ne marche que pour des communautés ou la nature des liens rendent indissociable l’engagement à respecter les paiements et renforcent la confiance. Ici on se doit d’apporter des garanties en relation avec l’esprit des affaires et la diversité des acteurs potentiellement concernés. Ce que peut offrir une sphère d’efficience.

A suivre…

« L’évolution du monde économique impose de redéfinir les structures d’exercices des affaires pour les rendre conforme aux besoins et aspiration des acteurs qui en font la force. »

La guérilla marketing, atout ou lacune stratégique?

La guérilla marketing est une méthode de promotion d’un produit ou d’un service qui, à partir d’un budget minime, permet d’utiliser des outils marketing non conventionnels tels que les graffitis, les autocollants, le bouche à oreilles, la distribution de flyers etc. pour créer une effervescence (Buzz) autour d’une campagne. Le but est d’une part de faire du profit et non seulement des ventes et d’autre part retenir des clients existants et non en acquérir forcément de nouveau. La proximité entre les utilisateurs du produit ou service et l’entreprise est la clé du succès de cette méthode marketing. La guérilla marketing est donc adapté aux petites structures et entrepreneurs qui développent une relation particulière avec leur réseau, partie prenantes ou communauté virtuelles ou non. La guérilla marketing est donc un outil pertinent pour promouvoir des produits ou services livrés par phases ou projets. En effet, le séquençage de l’activité permet de définir et de cibler des campagnes spécifiques telles des « embuscades » pour relancer la performance et réaffirmer l’image lors de nouvelles étapes ou évènements de la vie de l’entreprise, du produit ou du service. Utiliser la guérilla marketing pour des opérations régulières de l’entreprise ou pour l’image permanente de la structure économique dénote plutôt d’un manque de stratégie à long terme pour le projet d’affaires. Il est bon de séparer des tactiques de lancement de produits ou de réalisation de profit avec la création de valeur générale. Il appartient donc à chaque entrepreneur ethnique de maitriser ce concept de promotion avant de lancer des campagnes qui vont certes impliquer peu de ressources mais avoir un impact sur la perception de leur projet d’affaire par le public et la communauté d’affaires. Votre crédibilité en dépend.

« Les escarmouches commerciales garantissent des victoires simples mais n’enlève pas la nécessité d’avoir un général pour définir la stratégie de guerre et guider les troupes à la victoire. »

Ne laissez pas votre attitude nuire à votre talent…

L’entrepreneur ethnique choisis cette voie souvent à cause des barrières à l’emploi dans les pays accueillant une forte immigration économique ou pour supporter une communauté. Cela le différencie de l’entrepreneur resté sur la terre mère qui opte soit pour l’activité formelle ou informelle qu’elle soit déclarée ou non. Tous participent cependant à l’effort d’essor économique des peuples voire des civilisations. L’entrepreneur ethnique compte le plus souvent sur son talent, ses dons ou son expertise dans un domaine particulier pour créer un avantage concurrentiel ou tout simplement une alternative aux exigences économico-politique du marché de l’emploi. Aspirer à un accomplissement en affaire en lieu et place d’une carrière accomplie est légitime mais implique de réellement fournir un effort sur soi pour développer les capacités pour voir ce dessein se réaliser et cela passe par l’Attitude. Je rappelle souvent la définition, l’attitude est une disposition intérieure et un comportement extérieur. L’établissement de relations privilégiées avec la clientèle et les partenaires d’affaires mettent en jeu des interactions humaines et idéologiques dans les façons de faire et façons d’être qui déteignent sur l’ensemble des acteurs et la communauté en générale. L’impression laissée par votre attitude est perceptible aisément en dépit de vos engagements verbaux ou écrits. Vous ne feindrez pas longtemps une insécurité ou un agenda caché que des personnes aguerries décèleront au premier contact ou au cours des échanges successifs. Cela créera sans nul doute un climat de défiance et d’incertitude qui ne seront pas propice à l’établissement d’un bon climat d’affaires. Il appartient à chacun de définir ses attentes et d’être clair avec elle avant de se lancer dans des aventures commerciales qui draineront des sommes ou ressources importantes. L’honnêteté est une vertu essentielle.

« L’effort d’attitude est requis pour rentrer dans un combat d’affirmation économique qui met en jeu des peuples et des patrimoines séculiers »

Trouvez l’équilibre entre votre planification et vos attentes

Les deux approches de gestion de projets (Waterfalls et Agile) mettent l’emphase sur le travail amont avant le début des tâches devant permettre au projet de générer ses livrables. En effet, que ce soit par la planification ou le contenu de travail (Backlog), il est bon de prévoir à l’avance ce qui consommera nos ressources, temps et couts ainsi que de définir l’envergure, la qualité et la relation client en conséquence. Une bonne planification se fait soit en équipe soit avec les professionnels sur le terrain qui sont le plus souvent chargé de réaliser les travaux. L’expérience du planificateur et son anticipation des contraintes et opportunités font qu’il assume la responsabilité du séquençage du projet avec les risques que cela comporte. Par exemple dans le cas des projets dans l’évènementiel, le planificateur est souvent seul à prévoir les éléments logistiques et le calendrier. Les ressources viennent par la suite : bénévoles, sous-traitants, commandite, recettes de vente anticipée etc. L’expertise du planificateur se bâtit avec les éléments du terrain (visite sur site, estimations) avec une bonne dose indissociable de raison et d’intuition.

Cela dit, une fois la planification effectuée, on se doit d’adapter ses attentes au potentiel du marché et ne pas s’attendre à ce qu’il y ait forcément une causalité entre ce qui est prévu et ce qui va arriver. Un projet est une initiative unique et comportant des risques. Même dans les cas de projet techniquement déterministes (construction d’infrastructures), l’aléa reste toujours présent dans les couts, le temps, la satisfaction du client. Il est bon de relier les attentes à la réaction du marché et non à la qualité de la planification. Cela implique que pour qu’un projet soit complet dans sa mise en œuvre, l’aspect informel relatif à la forme (le fond étant constitué par le livrable) soit pris en compte avec les éléments d’ingénierie d’affaires tels que les outils marketing, de communication et de relation client. Un chargé de projet ou un entrepreneur fonctionnant par projets est l’ambassadeur de son initiative tant dans les aspects techniques que politiques. La planification issue de l’effort technique doit trouver un équilibre avec les attentes issues de la promotion du projet.

« La déception et la tension occasionnées par des attentes injustifiées ne doivent pas trouver leur réponse uniquement dans le post-mortem de la planification d’un projet mais aussi dans l’analyse de la stratégie marketing et de communication »

L’engagement moral vis-à-vis du client, une vision à long terme

L’entrepreneur individuel qui a choisi d’exercer son activité légalement peut être amené à choisir des stratégies, tactiques et opérations qui relèvent de l’habilité personnelle ou professionnelle à saisir des opportunités de façon vénale. Appelons-le tout simplement de la ruse voire de la manipulation. Cette capacité à tirer profit des situations et des personnes est un choix pour ceux qui la pratique. Cela contribue à amener les interlocuteurs à aller dans le sens du dessein du livrable du projet ou du revenu que l’on espère générer. Le client est le plus souvent inattentif à certains détails de la relation d’affaires tant sa confiance en l’entrepreneur est grande. Le bénéfice à court terme de ce type de pratique est probant. Le seul problème qui se pose est que souvent l’engagement moral vis-à-vis du client n’est pas respecté. On voit le client comme une source de profit individuelle à portée et non comme un marché potentiel incluant la fidélité au produit, les références, la promotion naturelle par satisfaction etc. faire un gain important dans le présent doit être comparer à l’actualisation des gains successifs réalisés par une relation clientèle bien établies. Bien plus encore, la ruse est souvent perçue comme de la malhonnêteté ou un manque de leadership de la part du client ou des parties prenantes. Bien sûr le potentiel de nouveaux clients pouvant être victimes de ce type façon de faire et façon d’être en affaires est grand mais les conséquences d’une telle attitude ne manqueront jamais de se faire ressentir un jour ou l’autre tant par la réputation que par le formatage de votre personnalité autour de cette pratique voire par l’éducation et la sensibilisation progressive du marché à ces pratiques moralement douteuse. D’aucun ne disent que « tout se paie ici-bas ». Un client qui a reçu un bon service ou produit reviendra sans doute et vous pourrez vous concentrer sur les nouveaux à ajouter à votre base de données. Un client déçu est perdu pour la vie et renforcera les parts de marché de votre concurrent. A vous de voir si la ruse vis-à-vis du client assurera un développement durable de votre activité. On ne peut qu’exhorter à la correction dans les attitudes d’affaires et professionnelles.

« La malhonnêteté n’a pas d’impact réel tant qu’elle s’applique de façon élémentaire mais à long terme la masse critique des ces actions isolées jouent tant sur la confiance du marché que votre personnalité. »

5 axes pour faire face aux échéances

« Comment travaillez-vous sous pression? » Cette question revient souvent dans les entretiens d’embauche pour sonder la capacité du candidat à gérer son stress et faire face aux imprévus. Pour un entrepreneur aussi la question des moments de tension est aussi d’actualité. Un fournisseur en retard, un produit à livrer à une date précise, un client mécontent du service etc. La plupart du temps on n’a guère le contrôle sur le déroulement de ce type d’évènements lorsque la planification ne les a pas intégrés à titre de contingence ou que l’analyse de risque ne les prévoit pas. Ici nous allons nous pencher sur une source commune de tensions sur lequel nous pouvons néanmoins agir : la relation au temps et aux échéances.

Voici, par exemple, 5 axes pour agir sur son état de tension face à une échéance de façon simple:

1. Ménager l’effort
Évitez de vous lancer dans le respect de l’échéance comme si votre vie en dépendait. Même si c’était le cas, quittez ce monde avec tout de même la satisfaction d’avoir fait ce qui était humainement dans vos capacités. Voyez sur le long terme, il peut y avoir des étapes supplémentaires qui nécessiteront une réserve d’énergie après la livraison du produit ou service (post mortem, classement, suivi, service après-vente). Imaginez-vous en voyage et que l’effort dont vous avez besoin et pour faire le trajet en question requiert deux à trois fois la distance normale, vous pourrez ménager vos pas et ne pas être pris au dépourvu.

2. Renouer avec le plaisir
Le corps garde la mémoire de nos expériences. Prenez plaisir à faire ce que vous faites. Quand vous étudiez encore, les nuits blanches passées à travailler sur un rapport important vous a sans doute marqué et vous crée encore des sueurs froides quand un délai se raccourcit. Avez-vous remarqué que vous travaillez mieux lorsque vous aimez ce que vous faite et rappeler vous la satisfaction que vous éprouvez lorsque vous livrez le fruit de votre service. Le dicton « C’est l’homme qui a peur sinon il n’y rien » s’applique souvent dans bien des situations. Reconsidérez donc les enjeux et appréciez de vous voir fournir cet effort.

3. Reprendre confiance
Quel que soit l’urgence de la situation, subdivisez le travail et accomplissez des tâches simples pour prendre conscience que vous pourrez y arriver sinon que cela et hors de votre contrôle. Que pourrez-vous donc y faire? Donc si vous vous engagez à respecter l’échéance soyez conscient que vous y arriverez ou que vous prendrez les mesures pour vous adapter à la réalité (aide des pairs, négociation du cahier des charges ou des demandes de changement avec le client, heures supplémentaires etc.) sinon la vie ne s’arrêtera pas. Vous êtes ce que vous êtes et faites un travail correspondant à l’état de votre expertise. Vous aurez l’occasion de progresser. Restez au moins en paix avec vous-même.

4. Trouver la force
Ramener la situation au point d’équilibre va demander de l’énergie. Assurez-vous d’avoir une source durable dans laquelle puiser pour vous mobiliser. Cela peut être la foi en l’accomplissement de votre tâche ou l’attente du bénéfice voulu pour lequel cette échéance devient un jalon et non une falaise. Profitez d’un entourage sain qui pourra vous procurer un cadre d’exercice stimulant et harmonieux. Retrouvez la source de motivation et construisez votre action à partir d’elle.

5. Libérer son sentiment
Capitalisez sur vos expériences pour bâtir et approfondir votre propre définition face à ce type d’évènements. Vous pouvez vous reprogrammer totalement en pratiquant régulièrement les 4 premiers axes et acquérir un sentiment de liberté qui donnera du sens à votre parcours et un mieux-être en tant qu’entrepreneur. Il y a un plus grand confort à respecter sa nature profonde lorsqu’on franchit les étapes vers la constitution (à long terme) de sa richesse et de son sentiment de fierté.

De bonnes raisons pour laisser des traces de votre travail

Un entrepreneur, et bien souvent ceux qui offrent des services de consultation, sont régulièrement invités à renouveler ou acquérir des certifications pour les crédibiliser ou les habiliter à remplir certaines tâches professionnelles. Dans les autres secteurs entrepreneuriaux il arrive aussi de faire un retour sur l’exercice du métier pour améliorer le produit ou le service. Les formulaires de demande de permis ou de certifications font appel à un compte rendu des activités sous divers angles : horaires, financiers, qualitatif, quantitatif etc. Le cas échéant le premier réflexe, qui n’est jamais loin du découragement ou de l’agacement, est de se demander où trouver les précieuses informations requises pour l’étude des dossiers.

Si vous ne l’êtes pas déjà il va vous falloir vous adapter à une nécessité du monde des affaires : l’organisation personnelle et la prise de note. Ces deux défis ont un impact significatif quand viennent le moment de ces évaluations, compte-rendus et autres rapports. Voici quelques astuces pour toujours être prêt à fournir un état des lieux de votre activité à une partie prenante de votre projet d’affaire:

1. Utilisez un agenda pour noter tous vos rendez-vous en indiquant la durée et parfois le lieu et le thème dans le titre ou le contenu. Il est parfois demandé de faire un compte d’un certain type d’activité que vous avez entrepris.

2. Faite de court rapports de vos rencontres et ne négligez pas les minutes de réunions (aussi bien que les ordres du jour). Vous pourrez vous y replonger pour retracer l’historique de certaines décisions.

3. Identifier des phases à votre travail. Si vous avez un contrat qui vous fait accomplir des tâches régulières organiser les pour pouvoir déterminer le temps passé sur chacune. Par exemple pour une semaine de 35h de prestation. Vous pouvez réserver 2 jours (14 heures) au suivi de clientèle ou le Customer Relation Management. Si vous êtes amenés à justifier de cette compétence, relevez tout simplement le nombre de semaine pendant lesquels vous avez réservé ces deux jours aux clients. CQFD!

4. Les parties prenantes sont souvent friandes de chiffres et de nombres à des fins statistiques pour évaluer votre performance et vous comparer à la concurrence. Soyez donc rigoureux. Si vous faites des conférences notez le nombre de participants (n’oubliez pas la liste de contact !!!). D’après votre agenda vous pouvez identifier le nombre d’activité, les heures et surtout les thèmes. Ne dissocier pas le quantitatif du qualitatif vous devez pouvoir justifier pourquoi vous avez passé une certaine partie de votre temps à cette activité. Les notes viennent alors en renforts. Faites un rapport au mois ou au trimestre pour vous-même ou à diffuser. Ce rapport peut avoir d’avance le format qui vous sera demandé par votre plus importante partie prenante. Cela montrera votre dynamisme et votre souci de transparence. Trop de travail? Votre concurrent a sans doute plus de hargne que vous. N’oubliez pas les économies mondiales sont en compétition!

5. Enfin entretenez régulièrement un journal de vos dépense et recettes. Faites-en l’analyse en temps réel pour corriger les mauvaises tendances et prendre des décisions plus en accord avec les possibilités et les ressources de votre entreprise. Un bon gestionnaire d’entreprise doit être au courant de la situation globale de sa structure avant de prendre des risques financiers et investir dans un projet avec son intuition d’entrepreneur.
Comme un petit poucet soucieux de retrouver son chemin en cas de péril soyez prompte à laisser des traces dans votre activité quotidienne pour aider à l’analyse et au compte-rendu à des stades cruciaux de la vie de votre entreprise. La performance est un stade avancé de l’entrepreneuriat informel ou ethnique. Elle implique un relevé minimal de points d’activité pour servir d’indicateur et guider dans la prise de décision.

« L’entrepreneur doit engager son action dans la durée et sortir des ornières de la substance quotidienne pour s’investir dans l’horizon du patrimoine communautaire »

Comment promouvoir ses affaires sans polluer les espaces de vente?

L’entrepreneuriat informel et ethnique est caractérisé par une grande richesse créative mais qui n’est pas toujours mise en avant de façon adéquate pour rendre les projets et les initiatives pérennes. Beaucoup de promoteur de projet retournent à la case départ, recherche d’emploi, après avoir tenté à temps plein ou non de se lancer dans la quête d’une indépendance financière de façon autonome. Les raisons de ces échecs sont nombreuses et beaucoup incriminent le manque de maturité de l’idée, du marché, du public voire de l’entrepreneur lui-même. Force est aussi de constater que beaucoup de bonnes idées, qui seraient utiles aux communautés ethniques, pêchent par un manque criant de promotion. On se lance en affaire parce qu’on a le désir, des économies et une foi en la réussite relayée par des recueils de préceptes (la Bible en est un bon) et conseils de personnes aux réalisations fulgurantes. Plongé, par la suite, dans la réalité de la concurrence et des objectifs de ventes, l’entrepreneur se débattra, face aux forts courants des comptes à payer, par une nage frénétique en action commerciales dont les remous sur la berge (de l’Internaute surtout) se manifesteront par un nombre incalculable d’invitation à « Like » des pages, d’invitations répétées à consommer ou participer à des évènements, de flyers et posters bons pour coup d’œil et la poubelle. Ces messages et sollicitations de politiques marketing traditionnelles n’en finissent plus d’exacerber les rapports entre consommateurs et entrepreneurs. Les attentes sont différentes de part et d’autre dans les mêmes contextes de crises financières, d’endettement, d’insécurité de revenu etc. L’entrepreneur ne veut pas perdre la fenêtre d’opportunité et d’achèvement de son projet d’affaires qui se complique à l’échelle d’une vie avec l’âge et les aléas. Le consommateur, de son côté, gère un budget pour faire face à toute situation que traverse son foyer au cours de la même existence. Le même patrimoine communautaire qu’on défend sans le bâtir ensemble. Rien à voir avec les campagnes minutieusement ajustées par les grosses firmes qui peuvent vous vendre une marque de bière en touchant vos valeurs et votre désir de vivre l’accomplissement dans cette vie. Ici nous sommes dans l’esprit d’innovation des structures qui souhaitent simplement survivre à une première génération d’exercice économique et envisager la relève…

La pratique courante dans les campagnes de promotion est de surdimensionner la base de données clientèle pour espérer qu’à peine 10% de celle-ci soit impliquée dans les interactions voire qu’une plus faible partie d’entre elles consomment au final le produit ou le service. Il en résulte un grand investissement d’énergie et d’efforts pour créer et animer des outils sensés mobiliser le consommateur. Ici nous souhaitons très clairement changer de paradigme et déplacer l’interaction du besoin du consommateur vs l’offre de l’entrepreneur vers le partage de valeurs et d’engagement des deux groupes. Cela implique pour le consommateur d’être partie prenante des projets d’affaires d’une part en choisissant d’adhérer et de soutenir le contenu jusqu’à terme. De la part des promoteurs le travail consiste à clarifier son projet et à le faire connaitre le plus largement possible pour atteindre son audience favorable. Il y a quelque part dans ce Monde un public pour un projet et un projet pour un public. Le tout est de faire passer l’information sans asymétrie entre les deux groupes. L’accent a trop longtemps été mis sur le besoin des consommateurs et la nécessité de le combler de façon rentable et durable par l’entrepreneur. Le projet de vie de l’entrepreneur doit aussi avoir une importance dans le système économique car il améliore l’état de connaissance et des possibilités de l’humain dans son environnement de production de richesse et de valeur. Il est dit « Personne n’allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière » Lc 11 :33 . Le projet d’affaires d’un entrepreneur qui est parfois, je le répète, un projet de vie a aussi son importance dans les tendances du marché. La nouvelle interaction que nous voulons proposer met donc plus l’accent sur l’équilibre (win-win) de partage de richesse et de valeur (sous entendue en communauté d’intérêt économique) de part et d’autre en réhabilitant et justifiant la nécessité d’entreprendre.

L’entrepreneur devient l’instrument utile d’un groupe qui souhaite que son apport contribue à leur patrimoine. L’engagement du consommateur s’établit non pas sur l’individu à satisfaire (besoin) mais sur la communauté à habiliter (). L’éthique et la performance prennent alors une grande importance dans la sélection et l’accueil des projets par le public (ne vous avais-je pas dit que la Bible avait de bons préceptes).

La technique SHARE WISER qui apporte du grain à moudre dans notre positionnement est une technique (expérimentale à ce jour) de promotion visant à fédérer une communauté de consommateur autour d’un message, d’une mission et d’une cause portée par un gestionnaire (un SHARE WISER) dont le profil est transférable à un successeur dont la responsabilité est de poursuivre la promotion avec la même structure mais sous d’autres déclinaisons adaptées à son environnement économique et ses aptitudes. Le but est de faire adhérer des membres pour créer une communauté autour d’un même projet et non recourir à une base de données client quantitative pour offrir des services qui sont pris au gré des envies. Elle s’articule autour de 5 étapes simples qui seront développées par la suite.

« Chaque Homme est important dans l’éco système économique d’où il peut tirer les fruits nécessaires à son accomplissement »

L’entente client-entrepreneur. Comment clarifier le contenu d’un service

Lors de la définition d’un projet, l’une des premières étapes est de rédiger une charte projet. Celle-ci permet de préciser, en une page, l’essentiel des composantes du projet que l’on souhaite mettre en œuvre. Dans le cadre de notre série d’adaptation des outils d’amélioration continue et du Lean, nous allons étudier « l’entente » (et non la charte) qui permet de clarifier le mandat et les résultats attendus. Nous transférons le cadre d’un projet à celui d’un service offert à un client. L’entente concerne le client et l’entrepreneur. Elle permet d’éviter des malentendus lors des relations d’affaires qui s’établissent par la suite. La littérature technique prévoit différents contenus pour ce document mais nous choisissons d’adapter celui proposé par Marie-Hélène Jobin dans son ouvrage « Guide des outils d’amélioration continue » qui sera un de nos compagnons dans toute cette série. L’entente client-entrepreneur peut simplement consister en 5 étapes:

1. Définir, de façon claire et précise, le mandat du service.
2. Préciser les produits et services que l’entrepreneur s’engage à livrer au client.
3. Proposer un plan clair pour les prestations, leur suivi et le soutien accordé au client.
4. Développer des critères permettant de mesurer la qualité du service offert.
5. Préciser les besoins spécifiques et condition nécessaires pour que la prestation puisse être accomplie dans le cadre de l’entente.
Ce document doit être signé par les deux parties.

Ce type d’entente est un document de travail. Il n’enlève en rien la nécessité de signer un contrat d’affaires légal qui met à l’abri des litiges. Ce type d’entente peut venir en support du contrat d’affaires légal pour y être annexé. Le plus souvent le contrat met l’accent sur la description de la prestation, le prix, les modalités de paiement et souvent des clauses de rétractations ainsi que le type de compensation le cas échéant. Certains choisissent de ne pas avoir de contrat d’affaires légal au vu de la faible envergure de la prestation ou de son caractère commun (répétitif). Aussi, la flexibilité voire la souplesse de la relation d’affaires élimine d’office toute idée de contrat légal mais ne doit pas faire l’impasse sur une entente minimum. L’entente client-fournisseur doit s’atteler à clarifier la partie technique du contenu d’un service.

