ARNAUD SEGLA
Le Cri de la Calebasse
III. Oasis à l’orient

« Je m’assois sur la margelle et puise dans ma soif »
Prose
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Segla, Arnaud, 1978-, auteur
Le cri de la calebasse / Arnaud Segla
Sommaire: 1. Arôme antique — 2. Perles d’exil — 3. Oasis à l’orient
— 4. Noir mystère.
Comprend du texte en anglais.

ISBNKDP: 9781791673154 (vol. 1)
ISBNKDP: 9781791676230 (vol. 2)
ISBNKDP: 9781791678388 (vol. 3)

I. Segla, Arnaud, 1978- . Arôme antique. II. Segla, Arnaud, 1978- . Perles d’exil. III. Segla, Arnaud, 1978- . Oasis
à l’orient
. IV. Segla, Arnaud, 1978- . Noir mystère. V. Titre.

PS8637.E445C74 2018 C
848′.6 C2018-940659-3

PS9637.E445C74 2018

Dépôt légal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2018 Bibliothèque et Archives Canada, 2018

Maquette et mise en pages: ASSOUKA
Photo de couverture © Unclesam
Conception couverture: Sullyvan Aguiar Paterson
admin@thewisemencouncil.com.
“Chaque Homme est important
aux yeux de Dieu”

A ma famille de cœur
Aux sujets de contemplation pour la transparence de leur être et la vie en eux
Aux muses; de l’attraction entre l’assoiffé et la source naissent les plus beaux puits de poème.
ASSOUKA

Ce livre est une invitation au repas, au divertissement.
Venez tremper votre cœur dans l’une des calebasses, y goûter la saveur, en ressentir la fraîcheur et espérer rassasier les faims de l’âme…

Installez-vous dans mon diwan et mettez-vous à l’aise.

Table des matières
Table des matières 7
Introduction 16
Préambule 18
RaCONTE 19
Une histoire, cent noms 21
Le Vent et la Mer 22
La Mouche et le vieux Mourid 25
Le chaudron de noix de palme 27
La Graine et l’ondée 29
La salade 32
Oh?! 34
Le papillon et la Flamme 36
La poule aux yeux d’or 37
Les trois Ouvriers 39
La charrette 41
L’accomplissement 43
La soupe 44
La Crinière 46
Une tranche d’Acoustica 49
Parcours immigrant 57
PROSE À HIC 61
Margelle 62
Viens me chercher! 63
Prison de vers 63
Elle est mon Phare 64
Ton sceau me suffit 65
Sourires d’amitié 66
Créée 67
J’ai cherché 68
Deux pour toujours 68
La vitrine des envies 69
Amour et refus 71
Ver solitaire 72
J’apprécie ton silence 72
Enjeux 73
Blessure bénie 74
Peuplade 75
Le faste fou de… 76
A croquer 77
Acoustica… 78
Cœur malade 79
Délai d’attente 80
Ève 82
Prolétaire et Pro lettré 83
Et si un jour… 84
La porte arrière 85
Le passé c’est le passé 86
Sens déçus, de saoul 88
Le piédestal 89
Sychar 90
Djohodo 91
Tension 92
Patience 94
URBAN JAM 95
Son nom à elle 97
Ceci est mon corps 99
The Source 100
Chrysalide 101
Échange 102
Aube (Dee) 103
Le mur du son 104
Bâti 105
Empreinte 105
Berge 106
De l’outrance à la Simplicité 107
Combien 108
Distance 109
Mon image 110
Le pet drôle 112
Éphémère 113
Retrouvaille 114
Spleen 115
Lunette 116
Refugié 117
Descente 118
Le Fou 119
Merveille 120
Primal 122
Falaise 123
Sans draps 124
Aya 125
Désert 126
Automne 127
Taxi Maboul* 128
Dada 129
Ensemble 129
Flamme 130
Éternité 131
Miséricorde 132
A ma terre 133
Songe et désir 134
Just to say High 135
Inspiration 136
Zéro 137
Nomade 138
Racines 138
Arte negro 139
Fier 140
J’ai perdu la vie 141
Puits 142
L’appel du Temps 142
Percée 144
Taslim 144
L’ivre dort 145
Cœur acoustique 145
Emprunt 147
Léger 148
Urinoir 149
L’Iceberg 149
Le Temps est mort 150
Obole 151
Mots ris bas 151
A quatre temps 152
Alafia Africa 153
Couverture 154
Épitaphe 155
Colliers à Bali 156
L’Arche 157
Premiers pas 158
Des espoirs 159
Sodown 160
Rencontre 161
Émoi 162
Offre 163
Naufrage 164
De Juda 164
Home cooking 165
Ô ami! 167
Back 168
As One 170
Kizomba Canada 172
A pas perdus 173
Samba 175
Sin Kété 177
Témoins silencieux 177
Obone 178
Summertime 180
PENSÉES 181
Thierry l’ermite 182
Coquillage 183
Câpres 183
Bougon 184
Aubaine 186
Réveil 187
Fuite 188
Prodigue 189
Transmission 190
Anges 191
Corail 192
Duniah 193
Ilot 194
Attitude 194
Évolution 196
A QUOI ÇA RIME? 197
Une question de filiation en fiction 198
L’exil du retour 199
La définition 201
Une longue tradition antistress… 202
Terre, des Hommes ! 205
Dans notre Collection 207
Collection Développement économique : 208
Collection Identité ethnique : 213
Collection développement durable : 215

Introduction

Dans la longue succession des élus suscités parmi les peuples les plus inattendues, le Message n’a cessé d’être relayé dans une épuisante course contre l’oubli et l’ignorance. L’art et l’écriture ont depuis toujours accompagné ce sacerdoce privilégié au nom de la Sagesse et du sens noble de toute vie. A défaut d’être prophète ou messager honoré, l’écrivain apporte, par son travail, sa contribution au balisage du Chemin de vie que nous traversons dans cette existence, ce Monde.

Le contenu du témoignage des écrivains est teinté d’une dualité, d’un combat d’école de pensée, d’une ligné différente dans les façons de faire.

Le défi pour les lecteurs est de retrouver sa famille dans ce qui fera mettre en résonnance cette partie intime du cœur ou de l’esprit (cf Le Gospel des artistes – Arôme antique).

En guise de conclusion, le sage africain Amadou Hampaté Ba nous rappelle dans son livre « Jésus vu par un musulman » :

« Il faut garder à l’esprit que le plus grand des bienfaits, c’est la nourriture spirituelle qui nous éclaire et nous transforme, et nous ouvre à l’amour vrai du prochain. C’est elle qu’il faut demander. Le reste viendra par surcroit. »

Préambule

Hessivi porta la Calebasse à sa bouche et but de son eau. Puis elle la chargea sur sa tête et s’en alla par-delà les chemins pour abreuver ceux qu’elle rencontrerait et qui voudrait se rafraichir. Elle s’excuserait auprès des ivres orgueilleux qui ne trouvent plus de saveur à l’eau.

Elle chante sur son chemin, elle transpire mais ne souffre pas car elle a offert son combat à Dieu. Voici que les premiers assoiffés apparaissent. Pour chaque gorgée du précieux breuvage, une pensée, un conte, un poème…
Suivons la route de cette eau en nous, voyage de ces mots dans notre cœur, buvons…

RaCONTE

«Je voulais, expliquai-je, avant qu’il soit trop tard sauver de l’oubli leur passé et le mode de vie de leurs pères, en noter le témoignage à l’intention de leurs enfants» Denise PAULME*

Traditions ou le devoir de mémoire…

A défaut de mettre sur écrit tout le patrimoine culturel du continent noir ou des autres régions du globe, c’est toute la tradition de la composition du conte ou de la parabole qui s’étiole avec le temps.

Le témoignage plein de sagesse ponctué par l’illustration qui marque l’esprit est l’art noble qui se doit d’être transmis de génération en génération au hasard de l’accomplissement d’adultes que la vie se charge d’initier par-delà les villages…

*extrait de « la mère dévorante », Edition Gallimard 1986

Une histoire, cent noms

On raconte, à l’époque où les hommes et les bêtes se parlaient encore, que D’Yeux avait plusieurs créatures qui l’appelaient par son nom mais dans leurs langages respectifs. Quand d’autres d’une autre génération arrivèrent, D’Yeux se désigna sous un autre nom aux nouveaux venus pour qu’ils aient recours aussi à Lui mais avec un respect correspondant à leur rang dans la lignée. Ils pouvaient savoir de quelle génération venait les appels à l’aide et les louanges. Et ainsi de suite jusqu’au jour où il révéla, dans un esprit d’amour véridique et de raison, un nom unique pour que tous l’appellent de façon simple et légitime. Il changea les états civils des créatures pour une désignation générique dans la diversité de leurs natures pour que tous descendent de lui et lui soit rattaché en appartenance. Puis ayant atteint son objectif, il se retira du monde dans son trône suprême. En son absence, il laissa planer son esprit pour que quiconque puisse se souvenir de son œuvre et s’instruire des bienfaits et dons de la nouvelle alliance. Il était l’unique aux noms autrefois multiples. Aujourd’hui encore ces noms se transmettent pour le souvenir et pour la connaissance, pour la louange et la prière. Chaque peuple ayant reçu son lot d’avance, il donna à chacun de suivre sa Voie en Vérité et par l’Esprit qui sait le reconnaitre.

« Il est le Créateur unique sous toutes les appellations et les rites mais à tous de respecter la foi véridique qui mène à lui »

Le Vent et la Mer

Dans une contrée lointaine, on raconte que le Vent était tombé amoureux d’une Mer stable. Il passait ses jours à sillonner ses eaux en lui racontant des vers. Il négligeait ce faisant d’apporter de l’air frais et des nuages à la Terre qui suffoquait. La Mer voulait s’unir au vent mais leur amour se heurtait à l’impossibilité d’une union physique tant leur nature était différente.

Le Vent se confia au Désert le sage morceau de terre qui passait ses journées à méditer en silence, seul au soleil. Le Désert l’écouta et lui dit : « si les mains ne peuvent façonner l’eau, c’est pour que l’argile puisse se rendre utile en donnant une image au rêve de l’Artiste ». Le Désert lui dit encore ceci : « Accepte d’épouser la Terre que tu méprises pour mieux t’unir à la Mer de tes désirs »

Le Vent avait longtemps craint les obstacles terrestres car ils le limitaient dans son ivresse de célérité. Il accepta de se sacrifier et osa à nouveau s’engouffrer dans la Terre pour la parcourir. Un jour qu’il peinait à contourner une imposante montagne il vit un cratère et voulut s’y reposer. Il fut happé par la dépression et se retrouva au cœur de Terre. Il chercha son chemin pendant des jours dans un dédale de galeries et commençait à suffoquer par le manque de mouvement et d’espace. Dans son agonie, il aperçut une faible lueur dans la voute de la grotte qui le retenait prisonnier. Ilrassembla toutes ses forces et fonça vers ce dernier espoir.

On raconte que depuis ce jour, les eaux de la mer sont devenues vives, parcourues par mille bouillonnements ressemblant à des frémissements d’amours et ponctués ça et là par des colonnes d’eau ascendantes. Des geysers et des tourbillons d’une rare beauté qui émerveillent Terre Ciel et Mer.

Si un jour vous traversez les eaux de cette mer peut être entendrez-vous les chuchotements d’un couple dans sa félicité, une Mer et un Vent unis par une Terre d’épreuves.

La Mouche et le vieux Mourid

Dans la décharge de Mindoubé, on raconte qu’une mouche citadine s’était un jour trouvée bloquée dans la maison d’un vieux Mouride. Elle avait fini comme à l’accoutumée de faire le tour des poubelles du voisinage quand elle se sentit attirée par la fraicheur qui se dégageait de la maison du Mouride.

Elle y entra par la porte arrière qui était entrebâillée. Elle vit le vieux Mouride recevoir un enseignement de la part de son maître Soufi. La fraicheur de la sagesse transmise emplissait tout l’espace.

Hélas le temps se dégrada et un coup de vent claqua la porte. Après avoir écouté l’enseignement lumineux du maître Soufi, elle ne put retrouver son chemin car toutes les issues étaient fermées. Elle passa un long moment à buter sur les parois des vitres et sur les lampes.

Le soir venu, elle n’était toujours pas libre mais lasse de son combat. Le vieux Mouride pris de compassion pour l’insecte éteignit toutes les lampes à l’intérieur de son foyer et en alluma une dehors. Il ouvrit grandement la porte arrière et attendit que la mouche retrouve ses repères.

Effectivement, celle-ci vit au loin la lampe luire et sentit l’odeur familière des poubelles. Elle fonça dessus ne suivant que son instinct et, ce faisant, elle quitta le domicile du vieux Mouride qui était devenu sa prison involontaire.

« Alhamdoulillah! S’écria le vieux Mouride. Puisse Allah avoir également miséricorde sur nous et qu’il éteigne les lumières illusoires de ce monde où nous vivons afin que nous quittions les prisons et les voiles de l’Ego pour voguer vers la sainte Lumière. »

Le chaudron de noix de palme

Dans le creux d’un arbre de la forêt de Savè vivait une grande famille d’écureuils bruns peu doué en sport. Un jour, la Mère décida de préparer un plat pour redonner du tonus aux membres de sa famille. Elle alla au marché et ramena un régime de noix de palme qu’elle égrena et fit cuire pour en faire une sauce épaisse. Ayant fini l’étape de la première cuisson elle laissa le chaudronplein de noix et monta se reposer dans le tronc avant l’épuisant exercice de pilage des noix au mortier. Elle obtiendrait ainsi du jus et de l’huile pour sa sauce.

Pendant son sommeil, le Mari pris d’une fringale saisit quelques noix et s’en alla en se disant : « J’ai vu combien il y en avait, j’en ai pris qu’une partie, je pense aux autres, j’en laisse ». Puis vint l’Ainé qui puisa discrètement dans le chaudron en disant : « J’ai vu combien il y en avait, j’en ai pris qu’un peu, je pense aux autres, j’en laisse. » Ainsi de suite jusqu’au Dernier de la famille qui laissa une dernière noix dans le chaudron.

Quand la Mère se réveilla pour piler les noix, elle ne trouva qu’une seule noix dans le chaudron. Elle rassembla la famille et demanda qui avait pris les noix dans le chaudron. Les uns après les autres les coupables se justifièrent : « Quand j’ai vu, il y en avait assez. Je n’ai pris qu’un peu et j’ai pensé aux autres. J’en ai laissé. »

La mère poussa un grand soupir de découragement et leur demanda « Vous avez tous pensé aux autres mais il y a-t-il une personne qui a pensé à vous tous privé de sauce ce soir par vos actes isolés? » Là-dessus elle prit la dernière noix et conclut « Ce n’est pas parce que l’acte isolé est insignifiant pour la communauté que la conséquence sur celle-ci l’est aussi. »

La Graine et l’ondée

Par temps de sècheresse, dans une savane africaine, une Graine brulait lentement au soleil en attendant une simple goutte d’eau pour faire germer sa vie. Elle s’adressa à son Dieu en lui disant : « Ô Seigneur, toi qui m’a conçu pour cette vie sur cette terre. Ne tarde pas à déverser sur moi les largesses de ta bonté que je puisse porter du fruit et rendre gloire à ton nom »

Sur ce, le temps se couvrit et un gros nuage de pluie s’amassa au-dessus de la savane. La Graine reprit : « Ô Seigneur qu’il est bon d’être à ton service et de faire ta volonté. Ne tarde pas à répandre sur moi le bonheur que tu promets à ceux qui se laisse guider par Ta sagesse que je porte fruit et porte témoignage »

Là-dessus une fine ondée se mit à tomber et le sol accueilli la Graine toute soumise et confiante dans son destin de mourir et de germer.

Les années passèrent et les saisons s’enchainèrent. Un bel arbuste avait fait place à la Graine. Il en ensemençait à présent une bonne partie de la savane et chacune des graines qu’il produisait transmettait à leur tour la leçon de patience et d’endurance qui avait permis à la Graine mère de traverser la terrible sècheresse en son temps.