Le Gemba de l’entrepreneur. La conscience quotidienne de l’effort

Dans le monde économique, il est certains courants qui font la promotion de l’effort minimum pour assurer un revenu confortable et régulier. Que ce soit en développant une clientèle mise en réseau ou des activités qui s’entretiennent d’elles-mêmes (notamment par le biais du Web), plusieurs entrepreneurs choisissent de multiplier les sources de revenus et les investissements en s’accordant un temps de loisir ou d’exercice d’une activité de confort. Cela est un choix d’école et chacun est à même d’évaluer à bon escient l’éthique ou l’attitude adéquate à associer à son activité économique. Les simples projections de performance sur la base des potentialités financières (développées dans un business model ou un plan d’affaires et à appliquer les yeux fermés) ne justifient pas, encore moins d’assurent pas, la réussite finale ni le profit. Le caractère tangible de la production de richesse et de valeur dont nous faisons la promotion dans notre message amène à vous faire découvrir ou redécouvrir un outil du des pratiques Lean qui peut être d’un grand secours pour l’entrepreneur. Il s’agit du « Gemba ». Le Gemba, se définit comme « le terrain, là où les choses se passent. C’est l’atelier de fabrication pour les chantiers physiques, mais c’est aussi le bureau de l’ordonnanceur lorsqu’on parle de programmation de fabrication. C’est encore le bureau d’études lorsqu’on parle des pertes liées à la conception ». Dans le cadre de l’entrepreneuriat le Gemba consisterait à être conscient au quotidien des variables d’effort à fournir pour maintenir le projet d’affaires viable et durable. Ces variables peuvent être au minimum : les fournisseurs, les clients, les ressources et les évolutions du marché. L’entrepreneur se doit d’être proche avec ces notions et de les visiter régulièrement pour avoir l’heure juste sur l’état de son initiative économique et mettre en place les mesures de gestion ou d’investissement pertinentes. Que tirer alors de cette proximité avec le terrain? En ce qui concerne les fournisseurs, la qualité du produit ou du service dépend de la prise en compte en amont de certaines contraintes de production. Maintenir une innovation ou tout simplement un avantage concurrentiel implique une étroite collaboration avec les différentes sources et parties prenantes qui permettent au produit ou service d’exister. Cette relation est encore plus nécessaire lorsque le prix d’un produit dépend des marges pratiquées vis-à-vis du marché. Dans un autre ordre d’idée, la satisfaction du client assure à la fois les ventes directes mais aussi des retombées sur la promotion du produit ou du service par le biais du référencement. Dans une logique Gemba, le client est un partenaire qu’on associe à la réussite du projet d’affaire dont il peut trouver un intérêt à l’amélioration de la qualité proposée. En ce qui concerne les ressources, savoir à tout moment le niveau des intrants et la capacité de production oriente la prise de décisions et leur priorisation. Enfin, bien connaitre le marché vise à s’adapter à ses fluctuations, d’en saisir les opportunités ou de se prémunir de ses pièges. La fréquentation de l’ensemble de ces variables donne corps à la compétence de chaque entrepreneur et la maîtrise du métier. Cette une voie tangible d’accomplissement par l’effort quotidien et la conscience qu’on en a. La prise de risques financiers, par les investisseurs doués d’une bonne intuition ou féru d’adrénaline, reste une autre option pour ceux qui y trouvent leur équilibre. Toujours est-il que l’aboutissement d’un travail progressif d’intégration pratique des réalités du terrain, Gemba, doit mener à des dirigeants dont les méthodes de management, ni purement technocrates ni purement humanistes, peuvent mettre le monde économique à l’abri de certaines crises majeures en finance d’entreprise ou de marché.

Comment composer le prix de mes produits ou services?

Lors d’une récente conférence que je donnais sur l’analyse des idées d’affaires par l’outil GrowthWheel, une participante me demandait comment elle pouvait estimer ce qu’elle produit pour demander des fonds à un investisseur. Compte tenu du temps imparti à ma présentation, je n’ai pu lui répondre en détail. Je saisi l’occasion que m’offre le site entreprepreneurethnik.com d’adresser des questions d’attitudes (sensibilisation des communautés) et de correction (habilitation des entrepreneurs) pour faire un court rappel.

Bien sûr il s’agira essentiellement de comptabilité analytique et d’enchainement des coûts et ceux qui sont rompu aux méthodes de gestion ni verront aucun intérêt. Je veux m’assurer que cette notion soit au minimum intégrée par une personne voulant se lancer en affaires et qui ne possède pas un MBA en poche (si c’est une référence pertinente). L’évaluation des stocks et d’autres notions comme l’incorporation de certaines charges ne seront pas soulignées car je souhaite rester simple dans mon propos
Ceci dit, trois étapes sont nécessaires pour composer le prix des extrants de notre activité : décrire le processus de production, établir le prix de vente nominal et présenter le prix au client.

I. Décrire le processus de production
La plupart des activités entrepreneuriales consistent soit en des activités commerciales (achat et revente) ou des activités de production (biens ou services). Il est bon de se représenter le processus que l’on suit pour faire son profit afin de connaitre la valeur du produit à chaque étape. Prenons l’exemple d’une fabrication de produit capillaire. Elle fait intervenir une étape de recherche, d’approvisionnement, de production et de distribution. A chacune de ces étapes corresponds des coûts directs qu’il faut considérer en plus des notions de valeurs des stocks et de certains coûts indirects (administration, promotion, organisation, recherche et développement etc.). Ici le plus important est de tracer un schéma clair de son processus de fabrication (en arborescence ou diagramme) puis nous allons indiquer le cout unitaire (si possible) tout au long du processus jusqu’au prix de vente nominal.

II. Établir le prix de vente nominal
Le prix de vente est la somme du coût de revient du produit (ce que nous coute au total la production du bien ou du service) et de la marge. Cette marge peut être arbitraire ou s’adapter au marché. Si le marché impose un prix que la plupart des concurrents respectent alors l’effort doit être fait pour réduire les coûts et les frais en interne ou justifier un prix différent (niche). En gros, le coût de revient se détermine à partir du coût de production. Ce dernier, se détermine à partir du coût d’achat.

En effet, le coût d’achat s’établit à partir du prix d’achat des matières premières rentrant dans le processus ; par exemple dans la composition de notre produit capillaire. On y ajoute tous les frais issus des activités qui ont été nécessaires pour faire l’achat : démarchage, transport, douane, manutention…
Ensuite le coût de production s’établit en additionnant au précédent coût d’achat, les frais des activités engagées pour produire le bien ou le service. Essentiellement le salaire des employés et le coût direct de l’emploi de machines (énergie surtout ou frais de location).

Enfin le coût de revient est égal au coût de production précédent plus les frais des activités engagées pour la distribution du produit. Par exemple : Service de livraison postal ou autre, personnel, emballage, traitement des informations des clients, frais de déplacement pour aller participer à une exposition…
Vous pouvez à présent déterminer les fonds à demander à votre investisseur au titre du fond de roulement ou autre, ou rajouter votre marge pour présenter le prix au client.

III. Présenter le prix au client
A cette étape la partie technique de la détermination du prix est effectué. Vous êtes à même de savoir si vous perdez de l’argent sur une offre ou non. Je recommande à ceux offrant des services de quantifier leur travail : noter le nombre d’heures de travail, le nombre de mots traduits ou généré dans un rapport, le kilométrage pendant les déplacements. Trop souvent les offres de services sont faites à la louche ou en louchant sur le voisin. Présenter le prix au client est une question d’attitude ou d’habileté. Que vous présentiez votre offre en forfait ou au taux horaire incluez si possible le cout de revient et une marge minimum comme base. La marge complémentaire peut se faire à titre nominal ou dans les services optionnels à proposer au client. Celui-ci sera moins effarouché par les prix que vous proposé. Tenez compte du marché mais tenez compte aussi de votre valeur pour déterminer votre grille tarifaire.

Prenons deux exemples pour finir:

Premier cas. Le cout de revient d’un relaxant capillaire est CAD$ 5.00 vous pensez en produire 1000 par mois. Votre fond de roulement se fait sur trois mois. Vous pouvez demander aisément CAD$ 15,000.00 à votre investisseur plus une contingence de CAD$ 3,000.00 pour des charges dues aux opérations. Vous avez un premier prêt de CAD$ 18,000. Vous définissez une marge unitaire de CAD$ 3,00. Vous en vendez en moyenne 500 par mois au début soit CAD$ 4,000 de revenu. Rassurez-vous, rien n’est désespéré il est temps d’analyser à quoi est dû cet écart par rapport à l’étude de marché à laquelle vous avez consacré peu de temps (c’est souvent le cas en entrepreneuriat ethnique). On se demandera par exemple si c’est le bon segment de marché ou si votre marge est justifiée avant d’entreprendre des opérations de marketing.

Second cas. Vous offrez un service de gestion d’image et de présence sur les réseaux sociaux. Dans la description de votre processus de production vous devez identifier combien de temps (jour dans la semaine ou heure dans le jour) vous prend chacune des activités que vous proposez. Établissez votre taux horaire pour ces activités. Constituez des forfaits de bases composés de chacune de ces activités (par type de prestation). Comparez-vous à la concurrence et réajustez. Mettez à titre d’option ceux qui fait votre valeur et ce qui fera votre marge complémentaire : votre style d’écriture, votre connaissance… C’est ce qui vous différencie et justifie que votre service est offert à un taux différent de votre concurrent. N’importe qui peut facturer 5 posts par semaine (forfait de base) mais rajouter des frais d’édition à votre taux si vous rédigez vous-même ces posts sans juste copier-coller des liens…

Voilà, j’espère que ces lignes vous auront aidé à mieux saisir la mécanique derrière la définition du prix d’un bien ou d’une prestation et n’oubliez pas qu’il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas. Des grilles tarifaires peuvent être mises à jour et si vous fonctionnez par projets vous avez plus de flexibilité pour personnaliser chacune de vos offres et apprendre des expériences passées.

Comment faire de l’argent avec votre idée d’affaires?

Cette question est à la fois intéressante pour un entrepreneur mais aussi dérangeante. En effet comment s’être lancé en affaires sans avoir pensé à ce détail? Beaucoup penseront que ce cas de figure ne peut se présenter mais pourtant dans l’entrepreneuriat ethnique ceci est fréquent. Le tableau classique est de réagir tout d’abord à l’une des cinq sources communes de motivation à créer son entreprise ethnique à savoir: les compétences, la chance, le parcours de vie, le réseau de contact et l’intention*. Puis on s’évertue à afficher tous les attributs de l’entrepreneur: cartes d’affaires, sites Internet, offre de services, liste de prix parfois plan d’affaires… Enfin et seulement à la fin de ce processus on se demande comment va-t-on générer de l’argent avec tous ces éléments qui ont déjà été mise en œuvre pour pouvoir en vivre voire s’enrichir. D’où notre question qui prend tout son sens.

La réponse à cela est de définir un modèle d’affaires (business model) réaliste et performant. Pourquoi n’y a-t-on pas pensé dès le début? En matière d’entrepreneuriat ethnique je ne retiens pas que la voie canonique car il est souvent question d’urgence financière, de barrière à l’emploi ou de besoins de la communauté. Il est déjà appréciable que certains prennent le risque de se lancer en affaires avec du cœur à l’ouvrage, je ne fais que réorganiser les éléments pour reconstituer une démarche cohérente.

Le modèle d’affaires est essentiel pour le projet d’affaires. C’est l’ensemble des processus par lequel l’entrepreneur peur générer du revenu. On peut citer la fabrication-vente, l’achat- revente, les royalties, la consigne, la publicité, les heures de prestations, les licences, les frais de membres, la franchises etc. On peut faire intervenir plusieurs modèles d’affaires dans son projet. Ainsi un Boulanger peut faire de la vente de produit mais aussi de la livraison payante à des zones éloignées, de la consigne de boissons de partenaires etc. Il est bon d’observer le modèle d’affaires du cœur de métier auquel on appartient et de l’adapter ou de le bonifier pour exploiter au maximum ses ressources. Par exemple, une traductrice fera de la prestation de service au mot en s’alignant sur le prix du marché mais pourra aussi offrir des services de critiques littéraires si une partie de son public cible comprend des écrivains. Cela rendra son service encore plus attrayant

Voici à présent une manière simple de définir son modèle d’affaires:

1. Identifiez le cœur de métier auquel vous appartenez de par votre projet d’affaires

2. Observez et décrivez le modèle d’affaires qui s’y pratique communément pour vous y adapter (faites des recherches si vous n’avez pas fait d’étude de marché !!!)

3. Faites la liste de tous les autres moyens que vous pouvez ajouter pour augmenter vos sources de revenu

4. Déterminez le revenu potentiel que vous pouvez dégager (avec une grille tarifaire associée). Refaite une itération si nécessaire

5. Construisez un modèle d’affaire d’ensemble intégrant tous les moyens potentiels.

6. Évaluez-vous par rapport à la concurrence (incluant votre avantage concurrentiel) et démarquez-vous

7. Mettez à jour votre offre de service et repositionnez-vous.

Ayez toujours cette question présente à l’esprit: « Comment faire de l’argent avec mon idée? » surtout si votre projet est peu courant. Certains pensent qu’ils sont uniques sur le marché mais souvent, à bien chercher, on retrouve des modèles similaires au notre qui existent déjà. Il ne suffit pas d’avoir la structure d’une entreprise ou les attributs d’un entrepreneur. La finalité est d’être profitable voire rentable pour durer dans la communauté ou sur le marché.

J’essayerai de revenir, plus tard sur certains aspects de mes articles dans des fiches techniques courtes (Dieu seul sait pourquoi nous perdons l’habitude de lire…) pour vous familiariser avec des termes comme: avantage concurrentiel, prix du marché, positionnement, modèle d’affaires etc. D’ici là visitez le site entrepreneurethnik.com et utilisez notre nouvel outil pour tester vos connaissances en entrepreneuriat.

*Ethnic Entrepreneurship in Canada: Comparison of the Chinese Communities in Three Canadian Cities: Montreal, Toronto and Vancouver. By G.A. Brenner, T.V. Menzies, C. Ramangalahy, R.H. Amit, L.J. Filion

Où sont vos clients?

Le positionnement sur un marché est un élément très important pour garantir, à long terme, le succès d’un projet d’affaires. Beaucoup d’entrepreneurs ethniques commettent deux erreurs fréquentes, selon moi, qui sont : de se considérer comme unique sur le marché et de se limiter à une niche.

Je suis unique

Pendant la rédaction d’un plan d’affaires ou la réponse à un formulaire de demande de financement, il est souvent question de s’apprécier par rapport à la concurrence. La réponse quasi immédiate est de dire qu’on est unique. Je ne remets pas en cause la grande part d’innovation et de personnalisation dans les projets d’affaires ethniques, mais il faut creuser un peu plus pour se mettre à l’abri de certaines surprises, une fois les activités lancées. Que dire, par exemple, des nouveaux entrants et de la barrière à l’entrée dans votre secteur (votre projet est-il facilement reproductible?) ou des substituts (peut-il y avoir des produits ou services qui viendront vous remplacer un jour en vous rendant obsolète?)? Je pense que le bon réflexe est de se dire qu’on n’a pas assez cherché lorsqu’on est tenté de répondre par « non » à la question « existe-t-il des concurrents à votre projet d’affaires ». Cela est un simple rappel et une exhortation à l’humilité ou au réalisme prudent.

Je vise une niche

La personnalisation de votre produit ou service s’accompagne le plus souvent du choix de ne vouloir servir qu’une niche (segment très réduit du marché). Cela amène à courir derrière un nombre de clients faible et à avoir à les fidéliser ou espérer qu’ils achètent régulièrement. Si on vous pose la question « où sont vos clients? » beaucoup pourront identifier le profil cible de la niche sans pour autant sortir une base de données assortie à des habitudes d’achats attendus ou mis en hypothèse dans l’étude de marché. Lesdits clients sont potentiellement dans votre cible mais la conversion n’est pas automatique. La niche est, selon moi, trop statique et ne permet pas de s’adapter aisément aux conjonctures économiques fluctuantes. Il y a-t-il alors une alternative à cela? Oui. Pensez « communauté ». Dans l’esprit de ce que j’appelle l’économie de communauté, le segment dans lequel on se positionne est plus dynamique et flexible. Vous êtes le point focal des échanges avec le consommateur. Vous ne courrez plus pour offrir un service spécifique à un type de client mais vous attirez à vous tous ceux qui peuvent être intéressé par ce que vous vendez. Cela demande de fournir un effort particulier sur son image et sa promotion (nous y reviendront avec la technique Sharewiser de THE WISEMEN COUNCIL) mais surtout cela offre l’opportunité de capter des clients qui ne sont pas de votre segment de marché initial mais qui auront été intéressé, à l’occasion, par un de vos produits ou services. A vous maintenant de les fidéliser ou de leur permettre de vous fréquenter un peu plus souvent. Enfin, La communauté, à géométrie variable, peut être un relai dans vos besoins de visibilité par l’effet bénéfique du bouche à oreille ce que ne vous offre pas le vase clos de la niche où tout le monde à « LE » critère identique.

On le voit donc, que ce soit par réponse à une barrière à l’emploi ou pour améliorer les conditions d’une communauté ethnique, l’entrepreneuriat se doit d’utiliser les meilleures approches possibles de la gestion pour mettre à profit sa force informelle considérable. Cela passe par des changements de paradigmes simples. Ne pas se croire unique dans un positionnement, sauf cas de réelle innovation, ou se limiter à une niche refuge, par confort ou contrainte, sont deux corrections d’attitude d’affaires à considérer pour une performance économique accrue.

Check-list de lancement; L’information minimale à avoir

Le lancement d’une activité économique n’est pas toujours chose aisée. Bien que tout le monde ne soit pas porté vers cette aventure par choix de vie, il convient de faire preuve de courage lorsqu’une telle entreprise s’offre à nous. Après l’euphorie des premiers moments ou le soulagement d’avoir une solution possible à sa situation financière, il convient de franchir les étapes nécessaires jusqu’à la mise en exploitation de l’idée. Beaucoup iront chercher un financement extérieur selon la taille de leur projet et devront passer par le traditionnel plan d’affaires. A d’autres je conseillerai encore d’avoir une bonne épargne ou un emploi à temps partiel couvrant les dépenses les plus urgentes et de travailler à élargir au maximum la liste de clients potentiels et le carnet de commande avant d’effectuer un transfert d’heures vers l’activité d’entrepreneur. C’est un bon moyen de limiter les risques et de s’assurer le succès de l’initiative à moyen terme. Notons que pour certains, un conjoint qui travaille et qui accepte de prendre en charge les dépenses du ménage, permet aussi à celui qui a choisi le métier d’entrepreneur de se lancer plus facilement. Voici donc à présent une check-list d’éléments que vous devez avoir en tête au moment de démarrer. Cela est utile pour présenter votre projet à des interlocuteurs, avant la rédaction d’un plan d’affaire ou tout simplement pour vous situer par rapport à d’autre:

1. Promoteurs et partie prenantes:
Ayez conscience des personnes qui s’impliquent dans votre projet et des personnes sur lequel votre projet aura un impact. Vous pouvez constituer une liste. Cela peut être utile dans le cadre des communications et de la gestion des informations sur le projet.

2. Description du projet
Soyez toujours prêt à décrire votre projet en quelques mots simples sur le modèle de l’« elevator pitch ». Pensez à l’idée, le but du projet, les objectifs etc. Cela vous permettra de vous recentrer le moment venu si, sous l’influence de parties prenantes, vous perdez la notion de votre stratégie initiale. Vous pourrez alors comparer et faire les choix qui s’imposent.

3. Votre clientèle cible
Répondez aux questions : À quel type de client destinez-vous votre produit ou service? A quel segment (partie) du marché cela correspond? À quels critères de votre produit ou service sont-ils sensibles?

4. Concurrence
Qui sont vos concurrents directs? Quels sont leurs forces et faiblesses. Si vous pensez ne pas avoir de concurrent quels sont les produits qui pourrait indirectement jouer sur l’avenir de votre projet (substitution). Suivez les tendances et les innovations.

5. Avantage concurrentiel
Quelles sont vos forces et faiblesses? Que faites-vous mieux que votre concurrent? Comment vos clients le perçoivent-ils ou pourraient-ils le percevoir? Qu’en diriez-vous si vous deviez le mettre en un ou deux mots (tel un slogan).

6. Stratégie de promotion
Quels éléments marketing pouvez-vous utiliser pour promouvoir vos services ou votre produit? A quelle fréquence? Vous pouvez dresser un plan si vous craignez de ne pas tenir vos engagements quant à vos campagnes. La promotion est le nerf de la guerre pour se faire connaître et bâtir une nouvelle clientèle. Le professionnalisme le sérieux et la qualité permettent quant à eux de la fidéliser.

7. Réseau d’affaires
« Personne n’est une île ». Il est important de compter sur des pairs pour parler de vous, pour lier des partenariats, faire de la sous-traitance ou encore vous faire bénéficier d’information stratégiques. Le réseau d’affaires autant que la communauté de référence ne sont pas à négliger.

8. Cout de votre projet
Connaitre ce que votre projet coûte pour être mis en place est important. Cela vous donnera l’heure juste quant à votre réalisme et par rapport à sa faisabilité ou non. Il est possible de différer son exécution sur la base de paramètres tels le besoin en financement du projet, votre propre investissement, le financement réalisé à date, le fond de roulement nécessaire pour 3 ou 6 mois… Ces données sont nécessaires à un investisseur pour vous évaluer.

9. Prévisions de revenu

Sur la base d’hypothèses réalistes, (et si vous le pouvez : pessimiste et optimiste) faire la prévision de vos rentrées d’argents de façon simple pour déterminer un chiffre d’affaires moyen à annoncer aux investisseurs. Le premier calcul peut être fait avec chiffrier Excel dans un premier temps puis vous n’aurez qu’à retenir les valeurs clés.

10. Besoins urgents

Vous pouvez aussi avoir conscience de ce qu’il vous faut en premier pour vous lancer. Ce peut être un besoin logistique, un avocat pour établir les statuts de la personne morale, rencontrer un conseiller pour solliciter un prêt. La question à laquelle répondre est : par où commencer?

On le voit donc au bout de ces dix points à suivre de façon la plus sincère et simple possible, le stress du lancement diminue et on peut voir plus clair sur les priorités à adresser. L’esprit entrepreneurial s’acquiert avec l’expérience et une volonté d’apprentissage soutenue. Loin de la mise en pratique de l’essai-erreur classique, il convient de mesurer les risques, d’en prendre et de toujours tirer les enseignements qui s’imposent pour avoir une méthode d’affaires à soi. Cela garantit la diversité dans le bassin économique auquel nous appartenons tous.

Comment survivre à une activité de réseautage?

L’automne est la période par excellence des cocktails de rentrée où sont présentés les programmes et activités de l’année. Il est intéressant de profiter de ces évènements pour lancer habilement ses propres activités d’entrepreneurs et faire de nouveaux contacts à développer au cours de l’année. Voici quelques conseils, trucs et astuces voire simples rappels que j’ai trouvé utiles et qui vous permettront de survivre dans ces évènements où l’image est aussi importante que les messages que vous êtes venus recevoir ou transmettre.

1. Le plan de match
Avant toute chose il est bon de savoir à quelle activité vous devez participer. Le temps étant est élément précieux et l’énergie à consacrer à chacun de vos déplacements aussi, vous devez cibler les activités les plus en lien avec vos attentes d’entrepreneur. Les critères de choix pourraient être le lieu géographique ou le territoire concerné par l’activité, le thème de la soirée, la clientèle potentielle pouvant être rejointe. Évitez d’y aller en « freestyle » ou la fleur au fusil, vous risquez d’avoir de mauvaise surprise ou de vous retrouver être un intrus dans un groupe d’individu ayant les mêmes intérêts. Ayez aussi en tête ce que vous attendez de votre déplacement. Il vous sera plus facile d’écourter certaines discussions qui ne servent pas vos intérêts les plus urgents. Bien sûr on peut toujours rester agréable mais à quoi bon parler toute la soirée des droits d’importation du piment de Cayenne si vous souhaitez avoir des opportunités dans le domaine des technologies de l’information?