Les années passèrent et les saisons s’enchainèrent. La savane faisait face à une nouvelle sècheresse. Des graines de cette génération, certaines ne croyait plus aux vertus qui avait guidé leur ancêtre la Graine mère. Certaines se mirent à maugréer contre Dieu. « Oh Seigneur toi aussi. Que t’avons-nous fait pour mériter cesort. Vois combien nous souffrons et envois nous de l’eau qu’on puisse germer et donner du fruit comme les autres avant-nous. »

Sur ce le temps se couvrit et un gros nuage de pluie s’amassa au-dessus de la savane. Les Graines reprirent en chœur. « Ah voilà qui est bon. Vite! Vite! Fais pleuvoir sur nous. Nous germerons et donnerons des arbustes plus beaux que tous ceux que tu as pu voir depuis la création. Nos fruits seront d’un gout exquis et notre feuillage tellement frais qu’aucune bête n’osera y plonger son museau. Vite! Vite! Fais pleuvoir sur nous. »

Là-dessus le tonnerre se fit entendre et la foudre s’abattit sur l’espace où se trouvaient les Graines. Un violent orage puis une tempête virent laver le sol de la savane et emporta les Graines dispersées sur le sol vers le fleuve, puis du fleuve vers l’océan. A jamais le souvenir de cette génération fut balayé dans la Tradition des graines de cet arbuste et de la savane entière.

Le Sage arbuste raconte que ces situations de sècheresse qui traverse la vie sont nécessaires à l’éclosion d’un nouveau temps d’abondance. Les âmes sont mises à l’épreuve pour raffermir leurs vertus et non pour mener au vice. Telle était la parole du Sage arbuste.

La salade

Le bloc de Laitue tomba dans le récipient. « Que faisons-nous là? Que va-t-il nous arriver à nous qui régnions sur le maraicher? »

Peu de temps après ce fut les Tomates qui suivirent. « Que faites-vous là Laitues à nous attendre? Voyez comme on nous a tranchées. Est-ce donc là le sort qui attend notre culture? »

L’oignon fit pleurer ces impatientes. « Parait-il que c’est la fin lorsque tous les trois nous sommes réunis. Il va arriver quelque chose d’important. »

L’avocat ne pris la défense de personne. « J’ai laissé ma peau dans cette histoire et voilà que nous ne savons pas ce qui va nous arriver après un temps si harmonieux vécut avec le Paysan »

Enfin les Poivrons renforcèrent le cortège de plainte contre cette nouvelle épreuve qui les éloigne de leur monde. « Voyez comme nous avons été découpés! Pourquoi cette souffrance après un séjour si plein d’attention dans le jardin. »

Renversant la vinaigrette sur le mélange, la Cuisinière les rassura. « Ayez confiance. Pensez au temps passé au maraicher. Après tant d’effort pour vous faire vivre en bonne santé et vous faire vous développer, le Paysan veut à son tour gouter le fruit de ses efforts. Prenez confiance. Voici venu votre moment de gloire. Par salangue et son palais vous serez jugé et votre saveur saura lui rendre l’amour dont il a usé pour vous faire croitre. »

Là-dessus tous les légumes s’écrièrent : « Mélange, mélange, mélange, mélange-nous et apprête-nous pour cette noce dans son palais. Qu’il est heureux que nous finissions ainsi. Honneur au Paysan. Puissions-nous prendre part à sa gloire. »

Là-dessus la cuisinière remua la salade et apporta le plat à son mari le Paysan qui attendait à table pour le repas.
Que ceux qui ont des oreilles parlent!

Oh?!

Oh était de retour sur terre pour juger ses semblables.
Il parcourait les cités du Monde en constatant les dégâts et en s’écriant « Anh bon?! »

Il vit l’enfant sans père ni mère qui profitait juste de la terre. Oh lui demanda : « Qui sont tes frères? ». L’enfant répondit : « Cela m’est égal d’avoir des frères. On naît et on vit seulement après avoir été suscité par envie. » Oh s’exclama « Anh bon?! » et continua son chemin.

Il rencontra la femme active et proactive, autonome et accomplie qui cherchait juste le confort d’un homme vrai et viril à qui déléguer son bonheur et en faire un géniteur. Oh lui demanda : « Qui sera leur père et repère ». La femme répondit : « J’étais pris dans mes entreprises et n’ai pu trouver la bonne compagnie. » Oh s’exclama « Anh bon?! » et continua son chemin.

Il fut arrêté par l’homme immature et sans futur qui fuyait ses responsabilités de couples pour s’isoler dans des rencontres sans lendemains ni faim. Oh lui demanda : « Quand seras-tu fier? » Il répondit : « J’ai fait mon devoir de pair jusqu’au bout mais être et exempt de plaire, je ne peux le faire. » Oh s’exclama « Anh bon?! » et alla s’assoir sur un banc de pierre.

« Quel drôle de monde je retrouve à présent. Les valeurs se troquent pour des pacotilles. Le sens de la vie quitte l’essence pour brûler en illusions d’un feu virtuel »

Oh prit son envol porté par deux anges pour rejoindre la cité céleste et témoigner contre ce Monde décadent d’où en sortirait un autre. Juste suite d’une annonce qui se perpétuait jusqu’à l’épuisement de la vie du Temps, quelque part dans une alvéole secrète connue seule du Maître absolu de la création.

Le papillon et la Flamme

Un papillon épris d’une Flamme voletait de ci, de là, au gré du feu de son envie. Il n’avait d’yeux que pour la brulante source de lumière. Il tournoyait autour d’elle en lui récitant des vers pleins de chaleur.

« Ô Flamme tu consumes la vie en moi
De toi je veux être l’amant éternel et fidèle »

Priant D’Yeux de l’aider à trouver une solution, il cherchait le moyen de s’unir à elle. Une porte s’ouvrit à ce moment et il fut projeté par un courant d’air contre la Flamme ardente. L’odeur de chair calcinée se mélangea à la fumée de l’âtre éteint.

Ce soir-là, dans la voûte céleste, apparut deux comètes avançant l’une contre l’autre dans une harmonie parfaite et réelle. On raconte que, depuis ce jour, les insectes de nuit courent après la flamme qui brûle en eux et devant eux. Ils savent de D’Yeux que même le plus petit amour n’échappe pas à son destin.

La poule aux yeux d’or

Dame Poule, voluptueuse et volumineuse, le bec aguicheur et la patte acérée, laboure la terre à la recherche de son gros et long ver. Un ver noir d’être trop longtemps resté en terre. Un beau ver noir aux attributs préservés et exaltés.
Dame Poule donne du bec et glousse. Le ver, luisant, lui apparait dans cette terre avec son air innocent. Cette terre orgueilleuse qui longtemps bouda l’apport du ver. Ver à demi vide qui la retourne et la retourne sans jamais plaire et vers qui on pointe du doigt. Rêvant de minerai utile, de verre futile et d’humus fertile, la terre néglige le ver à soi.

Dame poule donne du bec et saisit, puis lève son ver. Un ver sot qui s’abandonne résigné à la chaleur du bec. Il ne verra pas sa vie partir dans le confort d’une poule aux œufs couleur or mais en manque d’un ver solitaire et d’un peu d’exotisme dans sa becquée.

Dame poule donne du bec et son prochain ver rimera avec toujours.
La même quête de la chair qui oublie le sens du mot Amour écrit en vert.

Les trois Ouvriers

Le Temps travaille pour nous
Créature divine et mortelle née dès les premiers jours
Il offre son appui à qui l’apprivoise
Et malmène ceux qui le redoute
Il vit et sert son Maître avec régularité
Ouvrier exemplaire et impartial
Il suit son cours sans suspendre sa vie

Et le fou dit : « Temps suspends toi que je souffle sur ma Vérité »
Le Temps lui répond : « Fou comprend d’abord ton état d’être, dont tu souffres, dussé-je m’égrener pour toi tant qu’il faudra »

L’Amour est la matière dont nous vivons
Ce liant qui unit les consciences
Il transmet la vie dont il est le support
Et unit l’ermite et la communauté
Il nait du Sentiment et vit de fréquentation

Et le fou dit « Amour, sois mon compagnon que je sorte de ma solitude! »
L’Amour lui répond : « Fou apprend à accueillir la vie comme hôte précieux de chaque instant, que ton cœur s’ouvre à la Providence »

L’Homme travaille pour l’Argent
Inventé par lui et né après la Création
Il est l’Ouvrier Rebel qui asservit ses maitres
Moyen de médiation à l’origine
L’Argent est au faîte de nos besoins matériels
Il trace les frontières d’un monde
Qui croit ne pas pouvoir vivre sans classe

Et le fou dit : « Argent soumet toi que je vive décemment »
L’Argent lui répond : « Fou abhorre moi d’abord que je cesse de te nourrir de désirs »

Voici que demeure le Temps, Amour et l’Argent
Montures subtiles à dresser
Et le Fou, bien qu’insensé, choisit l’attelage
Libre de s’aliéner à ce qui il veut
tant qu’il accomplit la sublimation de l’œuvre créée.

La charrette

Un homme tirait une charrette remplit des produits de son champs. Il adressa une prière avant de s’engager sur la Voie : « Seigneur, mes pas et mes efforts t’appartiennent. Puisses-Tu les guider dans la bonne direction pour qu’ils portent du fruit ». Il s’élança selon son intuition et rencontra beaucoup de clients. A la tombée de la nuit il avait tout vendu et rentra, tout fier, rapporter ses gains à sa femme.

Le Voisin fut pris de jalousie à la vue de ce succès et décida de faire de même. Il prit tout l’argent dont disposait sa femme et s’acheta une charrette. Il y mit sa récolte. Une fois sur la voie, il se mit à réfléchir : « Par où est-il passé pour pouvoir rencontrer tant de clients. Je suis plus fort que lui physiquement et plus intelligent. Je devrai pouvoir faire mieux. » Il poussa toute la journée sans rien vendre. Des soldats prélevèrent un impôt suranné sur son chargement. Puis, des brigands l’assaillirent et lui prirent sa marchandise. En chemin il se cogna le pied droit sur une grosse pierre. Ce qui le fit boiter jusqu’à chez lui. Sa femme le vit arriver bredouille et l’invectiva toute la soirée et menaça de rentrer dans sa famille. En pleurs le Voisin alla confier sa mésaventure à celui qu’il jalousait. Celui-ci le réconforta et lui confia :

« En toute chose, il n’y a pas que nos propres efforts mais aussi la Guidance de Dieu qui mène au résultat. »

L’accomplissement

Un homme priait et jeûnait depuis plusieurs jours déjà pour trouver la solution au problème de pauvreté qui limitait sa vie et sa quête de bonheur. Vint à passer un Sage soufi qui s’enquit de sa situation.

L’homme exposa son trouble et ses soucis. Le Maitre Soufi le considéra pendant un moment avec son cœur puis déclara : « je vais te donner la solution à ton problème ». Sur ce l’homme bondit de son tapis de prière tout heureux, courut trouver sa femme et lui demanda de tuer leur chèvre et de préparer un grand festin car il allait enfin devenir riche comme il en rêvait depuis si longtemps. Il invita les voisins à se joindre à lui. La femme s’exécuta et les voisins vinrent nombreux. Au milieu du repas un des invités demanda l’objet de la réjouissance. Et l’homme dit avec fierté « On fête la solution à mon problème de vie

Et quelle est-elle? demanda l’invité ». Là-dessus l’homme se rappela qu’il n’avait pas pris la peine d’écouter la solution à son problème avant de se réjouir. Il partit en courant à la recherche du Sage soufi qui s’achetait quelques fruits pour son repas. « Maitre te voici enfin. Je ne t’ai pas demandé en quoi consistait la solution à mon problème ». Le maitre le regarda longuement et lui dit « Quitte tout ce que tu possèdes déjà et retire-toi du monde pour consacrer ta vie et ton travail uniquement à Dieu. »

La soupe

Un Sage voulut se préparer une soupe pour tester le parfum de ses épices et plantes aromatiques. Il mit de l’eau à bouillir et quelques plantes. Il rajouta d’abord du sel et gouta. Cela lui paru bon. Puis il s’absenta un moment, laissant le breuvage mijoter. Son rival, l’Insensé, vint derrière lui et rajouta une potion pour masquer le goût du sel. Le Sage de retour ne reconnut plus la saveur de son breuvage. Il rajouta alors d’autres plantes et encore une épice puis s’en alla méditer tout en laissant la soupe mijoter. Son rival, l’Insensé, vint à nouveau et masqua le gout avec une autre potion. Tant et si bien qu’au bout du compte, le Sage ajouta 124000 arômes dont 313 plantes dans le potage. Excédé par le mauvais gout que prenait sa soupe, à chaque fois que son rival la dénaturait, il s’en saisit et la renversa par sa fenêtre. Le potage finit sa course sur le visage de l’Insensé qui s’était caché derrière la fenêtre pour mieux espionner la réaction du Sage à son sabotage. L’Insensé perdit la vue dans la brûlure de son visage et ne put se guider à nouveau. Le Sage décida alors d’utiliser l’essence des épices et des plantes aromatiques pour en faire un encens qui dure pour sa méditation. C’est depuis ce jour que les sages méditent sur l’Essence tandis que les insensés se trompent sur les sens.
La Crinière

Un jeune Lion impétueux avait pour coutume de semer le trouble dans les communautés d’animaux en les poursuivant à tout bout de champs. Un jour un vieux Singe s’approcha du Lion pendant son sommeil et lui rasa la crinière. A son réveil le Lion fut désemparé et honteux de son aspect. Il se retira de sa propre tribu et erra, solitaire, dans la savane. Il trouva le vieux singe sur un arbre isolé et décida d’attendre là pour se venger de lui. Il attendit, attendit et attendit encore que le singe descende. Un beau jour le Singe l’interpella « Sir Lion pourquoi m’en veux-tu encore? Ne vois-tu pas que je t’ai rendu ta crinière? Ne sommes-nous pas quittes ». En effet la crinière du Lion avait totalement repoussé pendant son attente. Le lion à nouveaux fier et heureux médita alors ces paroles du vieux Singe « La patience est préférable à la vengeance. C’est à ce prix que s’apprend le pardon ».
Les textes qui suivent sont des extraits de reportages effectués lors d’évènements dans la ville de Montréal au Canada. C’est une tranche de la vie de cette ville que je partage avec vous. Un RaConte simple sans morale ni symbolique. Juste le plaisir de se plonger dans l’intimité d’un moment…

Mardi au Café De Lima

En direct des scènes de la ville…

Des marches d’escaliers, je peux entendre la musique latine me parvenir. Tenant mes chaussures de danse fermement, une seule idée me parcourt l’esprit : il y a-t-il déjà assez de monde?

A mon entrée, quelques couples se sont approprié la piste. La soirée est jeune dit-on ici et le rituel se remet vite en place : payer l’entrée, les vestiaires, me chausser en face du bar près de l’entrée et avancer vers la salle en observant les partenaires potentielles. Le deuxième bar au loin me dévisage. Je reconnais un groupe d’habitués qui se tiennent là tous les mardis. Je tourne la tête et je l’aperçois, le Dj qui distille de l’ardeur dans les cœurs des passionnés d’une façon si agréable. Bienvenu dans le Mardi Salsa du Café de Lima.

Le drapeau d’Haïti trône en maître parmi les portraits de danseur de tango. Les sièges font face à la piste, prêts à recueillir les danseurs épuisés ou ceux dans l’attente d’une invitation.

Il est tard, la piste se remplit. Je m’essaye à une danse puis deux, très vite j’arrête de les compter. Le Dj enchaine les mambos avec brio prenant plaisir lui-même aux morceaux qu’il mixe. Plus tard suivront chacha, bachata et des zouks dévastateurs qui vous montrent assez bien la nécessité d’avoir une partenaire attitrée sous la main.

Je perçois le souffle frais de trois immenses ventilateurs qui renforcent le visage on ne peut plus tropical de ce café. On s’y sent bien et c’est toujours à contre cœur que je me résous à quitter ce lieu unique. Une atmosphère, des visages, une musique qui font non seulement le charme mais aussi le caractère particulier de ce rendez-vous de la semaine. On se reverra sans doute un jour au Café de Lima à Montréal.

Une tranche d’Acoustica

En direct des scènes de votre ville… Soirée Acoustica du 19 mars 2010

Introduite de façon très douce par Eric et Sabaya au clavier, la soirée commença par le désormais traditionnel, mais ô combien réjouissant, salut au voisin avec le « Aaaaaaaah cousticaaaaah » (C’est un secret). Mise sous le signe du soutien aux victimes du séisme à Haïti avec la présentation des artistes du Montréal United Souls (Orphée The Myth, Eric M’boua, Sherley Gene, Veeby, Sabaya, Numa, Flo, Kinsha, Nova, Steeve Khé, Yas, Juliane, Sarah MK) l’ouverture fut donnée à Steeve Khé qui fit un hommage à Capella sur une reprise de Maxwell. Ne pouvant jouer de sa guitare, c’est avec l’aide de Zouten que le reste de sa prestation se continua.

M’étant absenté pour des raisons de solidarité et d’amitié, (pourquoi les employés de la ville mettent-ils des « tickets » un vendredi soir alors qu’ils pourraient entrer faire un tour et se détendre?) je retrouvais Valérie et Justin dans un style pop folk en l’honneur d’Eva Cassidy qui déclencha les claps des doigts du public. Séduit par la guitare de Justin, et sur une idée d’Éric, un jeu s’installa entre l’assistance et les artistes pour recréer une ambiance des clubs dans les années 60. What a wonderful world!

Éric toujours en désaccord avec le clavier (il faut appuyer sur le bouton ON parfois…) nous a introduit Zouten notre agent de voyage attitré qui offrit une fois de plus le charme de la Centrafrique en version Aaaaaaaaaah coutiscaaaaaaah. Cette fois ci « c’est la fête au village » qui a retenu mon attention m’imaginant ce qu’une chanson aussi entraînante pouvait donner avec des percussions en accompagnement (à nous montrer un jour n’est-ce pas?) Ayé Ayé Ayéééééééé

Inutile de le présenter. Orphée the Myth accompagné de Sabaya a donné une fois de plus de la paleur aux R Kelly, Joe, Usher etc. en nous redonnant son répertoire classé Aaaaaaaaaaaahhhh (sans le coustica!!!). Avec un « slow dance » jamais égalé toujours redemandé, il a reçu le hochement de tête appréciateur et dans le rythme des aficionados. Deux surprises à signaler pendant son passage. Orphée a reçu un prix de la part de NSE Live Music pour son engagement artistique : une figurine le représentant avec le fameux « Mohawk contourné » qui n’est autre que sa coupe de cheveux. La deuxième surprise vient de lui avec un style qu’on ne lui connaissait pas il nous fit passer de la RnB à une belle sensation d’Opéra. Quelle voix!

Rejoignant le thème de la soirée, la vidéo du clip de Montréal United Souls fut diffusée. Cette initiative pour aider les victimes du séisme à Haïti vous est présentée sur montrealunitedsouls.com. Le clip est disponible en ligne par lequel vous faites un don en acquérant le titre.

N’avais-je pas dit qu’elle avait un air d’Alicia Keys dans la voix? Sabaya, toute rayonnante, nous l’a confirmé en interprétant « If I Ain’t got You ». Sur un accord marqué des notes graves du clavier, Sabaya nous a aussi offert « I accept » de son propre répertoire. Se prêtant, cette fois, au jeu des questions réponses, elle révéla que cette chanson fut composée il y a 6 ans dans des conditions que seul les personnes présentes savent (Chers lecteurs on ne peut pas tout avoir…)

Clôturant la soirée Flo, qui a participé à l’initiative du Montréal United Souls, nous a fait part de ses amitiés politiques dans « Here we go again » avant de poursuivre dans son répertoire. C’est ça être artiste engagé mais c’est mieux quand on est loin de la personne ciblée. Les lions sont décidément indomptables…

Au bœuf ou jam session, nous avions Flo, Steeve Khé et Orphée the Myth sur une chanson de Bob Marley : « Redemption Song ». Aaaaaaaaaah encore une soirée bien remplie!

Aaaaaaaaaaaaah Bientôt!

***

En direct des scènes de votre ville… Soirée Acoustica du 26 mars 2010

Il fait froid dehors (-3 degrés), le printemps s’est effacé pour un temps. Les habitués se font rares et les curieux du jour découvrent une salle peu remplie. Que se passe-t-il à Montréal ce vendredi 26 mars 2010? Éric et Bakoli introduisent tout de même la soirée avec beaucoup d’humour. Le clavier peinant à réveiller et à inspirer le maître de la soirée. Même Karim aura du mal à s’y mettre et à pousser le cri du cœur, cri d’accueil : Aaaaaaaaacousticaaaaaaaaah. La deuxième tentative fut la bonne.

Entre alors en scène Etienne T. dans une ballade solitaire ce jour-là. Après quelques confidences sur son vécu sensuel avec Éric (Ceci ne nous regarde toujours pas!!) et accompagné de sa guitare il nous entraine dans une chambre, c’est l’heure de l’Arpent de jour. Puis l’Entertainment vient nous distraire pendant que le passé nous rattrape car nous sommes un peu tous Unwanted : on combat sans savoir pourquoi on se tape dessus. Ceci nous fait prendre le train pour retrouver Fiona Apple sur le quai. Finalement on redécouvre la naïveté de l’enfance…

Suivent alors pour sa première scène Soukeïna accompagnée de Yohan plein d’humour quand ce cher micro fait des siennes. Les claps des doigts viennent vite soutenir la voix et la basse pour un pur son acoustique sur un « I need you » qui laisse songeur. Ow Yeah! J’ai eu l’impression par moment d’entendre Imogen Heap tant le ton calme et profond de Soukeïna caressait la musique. Beau Début!!

De retour à Acoustica, Karim ne tarde pas à nous donner de l’amour en langue anglaise avant de nous faire plonger entre les rivières du folklore tunisien. Osant inviter Britney Spears dans son répertoire il vient frapper les générations puristes en faisant chanter « My loneliness is killing me… » à l’assistance dans une ambiance totalement karaoké. Baby one more time! Venant au secours de la soirée, Éric demande alors à Michael Jackson la permission de se faire interpréter par Karim qui nous livre alors Billie Jean avec le support d’Éric aux paroles et à la danse (ce n’est plus un fan c’est un oracle). On souhaite alors le Sidi d’or…avec la consigne : Don’t be the shame of yourself.

Justin Blais talent franco albertain se joint à nous. Avec une voix pleine de potentiel et qu’on a cru entendre un jour sur sa radio. Une musique Pop dans un style Justin Timberlake, selon lui, mais qui se jour-là était offerte avec l’aide de Jean-Philippe connu peu de temps avant. L’assistance apprécie le répertoire bilingue qui voit l’arrivée surprise d’Emi Bond. Un duo qui réveille, il alors 11 :14 pm à ma montre que je ne pense plus à consulter pendant ces vendredis hors du temps.

Clôturant la soirée, Raphaël et le son latin nous ont fait oublier la température qui nous attendait dehors. L’ayant rencontré il y a quelques jours aux « lundis pluriels » du MAI, j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir son style : la Bachata. Danse sensuelle de la République dominicaine qui fut dur à rendre avec la seule guitare de Glenda. C’était toutefois sans compter avec l’esprit festif des habitués qui se sont mis à danser dans la salle du Grün Vert Café. Ay Caliente!

« Otra vez » scandait la salle pour le jam session de merengue qui s’imposait après que les fronts aient pris de la couleur… pour certain depuis la naissance…;)

Aaaaaaaaaaaaaà Bientôt

Parcours immigrant

Où suis-je?

Le resto le plus coool en ville!

Sous ce slogan évocateur, Raymond reçoit les amateurs de musique « live » et de beaux-arts de Montréal dans son Café.

Né à Skopje en Macédoine, Raymond, plus connu sous le nom de Ray, a vécu dans plusieurs pays d’Europe et arrive au Canada il y a 33 ans. Dès ses premiers pas il voit dans cette terre d’accueil l’endroit où faire ses vieux jours. Il travaille dans un premier temps dans plusieurs café et restaurants européens mais, peu à peu, l’idée de se mettre à son compte germe dans son esprit. En 1993, il décide de se lancer et commence à donner vie à son rêve par-delà les peurs et les difficultés. Été 2009 le Café fait enfin son ouverture et conclut ainsi un rêve initié 20 ans plus tôt.

Le Café, c’est aussi la rencontre entre un entrepreneur de la restauration et le monde artistique. Ray n’hésitera pas même, sous la pluie, à inviter une jeune artiste dans la rue à se produire dans son Café. Les talents s’accommodent vite des lieux accueillants et la suite est un effet domino. La rencontre avec deux jeunes partenaires s’inscrit dans cette initiative d’inviter les artistes dans le Café. Très vite, les partenaires y voient un endroit propice à la mise en place de leur activité et drainent à présent un public toujours plus important de « mélomanes audacieux » tous les vendredis. Cet évènement plaisant de concert mobilise les deux équipes du Grün pendant plusieurs heures afin de préparer cette atmosphère si particulière (la scène, les bougies, la décoration, les instruments, le matériel…). Un travail de longue haleine qui débute dès le vendredi matin jusqu’au lendemain. Ray confie: « Every time I feel like we’re not in St Denis, flying with the time. It’s a busy night. If you come on Monday morning you cannot feel the same. It’s look completely different between Monday and Friday ».

Le Café est sensible à l’expression et la vie artistique tels les concerts, le lancement de livre, la poésie, les expositions… Ray accueille toute personne voulant démontrer son réel talent. Ainsi, Le Café qui se veut un Café des arts accueille une exposition sur le « mois de l’histoire des noirs », La grande soirée Multi-Arts, et des artistes bien connus des scènes montréalaises.

Le mot de la fin est pour Ray une fois de plus dans sa langue d’expression :

”I have a lot of passion and love for the city of Montreal which is like a loving mother. I feel like home. When I first step in Mirabel airport I feel like this was the final destination. Every street, corner, block in Montreal tells you a special story. Also the culture, the people, the building the all thing bring you something to learn. That’s why I still here. Montreal is the place to be”

PROSE À HIC

« Il arrive toujours ce moment
où l’on ne se reconnait plus
dans le miroir
à force de vivre sans témoin »Dany LAFERRIÈRE*

Le Témoin silencieux

Le poète contemplatif respire le monde aux couleurs de ses émotions et sans raisons pour le cœur. L’arc en ciel gris des moments d’absence retrouvera ses 7 tons à la chaleur du souvenir. Une âme dont on tire les vers du né, des mots dits comme un cri lancé à l’Auteur de ce beau recueil qu’est la Vie.

*Extrait de “L’énigme du retour”, Boréal 2009

Margelle

Je te porte comme une douleur.
Pourtant tu es la fleur qui a ouvert mon cœur
Des raisons de ma vie
A la Voie qui coule à présent en moi
Si désert soit l’absence dans nos regards
C’est dans le souvenir
Que je trouve la force de me promener
Dans le regret de l’irréalisé
Un simple mot pour une femme
Un simple mot pour une fois
Aux milles éclats d’Amitié

Assis sur la margelle
Je puise encore en moi
Pour remplir ce puits d’émotion
Doux esclavage de mes sens

Viens me chercher!

Toi que je ne distingue plus
Dans le tumulte des sentiments
Et la brune des histoires insaisissables
Hâte-toi! Viens me chercher!
Moi qui ne trouve plus la voie vers toi

Mon cœur a ouvert ses pétales aux vents
Et le parfum n’attire que l’unique rumeur
De celle dont les pas me guideront
Vers ce baiser de liberté accomplie

Prison de vers

Il n’y a pas un jour que l’on passe
Sans penser l’un à l’autre
Sans que dans mon souvenir je ne voie ta face

J’emprisonne ton désir dans mes soupirs
A te voir ainsi pousser en rêve jusqu’à éclosion
Une illusion fertile du fruit à ressentir

L’horizon de glace fige la distance de l’amour
Une détention gratuite faite dans un vers libre
Ce regard à surmonter est le mien qui te parcours

Elle est mon Phare

Je m’émerveille à l’idée de t’avoir connu
Sans avoir pu effleurer tes lèvres lippues
Je reçois cet air d’une musique qui me rappelle
A quel point tu es belle et digne d’être un miel

Je te respire et souffle sur les feux que tu me causes
Ivre de toi je titube sur l’allée d’une pureté que j’ose

Offre moi un conte aux mille et une nuits de bohème
Que je remette ta peine chaque jour vécu en poème
Offre-moi tes efforts et je serai le renfort de ton corps
La muraille contre le Barbare séduit par tes yeux d’or
Phare, elle est mon plus beau repère sur une Terre nue
Et mon navire suit l’eau vers ce passage fait d’Inconnu

Ton sceau me suffit

Mes pensées exhalent ton parfum
Et le ciel se perd dans tes yeux
D’où scintille une lueur de tendresse
J’aime me plonger dans cette immensité
Par laquelle tu recueilles les désirs
Tant de fois exprimés et réprimés
L’ombre des feuilles me protège de tes yeux
Alors j’écris dans la fraicheur du vent
Qui m’apporte ces mots comme un songe
Une part de toi vit en moi
C’est en elle que j’épuise ma soif

Sourires d’amitié

L’art d’aimer comme on vit
De revivre quand tout s’assèche
Par tant d’images j’ai rêvé Son dessein
Par tant d’épreuve j’ai revu ton sourire
De l’expression des corps en mouvement
Est né l’affection d’une relation colorée
Un tableau où le peintre grave l’émoi
Nos combats et nos espoirs
L’amour un jour mais l’éveil au parcours
Entre donc dans le trésor de mon temple
Près des mots joie et amitié
D’où je brûlerai l’encens par toi
Vers Celui qui un jour mît nos pas
Dans l’étrier du temps

Créée

Dieu t’a créée et je t’ai aimé
Un espace dans l’histoire où on s’est attiré
Un regard qui dérobe un cœur qui bat
Dans l’innocence et le désir des ébats

Dieu t’a créée et j’ai succombé
Un charme qui condamne ma destinée
J’effleure ici ta douce flore intérieure
Dans un jardin qui sera un jour ma demeure

Dieu t’a créée et je veux te combler
Une richesse d’Amour que je veux Lui emprunter
Je rêve sans y croire qu’une m’est due
Dans un combat aux accords éperdus

J’ai cherché

J’ai cherché un Père et j’ai trouvé un Dieu
Je voulais des frères et j’ai eu une communauté
J’ai fait un pas et j’ai parcouru mille contrées
J’habite mon cœur et la raison vit dans le même lieu

Alors que tout me fut donné gracieusement au long des jours
Je n’offre que ma pensée un peu fragile et mes actes délibérés
Assurément vers un pâturage verdoyant je me laisse guider
Pour que de mes yeux j’observe la gloire finale pour toujours

Deux pour toujours

Deux enfants naissent sans qu’ils ne se connaissent
Mais un jour l’amour les unira
Deux enfants naissent sans le même contexte
Mais bientôt ensembles leur vie ils bâtiront

Des chemins et parcours aux multiples origines
Des jonctions uniques dans une flèche qui traverse le cœur

Deux adultes s’aiment avec le bonheur pour choix
Et une nuit ils engendreront la vie
Deux adultes s’aiment avec une histoire de richesse
Et déjà leur enfance s’illumine

La vitrine des envies

J’arpente la rue commerciale de la vie
Le chaland accompagne ma quête solitaire
Ce même rêve exprimé en mots différents :
Bonheur

Au magasin du sentiment
L’amour en solde se vend sans peines
Ce sont elles néanmoins qui ramènent l’objet du désir
La satisfaction n’est pas une garantie mutuelle

La boutique de la santé suit un cours boursier
L’achat de titre ruine la forme et la courbe
Dans une occupation frénétique qui soutien :
Activité
L’étalage de la richesse est sous bonne garde
Le voleur à la tire s’essaye à quelque ruse
L’autorité réclame l’ordre et se finance sans honte

C’est jour de marché
Et la vitrine des envies se laisse dépouillée
Les poches vides et les idées pleines Je rentre au foyer
faire brûler le feu qui mènera aux réalisations
Un fatras de prières, plans et actes pleins de foi et d’espérance

Amour et refus

Je m’en vais
Le temps s’est retourné dans son sablier
L’espoir et l’élan du cœur se vident peu à peu

Mon pas est lent
Jadis je courais à ta suite
Seul me reste le regard bas et l’allure triste
Le souvenir se déteint dans les pensées
Je suis un être ivre de peine
Et le Futur est mon éternelle destination
Faite de promesses heureuses
Un désir qui se déploie à nouveau
Dans une espace vierge d’émotion

Je m’en vais, d’un pas lent
Et déjà l’inconnue m’accueille
A sa noce de dentelle
Tel est le parcours du refus
Tel est le refuge de l’acceptation

Ver solitaire

Amour, depuis toujours, tu es le langage des âmes sages.

J’apprécie ton silence

Les rêves me viennent comme une fièvre sans remède
Je vis dans l’antichambre de ta vie près du seuil des envies
Dans cet idéal que je crée où j’aime sans intermède
Enfant sans l’innocence, je joue l’amant qu’emporte la folie

Le mal s’estompe en moi dans un retour lucide
J’ai meublé ton silence d’une noble oraison
Dans le tourment du désir j’opère ce suicide
Quitter tes bras de songe pour une solide raison

J’apprécie ton silence au cœur indifférent
A la flamme que j’assume

Enjeux

La formule n’est pas glamour
Car bien sûr il s’agit d’amour
Certains aiment cent d’autres avec
Voici qu’on éprouve en jeu d’échec

L’attrait du corps reste exotique
On perd la culture dans la mimique
L’âme se dit du même bord
Mais l’accueil n’est pas un réconfort

Le fou souhaite prendre la reine
Et l’atour récompense sa peine

Au futur métis, l’échec est mat.