2. Les cartes d’affaires
Ceci est un outil très utile pour laisser une trace de votre passage ou pour garder en mémoire une personne avec qui on veut travailler. Certain les donnent systématiquement; bien sûr vous en avez imprimé 5000 et rêvez déjà du design de la prochaine carte. Il peut être agressif de donner une carte à quelqu’un qui a manifesté que peu d’intérêt pour ce que vous faites voire qui y est plutôt hostile. Laisser faire, n’en faites pas une question d’égo, vous en trouverez d’autres plus réceptifs. Ne donnez pas systématiquement une dizaine de carte à un seul interlocuteur. Il ou elle n’est pas votre agent de promotion. S’il ne vous en demande pas plusieurs veuillez respecter son choix peut être qu’il parlera de vous ou fera des références à votre travail en envoyant des courriels ou des liens vers votre site internet (très utile de nos jours et qui va souvent de pair avec une carte d’affaires). Enfin offrez la possibilité d’écrire des notes sur votre carte en la faisant sur le recto uniquement (ce qui est de plus en plus rare) ou en ne recourant pas au fini glacé. Si vous n’avez pas de carte d’affaires évitez le bout de papier, le napkin ou autres. Un téléphone intelligent peut prendre à présent toute sorte d’information et vous serez au moins sûr d’être déjà dans le carnet d’adresse de votre interlocuteur.

3. Le budget de l’activité
Il y a des règles non dites dans les invitations de ces évènements. Une entrée payante est souvent assortie d’un coupon de consommation. Une entrée gratuite implique parfois de payer une partie des rafraichissements. Voyez aussi le lieu de l’évènement : un bar ou un hôtel confirme souvent qu’il y aura des frais. Une salle polyvalente implique souvent un traiteur donc plus de liberté pour les rafraichissements. Toujours est-il qu’il faut prévoir un budget pour votre propre confort. Inutile de prévoir une batterie de justifications au fait que vous ne buvez rien ou ne mangez pas. L’image laissée peut mettre du temps à être corrigée. Le tacite et l’informel dans les rencontres vaut souvent 80 % de l’impression qui restera. Un cocktail au Ritz écrèmera d’autant plus la clientèle qu’un autre dans la salle municipale du village. Soyez prévoyant.

4. L’esprit au travail
J’ai été récemment surpris qu’un entrepreneur me dise qu’il venait à une activité de réseautage pour avoir du « fun ». Il y a tant d’autre soirée à thème pour avoir du « fun ». Un 5@7 ou un 6@8 est le prolongement de votre travail. On vient pour étendre son réseau, se mettre au courant de tendance, faire de la représentation, déceler des opportunités… Rien à voir avec un match des Canadiens entre amis. L’activité de réseautage est une activité corporative et l’esprit doit être au travail dans une ambiance plus décontracté je vous l’accorde. Mais ne vous laissez pas attendrir pas l’ambiance pour manquer de professionnalisme dans votre habillement ou votre attitude. Même une partie de golf ou une randonnée peut cacher du travail sous des allures de « fun ». Le monde des affaires est rempli de codes. Apprenez à les lire et à naviguer efficacement entre eux. Par exemple les poignées de main franches sont à privilégier à l’accolade sauf si vous connaissez la personne et qu’elle est disposée à poser ce geste de façon officielle dans ce type de rencontre.

5. Les techniques d’approche
Ne restez pas isolé dans votre coin un verre à la main toute la soirée ou assis l’air désespéré en vous disant que personnes ne vous aime ou que vous êtes victime d’une discrimination quelconque. Souriez et présentez-vous. Cela suffit. Vous pouvez enchainer sur ce que vous faites ou poser la question à la personne qui est en face de vous. Inutile d’être sophistiqué ou original. Il n’y a pas un prix en jeu. Vous pouvez aussi aborder un groupe. Vous vous mettez à la périphérie : « Désolé d’écouter aux portes mais j’ai saisi quelques brides de votre conversation je pense aussi que le budget est actuel est budget d’austérité ». Vous pouvez par la suite vous présenter. Si vous voulez passer par des blagues soyez sûr de votre coup. Ça passe ou ça casse. « Ne trouvez-vous pas les décisions sur les lois très couillues en ce moment non? ». A votre risque et péril. Personnellement je m’abstiendrai. Le charme d’un sourire suffit.

6. Avant de partir
Avant de partir vous pouvez remercier certains des organisateurs donner votre avis sur la soirée. Ils pourront s’améliorer et penseront à vous pour la prochaine invitation. N’oubliez pas de serrer les mains des interlocuteurs avec lesquels vous avez un début de collaboration. Laissez une impression positive avant de partir. Inutile de raser les murs. Si vous avez des contacts à faire ou à recevoir ou des idées plus claires sur certains points de votre plan de match, considérez que vous avez réussi votre soirée. N’oubliez pas de remercier ceux qui vous ont donné des informations. Ils seront plus enclins à faire de même dans le futur.

7. Après l’activité
Après l’activité tenez vos engagements de recontacter ou d’envoyer de l’information. Si on ne vous contact pas montrez-vous proactif et n’hésitez pas à relancer. Certains peuvent être très pris ou peuvent tout simplement oublier. Le suivi est donc impératif. Il est encore plus agréable de planifier une autre rencontre en tête à tête avec votre prospect ou contact si vous estimez que vous avez des intérêts communs à faire fructifier. S’il s’agit d’une personne du sexe opposé assurez-vous que de part et d’autre que la relation d’affaires est clairement inscrite dans les esprits. A cette étape vous les seuls à être témoins des échanges.

Il me reste plus qu’à vous souhaiter de bonnes activités de réseautage et du succès dans le déploiement de votre réseau d’affaires.

A la recherche des expertises…

La mondialisation a su mettre en compétition les acteurs économiques à divers degrés (spatial, sectoriel, culturel etc.) sans tenir compte des risques d’entropie et d’atteinte à l’équité. Avec l’économie de communauté qui, selon moi, englobe l’économie immigrante et plus précisément l’économie ethnique, le défi reste de faire valoir la performance et la capacité à produire de la richesse et de la valeur malgré le peu d’accès aux ressources. Loin de ne se reposer que sur les griefs de l’inégalité des chances au lancement des entreprises, il convient d’adopter une attitude constructive qui fait la promotion du résultat, du succès voire de l’accomplissement en affaires.

En effet, le fait de limiter les plaintes ouvre l’esprit sur un monde d’opportunité et fait passer le sentiment de l’état de victime à celui de conquérant. A ce titre, l’entrepreneur ethnique a la même responsabilité de l’efficacité économique (viabilité et durabilité) et du rendement que son homologue de l’économie de marché. Le premier réflexe se doit donc d’investir dans des outils et des stratégies à peu de frais. Compte tenu de la faiblesse des capitaux disponibles et mis en circulation dans l’économie ethnique, l’expertise bon marché devient un atout pour consolider le positionnement ethnique et aller à la conquête de reste du marché local, régional ou international.

Ainsi, le monde de l’Internet offre d’immense possibilité pour se bâtir une trousse d’outils de gestion faite des nombreux logiciels « open source », des sites de travailleurs autonome (Freelancer) à bas coût dont certains offrent une excellente gamme de services pour quelques dollars. Les logiciels, par exemple, permettent de s’affranchir de longues heures de programmation sur des chiffriers ou de tâches rébarbatives pour gérer les relations avec sa clientèle. Vous aurez beaucoup de plaisir à gérer votre budget, à envoyer vos devis et factures automatiquement, vos infolettres ou vos sondages en ayant la possibilité optimiser l’usage de votre base de données client pour une meilleure image de votre compagnie.

Contrairement à la tendance qui avait cours jusqu’à présent de tolérer que l’entrepreneur soit au four et au moulin dans les premiers moments de son lancement faute de moyen, le recours à l’aide externe permet de gagner en qualité et en rentabilité. La condition est alors de savoir clairement ce qu’on veut et de savoir administrer ces outils pour atteindre ces objectifs. Cela amène l’entrepreneur à s’intéresser à la stratégie. Ici aussi la présence sur le net de plusieurs sites d’experts, entrepreneurs ou professionnels, de tous les domaines qui publient des blogues permet de se faire une idée sur les tendances, les bons coups ou les mauvais coups de la gestion d’une entreprise.

La clé pour atteindre ces deux objectifs de maitrise des outils et des stratégies reste le temps. Celui à consacrer à la veille informationnelle, à l’auto-formation et à la prise de recul sur son activité. Sans doute que certains pourront croire qu’ils sont déjà suffisamment versés dans l’utilisation des ressources Internet ou qu’ils sont trop occupés par les opérations de l’entreprise pour remettre en cause leur mode de fonctionnement. Mon opinion n’en demeure pas moins d’intégrer de plus en plus d’outils professionnels et de stratégies qui font leur preuve ainsi que des heures d’affermissement personnel et de ses compétences pour prendre la place qui nous revient sur le marché qu’il soit ethnique ou pas. Nul ne peut faire l’économie d’expertises essentielles lorsque le nombre grandissant d’individus choisissant de se mettre à leur compte assure une offre de compétences à saisir et à valoriser dès maintenant.

Pourquoi produire de la qualité et non à la perfection

La question du choix entre le produit bien fait et celui parfait ne date pas d’hier. Une expression célèbre « le mieux est l’ennemi du bien » nous montre que la sagesse populaire a déjà eu à trancher sur ce débat. Pourtant il m’a semblé important de faire un court rappel aux entrepreneurs ethniques qui perdent beaucoup de temps, d’énergie et d’argent à aller au-delà de ce que leur clientèle peut percevoir comme de la qualité. En effet je poursuis mon idée de valorisation de cette dernière et de la performance pour « désenclaver » l’économie ethnique et tirer profit du potentiel d’Internet pour intégrer d’autres marchés à travers le monde.

Si on s’en tient à une psychologie de comptoir de bar, on peut dire que la tendance à la perfection vient paradoxalement d’un manque de confiance en soi qui aboutit à une exigence élevée dans l’image que l’on veut véhiculer à travers le fruit de son travail. Cela, vis à vis de soi et vis à vis de son environnement. L’impression que l’on attend toujours de nous la dernière performance du moment peut être lourde à porter à la longue et être source de stress et d’anxiété. Que dire de cette peur de réussir et de devoir recommencer un nouveau défi encore plus demandant et justifié par les succès passés. Dans un autre ordre d’idée on peut montrer du doigt la tendance à juger le travail des autres et à pointer leurs défauts. Cela finit par se retourner contre nous lorsque notre conscience à son tour applique la même mesure avec laquelle on a jaugé l’Autre. « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés » cet extrait de catéchisme prouve encore combien notre attitude déteint sur notre relation aux produits et services que nous offrons.

Bien sûr, dans un idéal philosophique, la qualité tant souhaitée doit venir de l’amour du métier ou que l’on a pour le projet que l’on porte. Cet amour doit tenir compte des limitations réelles qui contraignent le projet. Produire dans le temps, le budget et les spécifications initiales semble important. Quitte à faire une autre itération lorsqu’un budget de version supplémentaire est disponible. Il est bon d’être orienté résultat mais le véritable succès tient compte de la performance et cette dernière des ressources consommée pour produire votre produit ou service.

C’est en cela que vous distinguerez la perfection de la qualité. La première vous fatigue ou vous enivre et vous fait croire en la faible importance des contrainte et aux vertus illimitées du travail (trop) bien fait. La seconde est motivée par le désir de satisfaction du client et de respect des règles de l’art de votre métier. Chaque produit est une occasion pour vous de célébrer votre talent, de l’améliorer, d’apprendre et d’enrichir votre corps de métier. Rien à voir avec un besoin compulsif, narcissique ou issu de l’égo. Souvent la frontière entre les deux peut être faible compte tenu de certaines frustrations, attentes ou d’un trop grand attachement à voir un certain aboutissement à nos efforts.
Je finirais donc en donnant quelques balises pour s’auto-observer et voir si on ne s’enlise pas loin des solutions simples et informelles qui font tout l’attrait et l’intérêt de l’entrepreneuriat ethnique.

• Surveillez votre budget. Si un projet vous oblige à des sacrifices au-delà de vos capacités peut être que vous êtes proche de l’entêtement. Certains ratent 100 fois et réussissent la 101ième fois. D’autres testent et changent (pivot) si ça ne marche pas dès la première tentative. Soyez attentifs à votre environnement et à vos ressources. La sagesse est de s’arrêter à temps.
• Écoutez votre corps. La fatigue, le stress sont des indicateurs d’une obstination. Toute réussite implique des efforts mais il faut se préparer pour le long terme. Un produit parfait consomme souvent toute l’attention et retarde son lancement tant que l’égo n’a pas donné le go ou qu’il ne nous est pas imposé par un événement extérieur.
• Écoutez votre cœur. Que vous l’appeliez conscience, univers ou cœur, il y a une petite voix qui vous indique quand vous en faites trop. Généralement on résiste à cette vérité jusqu’à ce qu’elle s’impose à nous par un moyen ou un autre.
• Aimez ce que vous faites. Une occupation dans laquelle on investit et s’investit demande une certaine relation de proximité. Loin d’aller à la passion, un simple amour proche de la vocation allège l’exercice du métier au quotidien et rend clairvoyant.
En conclusion, vous êtes libre d’opter pour la perfection, l’essentiel est de l’assumer et d’avoir les moyens de votre politique. A défaut vous produirez de la qualité (sans tenir compte des contraintes de performance). Comme on dit « qui peut le plus, peut le moins ». Le plus important dans les deux cas est de se faire confiance et de fournir l’extrant dont la valeur est adaptée à ce qu’on peut supporter en termes d’efforts. C’est donc ne pas hésiter à prendre des risques mais sans présomption sur ses capacités. Mais ça c’est un autre débat. Santé!

SIMPLICITÉ

Comprendre l’accueil et l’integration de la main d’oeuvre immigrante au Québec

Voici une infographie qui décrit le cas le plus généralement observé de processus d’accueil et d’intégration (ou non) de la main d’oeuvre qualifiée immigrante au Québec. Le manque de réseau social est le principal déficit qui rend difficile l’accès au niveau social attendu plutôt que l’inadéquation au marché de l’emploi.

 

Comprendre l’accueil et l’integration de la diaspora de retour dans les terres mère

Voici une infographie qui décrit le cas le plus généralement observé de processus d’accueil et d’intégration (ou non) de la diaspora de retour sur les terres mère. L’inadéquation du profil au contexte socioéconomique et culturel local est le principal déficit qui rend difficile l’accès au niveau social attendu plutôt que faiblesse de pouvoir d’influence.

 

Comprendre le Systeme de Marche d’Integration

Voici une infographie qui présente un modèle devant faciliter l’intégration d’une communauté composée des membres de la diaspora et des couches populaires touchés par l’insuffisance de revenu. La pauvreté est plus une question d’un déficit d’intégration économique des individus plutôt qu’un manque de ressources. L’investissement dans les infrastructures, l’éducation, la santé, la justice etc. est du ressort des gouvernants mais des actions des acteurs eux-mêmes reste souhaitable. Notons qu’ici le renforcement de l’autonomie c’est “apprendre à apprendre” et “prendre les responsabilités” et non simplement “apprendre” comme c’est le cas dans le renforcement de capacités et le transfert de connaissance.

 

MODÉRATION

La mondialisation n’existe plus!

La mondialisation telle que nous l’avons connue a cessé d’exister depuis la perte plus que symbolique des deux tours et les crises qui s’en sont suivies. Dans un cycle évolutif, on est repassé d’une économie de marché à une économie de communautés (notamment ethniques, régionales, temporelles, virtuelles…) avec la spécificité que celles-ci sont plus interconnectées que dans le passé des concentrations. Les défis actuels des économies pour maintenir un niveau minimum de croissance et assurer un taux d’employabilité convenable amène à définir des alternatives pour certains couches de la population aux revenus insuffisants (et non à faible revenus. La nuance a sa valeur ici).

En effet, cette catégorie de ménage peut s’intégrer dans l’économie par des initiatives ou des projets d’affaires ethniques et représenter un segment non négligeable du PIB. Beaucoup peuvent être amené à se demander s’ils sont concernés par cette réalité et s’ils ont intérêt à y accorder leur attention. La cible de cette dynamique est donc les membres des diasporas vivant dans des pays « économiquement développés » et des membres natifs de ces pays voulant s’initier à une façon informelle de faire des affaires. Devenir entrepreneur(e) ethnique n’est qu’une question d’écosystème financier ou de barrière à l’emploi. Avec le boom des migrations pour raisons économiques beaucoup sont amenés à choisir cette voie. Le principe de solidarité entre entrepreneurs peut créer plus d’impact que la vision classique de mise en concurrence sur le marché. Jumeler des structures économiques tend à réguler les déséquilibres issus de la mondialisation. Nous verrons avec le temps comment nous adresser aux couches endogènes plus fortement impliquées dans l’économie informelle.

Voici une simple situation qui vous permettra de vous faire une idée sur la pertinence de cette dynamique pour votre situation : Vous recevez une aide sociale qui ne vous suffit pas et vous rencontrez une barrière à l’emploi du fait de votre profil professionnel inadapté vous souhaitez acquérir une indépendance financière le temps de consolider votre parcours d’intégration ou d’assise sociale. Vous avez un emploi régulier, êtes contraint de rester à la maison temporairement ou encore voulez améliorer vos revenus. Prendre un deuxième emploi ne vous convient pas. Depuis un certain moment vous vous demandez si vous ne devez pas commencer un simple commerce sur la base de talents que vous avez naturellement ou d’un choix du cœur quitte à en faire votre activité principale plus tard si ça marche bien. Il faut associer à ce désir une approche réaliste et professionnelle pour assurer ses chances de prospérer.

Plusieurs outils s’offrent à vous sachant que l’important n’est pas toujours de savoir écrire un bon plan d’affaires mais de maîtriser les éléments de son entreprise sur le bout des doigts pour rassurer voire convaincre un éventuel investisseur. L’économie informelle n’est pas l’économie souterraine, il vous faudra faire un choix fiscal à la fin de cette démarche en demandant conseil à votre comptable avant de vous lancer dans l’entrepreneuriat ethnique.
Êtes-vous prêts?

Le miroir

Je regarde mon miroir plein d’espoir. Je suis fils de la diaspora vivant dans la Cité. Je vis de mon entreprise ethnique pour le bien de ma communauté. L’emploi ne m’est pas permis ici et survivre ne m’est plus un loisir. Je rêve d’un retour sur la terre mère pour apporter ma contribution au nouvel essor de ma civilisation. Les saisons de froideur humaine dévoilent mon inconfort matériel. Je regarde dans mon miroir et que vois-je?

Je te vois, toi, souffrant tous les jours, aussi sans emploi luttant avec l’informel de l’économie et rêvant de partir trouver l’Éden ailleurs. La vie dans la terre des ancêtres est réservée à une élite privative de liberté et qui consomme sans partage les fruits de nos ressources communes. L’exil est la seule solution pour sortir de cette prison quitte à affronter d’autres types de barrières.

Je regarde dans le miroir et je nous vois. Entrepreneuriat ethnique ou économie informelle sont les choix dictés par l’air du temps. Une réflexion sans sens ni lumière; prison de résonnance et de raisonnement; écho de désillusion et d’évasion. Viendra le sentiment de la révolte pour réassigner la récolte aux ouvriers de la dernière heure.
Je regarde mon miroir plein d’espoir…

Les fonds du problème

Ne passons pas par quatre chemins ni ne prenons de gants pour parler du sujet de cet écrit. Il s’agit d’un problème épineux auquel est confronté plusieurs entrepreneurs ethniques aux situation personnelles parfois délicates : trouver les fonds nécessaires pour lancer une activité devant leur permettre d’acquérir une indépendance financière durable. L’offre de service offert par les institutions classiques fait intervenir une série de mesures et modalités devant ouvrir l’accès à un financement sous forme de prêts ou de bourses. L’étude des projets d’affaires se fait par des dossiers impliquant plusieurs documents techniques montrant la viabilité de l’initiative. Le plus célèbre d’entre eux et sans doute le plus célèbre et le plus limitant pour l’entrepreneuriat ethnique et informel est le plan d’affaires. Un autre aspect non négligeable est la note de crédit personnelle du promoteur du projet. Ces garanties administratives qui limitent la prise de risque de ce type d’investisseurs financés par les gouvernements est un frein, selon moi, au dynamisme de l’entrepreneuriat ethnique qui fait intervenir une façon d’être en affaires qui est plus informelle et veut donner une chance à ceux qui concourent à la cohorte des rejetés d’un système basé sur les prérequis immanents ou à l’héritage patrimonial endogène. Tout le monde ne prend pas le départ avec les mêmes chances et le protectionnisme en faveur des acteurs nationaux par des législations insidieuses est à dénoncer tant que les mains d’œuvres migrantes prennent le chemin de l’entrepreneuriat ethnique en réponse à ces barrières ou garantissent des services minimum à des communautés dans le besoin de repères économiques et culturels vitaux.

L’entrepreneur ethnique ne pouvant trouver les fonds de lancement par les modes de financement classiques encore moins vers l’épargne sur des revenus de salaires déclaré ou non doit s’adapter à son écosystème économique. Parmi les solutions que j’envisage pour résoudre ce dilemme, d’une part le micro financement à direction des diasporas et pas seulement des mini projets des terres mère qui offrent le confort d’un plus grand impact financier compte tenu des différences dans la force des devises locales et celles des pays des préteurs. D’autre part le crowdfunding, dont le principe est que beaucoup de petites contributions peuvent mener à obtenir la somme voulue par l’entrepreneur sans que les investisseurs aient l’impression de prendre un risque important, est une solution à développer pour offrir une gamme de site accessible aux acteurs ethniques. C’est deux solutions impliquent non seulement que les entrepreneurs ethniques osent les saisir avec réalisme et affichent leur projets d’affaires avec des offres intéressantes aux investisseurs (notamment dans le cas du crowdfunding) mais aussi que le public constitué de professionnels en emploi soit conscient des enjeux et sois engagé dans une dynamique de soutien au développement économique des communautés en acceptant de faire des contributions à des projets d’entreprise ethnique (small business) pour renforcer la présence, la solidarité voire la cohésion des communautés ethnique présente sous forme de diaspora dans les grandes cités accueillant les mains d’œuvres migrantes et ne pouvant pas toujours les absorber. L’action simple de donner son argent à des œuvres caritatives est appréciées pour le biens des plus démunis mais voir un autre mode de contribution dont le but est de donner une force économique à une communauté qui, sur la base de son Inc formel et informel, peut réinvestir dans l’aide social ou tout type d’actions de partage de revenus et de solidarité est un des sauts quantiques à opérer dans l’esprit des esprits de cette génération dans une saison de l’Humanité où la Richesse est accessible par un simple changement dans la façon d’être au Monde matériel et à la vie naturelle sur Terre : une nouvelle phase de l’évolution par l’économie.

« La solidarité et une nouvelle forme de sollicitation noble de l’entraide par l’offre de contreparties aux investissements, demande une évolution dans les esprits tant des entrepreneurs que des actifs professionnels au fort potentiel de contribution au développement économique des communautés ethniques »

Gestion de projets: de la science à l’inconscience…

La gestion de projet a fait une grande percée dans les modes de fonctionnement des entreprises tous secteurs confondus. A tel point qu’on peut se demander à juste titre si elle n’est pas en passe d’être victime de son succès. Une série de discussion avec des professionnels m’a récemment permis de me rendre compte des notions véhiculées et de la perception de cette science. J’ai encore le souvenir d’avoir peiné à distinguer la « gestion de projets » et la « gestion par projets » lors de ma courte formation à HEC Montréal et je me demande s’il ne se définit pas de plus en plus une « gestion pour projets ». Il semble, en effet, que loin de simplement s’atteler à l’exercice de la science gestion projets ou de définir des structures de production par livrables, on mette en pratique une série de principes et méthodes de la gestion traditionnelle pour faire avancer des projets. Il est sûr que des emprunts se font de part et d’autre de ces pôles de la gestion et que des zones grises existent. Cela n’empêche pas qu’il existe un ADN à la science gestion de projet qui est à la base d’un corps de connaissance qui a sa vie propre. Avec le développement du besoin des résultats de la science gestion de projet, il est possible qu’un déficit d’investissement en formation des utilisateurs (souvent sommaire) et d’habilitation des entreprises à recevoir adéquatement les apports théoriques et pratiques dont la rigueur est préférée au gros bon sens. La porte reste ouverte à une improvisation (« Freestyle ») d’approches de gestion qui ne sont pas remise en cause tant le produit ou le service sont livrés. Le « comment » est donc relégué à un plan moins important que le « pour ». Cette « gestion pour projets » s’inscrit donc en marge, et de façon plus informelle, des pratiques courantes et reconnues en offrant à un public plus large de participer à l’essor du monde des projets. Comme dit le parchemin « Ceux qui ne sont pas contre nous, sont pour nous. » A vous de voir dans quelle catégorie de pratique vous vous situez…

Conversion du consommateur. Faut-il contres faire ou pros mouvoir?