Blessure bénie

La main s’abat sur le dos rebel
A son insu il mérite la sanction
Il ploie sous la charge douloureuse
La larme humidifie son air ingrat
Déjà le souvenir du méfait revient

Le roseau accepte la loi du vent
Une contrition dénuée d’invectives
Constat du mal qui ronge l’obéissance
La tige s’incline et renonce à elle
Dans un vertige d’abandon au vide du soi
Que rempli à nouveau l’Amour de la vie

Blessure bénie qui nous ouvre à ce qui nous plait sans bandage

Peuplade

Peuplade de prénom
Douce invocation de l’amour
Le frisson saisi l’être en chaleur
Et la pâleur devient incandescence du désir
Les prénoms fusent dans le souvenir
Le rêve s’anime. C’est indécent
La pensée vous parcourt
Les eaux fertilisent l’isolement
Et le navire à quai est vide
Sa cheminée vibre de l’appel de l’élan
Transforme ces ombres en formes
Pour palpiter au contact des senteurs de peau
Le naufrage est d’hier
Ici vivent mille prénoms
Le tien me fait croire à demain

Le faste fou de…

As-tu remarqué le faste fou de leur vie?
C’est un restaurant au décor aseptisé
La clientèle vieillie vient y chercher
Les derniers plaisirs de leur existence
La jeune relève rebelle au bonheur sage
est friande de cette Jonque de saveur
La file est longue pour commander
Le menu de la vie n’est jamais facile à choisir
C’est un droit que certains ont
Lorsque que d’autres récolte des miettes
Trio perdant : précarité, solitude, ignorance
A consommer sur place sans préférence
Le cortège de la Richesse s’arrête au guichet
Son passage est éphémère pour le Servant
Il vaut mieux la conduire que l’observer
As-tu remarqué le faste fou de leur vie?
Il éclaire mon incomplétude de bien
Sans faire de mal à ma Raison précieuse

A croquer

On frappe à ta porte et le nez ose s’y coller
C’est moi
Comme une go Diva un peu Bounty tu m’accueilles
Ton chant est mélodieux quand tu m’appelle
Mon chéri
J’admire ta côte d’or sous ton voile de satin
C’est le début de l’after-eight entre nous
Je viens de Mars dit-on et, bien que lion, Nous perdons nos sens
J’entre dans la chambre et déjà
Nue t’es là
Câline t’es et ton corps cacao m’attire comme une friandise
Et voilà que d’un Crunch, je m’en vais te croquer

Acoustica…

La lumière est tamisée
Des bougies brûlent sur des nappes rouges de tables pour couples
Des artistes et des membres de l’équipe s’affairent sur la scène
Au bar les commandes se préparent avec effervescence
Il est tard vous venez d’entrer dans l’univers d’Acoustica
Chaque vendredi au centre-ville de Montréal
Dans un moment le maître de cérémonie introduira la soirée
Et vous apprendra à saluer votre voisin dans la tradition des habitués
Puis ce sera aux artistes de vous éblouir par leur talent diffusé en acoustique
Plaisir de l’écoute et du spectacle qu’on accompagne volontiers d’une liqueur, d’un thé ou d’une collation
Si je ne me lasse pas d’y aller
C’est pour la magie de cette soirée où tout peut arriver Une recette remplie de mystère
Le sourire, le rire et l’émotion y prennent vie
Et ne vous quittent plus jusqu’à une heure avancée de la nuit
Acoustica c’est, à vrai dire, une grande famille
Faite d’un public qui sait apprécier
D’artistes qui s’expriment brillamment
Et de deux équipes de passionnés qui dépassent leurs limites
En somme, la combinaison est parfaite
Il ne tient qu’à vous de faire partie de l’expérience
Un évènement hebdomadaire
Pour découvrir le phénomène… Aaaaaaaacousticaaaaaaaaaaaah

Cœur malade

Les opérations s’enchainent
Mais le mal se déchaine
Son cœur scande son nom
Mais la raison ne retient que ses « non »

Il attend le transplant avec peine
Un organe épris d’une autre reine
La liste est longue pour le don
Et la place prise dans l’abandon

Un baiser est le remède qu’il souhaite
Fait d’un hâle qui a rehaussé le poète
S’il se meurt sans elle c’est par le cœur
Et s’il doit vivre en elle c’est dans l’ardeur

Un simple mot d’elle à suivre pour revivre

Délai d’attente

Les saisons passent et les corps tardent
Des adultes raisons qui conduisent aux drames
La vie n’emporte rien avec elle, même pas nous
Et l’humain se débat dans la conjecture de son destin
Qui inonde de projet des voies toutes pavées
Aux accotements divins
Qu’il est tard pour se choisir!
Quand on a voulu goûter tous les plats du buffet
Aux noces du Maître Suprême
Un refus de la providence où se mêle le combat
Du romantisme effréné aux traditions d’acceptation
Le jeune se perd dans son attachement
Et, sans liens, navigue dans des déserts aux hautes vagues de sables
Dunes de raison, dunes de passion, d’une même vision

Les saisons passent et les couples tardent
Chacun demeure chez lui à attendre l’autre
Un délai d’attente dans une nouvelle vie de préoccupation et de calcul du vivant
Où la progéniture n’est plus devoir de passage
Ni plus espoir de soutien des vieux âges
Alors attendre sans délai que la flamme nous embrase
Ou vivre simplement de sa provision divine
Avec la mémoire de Sa Miséricorde

Ève

Le soleil a pleuré
Et ses larmes chaudes coulent sur nos peaux tannées
La moiteur de nos corps à corps
Où se reflètent sa généreuse lumière
Deux lunes placées sur des orbites sans détours
Je cours après ton cycle et je perds mes saisons
Une symphonie dure à écrire sans ton nom
Une simple reine qui trône sur mes pensées et s’évade
C’est elle pour qui les astres se conjuguent sans influence
Une constellation de désir où campe mon étoile isolée
Tu es le ciel qui m’emporte dans son noir étincelant
Sans nul autre pareil
Par tes accents sensuels, tu es celle qui m’émerveille

Prolétaire et Pro lettré

Je m’avance vers ce bus qui m’attend
Tu marches vers l’auto qui surprend
Du pied aux hanches ma journée se ressent
Céphalées et stress pour lesquels tu te détends

Nous sommes frères de la même condition humaine
Origine commune qui dans le labeur nous mène
J’use mon corps et toi ton intellect
Dans une réalité presque infecte

Où l’effort de million profite à une crème qui fouette
Tu te croyais de l’élite et moi du peuple qui s’endette
La connaissance qui nous sépare est le masque
Sous lequel ces Ubu rient de nos frasques

Prolétaire et Pro lettré sans pouvoir sur soi
A quoi bon renforcer un clivage de mauvais aloi?
Quand nos forces pourraient s’unir et construire
La Citadelle de félicité couvert d’un voile d’Avenir

Et si un jour…

Et si un jour tu m’acceptais comme ton premier
Que tu dévoilais les secrets de ton cœur peiné
Si mes mots étaient féconds et engendraient ta floraison
Que la passion te dévore et te fasse aimer fort la déraison

Et si un jour le fardeau de mes maux te portait sur le cœur
Que ton simple pardon et ton « oui » rayonnaient sur mes pleurs
Si sous les rides du temps je te rendais belle, jeune et éternelle
Que tu sois là pour voir vivre le fruit de notre union charnelle

Et si un jour tu croises à nouveau mon regard nomade
Que tu saches tu auras été de ma dernière monade
Si courte soit cette vie, c’est l’instant d’amour qui survit
Qu’il me suffise comme ration du Condamné qui sourit

La porte arrière

De la rue vide et esseulée
Je perçois le bruit sourd des vies environnantes
Privilège peu glorieux de ceux jetés aux ordures
Le parfum de l’attente et de l’épuisement
Se mêle à l’espoir de ce trottoir marchant sous les inconnus
L’ivresse m’emporte à chaque claquement de porte
Une main ou un cœur sensible et compatissant
Qui me saisirait pour un voyage vers la réhabilitation
Un déchet que l’on a pas honte à afficher
Bientôt l’Éboueur passera ramasser le reste de ma vie
Celle que j’ai passé à attendre ton contact
Je brûlerai une dernière fois
Dans l’enfer qui recycle
Pour servir, damné, de manne
Aux racines de la Rédemption

Le passé c’est le passé

J’aime à revoir son visage éclairant dans la pénombre
Mon esprit ailleurs, ravi par les malfrats qui pullulent
Un temps perdu par ces retrouvailles involontaires
La pleine Lune peine et s’agrippe levant des barrières contagieuses
L’Obscur craint un peu les soubresauts de cette cacophonie lumineuse
Il s’éclipse, las d’un combat perdu à force de prendre de l’avance
La Lune rassure. Elle ne règnera pas toujours.
La Création l’a voulue reine de nuit
Mais son règne se veut de bonté sincère
L’Obscur éclatant rayonne alors d’un espoir éclairé
Le passé c’est le passé, celui d’une séduction faussée
La Création nouvelle souhaite encore une communion
De l’astre dans son habit qui l’embellit de contraste
La vie meurt à mesure que le temps
Reprend goût à nous survivre

Sens déçus, de saoul

Vois-tu
Si je baisse les yeux
C’est que je regarde Dieu en face
Je le regarde depuis mon cœur
Certains ne voient que du respect
Moi j’avoue mon insolence
Il emplit tout et voit tout
Pourquoi veux-tu qu’il me voie du ciel
Ce ciel sur lequel je marche sans doute
Car nul ne sait quel sens donné à cet univers
Le haut? Le bas? C’est un débat
Le soleil m’éclaire c’est l’essentiel
Et l’attraction me force à me lever droit
J’offense alors le dévot
Et l’idolâtre de la Conscience
C’est l’Energie qui me lie à l’Unique
Un don inné que tant ont su ruiner
Mes sens déçus de saoul
Demeurent une offrande à la Pensée libre
Le piédestal

Tu y es et tu t’y tiens fière
Le socle t’élève de la terre
Je t’y ai posé dans mon délire solitaire
Espérant un peu de chaleur solidaire
Candeur et imaginaire du penseur
Devant l’attrait voilé par un monde de peur
Dans la désillusion du lendemain d’ivresse
Je t’invite à descendre de cette mire ubuesque
Qui longtemps a régné sur un corps épris
Mais, depuis, libre et nouveau présent à la vie
Je quitte le manteau de ces velléités
Pour ceindre, résolu, la dague et l’épée
Et l’orage couve encore dans mon cœur
Bientôt l’ondée s’abattra sur l’âme sœur
Un déluge de mots et de sensation
Ouvert au don fortuit des occasions
Loin du piédestal d’Amour
Où je t’installe toujours

Sychar

Je puise dans ton eau fraiche et profonde
Pour louer cette rencontre féconde
Quand la Source s’abreuve des mots
Et que la Goutte devient torrent de vie

Le Verbe comble le manque de l’Assoiffée
La cruche recueille l’écho du discours voilé
Que le vent d’Espoir porte à la ville proche
Jubile Sychar, ton cœur renait à l’Amour

Que le moissonneur ne s’étonne point
L’Heure de la récolte s’annonce au loin
Les fruits de Vérité et d’Amour abondent
Que les mains se dépouillent pour être saisie

Sychar, déjà tu préfigures la rencontre éternelle
Avec l’Unique, Source vive et inépuisable
Qui inonde de l’immensité d’un Amour pur
Par lequel se désaltère nos esprits asséchés

Djohodo

Je meurs
Les illusions quittent ce corps désabusé
Le Mental résiste encore à cette idée
Des années de pensées et de rêves forment la haie d’honneur
Le cortège d’inquiétude, d’insatisfaction et de stress s’ébranle lentement
J’abandonne la vie d’un monde qui aliène l’impatient de vivre

Je meurs
Sur mon corps, les traces des passions de jadis sont des stigmates à bénir
Celles qui ont pavé le chemin vers ce bûcher où je brûle d’un intense désir
Vivre la simplicité d’un lâcher prise dans l’instant et l’espace
Le brûlis d’une terre prête à être ensemencé des grains d’Amour véritable

Je meurs
Le troc de l’égo pour la Foi dépouillée se fait sans marchandage
J’avance vers cette dernière demeure enfouie au fond de moi
Où coule déjà le torrent d’éternité dans lequel je plonge gouttes après gouttes.
Le calme de ma méditation emplit de vide le cœur lapidé, saignant à force d’aimer
A chaque instant de ma vie…

Je meurs

Tension

Le ciel s’assombrit
Le cumul de non-dit forme un amas de nuage
qui s’oppose à l’harmonie lumineuse
Le temps se couvre de la noirceur de la dispute ravalée
L’air se rafraichit au contact des regards absents
Une hypocrisie de bienséance et de complaisance
La parole directe n’est pas forcément honnête
Et le respect mutuel ne se fait pas toujours à part égales
Déjà l’orage gronde
La Terre a besoin de ces larmes d’abandon
Pour s’abreuver en pardon et refaire sa toison
Une franchise diluvienne et le courage de tout se dire
On prit l’éclair de la réconciliation ou de l’affrontement
De mettre fin à l’agonie des cœurs en peine
Un besoin de complémentarité, d’amitié ou d’amour
Vécut avec la pudeur et la douleur de l’orgueil

Vient que la voûte se déchire et que de chaque goutte
naisse l’apaisement, le cri étouffé du manque de l’autre

Tension en nos cœurs, épreuve du lien affectif
Le cycle des saisons apporte son lot d’ondée et de sècheresse
D’où émergera le vert gras de l’équilibre retrouvé.

Patience

J’ouvre ma peine à tes yeux
La pudeur s’exhibe dans la douleur
Un enfantement d’adulte
qui cherche son essence dans la présence

Tu es belle et je reste sans voix à t’écouter
Parlant d’une promesse sans foi repoussée
D’unir la rigueur à la force de la faiblesse
Dans un jeu où « d’Amour » se lie* « d’Amitié »

Je te veux seule et nue d’entraves
Pour être le guerrier que sa compagne attend
Lorsque vient le crépuscule des combats sans joie
Vivre à cicatriser sur l’autel de nos amours

Alors je patiente.