Il n’y a pas si longtemps, j’avais beaucoup de plaisir à écouter des morceaux de musiques d’artistes en vue dans les baladeurs et autres lecteurs de cassette. Puis ce fut au tour des CD et maintenant du téléchargement. L’usage de tous ces supports technologiques s’est accompagné de ce qu’il y a lieux d’appeler de la fraude ou tout simplement d’un contournement du système pour servir à bas coût le fruit du travail de ces professionnels. Que ce soit par contrefaçon, suppression de licence ou conversion de média, l’activité semble être au profit d’une couche de la population qui ne peut demeurer les laissé pour compte d’une économie à deux vitesses. Loin de créer des justiciers populaires, ce phénomène concoure soit à enrichir des personnes dotées de mauvaises intentions ou à appauvrir ceux qui fournissent l’effort. En tant qu’entrepreneur et surtout entrepreneur ethnique on est tenté de se demander si son portefeuille de produit permet de satisfaire tous les segments de marchés. Bien sûr certains diront qu’ils s’adressent à une niche et que leur différenciation est justement cette spécialisation. N’empêche que si le produit trouve un intérêt auprès d’un segment ignoré du positionnement initial du projet d’affaires, la machine de contournement rebelle risque une fois de plus de se mettre en route et la clientèle cible peut se convertir en clientèle rebelle si le coût d’acquisition du service ou du produit est moindre. La loyauté à ses limites. Comment alors promouvoir la correction dans l’attitude d’achat du consommateur? D’abord identifier tous les clients et partie prenantes du projet d’affaires (même si on choisit de se positionner sur une niche), ensuite créer une gamme de produits donnant à chacun un accès adapté à son portefeuille et à sa disposition à payer, enfin éduquer et encore éduquer en donnant l’information sur l’objectif du projet d’affaires, le pourquoi de l’importance des ventes pour atteindre cet objectif et convertir à sa promotion. La protection et la répression de la fraude me semble consommer plus d’énergie que l’effort d’éducation et de conversion d’un public qui se définira lui-même en communauté liées au projet d’affaires. C’est un là, un aspect du Share Wiser™ qui met le consommateur à la place du promoteur.

Faites place aux femmes!

Les progrès de l’affirmation de la femme dans nos sociétés ont créé une cohorte de femmes remarquables au parcours saisissant mais qui ne sont pas assez remarquées et présentes dans la mémoire collective comme leurs homologues hommes. Dans un échange avec une bloggeuse qui a pris cause et fait pour une meilleure représentation des femmes dans les sphères de décisions et le monde des affaires, je partageais mon sentiment que ces revendications circulaient trop souvent entre les femmes elles-mêmes qui, hélas, s’en gargarisait. Rassurez-vous mon propos ne sera pas théorique ni rhétorique encore moins technique. Il n’est que le résultat d’une observation d’un fait ignoré par les uns parce qu’ils ne se sentent pas concernés, et ressassé par les autres parce qu’elles agissent en victimes et non en acteur légitimes. Je promène mon regard contemplatif sur un déficit de circulation de l’information où le genre créé une barrière au « mais » sage.

Il me semble important de préciser un aspect d’une conception du monde : « la femme n’est pas l’égale de l’homme ». En effet, dans l’histoire de l’humanité on a traversé plusieurs stades de relation. De sa domination par l’homme, à son affirmation en tant que complément incontournable et au final vers son rôle primordial par rapport à l’homme. Ici il ne s’agit pas tant d’un phénomène sociologique ou ethnologique. Les sociétés matriarcales ou la distribution des rôles dans certaines espèces ne sont pas un fait nouveau. Ici il est question de rôle économique dans le cadre d’une évolution de l’humain vers l’acquisition de la richesse et d’une nouvelle identité. Le monde et la terre s’adaptent au fil du temps mais un semblant de tradition immuable et universelle demeure donc: « la femme n’est pas l’égale de l’homme ». Tous deux sont appelés à des missions différentes en fonction de leur potentiel, capacité et capital de vie. Ainsi la femme passe au premier plan d’une lutte d’adaptation de l’humanité aux réalités de la vie terrestre. Doit-on pour autant dire que la que la femme dominera l’homme? Sans doute, mais libre à vous de l’affirmer. Je me contente simplement d’insister sur les dispositions de la femme qui sont propices à notre essor commun (toutes civilisations confondues).

« La femme est le légal de l’homme » et elles font loi. Le but de cette affirmation n’est pas de jouer sur les mots et renforcer l’idée que la femme porte le « mais » sage. Je ne reviendrais pas non plus sur les caractéristiques du message qui a été énoncé dans un précédent article (« un rôle économique primordial pour la femme »). Je souhaite inviter à réfléchir sur les rapports entre les deux profils d’acteurs économiques, deux genres, deux sensibilités : l’homme et la femme, la force et le moteur. En tant que pionnier, l’homme a ouvert la voie à de nombreuses conceptions du monde et la femme lui a emboite le pas pour une gestion rigoureuse et éclairée du nouveau modèle. Avec l’avènement du règne par l’économie et du défi de la finance, à la femme revient la place de la conformité aux lois dans les décisions qui engagent la terre entière dans des crises ou des schismes. Son sens de la préservation autorise un optimisme sur l’avenir des sociétés dans le fait qu’elle s’oppose à la prise de risque inutile et favorise ainsi la constitution, la gestion et la transmission du patrimoine. L’adaptation sur les prochains marchés fluctuants du Monde doit mettre en action la force de l’homme en tant que valeur et accepter que son moteur féminin demeure retiré de ses côtes.

« Faites places aux femmes pour assurer une paix stable dans la lutte d’émancipation originelle de l’homme »

Financement d’entrepreneurs ethniques, entre désillusion et débrouillardise

Les crises économiques sont bien souvent l’occasion de restrictions sur les budgets et de réallocations des priorités gouvernementales. L’entrepreneuriat ethnique qui souffre déjà d’un déficit d’accès aux ressources se trouve encore plus pénalisé par la pénurie de fonds. Bien que la logique soit de favoriser les PME créatrices d’emploi, beaucoup d’entrepreneurs ethniques n’en sont qu’à l’étape du travail autonome et ne produisent qu’un revenu de subsistance insuffisant pour avoir un poids significatif dans la communauté d’affaires. Disons-le ouvertement la recherche de financement dans l’entrepreneuriat ethnique est un réel casse-tête et il en sera ainsi tant que la prise en compte de cette réalité entrepreneuriale ne sera pas effective. Pourtant l’image est séduisante de considérer un acteur économique travaillant à son propre compte comme un demandeur d’emploi en moins et surtout une potentielle source de création d’emploi. Là où le bât blesse, c’est que les nombreux écueils de l’immigration et des réalités de communautés culturelles installées depuis plus d’une génération renvoient un constant alarmants sur l’équité en matière de profil entrepreneurial. Côte de crédit au plus bas, famille nombreuse et outre-mer dont on est le garant financier, réalisme des idées, choix des projets, ambitions d’affirmation sur le marché et dans le temps, fort endettement etc. sont autant de facteurs qui alourdissement l’essor d’une couche de la population des grandes Cités. Que faire alors? Déjà s’armer de patience et faire preuve d’initiative et de débrouillardise. Garder en tête qu’il faut trouver ces fonds à tout prix pour pouvoir se lancer (en restant dans le licite bien sûr). Plusieurs solutions peuvent être envisagées. Mon expérience ne m’a pas montré un réel engouement pour les projets d’entrepreneuriat ethnique sur les sites de crowdfunding classiques et les organismes et institutions peinent à être flexible dans leur sélection. Cela est sans doute dû à la nature même des projets. S’orienter vers du micro financement ou du financement communautaire lorsque ceux-ci sont disponibles et quand la note de crédit ne pénalise pas trop le dossier soumis reste une des voies les plus prisées. La levée de fonds auprès des proches est encore souhaitable dans les cultures où la solidarité est de mise mais en tant qu’entrepreneur il est bon de savoir que ce mode de financement reste privilégié et demeure une solution qui, pour perdurer, doit s’appuyer sur la capacité de l’emprunteur à rembourser après un certain temps pour permettre à d’autre d’en bénéficier. Critères importants cependant se limiter à des montant faibles pour baisser le risque pris par le créancier et prendre en compte que lui-même vit la même réalité de crise que vous mais à un niveau d’épargne différent. Pour les laissés pour comptes de la solidarité ou les cœurs indépendants, vous pouvez d’ores et déjà souhaiter la bienvenue à votre vieille bête noire : l’emploi. Oui retour à la case départ. L’idée est d’épargner pour investir dans son projet d’affaires voire de partager son temps de travail entre un salaire à temps partiel et un revenu d’affaires. Le commun des mortels vous dira que le transfert de temps se fera progressivement mais sachez qu’on a qu’une vie et qu’on ne peut se soustraire au poids de la norme sociale. Pas besoin de faire des sacrifices pendant une partie de sa vie pour vivre son rêve d’entrepreneur un peu plus tard lorsque les fenêtres d’opportunité ne sont plus d’actualité ou que le cœur n’y est plus (phase de résignation). Être entrepreneur ethnique, c’est avant tout être entrepreneur comme les autres mais avec plus de défis à relever pour y arriver. Cette ère est celle des pionniers de cette réalité qui posent les marques pour que cette vocation soit reconnue dans l’esprit des communautés culturelles (même si on aura toujours besoin d’avocats, médecins, enseignant, infirmières etc.). Cette ère est aussi le temps pour une certaine génération de s’affirmer économiquement en tenant compte d’un vieux paradigme : « il faut du temps pour être riche »; simple conseil de génération Y, à bon entendeur…

Les 4 E ou le mix de l’entrepreneuriat ethnique

L’entrepreneuriat ethnique est un phénomène lié à l’immigration et à la vie dans les grandes cités et métropoles des pays industrialisés. Il nait de différentes barrières d’intégration de la main d’œuvre qualifiée issue des communautés culturelles venues renforcer le bassin économique dont les individus sont en vieillissement ou en effectif insuffisant pour combler les besoins en production et les exigences de croissance.

Il a été beaucoup question, jusqu’ici dans notre blog, de sensibiliser les communautés et de préparer ceux qui sont les premiers acteurs de cette nouvelle dynamique qui met en jeu une diaspora de la connaissance face à un défi entrepreneurial. Aujourd’hui nous souhaitons structurer la démarche de l’entrepreneuriat ethnique sur le modèle du mix marketing enseigné, avec quelques variations, dans la plupart des écoles de gestion.

Pour bon nombre d’activité économique voire financière, la prise de risque est l’élément déterminant et discriminant qui intervient dans le rayonnement des réussites des entreprises. Pour beaucoup la précaution essentielle passe par une diversification d’un portefeuille d’actifs ou d’activités. Cette diversification s’oppose à une logique de spécialisation et de position dominante sur une niche de marché. Chacun étant libre d’adapter son positionnement aux réalités de son marché. En ce qui nous concerne, l’objectif principal est à la fois de réduire l’effet des barrières à l’intégration et de maximiser la création de patrimoine par l’optimisation du profil de l’entrepreneur ethnique. Ainsi, ce mix d’entrepreneuriat ethnique passe par 4 E: Emploi, E-Commerce, Entreprise et Expertise (ou personal branding).

L’Emploi

L’un des principaux écueils à l’essor d’une économie informelle stable est la situation d’urgence financière que rencontrent les entrepreneurs ethniques. Rappelons-le les barrières à l’emploi dans le domaine d’expertise puis la difficulté d’accès aux ressources financières pour financer le lancement d’une activité grèvent la démarche d’intégration. Il faut alors parer au plus urgent tout en gardant l’esprit clair sur son objectif de carrière voire même d’intégration. On choisit alors de travailler par transfert de ses compétences ou aptitudes aux tâches requises. Le but ultime de l’élément emploi est ici de générer un revenu à réinvestir dans son activité économique une fois les charges domestiques honorées. Qu’on ne se méprenne pas non plus. Il n’est pas question de ranger son ambition par confort ou résignation. C’est une source de revenu qui doit servir de tremplin pour son entreprise ethnique.

E-Commerce

Face aux potentialités du Web 2.0, l’E-Commerce est un moyen utile pour diversifier son portefeuille d’activité. Il permet de démultiplier les occasions de ventes pendant le temps de travail ou de présence en entreprise. Il demande cependant une logistique minimum pour l’acheminement des produits et la gestion de la relation avec la clientèle. La possibilité de gérer des ventes depuis un appareil mobile améliore le rendement du traitement des commandes ou la possibilité de faire de la promotion dans les communautés virtuelles et autres sites à grand trafic. Le fait d’avoir une option de vente de produit rend son portefeuille d’activité plus tangible et moins risqué si la gestion des stocks s’opère dans les règles de l’art. Quelques exemples d’e-commerce : vente de produits personnalisés, virtuels ou en forte demande. Sachez choisir ceux pour lesquels vous ajoutez de la valeur. N’hésitez donc pas à ouvrir une vitrine sur ce boulevard achalandé qu’est le Web 2.0 et surtout ne négligez pas votre promotion.

Entreprise

C’est le cœur de votre engagement en tant qu’entrepreneur ethnique. Elle est celle qui vous permet de viser un développement régulier soit, afin de retrouver l’entrepreneuriat classique une fois l’activité « auto-sustentée », soit de justifier un retour à une situation d’emploi avec l’expérience d’année de travail autonome. Ce dernier cas est souvent avéré pour les entreprises de services. Quoi qu’il en soit votre entreprise doit avoir un lien avec votre domaine de compétence ou ce pourquoi vous créez facilement de la valeur. Il se peut aussi, nous l’avons vu, que le recours à l’entrepreneuriat ethnique soit une conséquence de l’offre financière et que le désir soit réellement de se lancer dans l’entrepreneuriat classique. L’entreprise ethnique prend alors une dimension temporelle. Dernier point, le service à la communauté. Votre produit ou service peut se révéler nécessaire à la vie des membres d’une communauté. Votre choix de reconversion doit, idéalement, en tenir compte afin que le patrimoine communautaire ne puisse pas, être lésé.

Expertise

Soyez le fer de lance de votre domaine et n’hésitez pas être actif dans votre milieu professionnel ou communautaire. Le personal branding est de nos jours aussi essentiel pour un entrepreneur qu’une carte d’affaires. Alors faites parler de vous et contribuez à animer la vie de votre communauté. C’est un investissement qui paye lors de la reconversion vers l’entrepreneuriat classique ou le retour à la vie professionnelle. Même pour ceux qui demeurent dans l’économie de communauté, le bouche à oreille sur votre travail et sa qualité sont source d’opportunités et d’élargissement de la clientèle.

On le voit donc ce que nous définissons comme le mix de l’entrepreneuriat ethnique est un réel défi qui implique une bonne gestion du temps et des ressources financières. En effet quel pourcentage de son temps accorder à l’Emploi en lieu et place d’une présence physique dans son entreprise? Quel budget allouer aux dépenses de la famille et aux expéditions du E-Commerce et aux charges d’entreprises? Quelle place accorder à la participation des conjoints?

Sortir de l’insuffisance de revenu par l’entrepreneuriat ethnique nécessite des efforts que les 4 E viennent structurer quelque peu. Notre réflexion se poursuit cependant. Une chose semble certaines il ne pourrait y avoir de statu quo durable à la perte de compétences importées et aux besoins insatisfaits des communautés en cours d’intégration. Les modèles économiques classiques ne peuvent trouver solution à toutes les réalités de cette ère et l’alternative à la répartition problématique des revenus détenus par une minorité est sans doute la création de richesse par les couches populaires.

Engagez-vous!

Non, il ne s’agit pas d’un slogan pour rejoindre les forces armées, du moins, pas celles qui luttent pour défendre la patrie. Ici il s’agit de s’engager dans un style de vie qui pourrait changer le paysage économique des Cités des pays industrialisés. Vous le savez déjà nous croyons que les méthodes informelles issues des pays émergents sont à valoriser et à mettre en œuvre pour accompagner « le vieillissement » des économies classiques et les crises associées. Une question de modèle à renouveler. Les pays émergents pourraient apprendre des lourds écueils de ces économies pour renforcer leur lien naturel avec une voie traditionnelle et conforme au vécu ainsi qu’à la culture profonde des populations. La pauvreté, tant médiatisée, dépends du regard qu’on y porte. Il est des villages reculés qui vivent sans grand accès aux ressources modernes et qui pourtant subsistent. L’impression que l’on a du manque de confort habituel n’est pas forcément synonyme de pauvreté. Il y a le minimum vital réel à mettre à disposition des populations et il y a l’excès dans cette tendance unilatérale à voir en victimes ceux qui n’ont pas le même niveau de consommation que le nôtre. En ont-ils vraiment besoin?

Engagez-vous! C’est une invitation à voir dans le modèle de vie des pays émergents un modèle pour ceux industrialisés: Un salaire issu d’une carrière professionnelle qui finance un commerce informel géré en votre nom par un tiers de votre communauté qui y trouve aussi une source de revenu substantielle. Le recours à l’aide sociale n’étant qu’une solution temporaire dans le meilleur des cas. Autre initiative possible, le temps réparti entre un travail rémunéré à temps partiel et une activité d’affaires aussi à temps partiel. Le choix de conjoints voulant à la fois assurer le paiement des charges de vie par l’un, et le risque entrepreneurial et la prise en charge de certains membres de la famille par l’autre. Autant de situations familières des communautés des pays émergent qui vivent en diaspora dans les Cités et qui souvent oublient non seulement de transférer leur style de vie dans leur nouvel écosystème mais aussi d’enrichir ce dernier en initiant les populations homologues aux bonnes pratiques de l’entrepreneuriat ethnique ou de l’économie informelle. Une question de modèle à affirmer.

La conjoncture économique actuelle, et les effets des crises, appellent à des changements profonds dans les façons de voir le monde. Les sud pourraient prendre une part active à rendre plus tangible et harmoniser la finance mondiale par la promotion d’attitudes qui ont accompagné la simple survie au quotidien mais qui seraient des atouts pour le développement durable de la planète.

Engagez-vous!

« Les modèles économiques actuels sont appelés à changer pour inclure l’apport informel et traditionnel des sud. Ceci pour créer un œcoumène où l’insuffisance de revenu disparait non seulement par le partage mais aussi par la création de richesse et de valeur de la part des couches populaires. Une vision à long terme dont les graines doivent germer dès à présent pour offrir de l’espoir »

L’Attitude fait la différence

J’ai eu récemment la chance de participer au jury de sélection d’un concours pour entrepreneurs. Lors de la lecture des formulaires j’ai eu diverses sensations selon que le candidat mettait de l’ardeur ou non dans ses propos, que son idée avait du potentiel ou non ou encore que ses prévisions financières étaient prometteuses. Le plus intéressant de l’histoire a été de rencontrer certains d’entre eux plus tard dans l’anonymat de mon rôle. Ce qui m’a frappé était la relative fidélité des profils et des projets à quelques exemptions près. L’aspect vestimentaire, la foi dans la parole, la façon de se présenter, l’image dégagée, n’étaient que le reflet de ce que j’avais lu quelques jours auparavant. Qu’on y croie ou pas notre attitude vis-à-vis de notre projet influence toutes les actions que nous entreprenons pour le développer. « Chaque projet est important et l’entrepreneur est un portant » ai-je coutume de dire. Le contenu à sa valeur mais l’englobant parle encore plus. Il est bon d’adhérer complètement à ce que l’on veut réaliser. Cette sorte de foi dans « une spiritualité d’entrepreneur » peut faire des miracles car nul ne peut rester indifférent à quelqu’un dont les yeux brillent de passion pour la mission de son entreprise et la vision qui l’anime. L’intérêt nait par simple empathie. Bien sûr j’ai vu en certains un déficit de connaissances dans le savoir être et le savoir-faire en affaires mais cela peut se corriger avec le temps et un peu de volonté. C’est le sens de mon engagement et notre communauté change à son rythme sous l’effet des conjonctures économiques (crises ou essors). Il appartient toutefois à l’entrepreneur lui-même de décider de ce qu’il fait de la graine en lui, cette vie de conditionnement qu’il chérit tant. Il faudra sans doute avoir une justification de revenu (c’est toujours utile pour un crédit ou un simple déménagement) passer par des emplois; être un peu infidèle. Mais pour obtenir des résultats il faudra surtout aligner son projet personnel de vie avec la vie de son projet d’affaires. C’est le défi et comme dirait un certain maître spirituel « si le grain ne meurt… »

Croire et commencer petit

La notion de communauté m’est très chère car c’est en elle que je trouve l’élément essentiel d’une affirmation économique de la force informelle et ethnique. Inutile de rappeler que cette communauté se doit d’œuvrer à développer et maintenir son patrimoine et sa fierté. Force est de constater, hélas, que la vie des quelques réussite commerciales voire fleurons n’est pas assurée après la disparition des initiateurs de ces entreprises. Le problème de la relève n’est pas seulement un fait ethnique mais touche aussi les PME québécoises dont 10,000 seraient menacées notamment dans le domaine agricole (source chambre de commerce de Montréal). Les raisons de ce manque de relèves sont diverses et nul n’est à blâmer sur ce plan. Les différentes générations peuvent ne pas partager les mêmes ambitions pour l’entrepreneuriat ni même les domaines dans lesquels investir. Ainsi, les entreprises familiales se font de plus en plus rares ou leur durée tend à se limiter dans le temps. La solution qui vient à l’esprit lorsque l’on veut sauvegarder de telles institutions est l’ouverture de capital à des investisseurs externe pour assurer le transfert de la gestion à un tiers tout en gardant un contrôle permettant de maintenir la vision de l’entreprise dans le sillage de l’initiateur. Idéalement Ce dernier devrait pouvoir se retirer assez tôt pour observer la direction que prend la gestion de l’entreprise en apportant de petite correction s’il demeure membre du conseil d’administration pendant une période de transition.

Pour moi le problème de la pérennité de l’entreprise ethnique ne se pose pas tant au moment de la relève mais dès les moments de son lancement. En effet, face aux énormes défis que rencontrent l’entrepreneur ethnique pour avoir accès aux ressources nécessaires au déploiement de son projet, plusieurs années peuvent passer sans que la moindre action commerciale ne soient entreprise. On se contente d’aller de déception en déception dans la quête de financement en mettant indéfiniment à jour le précieux plan d’affaires et en édulcorant peu à peu l’idée initiale pour faire patte blanche aux investisseurs, suivre les tendances du marché etc. Pendant ce temps on se confronte aux incessantes sollicitations de notre environnement de vie : factures, loyers, paniers repas etc. Le fait est qu’à suivre cette voie de lancement on perd peu à peu la possibilité de vivre toutes les phases de vie de son projet et d’y intéresser de potentiels repreneurs tant il aura été uniquement question du maintien de l’entreprise dans sa phase de vie individuelle sans possibilité de la développer en une raison morale et intégrer de nouveaux effectifs.

En réponse à ce déficit de stratégie à long terme je propose une démarche en quatre temps : Croire, fédérer, prospérer et partager. Nous y reviendrons ultérieurement. La première étape est de croire en son projet d’affaires (qui a une vie en soi) et de commencer petit à petit à le développer. Le plus simplement du monde. Cela permet d’acquérir des informations sur la réalité de notre marché et de faire des correctifs à mesures que le projet évolue. Par exemple, on peut imaginer qu’une famille souhaite ouvrir un café dans une zone résidentielle mais n’a ni le temps pour s’y consacrer ni les moyens de payer un gérant. Le recours à l’économie sociale et à la coopérative pourrait permettre au projet de voir le jour avec des associés qui participerait aux risques de l’établissement qui débuterait avec un local dont les frais serait répartit par adhérents et la gestion confié à l’un d’entre eux. Il en est de même pour un projet ambitieux d’incubateur dont la forme la plus simple pour débuter serait la colocation d’un espace sous forme de coopérative ou autre.