*lit

URBAN JAM

Le cœur de la ville bat déjà d’intérêt
Les murs se couvrent d’affiches grisantes et la séduction se fait
La rumeur dit que des athlètes issus d’une réalité future conquièrent la Cité
Des silhouettes de corps sculptés et dédiés à la passion d’un sport
Bientôt jaillira de ces monuments urbains et vivants
Des mouvements inédits pour nos cris ébahi
Voilà qu’il s’annonce, se dévoile, commence
et se présente

URBAN JAM

L’image d’une balle qui recouvre la ville
Donne son sens au battement du cuir sur le sol
Au son de ce bit, tout alentour revit
La rue libère les jeunes un temps sans repères
Et les générations se côtoient
Des aînés revivant les exploits passés
Aux jeunes rêvant de gloire à venir
Et les esprits planent sur l’ « air » de jeu
Malgré les nuages chargé d’ondée
Souvent menaçants mais qui ne sévissent
Que par amour du défi
Alors si les « dunk » sont « just in »
La musique, elle, est juste ensorcelante
Autant que le doux fumet des viandes qui grillent
En appelle à nos envies et nos faims profondes
Et mon cœur bat au bit de la balle
Celle qui me redit

URBAN JAM

Cachant difficilement leurs ailes mais tout de blancs vêtus
Ils avaient bien des allures d’anges
Leur sourire et le service sans prix
Un accueil et un dévouement garanti
Ils ont donné d’eux et parfois même bien au-delà
Bénévoles, Artistes, Animateurs, Presse, Officiel
Une armada lancée à la poursuite de la réussite du seul

URBAN JAM

J’y étais trois jours
J’y reviendrai toujours

Son nom à elle

Je brûle pour elle
D’une flamme éternelle
Elle est l’unique
Pour qui je me sens pousser des ailes
Celle d’un aigle
Imposant monarque du ciel

Son image s’efface
A mesure que le temps vieillit
Nos deux corps vivent l’éloignement du désir mutuel

Je ne peux te voir
dans cette cécité de Timide
Alors je t’imagine
Dans un long rêve de crépuscule
Où le rougeoiement du soleil
S’unit à mon teint honteux
D’une envie animale

J’irai un jour retrouver
L’Astre qui m’a guidé vers l’éternité
Mais je souhaite vivre ici avec toi
Un fragile moment d’immortalité

Son nom à elle,
est synonyme d’Amour
Ceci est mon corps

Voilà un moment que je marche voilé
Dans cette vie où seul avance ce corps

Deux jambes Amour et Vérité cadencent le quotidien
Tandis que Santé-Vitalité pour hanches unissent la démarche initiée
Un tronc commun d’Émotion, Faiblesses ou Fragilité de l’instant œuvrent en sablier du vécu
Les bras Devoir et Plaisir s’harmonisent pour mieux servir
En épaules robustes Talent-Expérience tiennent les bras alertes
Enfin, la tête Conscience et Acceptation trône sur cet être à avoir

Voilà un moment que je marche nu
Dans ce corps où seul le destin prend vie

The Source

You bring me Joy
As I walk down a river named Desire
I can imagine you
Dancing in my eyes like a remote star

You bring me Love
As I smile at the sunset ending my quest
I can hear you
Singing with the birds of our last Eden

You bring me Peace
As I spend night and day talking with angels
I can feel you
Forgetting your tears as we fulfill our dreams

You are the Source of my inspiration
You are Joy, Love and Peace

Farewell, far Well

Chrysalide

Tout n’est plus pareil sans toi
Te vouloir, croire et pourtant ne pas te voir
J’aimerai m’envoler vers le ciel
Lire d’avance le Livre de ma vie sur le divin reposoir
Savoir si le destin dans ces lignes écrit encore
Ton prénom avec mon nom
Si dans l’interlude de ses interlignes
Il y a assez de place pour mes pas
Des doutes et des peurs
que seul ton Amour et ma Foi savent effacer
Je parcours le firmament ivre de ton désir
Ma quête de ta lumière
Éclaire les recoins de mon cœur
Jadis chenille à tes yeux
Je déploie mes ailes à présent pour te séduire
Reine des fleurs mère de miel qui m’inonde

Échange

J’offre mes épaules pour reposer tes peines

J’offre mes bras pour étreindre tes doutes

J’offre le réconfort de mes joues pour les larmes cachées en toi

J’offre ma simple poitrine contre ton sein à fleurir

J’abandonne mon corps à ton cœur inquiet d’un amour naissant

Et moi, j’accepte de toi la Voie sans détour qui mènera au rêve de l’Un

A nous d’offrir ce que l’acceptation ne peut concevoir au-delà du simple « oui »

Aube (Dee)

Le jour se lève dans son bleu d’eau pâle
Couché à même le sol et son sable fin
J’observe tes douces collines ronfler paisiblement
La courbe féline qui donnât à ta silhouette
L’éclat qui éblouit l’antre de ma solitude

Le jour se lève dans un rouge de vers durs
Assis contre un arbre aux racines majestueuses
Je respire ton parfum qui encense mon air matinal
L’embrun musqué qui donne à mon désir
La force d’enfoncer les portes ouvertes de ta muraille offerte

Le jour se lève dans une blancheur calme, nue, âgée,
Debout sous la voûte céleste où se perd l’œil téméraire
J’épouse ton corps à l’ombre du chant des oiseaux piailleurs
La douceur de ta peau en soie qui frôlât mon destin
Dans une symphonie où l’Imaginaire te veux Reine

Le mur du son

On a franchi le mur du son
Quand le sens précède l’ouï
Et que le oui suit l’acte de raison
Tout se mêle et tous s’en mêlent

On a franchi le mur du sens
Quand leçons pré cèdent l’essence
Et que l’essence brûle en encens
Tout se mêle et tous s’en mêlent

On a franchi le mur de son
Quand le grain meurt d’un oui
Et que le sens engendre la parabole
Tous se mêlent et tout s’emmêle

On a franchi le mur décent
Quand la noblesse feinte se meurt
Et que les mœurs du Cœur ressuscitent
Tous se mêlent et tout s’emmêle

Bâti

Bâtir son univers
C’est construire d’une pierre
L’abri à tailler
Dans lequel s’évertuer
A vivre d’un repos éternel
L’œuvre qui se perpétue
A vie

Empreinte

Le souvenir de la rencontre est encore frais
Et je marche dans ce sentier, emprunt de ta rosée
Une pause dans un enfer aux cent partenaires
Je vide alors mon vers sans oublier ta saveur
Une douceur qui embellit le cortège
des fantômes d’un temps révolu
Le temps n’arrête plus sa collecte de regrets
Offrant à l’avenir de paver les trottoirs du reste de ma vie

Berge

A la recherche du moi
Je perds l’Illusion
Le temps imaginaire
Franchir les digues
Des conditions passées
Pour épouser les berges
D’une vierge réalité
Conquérant conquis
Plantant en lui
La bannière flamboyante
Des alignement harmonieux
Passage de l’essence divine
Par le moi réalisé

De l’outrance à la Simplicité

L’Iblis, en toi, est mort
mais personne n’a vu son corps
Un feu éteint attendant son jugement

L’Iblis, en toi, est mort
Son œuvre demeure intemporelle encore
Un génie de l’illusion qui a régné sur ce monde

L’Iblis, en toi, est mort
Vaincu par l’Amour sans aucun effort
Et son esprit plane assoiffé d’égos en déroute

De l’Adam à la résurrection
L’âge du corps a connu ses limites
Mais les rebelles de l’Histoire
Forment le flot de sang
Des âmes insoumises
Combien

Combien de vies dans la même?
Combien de vie dans la mienne?

Combien de souffrances dans un Rêve?
Combien de souffrances sans une trêve?

Combien de mensonges dans l’histoire?
Combien de mensonges sans histoires?

Combien d’ennemis à vaincre?
Combien d’amis à convaincre?

Combien d’artifices à surprendre?
Combien d’illusions à comprendre?

Combien d’âmes sœurs à éprouver?
Combien d’âmes saoules à épouser?

Combien, combien, dis-moi combien

Ô combien aimer cette vie de passage
Vers une éternité faite d’un seul Dieu
Distance

Qu’elle est loin l’Afrique
Mes pas foulent ton sol poussiéreux
Tandis que ta chaleur m’enveloppe tel un voile
L’odeur d’un monde méconnu traverse mon esprit
J’écris en chassant l’insecte intellectuel
Qui pique et me donne ces vers

Qu’elle est loin l’Afrique
Dans mon être devenu planétaire
Une errance où ma langue s’est asséchée
Et la soif d’un Dieu unique a tué mes racines
Mon visage n’est plus de ces monstres traditionnels
Qui recèlent des scarifications de mon histoire

Qu’elle est loin l’Afrique
Vue de l’intérieur de la pensée uniformisée
Aux couleurs multiples d’uniforme de camouflage
Sans repère dans la multitude des peuples
Mes traces perdent l’empreinte de mon sang
Qui rejailli comme une source d’une vie tarie

Qu’elle est loin l’Afrique
A mesure que je marche sur cet incontinent
Pissant des générations d’ignorants aveugles
Qui vivent l’oppression en fidèles résignés d’un culte abjecte
Une vessie trop pleine d’or et de liquide
Où s’abreuve le Vénal repu

Qu’elle est loin l’Afrique

Mon image

L’enveloppe du fruit attire le regard
La bouche se rappellera de la chair
Et la terre remerciera le noyau

D’où me vient cette angoisse?
D’un mot, d’une phrase d’un pamphlet contre mon art
D’une attention ou d’une détention dans les geôles de la rumeur
Un endroit perçu où se réfugiera l’inconnu
Un futur fait de l’imagination d’une menace pour l’égo
La parole est aux autres et l’image à nous
Complétude souffrante du besoin d’être
Être sans les êtres mais à voir sans avoirs
Mon image je vous la confie sans tenir aux soucis
Je me vois de l’intérieur
Siège du moi barricadé
Viendra l’heure de la liberté
Une mort latente aux illusions du temps
Une mort au pouvoir de l’égoïsme.

Le regard juge l’enveloppe des fruits
La chaire souffre de la morsure de la bouche
Le noyau vit dans l’attente des noces avec la terre

Le pet drôle

J’aime le pet drôle
Il m’attire à l’odeur et au son
Je recherche ses multiples sources
Dans des orifices cachés sous des couches vicieuses
Alors je fore off short et parfois in
Le pet drôle se brule comme un car bruyant
Il guide mon appétit et annonce l’arrivée des ennuis
Des dégazages aux explosions qui font souvent marrer noir à défaut de rire jaune d’impuissance
Quand le pet drôle est raffiné
Il se passe sous silence et licence
Pour un usage plus domestique
Mais un air toujours pollué
Qui fait mouche

Éphémère

Qui suis-je dans cette vie?
Un simple écolier de la réalité
Menant au parchemin d’une académie éternelle

Qui suis-je dans cette vie?
Un maître en devenir et réaffirmé
Menant une minorité au seuil du réalisé

Je suis de passage
Et tu vois, je laisse ma trace
Dans l’air qui balaie le sol immuable

Le navire fend les eaux
qui supportent la coque sans effort
Une loi de l’univers sans notre humanité

Éphémère, océan fragile
Terre d’argile et souffle divin

Éphémère en cette ère

Éphémère

Retrouvaille

Je parcours ton corps de long en large
Le soleil se couche sur tes courbes voluptueuses
Et ta chevelure frisée se répand comme une pluie fine
Sur un visage aux yeux d’amandes
Un raphia posé sur ton faîte tel la coiffe de ton règne
Le repos à tes côtés se prend des jeux de contemplation
Des années d’un voyage onirique voire lyrique
Dans une mondialité virtuelle qui rassemble sans ressembler
Mon cœur danse au son d’une voix sans paroles
Un mime des sentiments qui débordent
A présent je pose mon ballot
Pour épouser le temps sur les rives de ta vie
Las du combat de ce monde encensé voire insensé
Je brûle à nouveau dans notre foyer un temps offensé

Spleen

Le tonnerre gronde au loin
La pluie et la fraîcheur publient leur ban
A l’abri dans le foyer aménagé et encombré
L’esprit vogue au-delà du corps
Un rien d’ébriété pour l’illusion de gaité
Inhibition envolée l’art trempé reprend de l’âge
Une personnalité des maturités enfantines
Qui relie l’être au chaînon des existences
Ayant habité des éthers de simplicité
Où coulent les lois d’un Univers réglé

Le tonnerre ne gronde plus
La pluie était seulement de passage pour un simple naufrage
Celui des vies dans un espace abrité de solitude

Lunette

On vise mais on touche
Les efforts restent vain malgré l’âge
Serait-ce dû à cette bedaine aveuglante?
Ou au regard imbibé d’une nuit matinal?
Ou encore au désir vertigineux trop longtemps cloisonné?
Bientôt le papier essuiera le dégât
Attention minimum pour un crime de tangage
Le fessier attristé par la goutte de trop
Pousse le cri d’agacement et d’injure
Le bipède fier et sans un regard pour la lunette
Aura oublié de s’abaisser devant la culpabilité noble
D’une faiblesse de l’équipement moderne
Qui envie le buisson accueillant et complaisant
la lunette voit abandonnée et sans jugement
Le derrière renfrogné et l’avant négligeant
Quand on ne la relève pas dans l’urgence polie
Elle garde en point de mire
Cette vieille querelle des genres
Monture souillée dans une vision du monde
Entachée de corruption en liquide

Refugié

Je suis vivant mais ô combien soufrant
Pèle mêle mon esprit amasse les restes des bonheurs passés
Tristes vestiges qui mis en musique donne la nostalgie au déplacé
Un flot de souvenirs réfugiés qui fuient la souffrance de l’Illusion
Un parcours mitraillé de doutes et des regrets qui forment le blason
Sous une tente de fortune l’avenir se distribue en présent
Ration unique jusqu’à la fin guerre de l’Esprit et de l’égo décadent
Une paix qui sonnera le rappel de l’être dans un corps meurtri
La terre attendra la nouvelle semence d’éternité d’une autre vie
Je suis vivant mais ô combien sous-franc

Descente

J’ai longtemps plané dans l’azur impérial
Et le rayonnement sans voiles
Mais demain je renouerai avec l’Abîme des moments de recherche
Pour un vol d’ivresse. Milles ombres emporteront mon corps dans de sombres dédales
Réalité à deux teintes des plaisirs tâchés d’une même vie
A quoi bon jouir de jour pour mourir au soir
Embrasser le soleil et vivre la terreur des ténèbres
Je peux être l’aigle qui gouverne et plane dans les éthers
Je peux être le lion qui combat encerclé de flamme
Je peux être le vent libre qui choisit ses espaces
Je peux être l’eau vive qui ravive ton désir endormi
Mais demain je renouerai avec l’Abîme du néant de félicité
Ce point de questionnement sur l’existence
D’où tu viendras, toi l’ami, me chercher
Guidé par la Providence et l’acte humain

Il suffit d’un rien pour partir de rien.

Le Fou

Je suis le Fou
Tu m’as croisé une fois dans la rue
Ou a apprécié un jour que je sois détenu
Je vis en moi le clivage de deux mondes
Et sers de soupape à une fin en hécatombe
Tu m’a vu sourire seul et rire du temps
Dans un tableau où l’Artiste fait chevaucher les tons
Mon histoire est celle d’une fin qui approche
Celle d’une faim de tout qu’on nous reproche
Sur l’échiquier de cette terre je vais et viens en vain
L’esprit mêlé aux flots croissants des âmes criant sans lendemain
Je suis le Fou
Tu m’a croisé une fois dans la rue

Merveille

Mon cœur pleur la seule qui à mes yeux compta
Des larmes et frissons à l’intérieur du masque
Ne pleure plus! Mère veille.

Mes mains te cherchent dans la pénombre de la solitude
Une cécité pour des yeux privés de lumières enfantines
Regarde! Mère veille.

Je cherche ton parfum sur l’épaule offerte gracieusement
Une ivresse de soupirs qui essoufflent le corps altéré
Respire! Mère veille.

Te reverrai-je un jour me sourire?
Dans mon rêve je sers ton corps contre mon fort que tu as pris en un regard
Merveille! Mère veille
Elle couve l’instant de la rencontre
Due aux êtres qui ont aimé sans avoir
Merveille! Mère veille
Elle promet une fin aux souffrances de l’enfant
Adulte par la force de l’âge
Merveille! Mère veille
D’ici s’entrevoit l’horizon guéri
Des cœurs meurtri qui s’abandonnent
A la caresse d’une vie pleine de présence

Silence! Mère veille.