On le voit donc la difficulté de relève dans le cas des entreprises ethniques n’est souvent que l’aboutissement d’un délai au lancement puis à l’évolution de la forme individuelle vers la raison morale du projet d’affaires. Ce processus permet normalement à la structure de trouver au fil des années des partenaires qui peuvent s’intéresser puis être intégrés à la gestion et garantir ainsi la pérennité du patrimoine d’une communauté culturelle sous sa forme de Diaspora ou de Nation. Il convient donc d’apprendre à commencer petit et progresser (par adaptations aux contraintes et opportunités) dans le développement de l’initiative économique sans attendre que celle-ci ne revête d’abord le profil idéal de l’entreprise modèle.

« Croire en son projet d’affaire, c’est accepter de le porter quelque soit l’état d’avancement de son propre projet de vie »

Le sommeil des Lions

Il y a quelques années il était courant de parler de dragons en matière de pays (du sud est asiatique notamment) à fort taux de croissance et par extension des fleurons qui assuraient cette réussite. J’utilise cette métaphore aujourd’hui et je la mets au gout du jour des réalités africaines pour parler d’un phénomène courant dans les diasporas : la mise en sommeil d’entreprises ethniques.

Le cas est fréquent.

Miné par les contraintes financières à l’issu de son immigration ou de ses études, on met l’emphase sur la recherche d’emploi dans un premier temps. Puis lorsque cette ressource demeure inaccessible on se retourne vers l’entrepreneuriat pour vivre l’espoir de l’autonomie financière. Cela se fait donc dans l’urgence et sans réelle vocation ni préparation. C’est la première cause de ce qui va entrainer une baisse de motivation ultérieure.

La vie d’entrepreneur est marquée par d’innombrables obstacles qui demandent soit une grande abnégation soit un moral à toute épreuve. Les barrières classiques à l’entrepreneuriat ethnique que sont le faible accès au financement viennent s’ajouter à une idée de départ qui n’a pas assez tenu compte des réalités du terrain. Le manque de réalisme initial est le deuxième facteur de mise en sommeil d’une activité commerciale.

Tout au long du processus qui vise à s’établir en tant qu’entrepreneur à part entière, on reste en contact avec le monde professionnel et les opportunités que l’on pourrait saisir. On lorgne voire postule en parallèle pour laisser le destin choisir pour nous. N’ayant pas un intérêt marqué pour le métier d’entrepreneurs certains décident d’arrêter leur rêve une fois qu’une ouverture se crée au niveau de l’emploi. Après tout pourquoi avoir tant étudié pour finir entrepreneur? Ou encore combien de temps faudra-t-il patienter pour être suffisamment stable pour se permettre l’hypothèque tant rêvé? Cette fois-ci c’est, je le pense, le manque d’engagement et de vision qui est à blâmer.

Enfin, ceux qui ont la ferme détermination d’entreprendre, lorsqu’ils se lancent, buttent aussi sur des moments de soudure (« sous durs ») très éprouvant entre deux contrats. Le recours à divers produits de crédit fait prendre des risques importants et mènent à long terme à la case départ du marché de l’emploi pour effacer l’ardoise. C’est ici la contrainte du terrain qui est à montrer du doigt.

Que faire alors?

Rien! Déçu? Cela peut en effet vu comme un processus de sélection naturel où seuls les plus motivés et besogneux arrivent au succès. On a en effet un nombre important d’intention d’entreprendre, puis un nombre de création d’entreprise moindre, puis moins d’entreprises qui tiennent un an ou même trois etc. Certains analystes se servent alors de ces chiffres pour se questionner sur la capacité des communautés noires (les autres étant mieux loties du fait de leur solidarité) à montrer une ferme culture des affaires. Pour ma part je pense qu’il est possible d’améliorer ces chiffres et de réveiller ces Lions dont a besoin dans la communauté noire. Il me semble clair que cette communauté doit se résoudre inexorablement à faire preuve de réalisme et gagner en professionnalisme (on y reviendra). L’informel est notre force mais celle-ci peut être décuplée en codifiant certains aspects de nos pratiques naturelles.

Des solutions?

Il n’est pas honteux de recourir à l’emploi en tant qu’entrepreneur ethnique c’est la source de financement la plus simple lorsqu’on sait faire des économies. Le défi sera de garder une activité à la structure crée. Par exemple travailler dans son projet d’affaires les soirs ou le week-end pour continuer de croitre son portfolio. Autres solutions les prestations ponctuelles qui permettent de cibler certains clients et d’avoir un impact important lorsqu’on optimise la visibilité de chacune de nos actions. En somme capitalisez en efficacité par des contrats à grands impacts lorsque vous ne pouvez pas avoir d’activité régulière. C’est donc concentrer les gains et la visibilité qui permettra à votre Lion de rester menaçant et de rugir un jour lorsque vous serez prêt à régner sur votre partie de savane…

Se vendre ou promouvoir sa communauté?

Le monde des affaires est influencé par des tendances qui font que les plus à l’écoute peuvent assez vite prendre leurs marques pour se positionner sur un marché. Certains sont des précurseurs et d’autres prennent le train en marche jusqu’à l’essoufflement du modèle. Parmi ces tendances, le branding personnel a pris des proportions considérables auprès des entrepreneurs. Chacun y va de son ingéniosité pour gagner en visibilité (que voit-on réellement de vous?) et se vendre pour supposément mieux vendre. Les outils ne manquent pas pour accompagner cette stratégie. Outre les nombreux blogues, pages personnelles, capsules etc., les post sont autant d’occasion de se positionner et d’espérer un « like » au même titre qu’une grâce divine. Le phénomène n’est pas condamnable en soi. C’est une manière comme une autre de communiquer et de s’affirmer.

Là où le bât blesse, ce sont les effets induits sur l’individu et l’écosystème. Non seulement l’accès aux outils est facile mais encore « l’empowerment » de l’entrepreneur agit de sorte à lever la retenue et faire croire que tout est possible à tous; le seul sacrifice étant de mettre des efforts et d’oser; on s’arrangera pour la crédibilité. Personnellement je me méfie de « l’empowerment » et aurait tendance à privilégier une recherche de soi (si ce n’est une initiation plus traditionnelle) pour savoir ce pour quoi on est venu sur terre et s’y investir pour son propre accomplissement. Certes « l’empowerment » galvanise mais il créé un certain nombre d’initiatives qui auront tendance à « polluer » l’écosystème jusqu’à temps qu’elles vivent leur moment de vérité et disparaissent. En effet ces personnages bâtis au cours des actions de communication ne reposent le plus souvent sur rien de solide et ont besoin d’être constamment alimentées et régénérées. On est loin d’un modèle d’épanouissement naturel basé sur la découverte, l’apprentissage et la maturation de son projet de vie. Je pourrais continuer ainsi et avec ces dualités et opposer encore la satisfaction de l’égo (et ses reflets dans l’image) à l’authenticité d’une identité équilibrée et assumée.

Il serait irresponsable de juste tirer à boulet rouge sur le banding personnel sans envisager d’alternative simple et juste risquer de paraitre aigri ou frustré dans mon propos. Bien sûr, j’aurais tendance à prêcher pour ma propre église mais je l’assume. Il m’a été permis de faire un certain nombre d’observations depuis que je suis au contact des membres de ma diaspora et de nombreux entrepreneurs ethniques ou non. J’ai pu ainsi constater la force de l’esprit de communauté mais aussi le besoin que celle-ci a en matière de représentation et de prise en charge. J’ai coutume de dire que les entrepreneurs ethniques sont des soldats d’élites ou simples ambassadeurs de leur communauté sur l’échiquier local ou internationnal. Tout ceci m’a amené à définir un modèle de positionnement qui inclut une cause communautaire à promouvoir dans son métier d’entrepreneur. Ce modèle fait intervenir 5 paramètres (le profil; le message, la mission, la cause, la relève) que j’ai introduit dans mon premier guide (« Une entreprise ethnique en 40 heures »).

Promouvoir une cause communautaire dans le cadre de l’exercice de son métier d’entrepreneur n’est en rien limitant. Cela permet non seulement d’exercer son leadership mais aussi de s’affirmer au même titre que le branding personnel avec l’avantage de pouvoir y fédérer d’autres acteurs économiques et de concourir plus efficacement au résultat. On a plus l’habitude de voir des grands groupes faire part de leur engagement sur la responsabilité sociale et environnementale mais à l’échelle des entreprises individuelles et ethniques l’impact serait tout aussi probant avec l’effet de masse. L’affrontement doctrinal au niveau politique est tout au plus nuancé de nos jours. Les équipes qui se succèdent montrent généralement peu de rupture dans la gestion malgré le clivage gauche droite. Le jeu stratégique s’opère plus sur le terrain économique et il est pour moi essentiel de demander aux acteurs qui détiennent ce pouvoir par l’entrepreneuriat de faire une place aux causes communautaires. Ces dernières ne manquent pas (pauvreté, équité homme-femme, intégration de minorités, partage de richesses etc.) et ne peuvent dépendre que du bon vouloir du monde politique quand le secteur des affaires peut agir concrètement et instituer des dynamiques qui à elles seules peuvent changer la vie des citoyens.

Notre ère est en demande de leaders simples, sensibles à ces réalités et désirant y apporter leur contribution et non de simples idoles à admirer pour leur réussite socioprofessionnelle. C’est sûr que ce n’est qu’un point de vue qui laisse la liberté à chacun de choisir entre le branding personnel et la promotion d’une cause communautaire. Les deux volets de mon propre positionnement ont été l’identité ethnique (l’affirmation fière de son sentiment marginal) et le développement économique (la lutte pour la suffisance de revenu par l’entrepreneuriat ethnique.) à travers un simple Rappel « Chaque Homme est important aux yeux de Dieu ». Ce sont mes raisons de croire, fédérer, prospérer et partager.

Je finirai en rendant hommage à un avocat de formation qui a endossé la cause de sa communauté et dont la promotion l’a amené à sacrifier sa liberté pendant une longue période de sa vie mais dont le destin s’est avéré être grandiose après des années de luttes dans l’humilité et la détermination… Il suffit d’un rien de vision pour commencer un tel parcours et les entrepreneurs ont la capacité de relever de tels défis et d’apporter le changement attendu cruellement par l’humanité.

Si l’Afrique ne s’éveille pas, le Monde tremblera…

L’Afrique s’apprête à franchir le seuil du milliard et demi d’habitants et sa population sera essentiellement constituée de jeunes de moins de 20 ans. Si les infrastructures disponibles ne permettent pas d’assurer à cette génération un minimum d’éducation, l’accès à des soins de santé publique et surtout un marché de l’emploi performant leur permettant de puiser une source de revenu stable, nous serons alors assis sur une bombe à retardement qui concernera le monde entier. Un « boom! » menaçant qui ne concernera pas une forte croissance des naissances mais bien l’inverse une catastrophe sociale où la mort recrutera son armée parmi cette génération. On note déjà l’instabilité crée par la récupération par des groupes d’influence géopolitiques de ces jeunes dans des troubles qui frappent les régions les plus riches en ressources et pauvres en matière de niveau de vie. Donner des débouchés à ces jeunes c’est réduire l’influence des systèmes pernicieux ou mafieux; impériaux (voire condescendant) ou vénaux.

En effet, compte tenu des intrications des gouvernements locaux il est mieux que l’effort d’affirmation vienne d’acteurs économiques indépendants qui œuvrent avec leurs propres moyens. Nul n’a plus intérêt à voir cette jeunesse sortir de cette ornière de désespoir qui les pousse à la violence que l’Africain lui-même et cet effort d’affirmation doit être le fruit d’une intense contribution de la diaspora africaine. L’idée générale de la portée du mouvement et de la dynamique qu’on souhaite imprimer à la présente génération d’acteurs économiques des communautés culturelles, est de se donner une alternative de fonctionnement sous forme de modèle conceptuel aux entrepreneurs ethniques des diasporas et leur permettre de créer un patrimoine personnel et communautaire afin d’envisager de créer des emplois et des débouchés dans leur régions d’origine en général et en Terre d’Afrique en particulier.

Ces initiatives visant ces jeunes doivent se faire par le truchement des moyens technologiques tels Internet et la téléphonie mobile. L’impact sur le commerce informel n’en sera pas négligeable non plus, en ce sens qu’il renforcera sa structure et offrira à l’économie mondiale un apport identifié et identitaire de ces régions à travers la créativité (pour les produits) et la transversalité des compétences (pour les services). Cet apport tire sa source des qualités d’abnégation, d’authenticité et de simplicité de ces peuples très divers. En effet l’Homme africain est doué pour apprendre des autres pour en faire un usage professionnel et personnel parfois au détriment de sa propre culture ou héritage.

C’est donc la performance économique des entrepreneurs ethniques qui doit être source de paie et de paix pour la terre économique dont ils sont issus. Ils sont au cœur d’un nouveau Rappel sur la non prise en compte des marginalités et du concours pour la suffisance de revenu : « Chaque Homme est important aux yeux de Dieu ». Le moment est donc venu d’enrayer, jusqu’à sa disparition, un système de domination qui subsiste à travers les âges et d’ouvrir la perspective d’espoir que les générations futures de jeunes pourront vivre un nouvel âge d’or de l’économie africaine sous l’égide des dieux et de Dieu.

Pourquoi tester votre projet d’affaires par un concours

Chaque année, le calendrier de la communauté d’affaires de la région de Montréal prévoit un certain nombre d’activités récurrentes ou saisonnières. Ainsi, plusieurs concours ou compétition d’affaires donnent l’occasion aux entrepreneurs en recherche de financement de se mesurer entre eux pour obtenir de nombreux prix notamment des bourses, des services d’accompagnement et des investissements pour lancer ou consolider leurs projets. Bien que l’essentiel de la démarche soit de gagner, il n’est pas inutile d’y participer pleinement pour l’exercice de faire la synthèse de son idée, savoir la vendre en un court exposé ou maitriser les aspects financiers auxquels seront sensibles les investisseurs potentiels. Le tout est de se donner le cœur à la tâche de rassembler les données éparses et souvent tacites de son projet pour rédiger un document compréhensible et courir la chance de gagner quoi qu’il arrive. En effet, aucun effort n’est perdu. Non seulement les éléments utilisés pour un concours peuvent être utilisé pour un autre mais surtout pour votre propre organisation et évolution. C’est à force de vous présenter et présenter votre idée que vous pourrez la corriger, la maîtriser et la mieux la vendre. N’oubliez pas que vous êtes un entrepreneur ou à défaut un entrepreneur en herbe et la vente ainsi que le réseautage sont des activités essentielles pour vous développer. Dernier point les personnes du jury sont souvent des professionnels du conseil en gestion ou des entrepreneurs eux-mêmes. Ils sont bien placés pour vous donner du recul sur une idée que vous croyez bonne mais qui ne trouvera que peu de réponse une fois sur le marché. Bien sûr ils peuvent se tromper mais l’expérience et l’intuition d’un tiers extérieur à votre projet est toujours la bienvenue. Pour finir, il existe plusieurs concours rendus possibles par les organisations animant la vie entrepreneuriale dans la grande région de Montréal mais j’attirerai l’attention tout particulièrement sur la compétition d’affaires « Pitch the Dream » du projet Ujamaa Initiative for Black entrepreneurship (UIBE) qui cette année est dans sa 5ième édition et qui offre des bourses et un encadrement aux trois premiers entrepreneurs sélectionnés sur dossier et présentation (« pitch »). En cinq ans c’est plusieurs entrepreneurs qui y auront participé et n’auront pas démérité. Je tiens à les féliciter et les remercier autant que les vainqueurs car tous ont eu un rêve qu’ils ont cru bon de porter l’espace d’une compétition, de quelques mois ou d’une vie. La communauté noire fait preuve de beaucoup de créativité et d’initiatives cette compétition est pour nous l’occasion de prendre le pouls de notre culture d’affaires et de voir l’innovation y faire sa place tranquillement pour une plus grande affirmation et la création d’un patrimoine commun.

Immigrants, les malles aimées du système

Le travers de notre système se manifeste lorsque l’amour pour la possession invite à mettre le bien en malles et à délaisser la notion de partage et d’héritage qui fonde et fortifie les communautés à travers le temps.

Je participais récemment à un atelier de travail sur le développement économique de mon arrondissement et je n’ai pu m’empêcher d’évoquer la question de l’intégration des immigrants dans la vie économique locale. Bien sûr cela était une fois de plus prêcher pour mon église au risque de renforcer les clichés et la victimisation à outrance de cette couche de la population face à ceux faisant partie du décor depuis plusieurs générations (nous sommes tous immigrants mais de dates d’arrivée différentes). J’ai été bizarrement surpris par la réaction d’un représentant d’une banque très en vue dans la région qui a rappelé que les immigrants étaient l’avenir. Sortis du contexte purement politique où les formules rassembleuses ou les visions sont légion, voir un homme du terrain, qui plus est banquier, prendre le relais de ce discours a suscité mon intérêt. Je voyais en lui non seulement le décideur mais aussi le résident québécois qui s’exprime sur le défi de l’inclusion des « néo québécois ».

Vous l’aurez compris ma surprise semblait venir du contraste de réalités. Pour une des rare fois que j’avais l’occasion d’interagir avec des collègues québécois, je réalisais que certaines perceptions n’étaient pas partagées. Mon quotidien à moi était fait des lourds défis d’intégration et de suffisance de revenu de ma clientèle : difficulté pour trouver un emploi, à apprendre les codes locaux et bâtir un réseau ou encore à accéder au financement quand ils décident en dernier recours à faire valoir leur esprit entrepreneurial…

Il n’y a rien de mal à aimer que les immigrants déposent leurs malles sur le sol québécois et partagent leurs bagages intellectuels, culturels, économiques etc. pour enrichir la société, mais cela ne se fait pas assez dans un esprit de construction. L’intérêt de l’immigrant ne devrait pas se limiter pour un résident ou un dirigeant à l’importance des questions de transition démographique tant par le nombre d’actif imposables que par l’effectif parlant français. Et c’est là un profond regret. L’inclusion reste bien trop administrative ou institutionnelle. L’immigrant suit son parcours d’intégration (reconnaissance des diplômes, programmes d’insertion subventionnés…) en bon écolier pour faire ses armes et surtout développer le fameux réseau. Hormis cette nécessité guidée par l’accès aux marchés (emploi et affaires) permettant de tirer des revenus minimum, aucun projet ou vision commune de « melting pot » culturel ne semble se dessiner clairement. On observe plus une juxtaposition de communautés avec des intérêts différents qui interagissent entre elles au besoin mais surtout préservent leurs références culturelles. Et comment ne pas réagir ainsi tant qu’on ne peut souscrire à un modèle québécois de « vivre ensemble »?

Au contraire, l’accent est souvent mis sur les différences stratégiques : allophones vs francophones immigrants vs citoyens communauté ethnique vs québécois de souche etc. Ainsi, on a eu droit au spectre d’une Charte (sans doute prélude aux charters) mais sans savoir pour quel Québec on voulait définir des valeurs et surtout qui y serait inclu. Bref on s’ignore tant que le gouvernement nous garantit nos droits et que chacun peut prendre le métro en ayant sa propre perception de la météo et de la réussite des Canadiens avec la rondelle.

A présent, que l’effort, semble-t-il assez austère, est mis sur l’économie, en quoi notre contribution à tous fait du sens? Doit-on se contenter de voir moins de ressources pour les québécois d’un côté et moins de structures d’accompagnement pour les immigrants de l’autre, renforçant ainsi l’éternelle compétition, sans s’offrir la chance de commencer à réfléchir à ce modèle social commun et qui serait typique du Québec. Il faut moins de temps pour apprécier une poutine ou un pâté chinois voire le sirop d’érable qu’il ne faut pour comprendre et d’adhérer à la célébration de la Saint Jean Baptiste ou s’intéresser au patrimoine Québécois. Finalement ce que l’on produit est plus des nouveaux canadiens francophones (bilingues ou trilingues) vivant au Québec et non des « néo québécois » participant à une richesse culturelle commune. Ce défi concernerait moins les progénitures (citoyens et intégrés de fait?) qui recréent le Québec de demain dans les cours d’écoles mais c’est ce même Québec de demain que nous leur laissons en héritage par un système de lois qui peine à donner des conditions pour le bien de ces malles que l’immigrant aime déposer quand il se sent à l’aise, « chez nous. », et que l’achat d’une maison vient concrétiser symboliquement.

L’intégration est, selon moi, une question de perception et de satisfaction par rapport à l’accomplissement personnel ou la réalisation d’objectifs socioéconomique. A ce titre, un des facteurs prédominants reste la qualité de l’accueil puis de la mise à contribution de chacun pour bâtir une communauté qui vit et s’adapte au fil des générations. Dira-t-on, un jour, des québécois à l’instar des habitants du sud d’un pays cousin qu’ils vous accueillent les bras ouverts et oublient de les refermer sur vous? Il nous appartient, dès aujourd’hui, de laisser l’image de notre modèle d’immigration au reste du Monde.

L’immigrant est l’avenir du Québec.

Vaincre la peur de se lancer

Le métier d’entrepreneur peut être à la fois gratifiant et plein de défis. La différence de perspective dépend de la tolérance au risque de chacun. Ce qui va de pair avec l’audace et la patience dans l’attente des résultats issus d’une bonne stratégie.

Avant d’en arriver là, à cette routine qui peut blaser certains, il faut pouvoir réaliser la première vente. Malgré un fort potentiel, des projets peuvent stagner ou rater leur entrée sur le marché parce que le promoteur n’a pas su vaincre sa peur du terrain, de la réalité et bien souvent de la réussite. Dans ce cas toutes les raisons sont bonnes pour gagner du temps au risque de rater la fenêtre d’opportunité. En effet malgré le désir affiché de réussir, beaucoup sont mal préparés à l’idée d’en gérer les conséquences. Bien sûr, je ne fais même pas allusion à ceux qui revêtent le titre d’entrepreneur pour le style de vie qu’ils en tirent. Ils investiront dans l’apparat (avec une très bonne communication) au risque de décevoir sur le produit ou le service en lui-même. Parlons plutôt de ceux qui sont conscient des implications de leur projet. Leur seule appréhension vient essentiellement de la non maîtrise des codes d’affaires. Que faire alors?
Bien préparer le contenu, le contenant de son projet et sa stratégie. Nous verrons encore d’autres aspects de ces codes plus tard…
Le contenu
Pour être à l’aise avec l’idée d’offrir quelque chose sur le marché, il est bon d’avoir cette chose en sa possession. Cela demande de réfléchir sur ce que l’on veut vendre concrètement et surtout quels revenus vous voulez en dégager. Laissez votre créativité s’exprimer et se joindre au réalisme pour créer une innovation qui vous distinguera sur le marché. Plus vous prenez du temps à préparer votre contenu plus votre confiance grandit et votre peur se dissipe. N’avez-vous pas remarqué combien il est agréable de partager une œuvre qui a demandé de l’ouvrage avec son entourage. Il en est de même pour votre contenu de projet qui est unique et que vous voulez partager avec le public. Décrivez ce qui et en votre possession et que vous voulez offrir à votre future clientèle.
Le contenant
Nous l’avons dit, certains mettent l’accent sur la présentation du projet et attirent à eux, dans un premier temps, hélas, de nombreux clients. La qualité n’étant pas souvent au rendez-vous, le bouche à oreille a vite fait de faire circuler la rumeur de votre incompétence ou des défauts de vos produits. Le retour à la case départ, le contenu, est souvent ce qui reste comme option après avoir voulu aller trop vite. Par contre si votre contenu est solide et que votre seule envie est de le partager, vous devez encore faire preuve de patience pour ne pas faire d’erreur de communication. Travailler sur le contenu vous a donné confiance en vos moyens maintenant le souci du détail doit vous rassurer sur l’image que vous allez refléter. Si vous avez un doute sur la perception de votre produit ou service demandez l’avis d’un tiers. Vous devez vous reconnaitre idéalement dans ce que vous entreprenez même si, bien trop souvent, d’autres vous donnent des conseils sur la perception qu’ils ont de votre projet. Vous avez alors deux choix : concilier ou vous affirmer tout en assumant les responsabilités.
La stratégie
Il est bon d’avoir un ou plusieurs plans pour chaque phase que traversera votre projet d’affaires. Il vous servira de guide et vous recentrera lorsque vous subirez les influences de l’environnement. Vous pouvez y inclure des contingences et savoir que certaines mises à jour sont toujours possibles pour vous adapter. Cet exercice délicat se fait souvent avec un coach d’affaires, un conseiller en gestion associé ou non à un mentor. N’hésitez pas à chercher l’aide qui est disponible même si cela demande un investissement. Vous gagnerez certainement en erreurs évitées, en perte de temps et d’argent voire en réputation ternie.
En conclusion, si vous avez encore des craintes sur le lancement, je vous invite à faire une analogie avec moi. Imaginez que vous voulez apprendre la dernière danse en couple en vogue actuellement. Les plus enhardi diront qu’ils n’ont pas besoin de prendre de cours et qu’il leur suffit de regarder certains danseurs pour capter les attitudes et les pas. A force de marcher sur les pieds de leurs partenaires leur réputation se fait et au bout d’un moment toute danse leur est refusée. Seule issue de sortie la porte ou l’inscription à un cours de danse. Ce dernier est ce que choisissent les plus prudents. Ils apprennent la codification des pas et les pratiquent pour les intégrer. Une fois les bases maitrisées ils s’attaquent à un peu plus de technique et de style. De sorte qu’au bout d’un moment ils ne rêvent que de leur première danse en soirée qui devient un moment inoubliable et non une contrainte contre soi. Le reste n’est qu’expérience acquise au fil des danses…
« C’est le nouvel entrepreneur qui a peur sinon il n’y a que les codes d’affaires »
Quelles perspectives pour l’entrepreneuriat ethnique à l’horizon du Papy-boom?