Primal

Ne m’abandonne pas
J’ai besoin de ton amour
Pour guider mes pas
Dans cet univers fait d’inconnu
Ne rejette pas mon cri
C’est l’appel d’un cœur qui a mal
Et dont les sentiments
Demain feront de moi un irréel
Le respect de mon petit corps
Est à mes yeux digne d’efforts
Je prends le temps dans mes mains
Et il s’écoule lentement sans rien attendre
Demain je serai délivré de mes sollicitudes
Cette simple blessure
d’avoir manqué à tes bras
De n’avoir pas pu recevoir le meilleur de toi
Ne rejette pas mon cri
Il est le râle provenant
des cavernes de l’existence

Demain je serai délivré de mes sollicitudes
Demain je serai enfin un Homme libre

Falaise

Falaise je ne te prendrai point
Ta façade lisse demeure infranchissable
Défait mon enthousiasme militant
Mes repères n’ont aucune prise sur toi
Et mon regard glisse impuissant
Sur ton défi majestueux
J’attendrai de grandir pour t’enjamber
Quitter le berceau de mes illusions naïves et absurdes

Falaise je ne te prendrai point
Ta fierté me domine
Je ne ferai aucun plan
Ni tournerai le dos devant ton imposante stabilité
Je suis aujourd’hui l’aveugle blessé
par les peurs d’un cœur aimant
Qui attend la guidée suprême
Un bras ferme qui délie les destins impossibles
Pour en faire parabole pour les sages mendiants en acte de foi
Je m’arme de patience, de courage
Et tisse les cordes de cette réalisation

Falaise je ne te prendrai point…

Sans draps

Il parcourt le ru de son artère
L’éclat écarlate éblouit ses bleus
A l’insu des piques habituels de la vie
La chouette au loin, les yeux cernés
Chante les entrelacs de désirs sans draps

Il brûle de passion mais elle freine les tentations

Bientôt l’océan des unions remisées
Enfantera sa nouvelle sirène au chant délicat
Et qui fera avancer le cortège dans une danse avenante
Deux réalités orphelines d’une complétude déjà demandée
La couche demeure chaude des rêves de la nuit sans draps

Aya

Je me perds dans le noir de tes tristes yeux bleus
Cette couleur va si bien avec ton vécu en coups et vent
Des combats aux ébats sans lendemain de oui garantis
Je me lasse de cette vie aux façades maintenues
Peu à peu avance le sable chaud où on s’est étendus
Un abandon à l’emprise des réalités d’un destin écrit
Dans le grand Livre de chant de nos mots improvisés
Qui vit de nous comme les simples grains d’un sablier
D’où je vais vers la mer bleue comme tes yeux noirs
Cette tempête que tu couves et qui hante notre avenir
Peuple et myriade d’êtres et tant de voix inconnues

Désert

Désert
Espace aride où vivent mes peurs
Pour avoir renoncé à les combattre
Je reprends le cycle de la Libération
Dans une errance où chaque pas ferme
Reconstruit la citadelle jadis délaissée
Résolu sept fois, plus encore, à te conquérir
Terre promise

Automne

La mélancolie me gagne et l’emporte
Un suintement de détresse intérieure
Qui noie ce feu intense mais fragile de la vie

La mélancolie me gagne et me déporte
Vers ces contrées désertes du temps
Où l’occupation est un poids pour l’intention

L’esprit erre alors dans les éthers insondables
Privé d’une terre saine où reposer

La morale s’avale par cachets de raison
Mais l’amour fait toujours défaut
A ce monde de radeaux éparpillés
Dans une mère, la Terre
Qui ne reconnais plus ses fils

La mélancolie me gagne et m’emporte
Laissant vide et froid dans un cœur
Qui crie sa soif de vivre enfin

Taxi Maboul*

Poussez, laissez passer
Voici que viens le rusé coursier
Je file, je me faufile
Et c’est ma course
Derrière affriolant
Je talonne la cliente
Pas de contravention
L’agent se laisse émouvoir
Par mes billets doux
Je remplis, j’empile et je file
Gare aux orteils
Mon klaxon naturel est fait d’invectives
Je roule mon carrosse de fortune
De deux mains fortes
Et la transpiration me vient
Dans l’effort et la joie
Je hante le marché de mes cris
Dans l’antique et pratique bolide
Ma brouette rouillée mais bien aimée

*Aux athlètes du marché Mont-Bouet à Libreville, Gabon
Dada
Grande sœur sans son argent respect
Prière du réconfort joie la
fille nièce garnement et
Douleur Noël elle a soin
Maman plaisir gros
Aide précieuse cuisine
Très bon

Dada, à toi je tends la plume
Dans un style qui n’est pas le mien
Pour exprimer ce que la psyché
Couve sous des tonnes de divan

Ensemble

Célibataire, solitaire puis homme en terre
Le regard hagard perdu dans un hasard si peu fier
Ton pas est celui du vent à l’ivresse des immensités
Et le nombre grandit dans le confort de nos cités
Le club des générations s’égrène au fil des migrations
Un essaimage des images à la bourses des illusions
L’isolement remplace les cortèges et les fêtes d’antan
Quand les graines à travers le monde fredonnent sur les même champs
La joie d’une enfance fleurie dans la communauté
Qui met l’humain face au défi de la solidarité

Flamme

Flamme pour toi je renaitrai à nouveau
Ô Sire je ne suis fait que de cire!
Mais j’écris sur ce sol luisant à force de cuire
Flamme tu brûles orgueilleuse et tu vides mon essence
La mèche frêle nous lie sans espoir de changer nos destin
Tu rayonnes aux yeux du monde et vide ma semence
Mes larmes séchées dessinent des silhouettes harmonieuses
Sur le chandelier qui orne en présent l’espace de nos vies
Flamme l’union à toi me tue à petit feu
Mais d’amour je revis
Puise alors en moi, en mon cœur, la sève qui illuminera ton existence

Éternité

Le vent s’écoule sur la terre nue
Il souffle où il veut et emporte mon esprit
Dans une métaphore d’évangile
Une éternité voulue pour cette vie
Ici et maintenant à consentir
Où l’Amour émerge de la faille qui brise le roc
L’inlassable abandon des armes de la raison
Qui ouvre la conscience à la simplicité
D’une vie pleine et légitime

Que célèbre la nature dans les sens et l’essence
L’offrande d’une gratitude de chaque instant
Dont l’encens brûle et monte
Vers le Maitre absolu de la Création

Miséricorde

Sans fard ni question j’épouse l’âme de l’Autre
Un péché consenti dans la fièvre du désir
Des besoins insatisfaits sous le voile de la morale
Que la réalité du corps nu exprime cruellement

Le baiser d’un regard furtif qui enflamme le cœur
Le scénario de l’esprit empoisonne la raison
A la providence mes pas et au diable mes choix

Le destin ouvre la Voie large
Où chemine le flot des vies éprouvées vers l’ultime Retour
Des blessures infligées au cours d’un Temps mortel
Dans la faiblesse et les pièges de la conception
Pour lesquels seuls ne comptent
Que le soin et les bienfaits
De la Miséricorde

A ma terre

Je suis né de glaise et de souffle
J’ai subi la blessure d’une faiblesse
A travers le temps j’ai reconstruis ma vie
Dur héritage d’une représentation du Divin

Je viens de la terre et j’y retourne
Je vis de la Terre et la retourne
Des ressources dont j’use en science infuse
Sans future pour des générations spoliées

La faim attend l’issue du Temps
Les excès des uns abreuvés de l’impuissance des autres
Un vide dans une consommation de l’existence
Qui appelle la conscience du locataire de ce Monde

« L’Homme fait de la Terre, son plus beau voyage vers l’éther »

Songe et désir

Je rêve de tes bras et de ton souffle sur moi
Poser mon baiser sur tes lèvres brûlantes de désir
Mon corps offert épouse tes formes à en défaillir
Ce songe de caresses par lequel je deviens ton roi

J’avance patiemment vers toi
Avec l’espoir de connaître tes joies
La rencontre des êtres voués à l’Amour

J’arpente cette vie cherchant ton regard
Ta présence m’enivre et je me rends sur le tard
Le papillon brûle ses ailes sur la flamme de ton cœur

Je prie le Ciel d’accorder un instant pour nous deux
Une éternité dans un temps décompté et harmonieux
Où mêler nos existences sans fin ni détour

Just to say High

I can’t sleep
My eyes are blinking as the light burn my dreams
Imagine a mind that flow without any limit
A travel through the dimension of the time

I’m hopeless
I would like to give out this thinking energy
To those seeking through their life
The spiritual achievement

I’m one of those
Talking with angels, devils and avatars
People call it hallucination or cultural mess
I’m just the beloved bipolar, two worlds
Opposing two lineages of descendants,

Now aware, i’m searching for my words

To say “High”

Inspiration

J’écris du souffle qui m’inspire
J’expire et je rends l’âme à la main
Qui écrit et expie
Suis poète ou prophète en péril
Le serviteur bien aimé devant être honoré
J’habite l’instant perdu de la création
Où la réalisation d’une illumination
Est un commun ouvrage
A l’évolution d’une race
Qui s’efface et trace
Le chemin vers la fin

Zéro

Je vis sans réaliser
Les contremaitres s’impatientent
Et les ouvriers rigolent et se moquent
L’inventaire des réussites s’arrête au menu des espoirs
Ce n’est pas faute d’avoir essayé, lutté
Ni d’avoir défié la chance dans mes prières
Mon heure sonnera sans doute plus tard
Le déni du con battu de viendra la foi du Guerrier
Et le festin à consentir un jour
Est l’œuvre écrite de Celui
Qui sait honorer de son amour
Le Serviteur patient et endurant

Nomade

Je ne fais que passer
Mon cœur pour viatique
Et mon corps en monture
Sur les traces de ma pensée consciente
Je traverse l’existence
En âme éprouvée
Je laisse à l’impermanence
Les illusions de mon égo
Seul ne compte que la fin du parcours
La Citadelle paradisiaque
Où attend le festin du Roi
Je ne fais que passer
En nomade dans l’instant
Et l’espace de ce monde

Racines

Que fait un baobab à pousser dans une steppe neigeuse?
Le déraciné, singleton dans un monde cinglé,
Vit l’amertume du sol d’expatriation
Privé d’une communauté de fraicheur, de flore et de faune fertile
Le vent lui souffle le murmure des Ancêtres
Le chant de la tradition d’une ère qui s’effrite

Que fait le baobab à pousser dans un gazon blanc
Il croit en la nouvelle réalité des hivernages et de l’harmattan du partage
Sans oublier qu’il est le recourt à la sagesse d’un monde qui survient

Arte negro

J’entre dans la danse
Dans l’antre des corps en transe
Les coups se dessinent dans l’air surchauffé
La fluidité mime le combat
Mais l’ennemi reste invisible
Douceur et beauté d’acrobate
Alors la chaîne se rompt
Dans la longue tradition
Des esclaves de la vie
Ma plume lacère mes mots
Pour un art qui libérera mes maux
Je me réduits au silence par respect
Pour voir mieux voir mon être vibrer
À la vue de ces descendants au sang noir…

Arte negro!

Fier

Je suis fier d’être Noir car en moi réside l’espoir

Je suis fier d’être Noir car de moi viendra la victoire

Je suis fier d’être Noir et le grimoire de l’histoire

Je suis fier car je suis Noir, couleur de ma mémoire

Je suis fier

Je suis Noir

Je suis fier d’être Noir

J’ai perdu la vie

Simple figurant d’un monde qui m’échappe à présent
J’ai perdu la vie à force de craindre et d’ignorer la mort
Fini la quête et la fuite éprouvées dans le même élan
Quel y sera alors ma contribution ?
Une brique ? Une pierre ? Une poussière…
J’avance confiant sans voir l’horizon arqué
Dieu seul garanti maintenant mes pas serf
Et bénis mon parcours de guerrier

Puits

Le cœur nu marche vers la source
Pour ce puits qu’il creusera de ces mains
Le songe lui a porté le goût de l’ondée
Quand le regard a effleuré son souvenir

Le cœur nu marche et crie vers la source
Une ode que le poète récite en larme
Résurgence d’une goutte d’où nait l’étincelle
Qui s’unie à cette terre pour pétrir d’Amour

L’appel du Temps

De cette danse suivi le cours de nos destins
La vie bascula, offrant à deux l’occasion d’être un
Hélas mouffette et virtuel détruisirent le rêve du festin
Unissant de longs mois à tenir et un neuf moi à construire

Le passé effacé, l’avenir est à l’âme sage et à l’oreille coupable

Quand le Temps s’offre en garant d’une blessure inavouée
Prenant le chemin d’un exil des cœurs voués à se reconnaitre
Et l’assoiffé crie vers sa source le désir de s’unir pour la vie
Pour un abandon où les eaux vives jailliront des cœurs embrasés

Que le temps nous accorde de nous parler et d’échanger nos inconnues dans le dessein de se conjuguer en enfant. Même si un océan nous sépare, je pars à la nage dans ce simple ver d’eau…

Percée

Le soleil grisonnant
Peigne la barbe blanche des nuages de l’automne
Une lueur éclaire çà et là
Les sourires des yeux reconnaissants dans des corps en grève
Le vent souffle et la barbe s’emmêle
Le soleil déjà grisonnant a encore pris un coup de vieux
Une saison qui rallonge sa vie

Taslim

Le roseau ploie sous la caresse du vent
Le moment se retire des sollicitations du temps
L’éternité s’illumine dans une obscurité féconde
J’emprunte mon corps à la vie des Mondes
Et le roseau ploie pour la caresse du Maître
Dans cette quête sage qui, un jour, t’a vu naitre

L’ivre dort

L’attention est portée à apprécier les mots
Quand l’impudence pousse à l’ivresse
Un élan du regard vers ce verbe attendu
Qui saura apaiser cette soif de complétude
Une estime de soie filée dans la confiance à Dieu
Le poète s’éveille à l’écho des états d’âme
L’ivre dort bercé par l’ouvrage dans son once précieuse
Tu es mon Livre d’or et je poursuis ta quête

Cœur acoustique

Mon cœur, c’est étrange, ne bat plus
Mes tempes et ma poitrine se sont tu
Le sang orphelin renonce à habiter le corps
Le poids d’un monde qui impose l’effort

Puis, le silence nous efface

Une note, un son, une voix, celle qu’il y a en toi
Mon voisin me le dit: bienvenue à Acousticaaaaah
La scène emplit mes yeux et le rythme infuse mon âme
Les artistes opèrent la greffe et relancent la flamme

Et le miracle se produit

Les claps de mes mains battent la cadence
La clameur de la salle, soudain, invite à la danse
Je revis ce flux divin qui me porte à présent
Une conscience nouvelle qui irradie le moment

L’onde enfin prend sa source

La Cité s’illumine et écoute le pas d’un mouvement naissant
Celui d’une musique, de mélomanes et d’artistes reconnaissants
Leur cœur est acoustique dans la passion et l’ardeur
L’avenir leur appartient, Ce sont les Acousticoeurs

Emprunt

Je plante mes racines dans le courant d’air
L’enchevêtrement va et vient au gré du vent d’une récolte prochaine
Les feuilles écrivent le sort de mon Peuple dans un nuage menaçant
L’ondée fraiche de la renaissance perle sur les cœurs asservis et endoloris
Bientôt le vert de l’espoir envahira les plaines où jadis le sang s’offrait en sudations inutiles
Le son du corps retentit, un cri qui accompagne la faim du Monde
Je plante mes racines dans l’air du temps

Léger

J’ai longtemps voulu des ailes
Pour voler aux anges le droit de m’évader
Il m’a accordé une plume
Me demandant, je le pense, de m’en contenter
Depuis je brûle de mille mots
Et ma fièvre saisit les instants d’impatience
De rendre au don d’un verbe
la monnaie en cent hymnes
La vie s’écoule ainsi
Je vole de ma plume le cœur des Elles
Auxquelles je ne rêve même plus
Ainsi s’écoule donc cette voie
Voyage d’une plume
Pris dans ce vent à l’origine inconnue
Que seul l’Esprit égale dans son cours
Je voulais des ailes
Alors j’offre ma plume

Urinoir

Urinoir, cette urne noire sous la pression d’incontinents a-fric. La faïence est blanche et le besoin jaune mais l’humour toujours noir. Le vent de derrière qui accompagne l’affaire retourne la terre et s’en retourne en enfer. Le pauvre pisse et rit du pissenlit qui s’écrie dans la pleine vessie aux vallées adoucies.

L’Iceberg

Connais-tu l’Iceberg?
Celui qui suce et suce mais ne donne rien à la mère.

Oui rappelle-toi de l’Iceberg.
Celui qu’on suce et suce mais qui nous met le cœur à l’envers.

Je revois encore l’Iceberg.
Celui qu’on suce et suce mais qui rêve d’un Uni-vert à cœur ouvert.

Qui sera avec l’Iceberg?
Celui qu’on suce et suce mais dont on n’obtiendra jamais rien qu’un vers.

Le Temps est mort

Le temps est mort
Dans un dernier effort
Pour ne pas faire de tort
A l’attente silencieuse des corps

L’heure a sonné pour l’éternité
La moisson des vies de conformité
Des mûrs fruits de féconde spiritualité
Pour des êtres au Cœur de réalité

Un monde passe et un autre entre en action
Un passage de témoin entre générations
D’où naissent empires et nouvelles nations
Mais demeure à jamais la Tradition
Obole

Je ne suis pas né noble
Mon sang vient du vignoble
Quelle magnitude sur l’échelle d’une riche terre?

Je ne suis pas né noble
Mais suis-je vraiment ignoble?
Mon attitude s’invite à hisser ce monde austère

Mais qui n’est noble?
Dans le style et la richesse du cœur
La réalité d’une vie faite du sens de sa Valeur

Mots ris bas

Je chuchote encore ce rire qui nous charrie et nous relie
Complicité et entraide des êtres épris dans leur faiblesse
Une onde diffuse la chaleur bienfaisante de ta tendresse
Quand mon cœur s’écrie en silence partout où tu me lis

Je te dis de simples mots ris bas et en toi c’est cela :
La caresse cannelle de l’ile qui rêve d’un continent
Où s’enracine le chant des graines semées au vent
Que La fierté et la passion fonde à jamais en pas

« La laideur des racines dans le sol forme malgré tout la sève qui embellit la fleur de l’Arbre»

A quatre temps

Le Temps craint de quitter son noble palais.
Arpenter les rues du royaume au risque d’être assassiné.
Et La révolte gronde dans les esprits aliénés.
Les provisions de rêves et d’illusions perdent leur éclat de jais.