Le Papy-boom, cette série de départ à la retraite nous est annoncée depuis tant d’années mais dans les faits tout le monde ne semble pas encore en être touché. A voir le maintien du niveau de chômage au Québec (6.8% en mars 2015), on serait poussé à croire que ce sera un autre mythique ou supposé phénomène à l’instar du « bogue de l’an 2000 », mais l’observation de la courbe d’âge semble toutefois confirmer son occurrence. Rien que dans l’économie sociale au Québec, 2017 devrait voir un grand nombre de ces départs. Logiquement le Papy-boom devrait s’accompagner de formidables opportunités d’emploi et d’un défi pour garantir les pensions de ces jeunes retraités. Les gouvernements de la plupart des pays dits développés se sont déjà penchés sur le problème et légifèrent en fonction. Ces derniers et certaines grandes entreprises en profitent hélas pour revoir l’effectif des fonctionnaires et les masses salariales à la baisse afin d’améliorer leur performance. La question qu’on est alors tenté de se poser est : si vraiment les projets et les initiatives ethniques sont principalement issus des barrières à l’emploi, que deviendra cette dynamique entrepreneuriale avec le retour supposé des chances de carrières professionnelles?

Malgré les départs massifs à la retraite, il est fort peu probable que la question de l’accès au marché de l’emploi pour les minorités ethniques soit totalement réglée. A observer les pays ayant une immigration plus ancienne, tels les pays européens, on peut avoir une idée du risque d’exacerbation quant à l’inclusion si des changements ne s’opèrent pas pour les minorités ethniques avec un meilleur marché de l’emploi. En effet, le Québec contrairement à l’Hexagone n’est pas exposé à la même immigration clandestine (réel péril géo politique) ou n’a pas hérité d’un passé impérialiste. Beaucoup d’immigrants ont investi dans leur formation avant de venir s’installer. Or la surqualification demeure quel que soit les opportunités. Selon une récente étude publiée par Statistique Canada (Sharanjit Uppal, Sébastien LaRochelle-Côté, 2014), je cite « Parmi les immigrants diplômés universitaires qui n’ont pas obtenu leur diplôme au Canada ou aux États-Unis, 43 % des femmes et 35 % des hommes travaillaient dans des professions exigeant des études de niveau secondaire ou moins. À titre de comparaison, les taux correspondants pour la population née au pays et pour les immigrants ayant obtenu leur diplôme au Canada ou aux États-Unis variaient de 15 % à 20 %. ». De plus les femmes sembleraient mieux s’en tirer dans l’accès au poste de professionnels (niveau universitaire). Ceci renforce encore l’idée de rôle primordial des femmes dans le modèle des foyers immigrants. Elles garantissent souvent la sécurité du foyer (quitte à le faire seule parfois) quand l’homme prend les risques pour accélérer la mobilité sociale. Cliché à développer à tête reposée. La surqualification n’est pas le seul point d’attention, les autres telles l’expérience dans le domaine, la langue, la reconnaissance des diplômes etc. demeurent. Je passe sous silence les problèmes de discrimination raciale, religieuse, de genre… On arrive en travailleur qualifié pour se faire demander une expérience et un réseau local. Image à transformer en cliché pour les nombreux candidats à l’immigration.

Dans ces conditions, si le Québec donne une réponse différente à la question de l’inclusion avec le Papy-boom, l’entrepreneuriat qui devrait se dessiner est celui guidé par la vocation et non le dépit. Faire le choix d’être entrepreneur parce qu’on a mis à jour une idée innovante et non parce qu’il y a les factures et le loyer. L’équité dans l’accès aux ressources intervient alors dans un deuxième temps pour ceux qui auront choisi de prendre ce risque. Ceci devrait permettre aux nombreux accompagnateurs d’entrepreneurs (de nos jours presqu’aussi nombreux que les entrepreneurs eux-mêmes) de se focaliser sur la réelle réussite, la création de richesse et de valeur par ces structures économiques. Les perspectives de l’entrepreneuriat ethnique à l’horizon du Papy-boom serait-elle celles d’une spécialisation autour de valeurs communautaires? Le temps nous le dira…

Pourquoi fuir l’argent que nous voulons gagner?

D’entrée de jeu cette question peut paraitre paradoxale pourtant elle cache ce que bien souvent notre inconscient nous pousse à faire : résister au changement. Beaucoup de personnes ne se posent pas trop de questions sur leur motivation à choisir l’entrepreneuriat. Pourtant à y voir de plus près, parmi les raisons, il y a une nuance entre devenir entrepreneur parce qu’on a besoin d’argent et devenir entrepreneur parce qu’on veut se faire de l’argent.

Dans le premier cas toute source de revenu stable qui pourrait se présenter pendant l’exercice est suffisante pour mettre fin à l’aventure tant la tentation pour le confort est forte. Dans le second cas les motivations sont plus profondes et le désir de créer de la richesse est plus palpable. Sans être forcément vénal, l’entrepreneur qui affiche cette détermination est plus résilient aux infortunes et prendra plus de risque.

Malgré le fait que beaucoup en viennent à l’entrepreneuriat ethnique par résignation ou urgence financière, il faut pouvoir se forger une ATTITUDE DE VAINQUEUR donc vouloir se faire de l’argent et non en avoir besoin. Autrement, cela donne lieu à une fuite au quotidien de l’argent qu’on veut se faire par une autre attitude : se plaindre d’un rien, ne pas croire en soi, ne pas oser, préférer le confort, retarder l’effort ou encore le moment de vérité…

Si je devais personnaliser cet argent je dirai qu’il est comme une femme très capricieuse et exigeante et demande même parfois toute une science du comportement financier, personnel et même spirituel pour le maîtriser. Ce n’est pas pour rien que dans la sagesse populaire, l’homme est souvent décrit comme cédant à ses charmes et se faisant son esclave tandis que la femme est celle qui sait le mettre au pas dans le budget du foyer. C’est un cliché sexiste qui vaut son pesant d’or.

Le défi revient encore une fois au RÉALISME. Réalisme sur ses motivations profondes à entreprendre. Réalisme sur le métier d’entrepreneur qui doit accepter de faire payer ses services au juste prix et de faire du profit malgré la tentation de plutôt rendre service ou d’abuser de l’ignorance du client. Enfin réalisme sur les attentes de l’aventure entrepreneurial c’est-à-dire, avoir une vision claire de là où on veut aller, les objectifs et mettre en œuvre les ressources nécessaires en accordance.

Cesser de fuir l’argent qu’on veut gagner reviens à se réconcilier avec le changement opéré dans son statut: passer de professionnel employable à professionnel qui se vend ou poursuit une cause. C’est toute une RESPONSABILITÉ qu’il faut faire endosser à son corps et son âme sans vriller l’authenticité de sa nature ni de son identité. Bonne réappropriation de votre esprit de guerrier!!!

Je me souviens

Le mois de février au Canada, et surtout au Québec auquel je me référai, est l’occasion de célébrer le parcours de nombreux héros de la cause Noire. De nombreuses activités sont au programme de ce mois qu’on a eu l’amabilité de consacrer à notre communauté ou Peuple si on fait fi des contraintes de territoire et de souveraineté éparses pour mettre en avant la force unique de notre diversité. Février, mois court, mois froid, mois pendant lequel les membres de la communauté hibernent pour la plupart et doivent faire preuve d’un grand courage pour montrer leur soutien aux rendez-vous de la programmation. Ne serait-on pas mieux dans un mois d’été à refléter la chaleur de nos âmes, de notre rapport à la Nature comme ça a toujours été le cas sous les latitudes de notre environnement légitime? Tant mieux nous y sommes et avec le recul j’observe la place du Noir dans la programmation de la Cité : salon de l’immigration, festivals colorés, Saint Jean-Baptiste et austérité au soleil. Montréal brille de tous ces feux multiculturels.

Mais revenons sur ce mois de faits vrillés ne m’empêche pas de voir les conditions actuelles des immigrants de notre communauté qui sont souvent reçus mais pas toujours inclus ou du moins pas là où ils mériteraient de l’être. Le fait de changer le nom d’un ministère ne change rien à la réalité sur le terrain mais montre soit que le mal est à présent considéré ou qu’il est exposé au vu et au su de la société tel un serpent d’airain pour conjurer la grogne qu’on serait en droit de manifester face à tant d’iniquité.

« Au pays des aveugles, les borgnes sont rois » dit l’adage. Après avoir fait miroiter toutes sortes d’idées sur mon futur règne d’immigrant qualifié (si ce n’est « califié » en dupe) au terme d’une sélection minutieuse, la réalité a été tout autre une fois « chez nous ». Loin de m’imposer aux borgnes, j’ai perdu mes yeux et perdu de vue mes connaissances, mes compétences et presque la richesse de mes valeurs culturelles pour me ramener au niveau de l’accueillant peu friand de ma prétention à faire me faire valoir. Alors pris dans le tumulte de la lutte pour un meilleur quotidien, je prends à mon compte la devise de mon oppresseur et « je me souviens ». Je me souviens de mon parcours. Moi l’immigrant nouvelles marchandise échangée pour bâtir la richesse d’autres nations. Accueilli, difficilement inclus et intégré à titre posthume.

Je me souviens, jeune, avoir été poussé au départ par les craintes sur mon futur que faisait peser les tenants des comptoirs dans ma terre natale. Ces nouveaux administrateurs qui ont ma peau mais prennent le pot avec les mêmes vendeurs de miroiteries et de plaisirs qui durent le temps d’un règne ou qui règnent le temps qu’ils durent. Exilé pour acquérir la connaissance et la compétence que ne peut offrir ma patrie, je prends alors de la valeur sur le marché international de la main d’œuvre qualifiée. Je me souviens le rejet de mon maître de formation ne pouvant m’intégrer à l’économie locale saturée en savants de toutes origines coloniales mais pas assez locales. Choisir et non subir tel est l’équation. Je me souviens m’être tourné vers le cousin innocent et appelant. Dans sa lutte fratricide pour la langue, l’Abel province me veut pour yeux. Pour yeux tout seul. Victime d’une injustice d’intégration à l’échelle fédérale qu’elle me fera subir à son tour individuellement.

Dans ce long périple pour me faire une place dans la société d’accueil, je ne me souviens pas avoir été heureux. Est-ce dû à la condition d’un Peuple plongé dans l’insuffisance de revenus et les calculs pour les fins de mois difficiles ou encore la contorsion d’identité de ceux qui veulent montrer pattes blanches et refléter le modèle de réussite généralement observé? Réussir c’est avoir une maison, une activité professionnelle, une famille à deux enfants, une voiture par conjoints… (Suggestion de présentation l’abus de dettes est dangereux pour la santé). La deuxième génération aura sans doute le défi de ne plus troquer leurs rêves pour la survie ou l’honneur. Me souviendrais-je de mes frères ayant directement étudié icit et pu ainsi bâtir un réseau, arme indispensable et utile pour déjà trouver un stage puis s’intégrer, une fois la fameuse étape de la sélection passée. Me souviendrais-je aussi de tous ces parcours oubliés et qui s’achèvent au point de départ dans une forme géométrique bien connue de notre histoire : Afrique- Europe- Amérique du Nord. Le mois de février doit être tourné aussi vers l’avenir pour que cette réalité devienne ce que d’autres étudieront comme fait du passé si nous nous levons tous pour donner un poids économique à notre communauté par notre réussite de carrière ou d’affaires que notre voix soit prise en compte dans les décisions qui concernent nos « chez nous » d’exil et d’origine. Alors je me souviens et « je me lève pour l’affirmation économique des diasporas Noires ».

Bonne fête de la Saint Jean-Baptiste.

Ce dont les entrepreneurs ethniques peuvent se rappeler avant de faire leurs classes…

Les saisons se répètent et l’Homme poursuit son périple sur Terre pour apprendre de la vie le moyen de s’accomplir. Ainsi comme chaque année la mi-août sonne le glas de l’été et lance la grande période de préparation de la rentrée. Bien que les activités d’affaires se poursuivent en dehors du cycle scolaire, l’automne est aussi l’occasion de voir de nouveaux projets se faire jour et de recevoir les futurs crus d’entrepreneurs. Ceux-ci font le choix de l’autonomie dans la quête de la richesse et la création de valeur. Cependant, à voir l’attitude de certains d’entre eux, force est de se demander si le choix de la voie de l’entrepreneuriat a été mûrement réfléchi ou si la prise de risque a été pesée. Avant que la prochaine cohorte d’aspirants entrepreneur n’intègre le « système », je tenais à faire quelques rappels essentiels à titre de viatique et d’alternative pour leur aventure.

La sagesse en affaires est très utile surtout lorsque, comme dans le cas de l’économie ethnique et informelle, on suit une tradition de métier, de produit ou de service. Ainsi on peut ne pas s’étonner que chacun y aille de son produit capillaire, de ses soins pour la peau etc. Cependant dans une logique d’ouverture de marché et surtout de taille de marché (essentielle à la croissance), il est bon d’y associer l’INNOVATION et la TRANSPOSITION. Concernant l’innovation il est important d’avoir cette valeur ajoutée à son produit ou service qui fait qu’on bâtit très vite un avantage concurrentiel. A ce propos je regardais avec intérêt une chaîne de télévision, dédiée au télémarketing, et constatais combien des idées simples pouvaient germer continuellement pour enrichir le marché. Ce qui est loin de l’apparent conservatisme de l’économie ethnique où la créativité est étouffée par le moindre accès aux ressources. Il en résulte que la personnalisation ethnique n’est pas poussée jusqu’à l’innovation. Pour ce qui est de la transposition, nous sommes consommateur de produits et de services qui sont soit des modèles généralement reconnus soit des standards culturels exogènes qui ont su s’imposer à nous. La transposition consisterait à intégrer aussi dès la conception des produits et services la possibilité de les offrir à des cultures autres que la sienne. Cela impose de voir large et surtout de commencer à prétendre à un « made in » légitime sur le marché. Autant cela est difficile par exemple pour des produits pour cheveux « Afro », autant il y a de l’espoir dans la restauration, la mode, certains services professionnels etc.

L’innovation et la transposition sont des atouts importants pour l’essor de l’économie ethnique et informelle. Néanmoins sans une prise de risque initiale l’aventure entrepreneuriale ne peut dit-on voir le jour. Qu’en est-il lorsque le contexte financier est critique? Existe-t-il des alternatives?

Il y a une vérité qui peut même servir de paradigme qu’il est bon de rappeler « tout le monde ne peut ni ne veut devenir entrepreneur ». En déplaise aux vendeurs d’illusions et à la tendance qui se renforce dans le sens de la création d’entreprise. Le métier d’entrepreneur est une réelle voie qui comporte ses codes et qui élimine les moins endurants. A la base, la prise de risque fait la différenciation entre les entrepreneurs et justifie les moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs. Mon point, et c’est là l’alternative que je promeus, est d’opter pour un entrepreneuriat étayé par une vie professionnelle au début. Cela présente de nombreux avantages tant dans l’accès aux solutions financières, la transition de carrière ou encore la consolidation des phases de développement de l’entreprise. C’est une approche que j’ai introduit dans l’article « Les 4 E ou le mix de l’entrepreneuriat ethnique », puis dans le guide « L’art de s’intégrer par l’entrepreneuriat » et enfin que je souhaite enrichir sous la dénomination de « parapreneuriat ». Cela demande, il faut s’en douter, un nouveau type de relation au temps.

On le voit donc, l’entrepreneuriat est une voie à part entière qu’il ne faut pas prendre à la légère pour s’essayer ou avoir des sensations de grandeur. Il est bon d’adopter la bonne attitude vis-à-vis de ce secteur de l’économie et de se positionner adéquatement quant à l’innovation, la transposition de son idée ou l’exclusivité ou l’hybridité dans la prise de risque. Dans une vision plus philosophique d’un monde idéal, chacun devrait pouvoir connaitre et suivre la voie qui lui est propre pour un équilibre des apports à l’humanité. Il y a en effet une nuance entre un entrepreneuriat de vocation et un qui sert d’outils à la conquête de la suffisance de revenu en marge d’une autre activité. L’entrepreneur est aussi indispensable que le chirurgien mais l’intérêt est que le chirurgien peut vendre son savoir de spécialiste sous forme de webinaire, de podcast s’il le veut (suivant la déontologie). En somme, l’Homme par son métier demeure, dans son essence, l’instrument de l’action divine dans le Monde et sur Terre en tant que vicaire contemporain dans l’économie.

Entrepreneuriat ethnique: il y-a-t-il vraiment encore un intérêt?

Après plus de deux ans et demi d’engagement officiel voire public dans l’entrepreneuriat ethnique par le biais de mon blog, la question de la continuité dans l’action s’est posée à moi. Bien sûr je me la suis posée en marge de mon propre cheminement de carrière qui n’est que l’alibi pour un engagement social plus profond sur cette problématique à travers mon projet de vie.

Cela dit, il m’a été permis d’aborder diverses questions issues du quotidien des entrepreneurs des différentes communautés eux-mêmes. Un reproche que je me fais en ce début d’année administrative, marquée par le déploiement des plans d’actions : n’avoir pas assez insisté sur les outils et les modèles alternatifs qui sont disponibles et effectifs, en ce qui me concerne du moins. L’implémentation de ce projet, en plusieurs étapes régies par l’expérimentation personnelle de mon approche, implique beaucoup d’adaptation et ladite continuité qui n’envie rien à la constance ni à la persévérance prônées çà et là. Déjà, il m’a été permis de proposer, entre autres, de passer d’un point de vue du marché centré sur le besoin du consommateur à celui de l’utilité apportée par l’entrepreneur à sa communauté. Ce, pour des questions de nouvelles dynamiques d’échanges marquées par la solidarité entre ces deux pôles commerciaux. Cette communauté s’étend ainsi des rives de la diversité des diasporas économiques en pays industrialisés, aux berges des couches non impliquées dans la création et le partage des richesses dans les Sud (qui gagnent de plus en plus le Nord). Une question d’intégration économique avant même celle social. C’est « L’a-guère ».

Néanmoins avant d’aller plus loin dans les diverses activités et la diffusion de mon travail sur le sujet, je me suis donc posé la question de la pertinence de donner des lettres de noblesse à un secteur de l’économie que beaucoup aimeraient pourtant voir se fondre dans un entrepreneuriat sans distinction. En effet il y-a-il encore un intérêt à parler d’entrepreneuriat ethnique? Pourquoi toujours l’isoler de l’entrepreneuriat local? Quel avenir pour cette forme d’économie? Qui peut encore se définir comme entrepreneur ethnique? Pourquoi croire en cette voie d’accomplissement? Pourquoi créer de la richesse et de la valeur avec son identité?

Sans peur ni honte

Il est dit, dans certaines cultures, que la vie se déploie par cycle de 7 ou 8 années. Toujours est-il que des moments de recul sont nécessaires, à chaque étape, pour observer le chemin parcouru et choisir les prochaines orientations que ce soit en matière de carrière, d’affaires ou de vie.

Ainsi, nous ne sommes pas au même niveau de compréhension de notre société d’accueil. Les nouveaux venus auront tendance à remettre beaucoup de choses en cause, à porter un regard critique et à croire qu’ils pourraient faire mieux. Les plus anciens pensent plus au futur des fruits de leur immigration (enfants, investissements, maison etc.). Entre les deux on est trop occupé à construire ce futur en gardant le passé à l’esprit en solution de repli. Le présent est donc plein de défis en ce sens que nous façonnons notre société d’accueil par nos acquis, notre vécu et notre capital inné.

La notion d’ethnicité qui fait peur ou dérange en matière d’entrepreneuriat (de carrière et de civismes également) se doit d’être, idéalement, réconciliée en nous pour permettre à notre potentiel de s’exprimer et nous permettre de tirer profit de toutes les ressources disponibles sur la terre d’accueil. Avec l’immigration nous avons apporté avec nous des formes de conditionnement et des idées reçues sur l’Autre qui pourraient nous pénaliser dans notre interaction sur le nouveau sol. Les a priori et idées conçues sur les différentes nationalités devraient prendre fin ici lorsque leurs membres sont invités, tout comme nous, à prendre part au futur économique commun. Il en est de même des incidences des conflits entre nations qui ne devraient pas trouver le même écho dans les Diasporas. En venant ici nous embrassons des valeurs et des nouveaux devoirs qui nous font participer pleinement à l’essor de la société dans laquelle nous nous sommes installés (installés d’abord, l’intégration vient après). Personnellement, je sens moins de réticences à chanter que le Canada est la terre de mes aïeuls que j’en ai à m’imaginer qu’il ait fallu intégrer les gaulois comme ancêtres. Sans doute l’effet passeport ou une preuve que la greffe est en train de prendre. Mais ça c’est un autre débat qui concerne deux générations prises dans un contexte différent.

Le fait ethnique, dont il est question ici, n’est donc pas le fait des héritages de votre passé mais d’une dynamique nouvelle de construction de l’avenir en intégrant une diversité ou un multiculturalisme qui renferme une force et n’est pas l’objet d’un poids ou de tensions démographiques. Il concerne à la fois des mécanismes qui permettent de mieux comprendre pourquoi certaines couches de la population réussissent mieux que d’autres et de s’adapter en fonction. C’est un qualificatif de classement socioéconomique au même titre que « minorités visibles », « autochtone » etc. qui valent ce qu’ils valent. A ce titre, je cherche toujours la catégorie décrivant l’habitant de Rivière-du-loup ou de Thunder Bay dont les parents venus d’Europe se sont installés depuis plusieurs siècles. Le chasseur et le lion ne sont jamais d’accord sur le récit de chasse et ceci commence dans les chambres ou siègent les décideurs politiques. Nous sommes tous des immigrants quel que soit notre place dans la carotte des arrivées. Bien malin celui qui définira une norme pour archétype modèle de canadien encore plus d’imposer à certains le risque de perdre leur citoyenneté selon leur agissements.

Les entrepreneurs ethniques se doivent donc d’exercer leur métier sans porter les stigmates de l’immigration et qui plus est de puiser dans leur richesse culturelle des avantages à faire valoir sur le marché local. La libération mentale de la prison de la marginalisation sociale passe tout simplement par une identité citoyenne sans peur ni honte.