Alafia Africa

Ô Afrique, ô continent noir d’espoirs
C’est en pleurs et soupirs qu’est contemplée ta vie
Et le sépulcre non taillé révèle déjà leurs envies
L’Exil accomplis son devoir de mémoire

Des aïeux extradés par et pour la force
Des pères expatriés pour la connaissance
Des fils expulsés pour le choix de compétences
Des futures épousées pour le métissage du négoce

A vivre ainsi au rythme des sursauts de fierté
Où Tes noms sont Lumumba, Nkrumah, Mandela
Tu dévoiles Ton combat sous Soyinka, Makeba, Fela
Sankara, Keita, Chaka sont encore Tes Fils égrenés

Le poing levé, le parcours des révolutions de sang
Annonce la fin des jours de martyr et d’exploitation
L’aube fertile d’un bonheur en pleine progression
Au son des chants du Peuple libéré pacifiquement

Alafia!

Couverture

Le crépuscule s’annonce dans son ciel incendié
Les yeux emmitouflés dans des paupières chaudes

Libèrent la pensée dans un banc de nuages lourds
Qu’une précipitation de rêves fertilise tendrement
La coulée de lave transparente fuit de la commissure
Pendant que le tonnerre ronfle et éclaire le silence
Les vapeurs traitres quittent l’humus chargée
Pour le plus grand scandale de l’émule inconscient
La couverture écrit les histoires du jour éprouvant
Dans une nuit d’étoiles où règne l’aplat net bleu

Épitaphe

Ci gisent mes illusions noires et la matrice blafarde d’un monde où l’Histoire et La Révélation furent falsifiées pour me maintenir dans l’ignorance de ma fierté nègre.

Colliers à Bali

Dans son majestueux boubou blanc
La destinée attendait au coin d’une table
Ton regard et ton sourire séduisaient déjà mon innocence
De simple amie de cœur à cœur d’une amie

La danse collée du désir frissonne à ton nom
Dans une attirance pour toi où j’aimerais bâtir l’empire de ma vie
En capitulant de ces mots que ma raison ne comprend pasMwen renmen ou

L’Arche

Le regard se réfugie dans l’abri adossé aux étoiles
Ils rêvent d’espoir et ne vivent que de cet exutoire
Des combats pour se libérer mais jamais pour dominer
Les geôliers desserrent les liens et améliorent la ration

Une génération engraisse et la descendance mourra
Dans la solide aridité de nos fiertés individuelles
Qui voue l’Unité du Peuple à une réalité toujours future
Et le Lion observe le Tigre et le Dragon fouler son sol

Le monarque ne peut offrir la Tradition d’un royaume
A l’appétit de l’hôte indélicat, ennemi aux multiples visages
Il nous semble vain de se rassembler sans menace mâle
Les geôliers caressent le duvet et endorment les nations

Le cri se fait entendre et l’Écrit se fait attendre
La clameur d’un réveil aux couleurs de la colère noire

Les pas d’un Prophète retentissent dans le lointain
Il prône une lutte à mains nues, avec des armes de Paix
Le regard cesse de se perdre dans le ciel du crépuscule
Car déjà se construit l’Arche d’un continent qui accomplira l’Histoire

Premiers pas

Mon cœur bat à te savoir si réelle
Et ma plume fuit ce monde virtuel
J’abandonne mon secret à la caresse de tes yeux
Un lieu de rencontre où lire mes aveux

Je quitte les éthers pour te vouloir mienne
Un cadeau des dieux dans une vie de bohème
Nu à tes yeux je demande le couvert de la voix
Se connaitre pour cheminer sur la même voie:

Car mes pensées sont auprès de toi

Des espoirs

Je sombre encore de toute lumière
Et j’écope l’amer de ce raz d’eau où je survis
Le ciel menaçant retient les promesses de Soleil
L’âme et tes hauts s’invitent dans les débats du temps
Ma bouée de bonne humeur flotte sur mes larmes

Je pense à toi malgré l’orage avec qui je dévise sans voie
Ton buste que je sculpte dans mon esprit scrute mes pas
L’amour attendra l’éclaircie sur nos îles si peu immobiles
Un pont fait des miracles d’une vie passée à te respirer
Dans le parfum envoûtant de ma destinée

Sodown

I want to be by your side and mind
Not as a lover since we both know it’s not your feeling
I want to be close to you to beg for love, attention, tenderness
I’m lost in the street of my life

I want to whisper and cry in your bed
Not as the king and lion I was supposed to be for them
I want to be your slave waiting for your voice to call my soul
I’m bound to the shores of our destiny

I’m Sodown…

Rencontre

J’ai rendez-vous avec l’Inconnu d’une promesse
Cet Autre façonné par mes rêves de tendresse
J’avance vers ce lieu dans le temps providentiel
La foi gonfle les voiles des pas voguant sous le ciel

Je construits une Arche pour toi et notre avenir
Laisseras-tu l’appel d’un seul cœur t’y faire venir?
Je suis l’exilé échoué sur les parvis de ton confort
J’attends l’aumône divine d’un Amour qui rend fort

Ô Autre tu peuples mon paysage d’une rencontre inespérée.

Émoi

L’esprit sur pilotis
dans une mer de pensées
j’offre mon désir
A l’Âme du monde
Quand le rêve suffit à l’idée de ton existence

L’air emplit chaque poumon de mon attente
Une respiration veloutée où vit le parfum de ton nom
Le pouls me rappelle à ton souvenir
L’étampe des moments passés à espérer
La fraîcheur charnue de tes lèvres

Le cœur s’élève et imprime la voie
Symphonie mélodieuse de ton amour prononcé
L’éclair de peur à la vue de ta splendeur
Suscite l’éveil d’une douleur sans motif
Tel gît la vision d’une union dans le creux de l’espoir
Fait à son image, je parcours la destinée de celle qui a reçu ma côte

Offre

J’habite les gorges du levant
Près du puits vivant d’orient
La fraicheur de la peau illumine
L’œil fidèle qui offre son étamine
A La force du mâle autonome
Le serviteur reçoit son aumône

Naufrage

Une autre chute dans le moi dual et abyssale
L’être ne remplit plus le corps devenu trop grand
Et le son peine à jaillir dans le tumulte des silences
La vie alentour souffle sur le Monstre intérieur
Pour regonfler voile défaite et hune sans faîte
Une communion aux menus plaisirs dits si bas
Précieuses pierres de l’humeur enfouie

De Juda

Le Lion et l’Aigle se dévisagent
La foi et le courage se reflètent dans la fierté et la noblesse
Une eau calme sur laquelle souffle une brise de peur et de désir
Mais la blessure est à consentir pour créer l’union
D’où viendra la force mutuelle pour le combat

La majesté retrouvée pour un Peuple
Le sceptre du pouvoir retrouvé
Une offrande à l’Amour sans fin

Ailes froissée, crinière rebelle mais griffes acérées
Le lion et l’Aigle se dévisagent
Demain notre Griffon nous naîtra

Home cooking

I promise, I will make you forget the time and place.
Can you feel two bodies expressing the love in movement?

Hey lady I’m so glad you’re here in my place.
It was for a meal. I like cooking especially for women.
You smile and drink my favourite water: words

You must be starving so let’s bring the kitsch to its end.
Massage, messages, “Mets sages” of my French accent
Candle, incense and music are so cliché, but let’s be old fashion!

The dance is just the perfect move to feel you groove
My trance is not necessary for now. Love is in my heart.
I want you in my life and mention it to you tonight

Because we can make it together, I hold your hand
Stopping time and opening our Soul and to dive in the Future
Building gate of Trust between us is what create the one drop out of million air
Ô ami!

Ô ami! Un jour tu auras ma peau

Ton rêve vit de me voir en terre et fait mère de morts
Je suis fait d’art agile et de Souffle, âme noire et forte

Ô ami! Un jour tu auras ma peau

Tu vivras ma vie qu’elle importe ou pas à leurs yeux
Vivant pour être libre, dans ta culture, dans tes mœurs
Ô ami! Un jour tu auras ma peau
J’échange avec toi ce flux qui lie le commun de nos vies
Près d’un jugement sans appel ni Javel qui blanchissent

Un jour tu auras ma peau
Tu comprendras…

Back

How long will they kill our Prophet
While we stand aside and look
Won’t you help to sing these words
We’ve got to fulfill the book*

We took the road from our exodus back in Africa
Freeing our mind from the slavery of self ignorance
Boarding the ships with our gifts and skills in our Soul
We know that God is with us and is our future.
Peace and Unity!

Nous marchons à travers les déserts de notre histoire
L’oasis est de retour et la semence s’y est réinstallée
Cette nuit le guerrier pacifique retrouvera sa famille
Alors lève-toi et marche vers ta destinée! Paix et Unité!

Es el mismo sabor de un pueblo que cree
El canto de los ancestros en la boca
Un azúcar morena y negra que viene de la misma plantación
Vuelta a la casa en harmonia con el espíritus
Paz y Unidad!

Wir können nicht die Geschichte neu schreiben
Was ist der Preis für diese Todesfälle? Liebe und Freiheit
Diese Zeit ist für ein neues Land und ein Volk
Frieden und Einheit!

Mi dé tome mo no dé tékpon fifa.
Mi dou aya lo lèko wa osin.
Vo mi gla lo zon mon lo dji. Yehwé mi ton dé gbè.
Mi dé kpè na égbè Mawu na mi.
Alafia!

Nou san koule.
Nou te batay nan yon kontinan jwenn li.
Nou se manm yon pèp ini:
Dyaspora ak timoun ki sou latè nan orijin
Lapè ak inite

Navandaka na Afrika. Esa mokili na yo.
Nakozonga na mboka. Afrika nalingi yo.

Dieureudieuf Cheikh.
Mangui dem.
Barna!

*Élaboré à partir de « Redemption song » de Bob Marley and the Wailers

As One

My eyes are closing
I still can see my People suffering
As they deny our legitimacy as human presence
We, sons of God. We’re fighting for Conscience.
Some of us come over and shine
They pave the way and cross the line
Like small stones on the mile to keep the hope alive
Showing us what we can accomplish when we strive
Then comes the Call…Through Truth and Love, Wisdom and Faith
Inviting the People to walk and struggle together
The road back to our living style, Culture and feeling stronger
Working the World to dominate in our own Kingdom
For the pride more than the simple act of freedom
Rising our fist as the real flag of unity of the whole community
We settle a new era of peace in our Soul and Mind for dignity
Where our uniform will be a sign of respect and honour
My eyes are closing for the last time, on my inner mirror
But I know that my People will rise again…
As One

Kizomba Canada

I saw your spirit flowing down the street of Luanda
The beloved ones running the day to feel their real life
The Soul of your fellows was still playing in my dreams
Canada is my name and you said Kizomba is yours

My eyes raised as the beat of your heart pulse my blood
The spell of your fragrance took over my thirsty mind
My lips tried again to say your name coming from Africa
You simply invited me to a dance, the new dance of love

I chased your steps, you offered your secret essence
Our hips were kissing and my head leaning on your hair
My arm in your back was leading the breath to trance
You seduced me without a word and I made a decisao

Your body is now mine moving from prakata to taraxa
Love is streaming all over the floor near Saint-Laurent
A team is setting the space that you deserve to rock
Our joined hands will call the future: Kizomba Canada

A pas perdus

Apatrides. Appâts, tris de doux leurres culturels
Quand le cri des douleurs caracole au naturel
Le patrie-autiste recherche sa terre pour sol
Où planter ses pas égarés par un destin nomade
Et une boussole ivre, attirée par des flux en or

Être étrangers chez soi et soie à l’étranger
La quête de l’étoffe noble rapièce peu à peu
le tissu communautaire dans l’exil stérile
Le nu d’attache revêt le costume de circonstance
sur l’uniforme de la naissance devenu caméléon
Une richesse dépouillée du partage des traditions
Seul habit qui fait la manne nécessaire aux peuples qui traversent l’Histoire

A pas perdus je m’élance vers l’avenir sans avenue
Où demeure les sentiers d’une mémoire sans refuge
La tolérance et le métissage bâtissent alors un monde
édulcoré
Où les pierres des pas sages colorent les routes modernes de l’échange humain
Fait de carrefours pour les nouvelles vies réelles et authentiques.

« Les cultures déracinées par les crues de nos lits de richesses sont le limon des récoltes futures qui perdent de leur saveur»

Samba

Salma, Dieu ne pleure pas !
Mais me voilà rendu muet devant ton visage fugitif
Des phrases sans sens me viennent et te poursuivent
Comme des vers de « taire » que je ne peux exécuter
Alors je saigne et retourne la terre de mes maux

Salma, princesse nomade d’un désert que je traverse
Perdu dans le souvenir de ces oasis riches en affections
Où l’espoir invite intimité et complicité concupiscente
Je m’offre à toi lié au sang par ton parfum et ton sourire

L’attraction se vit alors sans le cœur de l’amant légitime
Je règne sur un empire où l’Amour veille en sentinelle
Les bras accueillent les pas de l’Impossible à apprivoiser
Samba c’est l’étreinte dans l’amitié des désirs refoulés
Salma, Dieu ne pleure pas !

Sin Kété

Enfant du Kété sortez ! Je ferme la maison
Guézin, Sèhomi, cases endormies au creux du sable
Je suis au confluent de villages disséminés
Qui se mirent au gré du lac Ahémé

Enfant du Kété sortez ! Je ferme à clé
La pleine lune invite à la danse
Les mains battent le cœur de la tradition
Et les jeux rejoindront les rêves d’une veillé qui en rit

Enfant du Kété sortez ! Je ferme à clé

Témoins silencieux

Ma raison d’ « hêtre » est de témoigner
Voir les saisons qui, sans chêne
N’ont plus le goût du temps perdu

Seul mon bouleau offre aux vents
Des feuilles ou les branches du saule
Que les pleurs du ciel fertilisent en vie

Soumis au gré du Temps, l’Arbre fige
les pas, pieds, d’une histoire de cœur sculptée
par des générations d’hommes aux feux de bois.

Obone

Un simple désir silencieux se cache
Dans l’amitié, le respect et la pudeur
La secrète recherche de ta présence en moi
Est un renfort à la force voilée d’une âme troublée
Un doux élixir pour les sens et une coupe de patience
L’appel de ce besoin tangent reste hélas sans écho.

Ton corps harmonieux durcit l’intimité déjà si lubrique
Et le visage paré du sourire apaisant et enivrant
Embellit le caractère d’une femme conquérante

A l’intelligence émue où excelle l’art du combat
Je t’invite à la table du partage d’une complicité timide
D’êtres seuls à la fleur de l’âge des choix de raison
Où brûle l’envie d’étreindre et de succomber aux feux.

Le mâle viril et esthète vaut peu pour une danse éternelle
Quand l’empire d’un cœur recèle de mille terres vierges
L’amour, un brin poète, porte en toi cette oasis fragile
où baigne la fraicheur du chaud baiser dont je rêve
En seule richesse à t’offrir dans l’instant…
Summertime

Le ciel transpire sous les avances du soleil
Un coton imbibé balloté par l’infidélité du vent
Le sol éponge la faute avouée d’une tentation si légère

La flore éperdue inonde l’aire de son parfum frais
Demain, bêtes et animaux célébreront le retour de la vie
A la clameur des champs de villages semés de conscience

PENSÉES

« Plus rien ne saurait prévaloir contre un sentiment de plénitude qui satisfait en nous je ne sais quel besoin essentiel que nous ne nous connaissions pas »Antoine de Saint-Exupéry*

C’est pensé, c’est soigné

Il est dur de ne pas spéculer sur la vie lorsque la transmission de l’art du sage se perd. Le Pro, verbe, devient « Prôner ». La sentence offre le condensé de l’instant de réflexion, de méditation, de contemplation…
et son auteur jette une bouteille dans l’âme-mère de ceux qui s’y retrouve.

*Extrait de « Terre des Hommes », Folio 2009 (1971)

Thierry l’ermite

L’Univers est harmonie. La transgression de ses lois crée une contraction dans les mailles du treillis des destinées et de l’histoire. Seul l’abandon à la Miséricorde rétablit l’équilibre des forces et énergies mises à contribution.

*

La force du sage réside dans le silence qui remplit la présence à soi. Un baume apaisant pour l’esprit enflammé et volatile.

*

Peu importe la clarté du jour tant que sa durée permet de trouver un apaisement à la profonde pénombre des nuits de combat.

Coquillage

Au milieu des personnes qui vous cherchent par des intrigues et des mensonges, cherchez-vous aussi.

*

Entre une perle rare et une once d’or, la richesse est de choisir la sagesse du cœur.

*

L’égo sonne la différence entre l’être qui recherche l’harmonie interne avec le divin et celui qui est dans le tumulte de l’identification au monde

Câpres

Mieux vaut paraitre con aux yeux du commun des mortel que de vouloir comparaitre devant l’Éternel armé d’artifices et de gloriole.

*

La clémence est la vertu des souverains sages et la démence celle des éternels insatisfaits du pouvoir.

*

On ne change que bien peu dans sa vie. On passe le clair de notre temps à lever les voiles des illusions qui nous cachent notre réalité profonde.

Bougon

J’ai longtemps foré mon intérieur à la recherche de Dieu pour finalement me rendre compte qu’Il m’observait depuis la surface.

*

En affirmation personnelle il vaut peut-être mieux être un chat qui rugit qu’un lion qui miaule.

*

On a parfois besoin de maux pour se lire et de l’Être pour s’écrire.

*

Lorsque l’habitude de la médiocrité étouffe la foi, l’acte de folie devient l’alternative aux efforts constants de sacrifice de soi.

*

Le souffle imprime le mouvement et s’en nourrit. Les pensées trouvent leur légitimité dans l’action. Toute stagnation est source de pollution pour l’Esprit.

Aubaine

Le premier à désobéir par égo poursuit sa quête d’adeptes et d’émule mais toi prosterne toi devant l’honneur qui t’es fait d’avoir le choix d’y renoncer.

*

L’Amour est un vecteur puissant qui pousse à l’action et à la motivation.

*

Si un maître nait dans une étable et connaît la gloire monté sur un âne, il place d’emblée le disciple qui prend sa suite sur un piédestal de richesse.

*

Quand la beauté vous saisit au cœur, le raisonnement devient une déformation de la contemplation.
Réveil

A quoi bon combattre le Monde si tu n’aimes pas assez la Vie.

*

L’Exigeant « il faut que » et le Perfectionniste « Je dois être le meilleur à » se consument aux feux de la réalité immuable vers la paix du Simple « Je lâche prise ».

*

L’inconnu dans l’amour n’est pas de savoir si on est aimé par l’Autre mais si cet amour sera partagé un jour.

*

Le poids des dettes donne du pouvoir aux Créanciers. L’émancipation est un effort comptable pas d’affirmation de soi.
Fuite

Le pas de l’être résolu vaut une année de marche de celui qui doute et regrette en quittant le confort de son illusion.

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Le sot des messagers dit : « un problème devient compliqué lorsqu’on pense que sa solution l’est »

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La bienséance devient hypocrisie lorsque l’honnêteté et le respect de l’autre paraissent accessoires.

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La douleur s’atténue avec le temps et le temps a besoin de franchise, de résolution et d’abnégation pour en devenir le baume.

Prodigue

Dieu est partout et nulle part ailleurs.

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Ceux qui ont vu l’aigle royal ne peuvent plus regarder l’épervier comme un dieu.

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Si par foi tu donnes ta main à Dieu et que tu vogues dans les éthers, n’oublie pas de tendre l’autre, soumise, à ton guide qu’il pondère ton égo et renouvelle ton humilité. C’est dans la relation humaine que l’image de Dieu se projette.

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Si tu suis la guidée dans tous les actes de la vie, même les plus insignifiants, alors l’ensemble de ton parcours demeure sur la voie large qui mène au But de toute existence.

Transmission

Les grâces et les malheurs se dispensent telle une circulation où il est bon de respecter la signalisation lumineuse et le code de la Route. Il y a un temps pour avancer et un temps pour laisser passer.

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L’exemple se mange et la parole se boit comme un repas qui remplit le disciple de l’enseignement de son maître.

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Un moyen, à notre portée, pour recevoir ce que l’on a demandé est d’agir dans le sens de la rencontre avec la Satisfaction.

Anges

Rouler la pierre de son tombeau intérieur pour laisser sa vie se réconcilier avec sa destinée demande l’effort d’acceptation de la guidée subtile du divin.

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Ne demande pas au Divin de bénir chacun de tes pas volontaires que tu fais mais plutôt les chemins que tu empreintes par sa Grâce.

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Un lion qui s’engage à miauler au lieu de rugir doit se résoudre aussi à se séparer de sa crinière.

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Il doit y avoir un bénéfice à la consommation honnête d’un péché qu’à l’affichage d’une piété hypocrite.

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Si rien ne se perd et notre création ne serait finir sans un retour vers une éternité, constance du Tout, après que nos âmes aient été éprouvées.

Corail

L’homme est résolument un être spirituel.

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L’instant présent est une porte sur l’Éternité. Il est mieux de ne pas se contenter de rester dans l’entrebâillement.

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Respecter le compte des prières d’un chapelet c’est comme composer le code d’un cadenas qui retient un coffre de largesses et de bénédictions.

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L’Évangile à l’instar des Hadiths est un témoignage de Vie au sein du grand Livre et son authenticité est faite d’une foi qui voit, vit et honore le prophète et son accomplissement.

Duniah

A trop chaparder par tentation au marché de l’Amour, l’Homme ne respecte plus son titre majestueux dans l’ordre de la Création.

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Un témoignage spirituel ne doit pas détruire la Foi, mais nourrir l’esprit de l’apprenant par le doute éveillant ou la connaissance nouvelle sur les voies qu’il emprunte.

Ilot

Une bonne éducation spirituelle est d’attendre patiemment son tour pour tendre l’assiette de ses besoins et recevoir une belle goutte de satisfaction par munificence.

Attitude

Attitude est à la fois disposition intérieure et comportement extérieur.

Vérité

En toute chose dire la vérité et se dire la vérité quel que soit l’inconfort produit sur soi. Respecter l’autre en l’extériorisant.

S’abandonner

Ne pas s’appesantir sur une souffrance morale due à une frustration, une faiblesse ou un abaissement de son ego. Accepter de ne pas toujours paraître sous un jour glorieux.

Aimer

Aimer Dieu et Ses œuvres et donner sa vie comme contribution à la suite de la création et accepter sa destinée en état de paix.

Agir

Ne pas laisser une situation s’enliser. Agir de façon prompt et sage afin d’établir la vérité ou de trouver une solution convenable.

Confiance

Quoi qu’il arrive, garder à l’esprit que l’on est l’acteur d’une histoire qui se manifeste et dont l’accomplissement est facilité par la confiance que l’on met dans nos actes.

Évolution

De même que l’enfant ne peut comprendre que progressivement les réalités de la vie, le monde a connu des vérités qui ont su évoluer des mythes et traditions anciennes vers la dernière Révélation qui correspond à l’état de maturité de l’existence et qui parfait l’unicité de la Religion faite de soumission à Dieu.

A QUOI ÇA RIME?

« C’est quand on partage qu’on s’enrichit »Jean Pliya

Le renouveau permanent.

Le mini essai poétique ouvre des horizons de réflexion pour amener à quitter les positions de confort qui alourdissent l’attitude créatrice. L’homme en marche vers son éternité renouvelle à chaque pas l’équilibre précieux qui le maintien dans la présence à la vie ou la pleine conscience de celle-ci. Chaque pas, chaque partage est alors une richesse, une sagesse.

Une question de filiation en fiction

Si je devais créer une analogie entre mon monde actuel et celui de mon enfance, je dirais sans trop me tromper, que Walt Disney est le créateur de Mickey Mouse. Bien qu’étant une des stars de son univers, ce dernier n’en demeure pas moins un simple personnage animé. Les autres personnages lui sont secondaires dans le rôle et sans doute lui sont assujettis. Ils savent, dans leur for intérieur, que Mickey n’est pas Walt Disney encore moins de sa nature humaine ni même une souris vivante prise en adoption, mais bien un instrument de succès et de gloire pour le projet des studios Disney. La vedette animée préfigure les qualités de son créateur mais ne fait rien d’elle-même si ce n’est suivre les courbes de son dessein pour le plus grand bien des yeux et des cœurs du jeune âge. Si un procédé technique permettait aux personnages d’avoir une vie indépendante dans notre monde (Roger Rabit, Space Jam…) elle ne pourrait avoir notre nature ni notre filiation ou du moins de façon fictive. Ici s’arrête l’analogie. Je rejoins alors mon monde aux batailles idéologiques sur des révélations et des croyances d’hommes. Qu’il est loin le temps de l’enfance…

L’exil du retour

Afrique, de la dégradation continue à l’amélioration continue?

J’enrage et mon émotion ne semble pas vouloir baisser. Encore un coup de sang sur les réalités vécues par ceux restés au pays. Quel décalage entre la vision de ceux qui disent vouloir s’installer pour participer au « vent de changement » qui dit-on semble souffler avec plus d’acuité depuis quelques années; mais combien d’année déjà? Ce qu’il est difficile de comprendre c’est la détermination de ces nouveaux alliés extérieurs mais du sang, même du pays et la désillusion sociale quasi quotidienne de ceux qui y vivent: manque d’eau, réseau routier avec trou de fromage suisse, électricité distillée au bon vouloir d’un programme de délestage orienté… Pourtant pour vivre le « chez nous » envisagé, il faudra partager ce quotidien. La bonne volonté ne peut suffire à corriger le manque du minimum vital surtout pour des personnes de la race des élites. « Élites » un mot si doux dans la langue mais qui ne veut plus dire grand-chose si ce n’est des réalités se résumant à savoir, pour nous qui nous connaissons, d’où l’on est parti et d’où l’on vient pour quitter l’exil sans nom du travailleur éternellement immigré dans des systèmes économiques différents. Sans être pessimiste dans ma prise de position mais plutôt optimiste pragmatique face aux hésitations semi philanthropiques semi capitalistes, on remarquera souvent que ce sont des familles entière, jeunes ou non, qui se déplaceront sans garantie pour leur progéniture ni pour les vieux jours de ceux qui auront osé faire ce choix du retour aux sources. En tout cas…

La définition

Prendre la vie comme elle vient, tout simplement, tranquillement, sans se préoccuper de ce que l’on doit être.

Être le plus près possible de sa nature simple. Exploiter ses dons sans orgueil et se pardonner ses erreurs et ses faiblesses.

Vivre d’amour même si on ne le vit pas toujours au quotidien.

Vivre sans égo et aider le plus faible et le plus démuni.

Se laisser guider par la providence si ce n’est la main de Dieu.

Prendre plaisir à vivre et à la vie autour de soi.

Prendre la vie tranquillement, tout simplement.

Une longue tradition antistress…

Je n’ai jamais su ce que les cultures traditionnelles réserveraient aux maux de nos jours.

Il est si ridicule de se plaindre de mal vivre quand la vie s’offre gracieusement aux sages dans leurs villages.

Comment faire comprendre qu’à trop vouloir copier un modèle de vie séduisant et oxydant on en a ramené aussi les vices et les sévices.

S’entendre dire que pour guérir d’un important mal être, il fallait s’entourer d’affection et de vie communautaire. Hélas, cette communauté se dissémine et s’étiole de plus en plus à en devenir même virtuelle.

Une solidarité qui réchauffe et porte dans les moments creux où la solitude s’invite dans les doutes pour générer la déprime asservissante.

Tant de cachets pour reconstruire l’être indépendant qui a sacrifié sa vie au lourd poison de l’acquisition de biens.

Une course vaine qui ramène inexorablement à la quête de soi et du sens dans une vie dite si courte.

L’éternel défi du déraciné retrouvera alors son écho dans le sage modèle « vivre la modernité en préservant les valeurs traditionnelles » et d’afficher lui aussi une hypocrite sérénité sinon sa foi.

Dépression solitudes et individualisme de nos cités contre l’idéal de la solidarité familiale (étouffante parfois) et de la joie de vivre même dans la pauvreté et les besoins de base qui n’envient rien à nos précarités mondaines.

« Dépression? Stress? J’Connais pas »

La non prise en compte du mal être de l’individu est un nouveau poids à surmonter pour sa réhabilitation au sein famille humaine qui célèbre le don de Vie et l’expression pleine de l’Amour ayant entouré la Création.

Village planétaire virtuel ou réel, le cœur de l’homme bat près de la culture qui lui ressemble le plus et le guide dans son développement personnel et l’abandon au plein accomplissement de son destin.

Terre, des Hommes !

Un homme mange négligemment dans une cité cossue.
Une enfant meurt de faim ailleurs dans le dénuement d’un camp de réfugiés.
Il cherche la sensation qui l’ouvrira à la plénitude de la vie. Il médite, lit, s’active, consulte, jouit des plaisirs du confort.
Elle accueille gratuitement le don de vivre en présence les instants d’une vie si simple. La fragilité du fil des jours. Elle gratte, fouille, suffoque, halète, ralentit, subit les plaies ires du corps.
L’accomplissement spirituel de la vie d’un homme en quête que vit une enfant qui quête pour la vie.
L’échange ne peut se faire.
Terre, nous voulons des Hommes ! Une conscience nouvelle de la réalité de l’humain qui transcende les distances dans les cœurs.
Un homme mange négligemment dans une cité cossue. Il part demain en bénévole dans un camp de réfugiés où la faim est proche.
Une enfant meurt de faim ailleurs dans le dénuement d’un camp de réfugiés. Son sacrifice appelle des Hommes à briser les chaines du silence et de l’indifférence pour nourrir le feu de la Vie.

Dans notre Collection

La firme The Wisemen Council se sont engagées à publier des livres numériques selon trois lignes éditoriales à savoir « le Développement économique », « l’Identité ethnique » et « le Développement durable ». Notre but est d’accompagner l’effort de réappropriation du Futur économique et le renouveau de la civilisation Noire dans une logique de valorisation et de partage aux autres cultures de sa philosophie et de son Attitude informelle. Notre collection s’inscrit dans le cadre du projet de recherche empirique de son Think Tank, la Méthode Ka, ainsi que de ses activités de consultation en Stratégie de projets.

Publié à ce jour :

Collection Développement économique :

Catégorie Analyse

Un aperçu des défis au sein de la communauté des entrepreneurs ethniques, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2015, ISBN: 978-2-924872-24-6

An overview of the challenges within the ethnic entrepreneur community, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2015, ISBN: 978-2-924872-21-5

L’entrepreneur informel entre efforts et peu de richesse, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-22-2

The informal entrepreneur between efforts and little wealth, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-23-9

Catégorie Guides

Une entreprise ethnique en 40 heures, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-20-8

Business in the box, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-13-0

L’art de s’intégrer par l’entrepreneuriat, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-15-4

Successful Citizens through entrepreneurship, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-19-2

Stratégie de projets ethniques, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN 978-2-924872-17-8

Ethnic Project strategy, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN 978-2-924872-14-7

Réussir par la voie Informelle, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN 978-2-924872-16-1

Succeeding through the informal way, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN 978-2-924872-18-5

Catégorie Manuels

Attitude, Correction, Simplicité et Modération, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2017, ISBN 978-2-924872-41-3

Catégorie Précis

Comment fonder mon entreprise Informelle, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-03-1

How to settle my informal enterprise, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-04-8

Comment présenter mon projet informel à des personnes a ressources, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-05-5

How to present my informal project to people of resources, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-06-2

Comment créer mon entreprise ethnique, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-07-9

How do I create my ethnic business, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-08-6

Comment lancer mon entreprise ethnique, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-09-3
How to launch my ethnic business, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-10-9

Comment faire durer mon entreprise ethnique, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-11-6

How to make my ethnic business last, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2016, ISBN: 978-2-924872-12-3

Catégorie outils

Gabarit pour rédiger un plan d’affaires informel, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN : 978-2-924872-31-4

Template to write an informal business plan, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN : 978-2-924872-32-1

Gabarit pour rédiger un plan de stratégie Marketing informel, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN : 978-2-924872-33-8

Template to write an informal strategic Marketing plan, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN : 978-2-924872-34-5

Collection Identité ethnique :

Catégorie Citations

Les Anges dans l’esprit, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2014, ISBN 978-2-924872-25-3

Catégorie Nouvelles

Le Point, quatre saisons pour reconstruire (édition révisée), Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2013, ISBN 978-2-924872-26-0

Au nom de l’a-guère, le jour du réveil, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2015, ISBN 978-2-924872-27-7

Catégorie Prose

Le Cri de la Calebasse, Arôme antique, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN 978-2-924872-35-2

Le Cri de la Calebasse, Perles d’exil, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN 978-2-924872-36-9

Le Cri de la Calebasse, Oasis à l’orient, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN 978-2-924872-37-6

Le Cri de la Calebasse, Noir Mystère, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2018, ISBN 978-2-924872-38-3

Catégorie Roman

The Black Kingdom, la voie des dieux, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2013, ISBN 978-2-924872-28-4

Collection développement durable :

Catégorie Méthode Ka

Introduction à la Méthode Ka, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2013, ISBN 978-2-924872-30-7

Introduction to the Ka Method, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2013, ISBN 978-2-924872-29-1

Charte de projet de la Méthode Ka, Arnaud Segla, The Wisemen Council, 2012, –

Ces livres sont disponibles à jour sur Amazon.

 

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