Donner un sens à ses actes

Un grand empire se bâtit par la contribution de chaque membre du peuple au rayonnement de sa culture. En appliquant ce constat aux groupes donnant une dynamique à l’économie des communautés, il apparait clairement que l’engagement monétaire ou informationnel est un moyen de soutenir les entrepreneurs qui représente nos intérêts. Loin de la simple satisfaction d’un besoin lié à la consommation, cette nécessité implique donner une valeur à nos actes et notre positionnement. L’écrivain français Antoine de Saint Exupéry déclarait à juste titre me semble-t-il : « Nous ne vivons pas des choses, mais du sens des choses. »

En effet, la notion de sens trouve généralement son point culminant lorsqu’il s’agit de trouver celui de sa vie et d’agir en conséquence en donnant une orientation claire à son parcours. En marge de cela cependant, et dans notre quotidien, nos actes revêtent une grande importance pour ceux qui initient des projets pour la communauté donc pour nous. Car nous appartenons de fait à une ou plusieurs communautés, que nous soyons membre d’une diaspora, citoyen ou résident local, adepte d’une religion, amateur d’un loisir, affilié à une ligne politique ou de pensée etc. En somme la communauté dans un sens large. Ainsi, ces projets initiés pour vous par des promoteurs ou leaders communautaires ou entrepreneuriaux attendent en retour votre adhésion ou votre fidélité par un simple effort de prise de conscience.

J’ai choisi de quitter le modèle selon lequel la sacro-sainte satisfaction des besoins du consommateur est le point focal de l’action économique pour une vision plus collaborative entre l’entrepreneur et sa communauté (followers) et bien au-delà (d’où l’idée « d’économie de communautés » interconnectées). Dans ce modèle l’entrepreneur apporte une « utilité » à une ou plusieurs communautés sous forme d’un projet d’affaires dans l’intérêt de celles-ci et en retour la ou les communautés contribuent au rayonnement de l’initiative et à sa durabilité (corrigeant les penchants narcissiques)

Dans cet esprit, l’exhortation minimale est la fréquentation des promoteurs et leaders lors de leurs activités : achat de soutien ou privilégié, références et témoignages, relais de l’information ou support, participation et présence physique aux évènements etc. C’est donc dans ces menus détails de l’engagement et du sens de nos actes que la solidarité entrepreneuriale dans les secteurs ethnique et l’informel pourra prendre son essor et qu’il sera plus humain de parler d’adhésion de membre d’une communauté à une vision économique plutôt que de conversion d’une base de données à un plan d’affaires.

« Nous sommes des Hommes et tant que nous serons conscients de cette qualité le visage de nos échanges se devra de faire une place à l’empathie. »

Déboucher les filières ethniques et informelles

L’économie ethnique dans les pays industrialisés et l’économie informelle dans les régions en affirmation économique présentent plusieurs similitudes. Elles font, en effet, intervenir le même type d’acteurs, de produits et services, de dynamique commerciale toutefois mis dans un contexte différent. Aussi, elles partagent le défi de l’expansion de leur marché et du rattachement au système de marché libéralisé. Dans bien des cas des efforts sont non seulement nécessaires pour garantir la qualité des extrants mais aussi la performance de la structure elle-même. Dans un second temps le positionnement facilite ou non l’accès à de potentiels futurs clients. On est alors en présence de filières à part entières qui peuvent être tirées par le producteur ou par le consommateur. Ce dernier modèle est le plus fréquent. Il pose résolument la question de l’identification des débouchées pour les extrants pour ces deux filières.

Parler de débouchés c’est d’une part s’appesantir sur les caractéristiques du consommateur et, d’autres part, s’interroger sur les canaux de distribution.

En ce qui concerne les caractéristiques du consommateur, il est possible de les déceler lors de la réalisation de l’étude de marché ou, pour ceux qui privilégie l’alternative informelle, par la connaissance directe d’un échantillon du public cible à titre pilote. Ceci présente notamment l’avantage de réaliser des tests. Toujours est-il qu’il est important en tout temps d’avoir à la fois un portrait-robot de son consommateur type et un indicateur de l’espace de vente ou des flux financiers potentiels. Ensuite, se pose la question de la conversion ou de l’engagement de ce consommateur. Il existe plusieurs techniques de conversions que je n’exposerai pas ici. Généralement je valorise le recours à l’empathie comme moyen d’échange et de mobilisation honnête. Cependant pour aller plus loin l’animation d’un mouvement (ou campagne) promotionnel participatif incluant le producteur et le consommateur serait une solution à considérer. Ceci s’illustre par la communication de la valeur de l’acte d’achat du consommateur et sa prise de conscience par celui-ci. Ainsi certain seraient plus enclin à acheter un produit ou service à prix coutant s’ils savaient qu’ils permettent de développer une filière, faire vivre une famille ou développer un projet. Ceci ressemble à un rappel de l’esprit ayant guidé le commerce équitable avant que celui-ci soit pris par le phénomène de green washing par des grands joueurs à l’éthique peu reluisante. Communiquer sur l’impact de l’achat et impliquer le consommateur dans la vie de la filière peut ainsi améliorer la durabilité des débouchés identifiées.

Une fois l’intégration du consommateur à la filière ethnique ou informelle réalisée, l’étape suivant est d’étendre la portée de l’extrant en tirant profit des ressources disponibles par des leviers tels les médias, les franchises, les partenariats, les consignes etc. Il est important de veiller à la disponibilité des produits et des services. Le but étant d’atteindre et de marquer un territoire où notre produits ou service rencontre sa demande dans des conditions saines et efficaces. Ainsi, un client qui n’a pas pu trouver ce qu’il cherchait n’est pas seulement une vente perdue mais surtout un risque potentiel de substitution du besoin ou de subtilisation par un autre acteur économique. Autre rappel qui vise à prendre soin du service à la clientèle et la gestion des stocks. Ceci est déjà le cas dans l’entrepreneuriat canonique mais celui-ci privilégie le plus souvent le marketing à l’adhésion humaine aux efforts de structuration de la filière. Pour aller plus loin le consommateur peut manifester à l’avance son besoin, contre un rabais par exemple, pour permettre une meilleure fluidité de la production et ainsi une optimisation de la distribution.

On le voit donc les filières ethniques ou informelles sont généralement tirées par le consommateur. L’une du fait de la spécificité de l’offre (communautés culturelles), l’autre de la multiplicité des producteurs locaux (recours financier accessible à tous). La création et le maintien des débouchés est essentiel pour l’essor et la durabilité des entreprises et groupement. A terme un tel système de marché d’intégration devrait permettre la conversion des acteurs aux règles libérales tout en les invitant à valoriser un avantage concurrentiel issu de la préservation de l’esprit informel qui reste l’âme des entrepreneurs venus des sud.

Pour une autonomie durable après le renforcement de capacité

L’économie est souvent une question d’Hommes en communauté et de Systèmes. En Afrique, certaines ONG mettent l’accent sur le capital humain pour développer l’économie locale. Ainsi, l’alphabétisation des jeunes apprentis et des femmes autant que l’organisation des filières sont au cœur de l’action quotidienne de ces partenaires d’organisations internationales dans le cadre d’échanges nord-sud. Renforcer les capacités des parties prenantes des missions revient non pas uniquement à « faire faire » mais bien plus à « apprendre à apprendre ». Cette réorientation de la lecture de ces mandats vise à améliorer l’autonomie sur le terrain et à assoir la durabilité après la période de coopération volontaire. Ces prémisses du déploiement des projets d’intervention sont le fruit à la fois de la planification mais aussi de l’ébauche de diagnostics nécessaires à la bonne appréhension des enjeux et de l’environnement des mandats. En effet, à l’arrivée d’un coopérant volontaire, il est trop tôt pour évaluer quel sera son impact sur le travail de son partenaire et la vie des populations dont il a la charge. Cependant, les maitres mots devront être généralement « réalisme proactif » pour sortir des sentiers battus et du statut quo tant que le regard est encore neuf et que l’impuissance face aux potentielles inerties n’est pas de mise. Telle est l’expérience des pionniers d’une nouvelle forme d’investissement humain dans l’informel et le populaire dans le cadre de la renaissance africaine.

Pour la permanence du sentiment ethnique

La permanence d’une réalité exprime au mieux l’état de vérité atteinte par celle-ci dans les phénomènes caractérisant la nature humaine et ses manifestations dans le temps et l’espace. C’est avec ce chapeau que je souhaite habiller le faîte de mon message à l’adresse de la communauté formée par les migrants économiques inter et intra états.

Il y a quelques années, j’arrivais en France pour y poursuivre mes études supérieures en sciences, et je découvrais, édifié, les possibilités technologiques de l’époque. Parmi elle le Tatoo, le Tam Tam et le Kobby qui permettaient d’envoyer de courts messages sur les afficheurs ou dans les boites vocales. Ils furent assez vite remplacés par les SMS avec l’essor de la téléphonie mobile. Bien que généralement considérés par moi, prolétaire dédaigneux de fait, comme des gadgets high-techs, les slogans Marketing n’en étaient pas moins évocateurs : « Votre tribu garde le contact avec vous » ; « Mais comment faisait-on sans Tam Tam ? » ; « Si on te cherche on te trouve ». Cette notion de connexion et de proximité pour justifier le groupe subsiste encore de nos jours dans les adhésions aux pages et flux des réseaux sociaux et des blogs. On se reconnait dans les messages, on partage des valeurs ou on agit ensemble dans un but précis. Autrefois, on se définissait déjà par l’usage en commun du dialecte, de la terre, de la foi, et autres attributs socioculturels. Ce positionnement permanent face à soi, à l’autre et à l’environnement ne vise, selon moi, qu’à apaiser le vide existentiel ressenti et qui nécessite la clarification d’un fondement de l’être : l’Identité.

Avec la mondialisation passée et sa petite sœur plus véhémente « L’oppression économique » c’est justement cette Identité qu’on se doit de questionner pour mieux se la réapproprier. En effet, la tentative d’entropie générale associée à l’édulcoration de cette Identité s’est amorcée par la mise en compétition tout azimut des peuples avec l’intensification des échanges commerciaux, l’essor des technologies de l’information et la perte de la dualité en matière de modèles économiques. Les mains d’œuvres qualifiés s’extradent alors d’elles-mêmes dans une triangulation « départ pour étude-emploi en exil-retour fébrile » entrainant des mini chocs culturels locaux dans les sociétés d’accueil et donc des frictions à l’intégration économique. Aussi, assiste-t-on à l’hégémonie de grands groupes corporatifs qui font cavaliers seuls dans la création et l’exploitation de richesses quand ce n’est pas parfois de la simple spoliation. Face à cela, l’apparition des mouvements de rejet de cette domination rappelle (à juste titre ?) le besoin qu’à l’Homme de se sentir libre dans cette Identité et de pouvoir décider ou s’aligner sur le destin de sa communauté. On observe ainsi, la radicalisation, en apparence, d’une partie du monde arabe, mais aussi les efforts d’éveil pour la renaissance africaine en lieu et place d’un package Marketing « d’émergence économique » soufflé sinon dicté par les acteurs et vecteurs de l’aliénation affective de toujours.

C’est dans cet ordre d’idée qu’il m’est apparu nécessaire de continuer à favoriser la création de ponts entre les terres mère et les diasporas sur le plan économique et identitaire et de revendiquer un tant soit peu une meilleure reconnaissance du statut ethnique:

« Une ethnie = une identité commune. Les pays qui ont favorisé l’établissement de peuples forts ont généralement délaissé la notion d’ethnie lors de leur constitution. De fait, l’appellation “entrepreneuriat ethnique” ne doit pas uniquement s’appliquer au phénomène issu de l’immigration dans les pays suscités mais aussi à l’entrepreneuriat local dans les pays où l’ethnicité est préservée. Les mécanismes sociopolitiques et culturels font souvent intervenir, dans ces derniers, les mêmes enjeux d’intégration économique pour des communautés ethniques composant les classes moyennes et populaires face à des minorités à privilèges. Cela concerne notamment les pays du sud (tiers monde) dont l’Afrique et sa diversité. Dans ce contexte cet entrepreneuriat se doit d’acquérir, à son tour, ses lettres de noblesse par sa compétitivité, la durabilité de sa performance et la qualité de ses extrants. »

Ceci pose donc le cadre d’une économie que j’appelle depuis « l’économie de communauté » qui comporte en son sein l’économie informelle des terres mère et l’économie ethnique des diasporas. Il va s’en dire, que la prise en compte des mécanismes communs de ces deux économies doit guider la recherche de solutions à l’insuffisance de revenus des populations concernées en marge de la gouvernance étatique justifiée ou non. C’est ce à quoi je m’attelle dans mon travail quotidien.

Je vous invite donc simplement à le suivre et à y contribuer avec les moyens qui sont les vôtres.

« La diversité humaine constitue la richesse du dépôt de la connaissance de Dieu dans les méandres de son vicariat sur Terre »

Votre corps voue le dit

La Parole est le vecteur de plusieurs dimensions de l’être et, à travers elle, se crée et se gère la stratégie d’une entreprise. Ce constat, qui est un rappel pour certains, me vient d’une discussion avec mon mentor sur l’état personnel dans lequel je me trouvais pour envisager l’avenir de mon projet entrepreneurial. Amoindri par une série de contrariétés dont je n’arrivais pas à émerger, mon discours se teintait d’une connotation négative qu’il a, à juste titre, relevé et adressé dans son intervention.

Je ne me contenterai pas de mettre de l’eau dans le moulin des professionnels et des coachs en communication, mais je partage une expérience de vie qui m’a replongé dans une notion que je semblais oublier : la définition de soi.

Il y a, sans doute, matière à réfléchir sur la démarche d’identification du projet ou du groupe de projets entrepreneurial que l’on choisit de mener dans sa vie. Toujours est-il, qu’il y a, idéalement, adéquation entre le capital de l’individu et les capacités auxquels il souscrit en mettant en œuvre les ressources dont il dispose dans le but manifester ses qualités d’entrepreneur. Dans cette logique le corps aura tendance à se vouer au dit de l’entrepreneur. Loin de simplement encourager la programmation neurolinguistique, et autre méthode Coué, c’est le réel alignement entre les trois composantes suscitées dans lesquels le dit reflète la qualité et non les deux autres. Ainsi, il est possible à un entrepreneur de montrer certaines qualités managériales sans pour autant avoir les capacités ni le capital pour accomplir le projet. La Parole serait-elle, elle aussi acquise, vécue, transmise (par le milieu familial) voire prédestinée ?

Pour illustrer mon propos, je me plonge dans mon expérience des pitches de projets entrepreneuriaux où j’ai pu noter, assez souvent, l’effet dissonant entre l’attitude des promoteurs de projet, l’idée et le discours. Ce dernier servant de liant aux deux autres. Bien sûr, des facteurs psychologiques entrent en jeu mais cela est hors de mon champ d’analyse.

Soyez donc attentifs à ce que vous dites de vous (votre corps) et de l’idée qui vous porte (votre âme) car la Parole sera encore pour longtemps (n’en déplaise aux adeptes des messages texte) le moyen de médiation avec votre être et avec les autres membres de la communauté.

Une main d’œuvre de qualité

Par les temps qui courent, plusieurs structures et individus se lancent dans l’accompagnement d’entrepreneurs participant ainsi à surprendre certains ou à agacer d’autres. Il est vrai qu’il existe un engouement certain pour ce métier et ce mode de vie face, disons-le, aux conditions de moins en moins reluisantes du marché de l’emploi. Pourtant l’entrepreneuriat n’est pas de tout repos et est loin d’être une voie aisée. C’est que les aspirations profondes de ceux qui s’y lancent tiennent semble-t-il d’une évolution, qui selon moi, a touché le stéréotype classique de l’humain qui a prévalu jusqu’à lors: l’homo oeconomicus.

La course effrénée à la consommation qui justifiait d’assurer des revenus stables et substantiels laisse progressivement place à un appel pour un style de vie fait de qualité de vie et de liberté. On ne se contente plus de servir loyalement un employeur mais aussi de disposer de temps pour réaliser des projets qui nous tiennent à cœur et qui participent à l’accomplissement de l’individus durant son passage sur Terre. Ce qui est recherché ici est la flexibilité dans les horaires de travail pour la communauté et surtout l’indépendance financière. Il est question ici d’Attitude et non de Système. L’économie libérale s’est basée jusqu’ici sur des théories (Systèmes) qui ne fonctionnent que si les individus sont forcés de tenir des rôles prédéfinis et orientés qui alimentent la production de biens et services dont dépendent un certain nombre d’indicateurs permettant de classer les états. Avec l’économie de communauté, l’humain (Attitude) se doit d’être à nouveau remis au centre des préoccupations pour son plus grand épanouissement et celui de sa communauté. L’ethnique et l’informel offrent alors un espace privilégié pour au nouveau prototype humain que j’ai baptisé: l’homo animus.

Dans cette perspective le contingent d’immigrants qui sillonnent la Terre à la recherche d’économies en besoin de remplaçant d’actifs ouvre la voie à un nouveau style de vie marqué par la qualité du profil et la faculté à s’adapter aux conditions locales dans une Attitude simple d’acteur économique polyvalent et transversal. Peut-on alors envisager qu’à terme la compétition entre main d’œuvre locale et immigrante influence la façon de travailler vers une plus grande mobilité de celle-ci ? Changement auquel résisteront plusieurs. Le tableau qui s’offre alors à notre vue est de voir un corps salarié constitué de plus en plus de consultants, pigistes et indépendants de tous horizons qui adaptent non seulement la nature mais aussi l’alternance travail-loisir au gré des projets qu’ils veulent réaliser. Bien sûr les employeurs eux aussi disposeraient d’une main d’œuvre plus souple à gérer en fonction des cycles de l’économie. Avec la polyvalence des acteurs et les tendances de l’économie, la transhumance des profils de ce nouveau type d’occupation double ait un impact social comportant plus de risque mais étant tout de même viable et durable pour garantir la cohésion et l’évolution. Bienvenue alors dans ce mode de production appelé à être découvert plus avant : le para-entrepreneuriat.

Du Système à l’Attitude économique

« Le capitalisme est un concept à la fois économique, sociologique et politique qui caractérise un système s’appuyant sur la propriété privée des moyens de production. Sa définition donne lieu à des variations dans l’espace et dans le temps, et en fonction des sensibilités politiques des personnes qui emploient le terme. Par ailleurs, l’un de ses fondements est l’accumulation du capital productif au travers de la réalisation du profit ».

Cette définition consensuelle et éclairante de Wikipédia nous introduit de plein pied dans la logique formelle, froide et quasi déterministe qui prévaut dans le moyen de médiation que représente le marché. Cependant, il ne nous vient pas à l’esprit de remettre en cause un système qui fait ses preuves ni de nous opposer frontalement aux principes qui sous-tendent ses théories. Notre propos s’oriente plus vers le Rappel des dérives issues de l’absence de modèle alternatif à l’économie libérale. Je le dis souvent, cette dernière fait cavalier seul depuis la disparition du bloc soviétique et a su imposer la mondialisation des échanges et à présent une forme d’oppression économique tout azimut dictée par les impératifs de la finance boursière. Notre mode de vie, d’Homme économique, subit adroitement l’influence des tenants de ce Système afin que celui-ci ne manque pas de vies à brûler. Ainsi, sans trop remettre en cause les paradigmes et les stéréotypes nous nous engageons dans une course folle (« rat race »)vers un rayonnement social fait d’un accès à la propriété de bien et de services par des voies pré-tracées et prédéfinies. Cette double possession de l’objet par l’Homme et aussi de l’Homme par l’objet, entraine inexorablement l’aliénation lorsque justement il n’est pas possible d’opter pour une autre source de satisfaction.

Fort heureusement, avec l’Informel c’est l’humain qui est remis au centre de la préoccupation économique. Non seulement par le lien fort entre le rituel de vie et le niveau de revenu mais aussi par le respect de l’identité par la fierté et l’effort engagé dans la production de biens et services utiles. Ici, l’Attitude est le référentiel de la médiation, de l’échange et surtout du partage. Un mode qui appelle non plus à définir de réelle théorie mais des philosophies prenant en compte la nature humaine mise dans le contexte et évoluant dans des environnements généralement critiques. Avec la succession des crises financières c’est sans doute vers les valeurs tangibles et stables de l’Informel que doivent se retourner les économistes les plus audacieux ou amis de l’Homme attitude. Ce n’est pas pour rien que l’économie informelle a su de tout temps garantir un filet social aux couches populaires dans le tiers monde tandis que la gouvernance des états reste enchevêtrée dans les suprêmes assises impérialistes. La réponse de la Méthode Ka est cette définition essentielle et initiale de l’économie de communauté sur le modèle précité:

« L’Éco animisme est une approche à la fois philosophique, idéologique et économique qui sous-tend une Attitude valorisant l’affranchissement des contraintes matérielles pour favoriser l’accomplissement identitaire et communautaire. Son application invite à des adaptations selon les diasporas et les couches populaires ou les utilités identifiées. Les fers de lance en sont les formes d’entrepreneuriat simple, ethnique et informels qui assurent aux générations d’humain la satisfaction d’un pouvoir financier transmissible par le capital, les capacités et les qualités.»

La lampe et le phare

La vie nous met parfois dans des conditions favorables pour observer les fils subtils que les marionnettistes qui entretiennent nos Systèmes Socio-économiques tant dans ses volets professionnels que entrepreneuriaux usent à notre égard.

Je profite d’un moment de mise au vert, pour me refaire de l’énergie que j’échangerai bientôt contre des billets verts le tout dans le parfait Éco logis voulu depuis l’expulse Sion… Ce moment de réflexion est donc porté sur les motivations profondes qui nous poussent à être entrepreneurs et les modèles qu’on nous propose çà et là pour nous inspirer dit-on. Je lisais à ce titre un livre qui me fait découvrir le pouvoir de la pensée dite prospère pour ne citer que celle-là mais dans un contexte plus général je me demandais l’important du conditionnement, l’empowerment ou l’autonomisation appelez les de vos propres mots pour aller à la conquête de la richesse. Beaucoup diront d’ailleurs qu’il faut savoir quitter son confort pour aller à la recherche de ce que l’on veut pour assurer sa mobilité sociale. Le pouvoir de la pensée ou de l’inconscient donc (si ce n’est le pouvoir de la pensée de l’inconscient)

Plusieurs individus sont gavés de levure et face à la chaleur du désir de réussir vite et bien qui les gonflent, gonflent et les poussent à prendre des risques pour s’apercevoir lorsqu’ils sont retirés de ce contexte de fourre que le soufflet est tombé ou qu’ils s’en sont tout simplement pris un.

Pour ma part la motivation première vient de l’intention. Elle est modérée et Lean. Elle est faite pour tenir longtemps les obstacles sans grand phare dans l’adulation ou l’humiliation. Elle guide la volonté qui s’applique surtout à des moments où la motivation baisse ou que l’égo durcit le cœur. Elle permet au noyau qui est notre nature première, intrinsèque et simple d’être aligné en tout temps avec l’objectif de vie que l’on a pour cette existence. A quoi bon se raidir et spéculer sur notre avenir et notre capacité à accomplir de grandes choses si celles-ci seront vaines un jour ou l’autre car considéré comme un sacrifice non sanctifié. Toujours est-il qu’une action se doit d’être prise face à nos résistances de changement : lâcher prise ou reprogrammation ? C’est un simple débat d’école de vie.

L’étape ultime du Message que je diffuse depuis plusieurs années maintenant est « La définition » : faire les choses simplement dans votre projet en y accordant toute les ressources à votre disposition pour un revenu que vous méritez d’obtenir et non visualiser un modèle de vie artifice hell.

Pour finir imaginez deux personnes qui ont peur du noir (symboliquement de manquer d’argent). L’un a une lampe qu’il allume chaque soir pour se guider dans sa maison. Elle est fragile et nécessite du soin et plusieurs ingrédients et surtout une étincelle à chaque début de pénombre. Elle est simple mais c’est la sienne et elle l’aime telle quelle, tout comme elle est reconnaissance pour le jour et la nuit qui alternent. Lorsque le jour vient, elle la nettoie et la range dans un coin pour l’usage suivant. Cette lampe c’est sa foi d’entrepreneur. Voyez aussi l’insolent, plein d’égo, qui choisit de vivre dans un phare qui ne craint plus ainsi l’obscurité et qui brule beaucoup d’énergie la nuit comme le jour. Il a su convaincre des banquiers de lui faire un prêt pour cette installation. Il ne veut devoir tout ceci qu’au pouvoir de son génie personnel, de sa pensée et à ses bonnes connaissances. Sans compter son groupe électrogène. Il veut être sûr de toujours ne pas manquer de lumière.

L’histoire raconte que D’yeux, quand le Feu lui est revenu, n’a trouvé qu’un seul cœur plein de vie.

« L’entrepreneuriat est aussi une expérience de vie avant même une simple quête de sécurité de financière. Elle passe donc par une Attitude qui aligne en tout temps, l’être entier sur la définition initiale du projet. »

Et si la Diaspora refusait l’intégration?

Le réveil sonne, le bouton de rappel permet de gagner 9 précieuses minutes après lesquelles on se lève encore plus fatigués. Lancer le café. Filer à la douche. S’habiller rapidement. Prendre son café en lisant les derniers post sur les réseaux sociaux. Vérifier les factures à payer dans la journée et ce qui manque pour les courses au retour. Le niveau de linge sale. Se dépêcher pour ne pas rater le bus et être en retard au travail. C’est mal vu d’être retard au travail. Et sans travail c’est la rue.

Voici en deux mots, une tranche de vie, prélevée dans un échantillon de la main d’œuvre constituant l’essentiel de la classe moyenne locale ou des diasporas. Dans le cas des nouveaux immigrants, bien souvent ceux qui n’ont pas forcément de support local en cas de difficulté majeure, que le risque est plus important de se retrouver dans une situation précaire qui pourrait s’accompagner à priori d’une frigidité dans le désir de mobilité sociale voire d’un désir de retour ou de nouveau départ vers une autre ville, un autre pays. Pourtant et c’est bien là le bât blesse, les membres des diasporas font partie des couches de la population les plus disponibles sur le marché de l’emploi (dit comme ça je ne choque pas encore). Rien qu’en 2011, selon Statistique Canada Le taux d’emploi chez les immigrants et les natifs du Canada âgés de 25 à 54 ans au Québec était le plus bas de toutes les provinces. Pourtant, le taux d’emploi des immigrants natifs des Philippines et âgés de 25 à 54 ans s’établissait à 85,6 %, soit un taux plus élevé que celui des natifs du Canada (82,9 %) et bien supérieur à celui de l’ensemble de la population née en Asie (73,1 %). Également depuis 2006, les immigrants natifs d’Afrique affichent le taux d’emploi le plus faible de tous les immigrants. En 2011, ce taux se situait à 70,1 %. Les immigrants nés en Afrique représentent près de 10 % de la population active immigrante âgée de 25 à 54 ans. Les immigrants nés en Afrique et résidant au pays depuis cinq ans ou moins, en particulier, sont davantage confrontés à des difficultés sur le marché du travail. Leur taux d’emploi s’établissait à 55,7 % en 2011. En revanche, les immigrants natifs d’Afrique et établis au pays depuis plus de 10 ans affichaient un taux d’emploi de 77,3 %.

Ces données qui ont sans doute évoluée depuis m’amène à m’interroger d’une façon similaire à Axelle Kabou (Et si l’Afrique refusait le développement ? l’Harmattan 1991) sur le bien-fondé de l’intégration dans des sociétés qui ne sont toujours pas ou plus prêtes à nous accueillir et où la cohésion sociale tient des liens franc ou hypocrite (protégé par la loi) qui unissent les différents groupes ethniques. Certes l’immigration se justifie encore par des raisons multiples que chacun trouvera plus légitime à son niveau. D’autant plus qu’un monde sans échanges ou chocs culturels serait assez triste à concevoir à la longue et ne serait pas une réponse adéquate aux excès passés de la mondialisation. Là où je veux en venir modestement, sans pour autant écrire un livre dessus. C’est de nous poser la question : pourquoi continuer d’investir sur un sol dont le Système n’est fait que pour exploiter notre sel d’Homme en partager le fruit ?

Observons le tableau d’un immigré travailleur qualifié, fraichement arrivé. Son CV et sa lettre de motivation ne sont pas conformes (4 jours minimum de pénitence), dont les diplômes ne pas tous conforme (reconnaissance quasi obligatoire). Qui reprend des études avec un système de prêt et bourses (vicieux). Qui trouve un emploi alimentaire à l’issue de son parcours académique pour payer son prêt d’étude. Qui tarde à trouver un emploi dans son domaine car il n’a toujours pas l’expérience québécoise qui vient disons le plus facilement avec un réseau local. Il s’améliore en anglais en trainant avec des amis caribéens. Puis son diplôme devient obsolète. Il doit à nouveau transférer ses compétences vers un autre métier. Fort heureusement il trouve du travail (après baisse des attentes, le lavage de cerveaux est passé) et doit s’acheter une voiture pour y aller. La banque prête. Il rencontre sa conjointe et au bout de quelques années. Ils décident de fonder un foyer. Ils pensent à acheter d’abord. La banque monte un dossier d’hypothèque. Les quelques rares vacances se font sur carte de crédit. Un de plus pris dans l’engrenage des dettes qu’il gardera toute sa vie jusqu’à son décès (et qu’il paie à son âme) et ses enfants vendront tout pour sauver le peu qui reste. Et à eux même leur propre combat face à l’aliénation des dettes.

C’est là encore le triste quotidien de beaucoup. On ne se le répèteras pas assez qu’il s’agit d’un Système que même les natifs, locaux, « alocaux » sont pris dans le même piège à la différence du patrimoine bonifié et transmis pour certains. D’aucuns vous diront que c’est un gage de maturité et qu’il faut assumer ses responsabilité vs ceux qui se joue du Système en rebelles. Je ne juge pas, je jauge.

Quand l’intégration ne garantit pas à l’individu de jouir des mêmes possibilités de mobilité sociale et d’indépendance financière que son hôte et le confère à un rôle qui ne consiste qu’en la consommation de produits et services censé faire tourner l’économie, à quoi bon s’obstiner à être les bons élèves de cette hospitalité ? On se doit de réfléchir à deux fois à nos choix de vie dans notre époque. Il est temps en effet d’envisager de nouveaux styles de vie, pouvant nous permettre de nous adapter aux contraintes civiques et légales qui pèsent sur nous sans pour autant se laisser abuser en tant que victimes faciles de règles mafieuses ou pernicieuses. Par exemple, pourrait-on, nous aussi, vivre en expatrié, sur nos terres d’immigration ? Évitant l’assimilation et œuvrant pour nos communautés respectives tout en contribuant à l’économie locale de façon équitable et non avec amertume. C’est l’excès d’iniquité dans le traitement de la main d’œuvre immigrante que je me permets de fustiger ici.

Pour ne pas être long, j’estime qu’avec l’entrepreneuriat et ce que j’appelle le para-entrepreneuriat (à mi-temps), il est possible de poser les bases d’une alternative à ce système implacable. Et ceci non pas par rejet ou en mettant en place un autre système comme l’a été le bloc soviétique mais en misant sur la place prépondérante que doit jouer l’humain dans l’économie notamment par la force et le moteur de sa voie informelle. C’est donc une question d’Attitude à mettre en avant à travers des principes très simples tels que la recherche systématique de la richesse assortie d’ascétisme, la solidarité en communauté, l’effort réaliste, la connaissance, le patrimoine transmissible et encore d’autres que je développe dans mon modèle économique qui vise cette réappropriation du Futur économique du Peuple que je nomme « l’a-guère » mais qui n’est représenté que par les membres bigarrés des mains d’œuvres ethnique et informelle (d’uniforme et de sang Noir) qui font dans notre contemporain leur conversion à l’entrepreneuriat par la force des choses (contexte économique) et surtout pour réaliser à chaque génération un saut quantique dans le revenu de leur communauté.

C’est là, la vision que je partage sur :
http://www.theleanintention.com/ et qui est le cœur de mon deal:

« Faire de l’économie informelle une alternative de qualité au système libéral »

Le Leader cheap

Avant toute chose je tiens à remercier ceux qui me lisent depuis toutes ces années et qui, je l’espère y trouve toujours un intérêt. Ceci dit je voulais écrire un article court sur un fait paradoxal qui m’a frappé cette semaine et qui était en gestation dans mes prises de position précédentes: Le Leadership.

Pour beaucoup cette faculté fait l’objet d’un grand attrait et est même enseigné à l’université. C’est dire l’importance d’en faire preuve que ce soit dans la vie professionnelle ou en entrepreneuriat. Mais qu’est que le Leadership en mot simples : C’est l’influence sous diverses formes d’un individu ou d’un groupe d’individus sur un autre groupe. Ce sont des compétences personnelles qui lui donne une différence et qui lui permet d’être écouté et suivi par un groupe de personne (Wikipédia)

Dans cette logique des choses le Leadership est vu sous un angle actif; on est l’acteur et les autre plus ou moins suivent ou adhèrent. Bien sûr il existe la manipulation mais c’est un cas que je ne traiterais pas là. Cette tendance guide actuellement la plupart des concepts de coaching de vie ou de personnalité. On soigne, son image, ses prises de paroles, on travail sur soi, sa psychologie pour être le plus apte à être élu par la prophétie de la réussite ou de l’espoir.

Mais là où j’ai moi-même été pris au piège de ce processus de passage en mode charismatique c’est que je me suis aperçu le vrai bonheur se trouve non pas dans le Leadership tel qu’il est vendu mais dans le Leader cheap tel que je vais vous le présenter. Excusez d’avance mes références qui ne sortent pas de la dernière école de commerce mais ce Leader Cheap est celui du Christ Jésus qui a accompli un travail colossal d’accompagnement des foules sans se mettre à un niveau vraiment supérieur à eux, en réalisant des principes très simples comme « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Dont le point culminant se trouve dans Jn 13. 1-17.34.

Vous aurez compris ce Leader Cheap revient à servir les autres pour leur bien et non les diriger vers des buts bien précis qui nous arrangent plutôt.

Ce changement de perspective vous concerne particulièrement lorsque dans la définition de votre modèle d’affaire et de votre buyer personna vous décidez de maximiser le profit en répondant à des besoins auquel votre clientèle ne peut se passer ou à vous mettre au service de celle-ci pour la faire évoluer sur ces fameux besoins pour qu’elle puisse se sentir mieux vis-à-vis deux.

Est-ce qu’un médecin vous attendra patiemment pour vous prescrire un médicament quand vous saurez malade ou vous donnera des conseils pour aller mieux et ne plus revenir pour les mêmes problèmes ? De façon caricaturés et dans une logique d’affaires, est-il éthique ou inique de vivre au frais des besoins et dépendance des client pour créer sa richesse et sa valeur. Sachant que le client lui-même est perdu dans sa propre adaptation face à l’évolution du Monde.

Le Leader cheap serait donc de se mettre au service du client pour lui résoudre ses problèmes, autant que possible l’éduquer et lier une relation de solidarité qui n’a pas besoin de se justifier dans la fréquence de remplissage d’un formulaire de base de données. Nous sommes des Hommes nous vivons d’empathie et même si le commerce et l’entrepreneuriat prennent une tournure virtuelle nous ne devons pas perdre les liens communautaires où l’Hommes est au cœur des échanges par sa Parole (par extension l’expression de son Sentiment).

« Le Leader cheap c’est servir son ami Simple. »

L’art de la modération

Être entrepreneur tient de l’art de prendre de risques pour voir aboutir son rêve, sa vision. Cependant des extrêmes existent entre ne pas vouloir mettre un sou dans son idée et vouloir seulement financer par des dons et du love money ou carrément vouloir uniquement souscrire à des prêts parce qu’on est sûr qu’on tient le bon filon. La logique voire la Sagesse veut de tenir la voie du milieu en toute chose et entrepreneuriat, cette doctrine s’appelle le RÉALISME et s’oppose radicalement au déni.

Il s’agit vous vous en doutez de deux Attitudes, tant vous vous familiarisez à mon discours qui est de corriger cet aspect de notre être.

Le réalisme demande à tout moment de tenir compte de l’état fidèle de ce qui est vécut sans chercher à y ajouter des mots en voile ou trouver des raisons pour justifier systématiquement que l’on a perdu l’alignement entre notre âme (contenant notre Définition) et les actions du corps (posant les actes). Je rappelle que l’Attitude est la disposition intérieure et le comportement extérieur. Ce réalisme n’est autre que le résultat de ce que j’appelle une intention lean (voir définition sur http://www.intentionlean.com/) qui permet de se délivrer de tout ce qui entrave la source de l’action pure de l’entrepreneur notamment sa capacité à définir sa stratégie à partir de sa vision à y croire, fédérer autour d’elle, prospérer et partager information et monnaie à la communauté.

Face à cela le déni nous renvoie à nos peurs, nos doutes et notre égo tantôt glorieux tantôt de victime. Très clairement le fait de résister à la Vérité ultime qui nous fonde (une âme = une vérité) et nous demande à l’aimer pour équilibrer l’être en vie. Un entrepreneur doit pouvoir travailler suffisamment sur lui pour faire émerger son art de de vie (Un Homme, Un Projet, Une Philosophie) en dedans de la croyance divine qu’il a mais en créant une spécificité qui une voie droite qui le lie à la grande Source d’Inspiration de son action sur Terre et dans le marché. C’est avec cette forme d’éthique un tant soit peu spirituelle et identitaire que l’on peut espérer voir émerger çà et là des projets non seulement équitable, respectueux de l’environnement mais aussi qui respectent la Loi séculière de la modération en toute chose ; y compris nos activités dans le domaine des affaires.

Je vous invite à découvrir cette philosophie à travers mes écrits de science entrepreneuriale et mes écrits littéraires qui forment un corps de connaissance à destination de la main d’œuvre immigrante économique voulant faire sa transition vers le monde des affaires dans les Cités puis aider solidairement les pairs restés dans les terres mère…

« La modération est l’art qui produit l’attitude de correction. Toute deux conduisent à la création de richesse et de valeur par l’effort pris dans un art de lâcher prise de l’être face à la Vie »

Vers l’avènement de l’économie en religion et de l’informel en philosophie…

La foi est le point de convergence d’un travail de réflexion et de conceptualisation économique effectué depuis quelques années par une équipe projet à Montréal. Le but est, non seulement, de permettre à des « Croyants » d’ouvrir leurs horizons vers la philosophie personnelle et l’adoration intime de Dieu conformément à leur degré d’élévation spirituelle et aussi de permettre à des « Profanes » (que nous évitons d’appeler « Athées») de rejoindre ceux-ci dans l’adoration de Dieu par des termes quelques peu galvaudés mais moins chargés en connotations religieuse pure qui ont eu tendance à refroidir certains par excès d’ostentation ou de bigoterie parfois (Jn 4 :23). Cette mise à un niveau équitable du « Croyant » et du « Profane » peut constituer un apport pour l’humanité car, sans édulcorer les rites et cultes, elle permet de simplifier la proximité à Dieu à travers l’appréhension des manifestations de la Force vitale (Énergie de vie) d’après les connaissances de ceux qui la manipulent le mieux c’est-à-dire les Animistes. L’économie offre une nouvelle dimension pour l’instauration d’une relation à Dieu permettant à long terme de régler le problème de la pauvreté en brisant ainsi, par la philosophie, la croix dogmatique qui sépare les quatre familles spirituelles élues de Dieu (Coran III,33-34). C’est donc un pas en avant dans la mise en place du tableau eschatologique auquel les plus avertis se préparent. Les nuances apportées et les changements de perspectives opérées par le projet mené par cette équipe ne visent pas qu’à rétablir l’adoration de Dieu dans son Immanence et sa Transcendance, dévoiler la permanence de la Force Vitale et mieux faire prendre conscience de l’impermanence du Monde. L’un des aspects les plus ambitieux est d’expérimenter un mode d’enrichissement (devenu essentiel dans notre contemporain comme arme d’affirmation dans le concert mondial, national ou local) aux diasporas (entrepreneuriat ethnique) et couches populaires (entrepreneuriat informel) regroupés dans la catégorie des migrants économiques (dans le cadre de ce que nous appelons désormais « l’économie de communauté ») pour leur permettre d’être respecté dans leur sensibilité identitaire et leur choix de rituel de vie.

Ce projet est une approche de management informel qui, nous l’avons dit, est une tentative de modélisation d’un ensemble de pratiques issues d’une Attitude économique dite de « Correction » de ces groupes cibles. Les aspects théoriques et doctrinaux viennent d’un effort intense d’observation, de méditation, d’analyse et de dialectique s’appuyant sur un cadre spirituel. Les aspects pratiques font l’objet d’essais-erreurs des membres actuels de l’équipe qui appelleront aussi ceux de potentiels contributeurs à cette démarche. Ce, à la fois pour viser l’enrichissement en gagnant des marchés mais aussi en appliquant des règles de gestion Agile et Lean pour mieux justifier que ces modèles soient entretenus en Think Tank. Les résultats de ce projet cherchent donc leur public d’accueil même s’ils se destinent nominalement aux mains d’œuvre locales, immigrantes et informelles. Humblement, nous ne perdons pas l’espoir qu’il y ait une place pour ce travail et que Dieu dans sa Sagesse saura nous guider vers ceux qui y verront une solution à leur problèmes économiques notamment les situations financières critiques. Nous ne croyons pas en un Système pour lutter contre un Système. Ceci se transforme vite en une partie d’échec. L’avantage de ce projet est qu’il joue sur l’Attitude économique et remet l’humain au centre d’une économie exacerbée par l’appétit insatiable de l’homo oeconomicus. Cela demande donc beaucoup d’apprentissage pour le prototype humain contemporain l’homo animus pour arrêter de réagir aussi de façon conditionnée aux sollicitations de l’environnement mondain. Par exemple, le modèle du para entrepreneuriat que nous proposons et qui préconise, grosso modo, un emploi partiel, pour payer les charges fixes de vie tout en développant une activité économique en parallèle, pour gagner son indépendance financière, permettrait de limiter le risque entrepreneurial et d’assurer un accomplissement humain par la fierté de promotion d’un projet d’affaires personnel à ceux qui sont de plus en plus étouffés par les contraintes du monde professionnel.

Pour nous il y a deux piliers ou législations dans l’adoration de Dieu sur Terre et ceux sont l’Animisme, qui revoit vers l’immanence de Dieu (Dieu est Amour) et l’islam qui met l’accent sur la Transcendance de Dieu (Coran CXII). Ceci dit, le postulat de départ de l’ensemble de ce projet mis sous forme de plusieurs livres de fondements et de guides pratiques est que ce qui unit « l’Homme d’Uniforme et de Sang Noir », besogneux et faisant preuve d’abnégation, est sa relation naturelle et spontanée avec le divin. C’est la raison de la présence de la foi dans notre approche économique qui vise à fonder les conditions favorables et inéluctables du retour à l’équité dans la répartition des richesses dont les corollaires sont la disparition de la perception de précarité et de pauvreté. Ce renouveau spirituel doit permettre à des « Croyants » et « Profanes » d’user de leur cœur identitaire pour élaborer des stratégies commerciales proche du divin (éco logique?) par la philosophie qui tient compte de la maturité actuelle de l’humanité. Comme toute (re)découverte dans un domaine si sensible, il est bon de garder l’esprit ouvert sur l’énoncé de la théorie, les aspects pratiques et toute critique constructive. Ce projet que nous souhaitons vous présenter progressivement s’appelle la Méthode Ka. Il se propose d’ouvrir la voie à un courant économique informel: l’Éco Animisme. Restez à l’écoute!

« Attitude, Correction, Simplicité, Modération. »

Conclusion

Voici 4 ans de travail qui nous ont permis de préciser la dimension de notre Message « Chaque Homme est important aux yeux de Dieu. » dans le domaine économique avant même celle spirituelle. Vouloir venir à bout de la pauvreté d’ici 2030 est une utopie qui vaut tout de même la peine de se mobiliser dès maintenant. Cela demandera sans doute la contribution de toute l’humanité sans distinction de race pour que le niveau social ne soit plus une perception discriminante et pénalisante. Il faut supposer qu’il y aura toujours des riches et des pauvres mais que la répartition des revenus peut redevenir équitable. Parler de fait ethnique n’est pas une occasion de repli identitaire mais un meilleur apprentissage de soi pour aller vers l’autre et construire ensemble sans entropie ni édulcoration culturelle. « Vous êtes le sel de la Terre » disait un certain J. Doit-on alors appeler alors de nos vœux une mondialisation d’un communautarisme prônant identité et partage pour l’avènement d’une économie fondée sur une réalité fertile de notre contemporain: l’Interculturel.

Dans notre collection

La firme The Wisemen Council s’est engagée à publier des livres numériques selon trois lignes éditoriales à savoir « le Développement économique », « l’Identité ethnique » et « le Développement durable ». Notre but est d’accompagner l’effort de réappropriation du Futur économique et le renouveau de la civilisation Noire dans une logique de valorisation et de partage aux autres cultures de sa philosophie et de son Attitude informelle. Notre collection s’inscrit dans le cadre du projet de recherche empirique de son Think Tank, la Méthode Ka, ainsi que de ses activités de consultation en Stratégie de projets.

Publié à ce jour:

Collection Développement Économique:

Catégorie Analyse
Un aperçu des défis au sein de la communauté des entrepreneurs ethniques, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2015, ISBN: 978-2-924872-24-6.

An overview of the challenges within the ethnic entrepreneur community, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2015, ISBN: 978-2-924872-21-5.

L’entrepreneur informel entre efforts et peu de richesse, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-22-2.

The informal entrepreneur between efforts and little wealth, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-23-9.

Catégorie Guides
Une entreprise ethnique en 40 heures, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-20-8.

Business in the box, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-13-0.

L’art de s’intégrer par l’entrepreneuriat, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-15-4.

Successful Citizens through entrepreneurship, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-19-2.

Stratégie de projets ethniques, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN 978-2-924872-17-8.

Ethnic Project strategy, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN 978-2-924872-14-7.

Réussir par la voie Informelle, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN 978-2-924872-16-1.

Succeeding through the informal way, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN 978-2-924872-18-5.

Catégorie Manuels
Attitude, Correction, Simplicité et Modération, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2017, ISBN 978-2-924872–41-3.

Catégorie Précis
Comment fonder mon entreprise Informelle, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-03-1.

How to settle my informal enterprise, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-04-8.

Comment présenter mon projet informel à des personnes a ressources, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-05-5.

How to present my informal project to people of resources, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-06-2.

Comment créer mon entreprise ethnique, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-07-9.

How do I create my ethnic business, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-08-6.

Comment lancer mon entreprise ethnique, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-09-3.

How to launch my ethnic business, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-10-9.

Comment faire durer mon entreprise ethnique, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-11-6.

How to make my ethnic business last, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-12-3

Catégorie outils
Gabarit pour rédiger un plan d’affaires informel, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN : 978-2-924872-31-4.

Template to write an informal business plan, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN : 978-2-924872-32-1.

Gabarit pour rédiger un plan de stratégie Marketing informel, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN : 978-2-924872-33-8.

Template to write an informal strategic Marketing plan, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN : 978-2-924872-34-5.

Collection Identité Ethnique:

Catégorie Citations
Les Anges dans l’esprit, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-25-3.

Catégorie Nouvelles
Le Point, quatre saisons pour reconstruire (édition révisée), Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2013, ISBN 978-2-924872-26-0.

Au nom de l’a-guère, le jour du réveil, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2015, ISBN 978-2-924872-27-7.

Catégorie Roman
The Black Kingdom, la voie des dieux, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2013, ISBN 978-2-924872-28-4.

Collection Développement Durable:

Catégorie Méthode Ka
Introduction à la Méthode Ka, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2013, ISBN 978-2-924872-30-7.

Introduction to the Ka Method, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2013, ISBN 978-2-924872-29-1.

Charte de projet de la Méthode Ka, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2012, –

Ces livres sont disponibles à ce jour en version PDF sur Amazon.

Crédit photo: Awa Lake Diop

Arnaud Segla M. Sc., M. Sc. Admin., CAPM. Consultant Manager et Coach en entrepreneuriat social, ethnique, informel et numérique. J’organise et anime des activités d’apprentissage et accompagne plusieurs entrepreneurs dans l’atteinte des objectifs de leur projet d’affaires.

Depuis 2009, j’offre des services de consulting pour les projets en entrepreneuriat ethnique et informel dans le cadre du développement économique et identitaire des mains-d’œuvre migrantes. Je m’associe à toute bonne volonté pour concrétiser ma vision avec l’entreprise The Wisemen Council.

 

Open chat
Hello. Welcome on ECO World Foundation. How could we help you?
Salut. Bienvenue sur la Fondation du Monde ECO. Comment pourrions nous vous aider?